http://actu.orange.fr/une/enfants-nes-de-meres-porteuses-decision-tres-attendue-en-cassation_121555.html
La convention de mère porteuse est interdite en France de manière générale.
Dans la pratique, les couples désireux de faire appel à une telle convention ne peuvent le faire qu'à l'étranger dans les pays où elle est légale (Etats-Unis, Royaume Uni).
Le père biologique est alors mentionné sur l'acte de naissance, avec mention de la mère.
La difficulté se présente concrètement pour faire transcrire l'enfant sur les registres d'état civil français.
La transcription de l'enfant peut être refusée si les mentions de l'acte sont fausses ; elle n'est donc possible que pour le parent biologique.
La jurisprudence actuelle laisse ainsi un no man's land pour les enfants par rapport à l'autre membre du couple.
Quelles solutions ?
On pourrait imaginer dans ce cas de prévoir l'adoption plénière par l'autre membre du couple, mais la Cour de Cassation s'y oppose, la convention de maternité de substitution étant contraire au principe d'ordre public de l'indisponibilité du corps humain et de l'état des personnes.
On pourrait alors imaginer de prévoir l'adoption simple par l'autre membre du couple, mais la Cour de Cassation s'y oppose également jusque là, compte tenu de la perte de l'autorité parentale pour le parent biologique.
La seule solution légale actuellement possible serait de convenir d'une délégation partage de l'autorité parentale du parent biologique figurant de droit sur l'acte et son conjoint sous la réserve que les circonstances et l'intérêt de l'enfant l'exigent, mais cela ne crée pas le lien de filiation qui était recherché.
Une évolution est elle possible ?
Le parquet général près la Cour de cassation s'est montré récemment favorable à l'inscription à l'état civil français des enfants nés de mères porteuses à l'étranger, dans une affaire qui lui était soumise.
Depuis dix ans, un couple mène un combat judiciaire pour faire inscrire à l'état civil français leurs jumelles, nées en 2000 d'une mère porteuse américaine. Les certificats de naissance avaient alors été établis conformément à la législation californienne, et les époux avaient été désignés comme les parents. Mais, à leur retour en France, où la gestation pour autrui est illégale, la justice leur avait contesté ce droit et le parquet avait cherché à faire annuler la transcription sur les registres de l'état civil français.
La position déclarée du parquet général près la Cour de Cassation est une révolution. Contrairement à la jurisprudence établie, il serait favorable à l'acceptation de la transcription sur les registres d'état civils français.
L'évolution semble donc possible aujourd'hui vers une ouverture, mais restons prudents, la Cour de Cassation n'a pas encore rendue sa décision sur le sujet.
La grande question maintenant est la suivante : y aura t'il un revirement de jurisprudence ?

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