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LES PAGES JAUNES DEVANT LA COUR DE CASSATION

  • Par thierry.wickers le
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La Cour de Cassation a censuré, le 6 décembre 2007, dans des termes très clairs, un arrêt de la Cour d'appel de Bourges qui avait validé la délibération d'un conseil de l'Ordre, interdisant aux avocats toute publication dans l'annuaire des Pages jaunes, papier, minitel ou internet.


Elle ajoute que la "mise en avant" résultant du dispositif d'affichage prioritaire dont bénéficie l'avocat qui fait paraître une insertion dans cet annuaire, n'est pas en elle-même contraire aux obligations de discrétion et de dignité qui pèsent sur l'avocat.


L'arrêt est rendu au visa de l'article 161 du décret du 27 novembre 1991.


Cette solution, déjà certaine est encore confortée par les dispositions de l'article 15 du décret du 12 juillet 2005 :


La publicité est permise à l'avocat si elle procure une information au public et si sa mise en oeuvre respecte les principes essentiels de la profession.

La publicité inclut la diffusion d'informations sur la nature des prestations de services proposées, dès lors qu'elle est exclusive de toute forme de démarchage.

Toute offre de service personnalisée adressée à un client potentiel est interdite à l'avocat.



Le contrôle ordinal existe toujours, mais il donc porter sur le contenu de la publicité, et ne peut se ramener à un refus systématique !


6 commentaires

Dignité et délicatesse

  • Par michele.bauer le

J'ai quelques doutes sur la dignité et la délicatesse quand on ouvre l'annuaire et que des encarts énormes de certains Confrères nous sautent aux yeux !



Dignité et délicatesse

  • Par T WICKERS le

Le contrôle ordinal n'est pas condamné !

Mais il s'agit d'un contrôle a posteriori. Il ne peut y avoir d'interdiction de la publicité a priori


Dommage

  • Par michele.bauer le

Il serait plus simple d'interdire tous les encarts dans les pages jaunes... le contrôle a posteriori arrivant quelques fois trop tard, le mal est fait !


Ne trouvez-vous pas que ces encarts non seulement portent atteinte à la dignité et à la délicatesse mais en plus, ils portent aussi atteinte à l'égalité entre les petits cabinets (qui ne peuvent pas s'offrir d'énormes encarts) et les grands ?


Et finalement cette publicité autorisée permettrait aux gros cabinets de devenir plus gros et aux petits de rester petits.


Heureusement, nos clients viennent le plus souvent par le bouche à oreille et les Etats Unis sont encore loin...


CASADO COCA

  • Par T WICKERS le

Depuis l'arrêt (CEDH) CASADO COCA (1994 !) on sait qu'il ne peut y avoir d'interdiction générale et absolue de la publicité pour les avocats.

La Commission européenne avait (rapport Monti) souligné que les restrictions persistantes n'étaient pas conformes aux règles du droit de la concurrence (les cabinets d'avocats sont des entreprises au sens du traité)

En libéralisant le régime de la publicité, le droit français n'a fait qu'enregistrer avec beaucoup de retard cette évolution. Les dispositions du décret du 12 juillet 2005 ont donc été appréciées positivement par les autorités de la concurrence.

Le choix du contrôle a posteriori, fondé sur la confiance ne me paraît pas choquant en lui-même.

Mais il faut qu'il soit exercé effectivement.

S'agissant plus spécialement des pages jaunes, il me semble qu'il s'agit d'un mode de publicité peu coûteux, à la portée de la plupart des cabinets ; à la différence des encarts dans la presse, des coûteuses plaquettes, ou des sites internet élaborés !

La possibilité de recourir aux pages jaunes est donc plutôt de nature à permettre à des cabinets aux moyens limités d'utiliser la publicité.

Mais heureusement, il y a maintenant la plate-forme des blogs du Conseil National !


la profession et la concurrence

  • Par michele.bauer le

je crois que c'était le thème du Congrès du SAF de cette année: avocats par dessus le marché...


Pour être en conformité avec le droit européen, il semblerait que nous nous dirigions vers un système à l'américaine, plus d'ordre, plus de CNB mais des avocats considérés de véritables entreprises soumises à la concurrence, une avancée ?


Et je suis d'accord avec vous, merci au cNB pour cette blogosphère d'avocats


LEGAL ACT

  • Par thierry.wickers le

Il faut plutôt parler d'un système à l'anglaise, avec les suites du rapport CLEMENTI, et le vote du "legal act".

Michel BENICHOU a fait sur cette question un très important rapport (dont un résumé a paru je pense dans notre bulletin du bâtonnier)

La question de la déréglementation a été posée à l'origine dans le rapport MONTI, puis à l'occasion de la directive services.

C'est incontestablement un sujet essentiel.

Chez nous, on va voir rapidement ce que nous rèserve le rapport ATTALI !


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