août
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La fondation, un rendez-vous pour l'université et l'entreprise

  • Par marc.peltier le
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L'adoption de la loi du 10 août 2007 relative aux libertés et aux responsabilités des universités montre à nouveau l'utilité du régime des fondations. La fondation est un acte par lequel une ou plusieurs personnes physiques ou morales décident d'affecter une somme d'argent ou des biens à la réalisation d'une œuvre d'intérêt général à but non lucratif. Elle se distingue ainsi de la société par son but d'intérêt général et non-lucratif. Nécessairement dotée d'un patrimoine, elle est différente de l'association qui est avant tout le regroupement de personnes physiques ou morales en vue de la réalisation d'un projet commun. La fondation agit pour l'intérêt général comme un corps intermédiaire au carrefour de l'individu, de l'entreprise et des pouvoirs publics.


Elle s'inscrit parfaitement dans le cadre de la réforme nécessaire de l'université. Nos universités manquent cruellement de moyens et l'Etat ne semble pas prêt à tout financer. La fondation peut alors permettre aux universités de diversifier leurs ressources.


Les universités pouvaient déjà participer à une fondation reconnue d'utilité publique, à une fondation de coopération scientifique, ou, par le biais d'une filiale, à une fondation d'entreprise. La loi nouvelle crée deux modèles de fondations : la fondation universitaire et la fondation partenariale.


La première est fondée sur un régime proche de la fondation reconnue d'utilité publique, à la différence notable qu'elle n'a pas la personnalité morale. Elle apparaît alors comme un service de l'université. L'absence de personnalité morale permettrait d'alléger les coûts, la gestion administrative et financière de la fondation étant directement assurée par les services de l'université, les comptes de la fondation restant soumis aux règles de gestion privée. Elle présente l'inconvénient de limiter la faculté d'action de la fondation qui ne pourra contracter en son nom propre. La fondation universitaire devrait plutôt convenir aux universités souhaitant maintenir un contrôle étroit sur le financement et le fonctionnement de la fondation. Le choix de la dénomination, fondation universitaire, souligne clairement qu'elle sera avant tout la fondation de l'université.


La seconde, dotée de la personnalité morale, est fondée sur un régime proche de la fondation d'entreprise, à la différence notable qu'elle peut bénéficier de dons et de legs de personnes autres que ses fondateurs. La fondation partenariale devrait convenir aux universités souhaitant développer une véritable collaboration à moyen terme avec des entreprises. Ainsi, les fondateurs s'engagent sur une durée d'au moins cinq ans. Les statuts doivent prévoir un programme d'action pluriannuel dont le montant ne peut être inférieur à 150.000 € sur cinq ans.


Si l'on voit bien l'utilité du régime des fondations pour les Universités (augmentation des sources de financement, attrait des meilleurs chercheurs...), il reste à convaincre les entreprises. Il y a tout d'abord une incitation fiscale. Les versements ouvrent droit à une réduction d'impôt de 60 % dans la limite de 5 ‰ du chiffre d'affaires. Il y a ensuite un intérêt commun à réduire le fossé entre l'université et l'entreprise afin que les formations soient adaptées aux besoins des entreprises. Des passerelles permettraient de multiplier les rencontres avec l'organisation de stages, un partage d'expériences... Les entreprises pourraient également tirer profit d'un partenariat étroit avec les laboratoires de recherche. La souplesse du régime de la fondation, les espaces de liberté contractuelle qu'il autorise devraient tout à fait convenir à une coopération entre l'Université et le secteur privé. La fondation est certainement un groupement méconnu et sous-utilisé en France. Il recèle pourtant de nombreux avantages que l'application de cette nouvelle loi permettra de découvrir.


4 commentaires

Mise en oeuvre anticipée !

  • Par marc.peltier le

Avant même l'entrée en vigueur de la loi LRU, l'Université de Lyon I, par le biais d'une filiale, Ezus, avait créé une fondation d'entreprise. Un partenariat sur trois ans a été conclu avec Microsoft pour un montant de 180 000 € consacré à des bourses d'étudiants, à des solutions informatiques et à la formation.

Certaines inquiétudes demeurent : les étudiants pourront-ils être formés avec d'autres logiciels que ceux commercialisés par Microsoft ? avec qui les universités "moins prestigieuses", surtout celles qui comptent moins d'étudiants, pourront-elles créer une fondation ? Les collectivités publiques, ou leurs satellites, devront-elles (ils) participer à ces fondations ?

L'économie mixte aurait de beaux jours devant elle, dans le cadre d'une société ou d'un autre groupement.


Paris II aussi

  • Par Dreyfus le

je crois que l'université Assas a elle-aussi mis en place une fondation


Publication du décret relatif aux règles générales de fonctionnement des fondations universitaires

  • Par marc.peltier le

Les fondations universitaires et partenariales semblent avoir le vent en poupe. Comme l'indique l'un des commentateurs de ce post, l'Université Paris II a participé à la création d'une fondation partenariale. Des projets de constitution sont également envisagés du côté de Dauphine et de l'excellente université de Nice Sophia-Antipolis. Les entreprises partenaires peuvent ainsi suggérer l'évolution des formations pour qu'elles soient encore mieux adaptées à leurs besoins.

Le décret n° 2008-326 du 7 avril 2008 apporte des précisions quant au fonctionnement des fondations universitaires. La composition et le rôle du conseil de gestion sont précisés. Le recteur de l'académie, chancelier des universités, assure les fonctions de commissaired e gouvernement auprès de la fondation.Le conseil d'administration de l'université est doté de pouvoirs de contrôle notamment en ce qui concerne les prévisions de recettes et de dépenses ainsi que l'acceptation de dons et legs.


RE: Publication du décret relatif aux règles générales de fonctionnement des fondations universitaires

  • Par O'Rorke le

oui, les fondations universitaires et partenriales ont le vent en poupe !

seulement, compte tenu de la quasi révolution qu'elles peuvent représenter, il est trés important de rappeler l'importance d'avois un projet bien établi en amont.

En effet, ce type d'instrument présentant des avantages certains, nécessite pour le moins une étude préalable sur la vision, les projets portés, les missions...et l'approche des fondateurs et autres partenaires ou mécènes bien avant que de les constituer !

philipe O'Rorke

conseil en fundraising

dev'assos


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