revue de presse (11)
Un article de Christophe Joly, pour Micro Hebdo et 01.net, pour lequel j'ai fait l'objet d'une interview.
Articles publiés entre le 18 juin et le 1er juillet 2008 par Didier Specq et parus dans Nord Eclair
"18 juin 2008
Une jeune fille un peu fragile qui rend des services facilement. Un médecin qui soigne un blessé par balles coupable d'un braquage. Un ami qui se dévoue sans compter. Un étrange trio.
Bien que ce ne soit pas directement le sujet, le président Jacques Huart parle beaucoup du braquage loupé. L'attaque se déroule le jeudi 15 septembre 2005, vers 7 h, boulevard de l'Ouest à Villeneuve d'Ascq. Un fourgon de la société Sécuritas, parti distribuer de l'argent dans les billetteries, est bloqué à l'avant et percuté. Aussitôt, des braqueurs masqués surgissent et arrosent avec des rafales de Kalachnikov la tirelire à roulettes. Mais les convoyeurs, par les meurtrières, ripostent. Deux braqueurs sont atteints par balles. Des automobilistes échappent miraculeusement aux tirs croisés. Le fourgon blindé réussit à se dégager. Les braqueurs, avant de se replier, enflamment les voitures qui les ont amenées sur place. Évidemment, la sauvagerie de cette attaque explique les poursuites contre les trois prévenus.
«Si le fourgon était resté bloqué, ça se traduisait par la mort d'un ou des convoyeurs» estime le procureur Jean-Philippe Navarre. Les présumés braqueurs ont été arrêtés plus tard. Avec, selon l'accusation, de solides éléments matériels contre eux, ils vont passer prochainement aux assises. L'un, Mohamed Hafifi, 30 ans, avait été recueilli et soigné en Belgique. L'autre, Amaury Oueslati, 36ans, a été aidé par les trois prévenus de ce mardi.
Le médecin se sentait redevable
Une belle histoire d'amitié ? Pas du tout car, soustraire un criminel aux recherches, c'est strictement interdit. D'abord, une jeune femme, Emilie D., 26 ans, copine d'Ismaïl S., un Roubaisien âgé de 28 ans. La jeune femme, quand son ami l'appelle pour héberger un blessé, répond tout de suite «oui». Le procureur Navarre : «Elle le recueille, elle le veille après l'opération artisanale ! Et, ensuite, elle fuit les problèmes dans l'alcool et une sortie en discothèque». Bref, le procureur réclame 6 mois de sursis contre «cette jeune fille blonde et fragile» défendue par Me Sanjay Navy.
Les débats sont plus complexes autour du cas posé par un médecin roubaisien, le docteur Saddek F., 37 ans. Le médecin se sentait redevable, il l'admet, envers Ismaïl S., 28 ans, qui lui demande de soigner Oueslati qui, dit-il, «ne veut pas aller à l'hôpital car il a reçu une balle après une dispute entre deux familles». Or, le médecin, en difficultés financières après des investissements immobiliers calamiteux, avait été aidé par Ismaïl S., proche, par ailleurs d'un ami de Oueslati.
Un rendez-vous, le 15 dans la soirée, sur le parking d'une station-services du boulevard des Nations-Unies à Roubaix, une balle extraite de façon très artisanale dans la chambre de la jeune femme blonde, les premiers soins : tout ça, l'accusation l'admet en vertu du secret médical. En revanche, le médecin a pratiqué une entaille au scalpel sur l'épaule d'un proche du braqueur blessé afin de justifier une fausse ordonnance :«Ces manouvres de dissimulation n'entrent pas dans le domaine des soins normaux» assure le procureur Navarre qui réclame six mois de sursis.
Contre Ismaïl S. défendu par Me Caroline Lenain, le procureur sort l'artillerie lourde : 3ans de prison sont réclamés contre le prévenu qui a ensuite convoyé le braqueur blessé vers Gênes en Italie.
19 juin 2008
Dernier jour du procès, hier, des trois personnes qui, le 15 septembre 2005, avait recueilli et soigné un braqueur roubaisien. Au centre des débats, le cas du médecin roubaisien. Jugement le 30 juin.
On saiT qu'Amaury Oueslati, un Roubaisien âgé de 36 ans, sera bientôt jugé aux assises de Douai avec, dans le box, son copain Mohamed Hafidi, 30 ans, arrêté en Belgique. Les deux sont accusés (ils nient) d'avoir tenté de braquer, à Villeneuve d'Ascq, un fourgon blindé en l'arrosant de rafales de Kalachnikov. Raté! Mais les deux ont été blessés par balle. Oueslati avait donc été recueilli par une jeune fille (qui connaissait un ami d'un ami du blessé). Hier, elle était défendue par Me Sanjay Navy qui demande la relaxe. Saddek F., le médecin roubaisien, a extrait de façon artisanale la balle. C'est le secret médical. Mais, après l'opération, le médecin a fait une fausse blessure et des fausses ordonnances pour obtenir de puissants antiseptiques. «Des manouvres qui méritent six mois de sursis» selon le procureur. Me Blandine Lejeune proteste et demande la relaxe:: «Même en admettant que mon client sache tout du braquage, ce médecin n'a pas soigné ou protégé l'auteur d'un crime, comme dit la loi, puisque Oueslati est toujours présumé innocent, n'a pas été jugé et nie! Par ailleurs, l'accusé est défendu par Me Dupond-Moretti qui obtiendra sans doute l'acquittement». Quant à Me Caroline Lenain, elle demande également la relaxe pour Ismaïl S. qui a convoyé le fuyard vers Gênes.
1er juillet 2008
Il soigne un présumé braqueur : sursis
Un médecin roubaisien qui a soigné sans le dénoncer un homme blessé par balles et soupçonné d'avoir participé à une tentative de braquage en 2005, a été condamné à six mois avec sursis et 5 000 E d'amende hier.
Le 15 septembre 2005, une violente fusillade éclate entre des malfaiteurs et les convoyeurs de fond qu'ils tentent de braquer à Villeneuve d'Ascq. Blessés, les deux malfrats prennent la fuite. L'un d'eux, hébergé par une amie, parvient à contacter un médecin de Roubaix qui le soigne. Problème : il s'agit de recel de malfaiteur. Le docteur, la femme qui a hébergé le fuyard blessé et l'ami qui l'a mis en contact avec le médecin ont été jugés à Lille les 17 et 18 juin derniers. Le jugement est tombé hier : le médecin roubaisien est condamné à six mois de prison avec sursis, la femme qui avait hébergé le fuyard blessé à trois mois de prison avec sursis. L'ami qui avait contacté le médecin puis conduit le braqueur présumé en Italie a pour sa part été condamné à deux ans de prison, dont un avec sursis. Le jugement est « décevant, incompréhensible », a réagi l'avocate du praticien, Me Blandine Lejeune, qui avait demandé la relaxe. « Comment peut-on condamner un médecin qui n'a fait que son devoir ? Il avait l'obligation de soin et de secret médical. Il devait soigner et devait se taire », a-t-elle ajouté, soulignant que son client ferait appel".
Article de Didier Specq paru le 16 septembre 2009 dans Nord Eclair
"Je m'aperçois que, pour le prévenu accusé d'escroquerie, il existerait selon lui de bonnes et de mauvaises victimes. C'est un peu facile.
Ma cliente, par exemple, est désargentée. Elle est un peu naïve et un jour, un monsieur qui présente bien lui explique qu'il a besoin de toucher 5 000 euros mais qu'il ne peut les mettre sur son compte. Il propose à cette dame de les mettre sur son compte à elle, qu'elle retire ensuite les 5 000 euros et qu'elle garde pour elle une commission de 300 euros. Elle accepte. Le chèque s'avère être un chèque en bois. Jusqu'à aujourd'hui, sa banque la harcèle, exige qu'elle rembourse 4 700 euros, envoie des huissiers, fait sonner chez les voisins quand elle n'est pas là ! Et ça, c'est presque tous les jours. En plus chacun sait que ma cliente, puisqu'il ne s'agit pas d'une agression, a peu de chances de se faire rembourser par la commission d'aides aux victimes. Quant au prévenu, malgré ses promesses, il ne remboursera jamais !
NDLR Voir article ci -dessous.
Trois ans pour l'escroc
Un escroc récidiviste mais beau parleur. Un ancien policier taciturne. Deux petites mains qui ne daignent pas venir se faire juger. Un joli casting pour une arnaque aux 50 000 euros. Les dossiers sont épais, les 17 victimes piaffent d'impatience dans la salle étant donné la longueur des débats mais, au fond, l'affaire est simple. Jean-Marie Dahmani, 50 ans, Roubaisien, récidiviste de l'escroquerie et beau parleur, est au centre de l'affaire. Prétextant des ennuis avec le fisc ou une ex-épouse trop vorace, Dahmani aborde, dans un bistrot, une mairie, une queue de sécurité sociale, une future victime qui n'a pas l'air de rouler sur l'or. L'homme exhibe alors un gros chèque et déclare : « Mettez-le sur votre compte, retirez dans les jours qui viennent les 5 000 euros en liquide et je vous laisse une commission de quelques centaines d'euros ». Dix-sept personnes répertoriées se laissent prendre à Roubaix, Tourcoing, Halluin, Wattrelos, Linselles. Les commissions pouvaient aller jusqu'à 500 euros et les chèques falsifiés jusqu'à 10 000. Quelques jours plus tard, alors que le beau parleur a disparu, on découvre que le chèque est faux. Jean-Marie Dahmani, ancien chauffeur de maître, défendu par Me Anne-Sophie Vérité, explique qu'il n'est pas si coupable que ça. Albert V., 59 ans, ancien policier « démissionné », complice pour une partie des arnaques, relativise. Me Caroline Lenain, pour le second prévenu, plaide des relaxes partielles de même que Me Vérité pour Jean-Marie Dahmani. Le procureur demande trois ans pour le prévenu principal. Le président Bernard Lemaire annonce des relaxes partielles mais condamne à trois ans de prison. Sursis pour le second".
PROPOS RECUEILLIS PAR DIDIER SPECQ, article paru le 13 décembre 2008 dans Nord Eclair
Me Sanjay Navy, demain à partir de 15 h, participe, sur le Parvis des Droits de l'Homme place de la République à Lille, à la cérémonie officielle des soixante ans de la déclaration des Droits de l'Homme. Le jeune avocat estime que c'est une lutte toujours actuelle.
"Comment va se dérouler cette cérémonie ?
>> C'est une série d'interventions à laquelle participe une trentaine d'avocats. Fatima En-Nih, Anne Manessier, etc. C'est une sorte de relais. Il y aura des textes officiels mais aussi des chansons, des extraits de discours célèbres, des récits, des répliques de pièces de théâtre. L'important c'est de replacer cette déclaration des Droits de l'Homme dans son contexte, dans son évolution, dans les luttes... Évidemment, la déclaration des Droits de l'Homme, en 1789, n'est pas perçue de la même façon quand il apparaît évident que la citoyenneté ne concerne que les hommes et, aujourd'hui, où les luttes féminines ont pris toute leur ampleur. Même chose, évidemment, quand on parle des colonies. On ne perçoit pas du tout les choses de la même façon en 1789 et aujourd'hui.
Les avocats ont-ils toujours un rôle essentiel dans la défense des libertés ?
>> L'avocat défend une cause, l'individu, une victime, un coupable sur lequel la société s'acharne, un innocent, peu importe... Pour nous, la défense de la personne est toujours centrale, au centre de notre vocation. Notre point de vue n'est pas le seul. Mais nous nous situons en dehors de tous les groupes et de toutes les nécessités. L'important pour nous, c'est la défense de la personne même au milieu des pires difficultés. Le pire des criminels, il y aura toujours un avocat qui dira quelque chose de bien sûr lui, il y aura toujours un défenseur qui tentera de mettre en valeur la parcelle d'humanité qui reste en lui.
Les Droits de l'Homme, c'est toujours une revendication en France ?
>> Bien sûr! Certes, ça ne se pose pas de la même façon qu'au Quatar, qu'en Chine ou au Congo. Mais, on le voit bien par exemple dans la question des gardes à vue. Il reste encore beaucoup à faire pour que certaines pratiques vexatoires disparaissent. Même en admettant qu'en France la légalité est respectée scrupuleusement, on voit bien que mettre à nu plusieurs fois un suspect au cours d'une garde à vue pour une peccadille est attentatoire à sa dignité. Ne parlons pas de la surpopulation carcérale. De nouveaux problèmes peuvent se poser également avec les fichiers de plus en plus pointus, les renseignements sur la santé, les informations détenues par des banques de données à titre public ou privé. Les droits de l'être humain, ça reste un combat. La société risquera toujours, pour des raisons plus ou moins bonnes, d'étouffer la personne.
Le pire des criminels, il y aura toujours un avocat qui dira quelque chose de bien sûr lui, qui tentera de mettre en valeur la parcelle d'humanité qui reste en lui".
L'un crie, l'autre pas
Article de Didier Specq paru dans Nord Eclair
"Mickaël Dumont, 31 ans, est énervé. Et Me Iwona Parafiniuk son avocate, tente de le canaliser. Mais il faut ramer.
L'histoire est la suivante : Dumont, toxicomane au long cours, poque sans arrêt des voitures, Rue Maracci, dans le Vieux-Lille, il vole une Opel Corsa. Un peu plus loin, avec son copain Logan P., il vole une Renault Clio. Logan P., affirme ignorer que la Renault était volée.
Me Sanjay Navy navigue adroitement :
son client était ivre, il ignorait tout, son casier est tout petit à côté du casier de Dumont qui ressemble à un annuaire téléphonique. Ce dernier finit par piquer une nouvelle crise de colère. Menaces, injures contre P. Lequel susurre « Je ne sais pas pourquoi il m'en veut autant ». Il faut trois policiers pour maîtriser Mickaël Dumont et l'expulse du box où il injurie la terre entière. Me Parafiniuk explique que c'est un peu facile de tout mettre sur le dos de son client. Mais le Président Flamant opère un tri très sélectif : six mois de prison pour l'énervé : relaxe pour son ex-copain".
Dans la rue en nuisette
Article publié le samedi 13 mars 2010 à 06h00 dans Nord Eclair
"Menaces de mort, violence sur sa conjointe, rébellion, le prévenu risque de très gros ennuis, hier soir, quand son dossier arrive devant la présidente Marquant.
L'affaire commence de façon assez spectaculaire le 28 janvier dernier quand, en pleine nuit et rue de l'Épeule, les policiers recueillent une jeune femme handicapée qui marche en nuisette sur le trottoir malgré le froid. Elle explique avoir été jetée dehors une fois de plus par son concubin qui l'a frappée. Elle est enceinte, elle dépose plainte. Belkacem Grari, 39 ans, se retrouve en détention provisoire. Hier, lors du procès sur le fond, virage sur l'aile de la concubine : elle retire sa plainte, elle veut que son ami sorte de prison et la rejoigne. « Il faut qu'il s'occupe de moi, c'est ce qu'il va faire » dit-elle. Désormais, elle n'admet plus que du bout des lèvres avoir été bousculée souvent et s'être retrouvée à la rue. L'homme dans le box fait amende honorable.
Avec tact, Me Sanjay Navy plaide le repentir de son client. Et, pendant qu'on y est, plaide aussi la nullité de la garde à vue car le premier médecin appelé par la police avait estimé que la garde à vue était incompatible avec l'état de santé de l'interpellé. La garde à vue est annulée mais le reste de la procédure (notablement amputée) est toujours valable : 8 mois de prison dont 6 avec sursis et mise à l'épreuve tombent. Autrement dit, la compagne a retrouvé son compagnon hier soir".
Didier Specq.
Préfet complètement débouté
Extraits de cet article de Nord Eclair (Didier Specq) :
"L'action se déroule jeudi et vendredi à Steenvoorde : la police aux frontières interpelle 40 ressortissants originaires d'Érythrée, laisse mères et enfants et embarque 28 réfugiés. Hier, une juge lilloise les a libérés.
La fine fleur du barreau lillois se lance à l'assaut des procédures. Mes Sanjay Navy, Maria-Rosa Garcia, Norbert Clément, Antoine Berthe, notamment, s'acharnent".
Pour lire l'intégralité de l'article, cliquer sur l'image ci-contre :
il s'agît ici d'un recueil de plusieurs articles de Nord Eclair traitant de la même affaire pour laquelle j'intervenais en tant qu'avocat d'enfants vitcimes pour certains d'agressions sexuelles, et pour d'autres de viols.
1- "Déjà condamné pour agressions sexuelles, jugé demain pour viols
Publié le vendredi 15 janvier 2010 à 06h00
Aujourd'hui les victimes ont 16 ans et demi et 14 ans.
Jonathan Hespel, déjà condamné le 22 juin dernier à quatre ans de prison pour agressions sexuelles sur mineurs, va être jugé aujourd'hui aux assises du Nord pour des faits plus graves commis sur deux jeunes Wasquehaliens.
La famille des deux mineurs wasquehaliens attend bien évidemment ce procès avec impatience. Mais aussi avec crainte. Les deux jeunes vont faire face, pendant trois jours aux assises à Douai, à leur agresseur : Jonathan Hespel, 22 ans, déjà condamné à quatre ans de prison le 22 juin dernier pour agressions sexuelles sur six mineurs.
Au total huit enfants déclarés, tous des garçons, ont vécu pendant quelques années sur le chemin de l'école, dans le quartier du Petit Wasquehal, un véritable cauchemar. Six cas ont été jugés au tribunal correctionnel et pour deux d'entre eux, « le tribunal a estimé que, selon leurs dires, ils étaient plus des témoins que des victimes », commentait le jour du procès la présidente Dangles.
L'avocat a réussi à faire parler les enfants
Les deux autres mineurs qui seront entendus ce vendredi aux assises auraient, eux, subi de la part de Jonathan Hespel des agressions plus graves qualifiées de viols. Les deux jeunes se connaissent bien puisqu'ils sont cousins et habitent comme la plupart des victimes dans le même quartier : celui du Petit Wasquehal.
À plusieurs reprises, les mamans ont été confrontées à la famille de l'agresseur qui elle aussi vivait à l'époque dans le quartier. La soeur de l'agresseur a même effectué plusieurs fois du baby-sitting au domicile d'une d'entre elles. « Les premiers faits se sont déroulés chez moi », a rappelé cette dernière.
Ces faits ont eu lieu entre 2004 et 2007. La famille a salué le travail de son avocat, Sanjay Navy, qui a « réussi à faire parler les enfants. Ce n'était vraiment pas facile », commente une des mamans qui n'a pas perçu immédiatement le jeu pervers que subissait son enfant.
Jonathan Hespel a expliqué à la police, lors de son interpellation en 2007, qu'en échange, il offrait un téléphone portable aux enfants. Les jeunes avaient à l'époque entre 8 et 14 ans.
Un sourire « goguenard »
Jonathan Hespel sera défendu par Mr Pianezza. Le jeune homme affichera-t-il ce sourire qualifié lors de sa comparution en correctionnelle par Mr Navy de « goguenard » ?
Mr Marie Delomez qui, en juin, le défendait cherchait à parer les coups malgré un client qui semblait adopter une attitude déplorable.
Le verdict est attendu mardi prochain".
AURÉLIE JOBARD
2- "L'auteur des viols assume, les victimes, elles, subissent
Publié le samedi 16 janvier 2010 à 06h00
Aujourd'hui a débuté le procès de Jonathan Hespel jugé pour viols sur deux mineurs wasquehaliens. Sous son regard jugé « narquois » par l'une des mamans, les enfants ont apporté leur témoignage.
La gorge nouée à la sortie de la première matinée d'audience à Douai, les deux victimes wasquehaliennes angoissent à l'idée de s'exprimer à la barre dans l'après-midi, « face à tout ce monde qu'on ne connaît pas ». « Je ne vais pas y arriver », dit l'un d'eux. Pour ces jeunes âgés de 14 et 16 ans, issus du quartier du Petit Wasquehal, revenir sur les faits semble extrêmement difficiles. « C'est stressant. Il nous regarde en plus. On a l'impression qu'il veut nous dire quelque chose », commentent les deux jeunes. Pour l'une des mamans, il est « en effet dur de rester zen. En plus, on ne s'intéresse qu'à lui ce matin. ». La seconde a tout simplement craqué.
Les deux mineurs sont cousins, habitent le même quartier et ont vécu le même cauchemar de 2004 à 2007, sur le chemin de l'école. Huit garçons ont déjà été déclarés victimes. Pour six d'entre eux, Jonathan Hespel a été condamné, le 22 juin dernier, à quatre ans de prison par le tribunal correctionnel de Lille pour agressions sexuelles. Cette fois, il est jugé pour des faits plus graves, qualifiés de viols par l'accusation.
Les éducateurs ayant suivi Hespel, qui a séjourné longuement dans un foyer, expliquent que le jeune homme montrait souvent deux visages. Tantôt gentil, tantôt agressif. Son avocate, Me Marie Delomez a, elle, raconte comment se comporte son client depuis les faits : « Il est serein, assume totalement ses responsabilités. Il veut se reconstruire. ». Quant à son sourire qualifié de « narquois » par l'une des mamans, elle préfère parler d'un « sourire simplet ».
Provocation ?
L'avocat des parties civiles, Me Sanjay Navy, commente lui aussi l'attitude de l'accusé : « C'est étrange. Je pense que c'est de la provocation. » Provocation verbale aussi ? Les victimes ont en effet eu du mal à entendre les réponses d'Hespel : « Selon lui, les jeunes étaient consentants. Vous imaginez comme cela est blessant pour eux », commente Me Navy. La tante de Jonathan Hespel s'est aussi exprimée, qualifiant, selon les dires d'une maman, le jeune homme de « pauvre gamin ». Le verdict est attendu lundi".
AURÉLIE JOBARD
3- "WASQUEHAL / ASSISES DU NORD : Condamné à 9 ans ferme pour les viols de deux mineurs
Publié le mardi 19 janvier 2010 à 06h00
Me Navy a défendu les deux mineurs. Jonathan Hespel avait déjà été condamné à quatre ans pour agressions sexuelles sur d'autres victimes.
Le jeune Wasquehalien, Jonathan Hespel, 22 ans, a été condamné hier à neuf ans de prison. L'avocate a estimé que son client n'était pas pédophile mais avait l'âge mental d'un enfant. La famille des victimes a estimé la peine trop insuffisante.
Le verdict tombe. Ce sera neuf ans pour celui qui, depuis 2004, hante les nuits des deux jeunes mineurs wasquehaliens, depuis que sur le chemin de l'école, Jonathan Hespel, majeur au moment des faits les a violés. « Je suis dégoûté. C'est trop peu neuf ans ! », clame haut et fort une des deux victimes. Puis, il préfère sortir. À l'extérieur de la cour d'assises de Douai le jeune homme ne peut retenir ses larmes, « c'est bien trop peu pour ce qu'il a fait. Il va recommencer », répète le jeune âgé de 16 ans. L'ado tente de se vider la tête, le visage collé à une fenêtre.
Un sourire qui dérange
Au même moment, dans la salle d'audience de la cour d'assises, sa mère elle aussi craque. Leur avocat, Me Sanjay Navy, tente d'apaiser les âmes mais la haine est bien trop forte. « Vous avez vu son sourire. C'est fou. C'est comme si ça ne le touchait pas », s'agace la maman d'un des deux mineurs visant l'auteur des faits, nous, ça fait bien longtemps que nous ne sourions plus ».
Ce sourire qualifié tantôt de « simplet » par son avocate, Me Marie Delomez, tantôt de « narquois » par la maman d'une victime, pose en effet question. Même lorsque la mère de Jonathan Hespel a expliqué à la barre « qu'elle avait battu son enfant dès 2 ans et qu'elle ne l'aimait pas », selon les dires des deux mineurs, Jonathan aurait souri. « C'est un masque tout simplement », répond son avocate Me Marie Delomez, qui poursuit : « C'est quelqu'un qui réagit comme un enfant. Il a grandi trop vite ». Des attitudes et un comportement qui ont d'ailleurs amené Me Marie Delomez à ne pas qualifier son client de pédophile, « il avait le même âge mental que les enfants lorsqu'il a fait ça ». Évidemment pour les victimes et leurs familles cette « conclusion » est impossible à entendre.
« On se sent un peu mieux »
Une des mamans, tenant son visage avec ses mains comme pour se reposer, a hâte que tout se termine : « il est temps que tout cela s'arrête. Bien sûr on n'oubliera jamais mais... ». Les deux enfants eux disent vouloir tourner la page, « je ne veux plus en parler » . Hélas, les séquelles sont nombreuses, « on a toujours eu du mal à suivre à l'école. Moi je n'ai pas les bases », raconte le plus âgé. Me Sanjay Navy a estimé que « de toute façon pour la famille c'est toujours douloureux et toujours insuffisant ».
Les deux jeunes, eux, concluent en assurant toutefois, « que depuis que nous avons parlé et pu répondre à Hespel, on se sent un peu mieux »".
AURÉLIE JOBARD - nord éclair
Extrait de cet article de la Voix du Nord :
"Le CSP 59 organisait, hier matin, un rassemblement devant le palais de justice. Pour les militants, il s'agissait de protester contre l'arrestation de trois de leurs amis, mercredi soir.
Le JLD a décidé d'assigner à résidence les étrangers, soutenu par l'avocat Sanjay Navy".
Pour lire l'intégralité de l'article, cliquer sur l'image ci-contre :







