Source : quotidien le Populaire du Centre (sur Internet) - 11/12/2010
Le tribunal de grande instance a revécu de grandes heures, hier soir. Avant de fermer. Momentanément ?
«C'est un fameux palais, fier comme un bateau... » Nul n'a entonné cet hymne autrefois chanté pour défendre le tribunal de Tulle. Mais le coeur y était. Et si, hier soir, « l'heure n'était plus aux plaidoiries, mais aux hommages », dixit Me Gout, personne ou presque n'avait envie d'abandonner le navire.
Et pourtant, le 31 décembre prochain, le tribunal de grande instance fermera. Provisoirement ? François Hollande s'y est encore fermement engagé, devant les anciens magistrats et personnels de justice, venus d'ici, de Toulouse ou de Nanterre pour cette cérémonie des Grandes heures du tribunal de Tulle.(...)
Me Gout lui en avait donné le prétexte historique. Réactivant un écrit de Johannès Plantadis, elle a rappelé que le roi François 1er avait implanté à Tulle le siège de la Sénéchaussée. Mais les Brivistes, jaloux, avaient fait révoquer cette décision. Deux citoyens tullistes allèrent à Paris, et obtinrent le rétablissement de la Sénéchaussée en 1553, contre 18.126 livres versés à Brive.
Puis en 1968, le navire faillit encore couler, heurté par une réforme. « Il a fallu la résistance menée par Clarissou père, aidé par un certain Chirac secrétaire d'Etat » pour le sauver.
Là, l'obstacle est trop gros. « Peut-être qu'un roi des temps modernes nous aidera à rétablir ce qui nous a été injustement supprimé ». La perche n'a été que trop facile à attraper pour le député Hollande. Qui, remettant symboliquement le bâton du barreau de Tulle à Me Gout, n'a fait qu'un prêt. « Un prêt qui peut durer deux ans, peut-être davantage, il ne faut jamais présumer de ses forces... C'est un François qui a créé ce tribunal. Un autre François, je sais lequel, aura à prendre ses responsabilités. Un décret suffira pour le rétablir. Ce n'est donc pas une cérémonie d'adieu, c'est un au revoir ».(...)

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