C'est un signe fort qu'avait donné le pouvoir en direction de la jeunesse au mois de mars 2000 en instituant le Défenseur des enfants.
Claire BRISSET, première Défenseure des enfants, que le Barreau de Bordeaux et le CRIC avaient reçue peu après sa nomination, relevait très vite les manquements, en FRANCE, au respect des Droits des enfants, conformément aux dispositions, notamment, de la Convention Internationale des Droits de l'Enfant, ratifiée par notre pays en 1990, tels la sécurité ou l'éducation.
Le 2 juin dernier, le Sénat semblait marquer son souci de maintenir cette institution en votant deux amendements qui retiraient le Défenseur des enfants du périmètre du Défenseur des Droits.
En effet, un projet de loi vise à remplacer le Médiateur de la République par le Défenseur des Droits, qui intègre, outre la Commission Nationale de Déontologie de la Sécurité (CNDS) et la Haute Autorité de Lutte contre l'Intégration et pour l'Egalité (HALDE), l'institution du Défenseur des Enfants.
Cela revient à diluer ce dernier dans une nouvelle institution non spécialisée et ayant pour vocation d'intervenir dans des difficultés de tous ordres.
Le Sénat paraissait donc vouloir maintenir la spécificité du Défenseur des Enfants, dont le rôle est de défendre et promouvoir les droits tels que définis par la loi.
Pourtant et contre toute attente, il rejetait le 3 juin les amendements et confirmait la suppression de l'institution créée au début du siècle.
Il semble que la nuit du 2 au 3 juin ait été agitée de pressions politiques visant à faire changer d'avis certains sénateurs, étant précisé que l'un des deux amendements avait été déposé par 13 parlementaires UMP et 3 centristes.
C'est donc un collège de trois experts placés sous l'autorité de Défenseur des Droits qui va remplacer le Défenseur des Enfants.
Comme l'ont déclaré Claire BRISSET et Dominique VERSINI, Les enfants et adolescents ne pourront donc plus s'adresser directement au Défenseur des Enfants qu'elles ont successivement incarné, qu'ils connaissaient ou vers qui on les avaient orientés.
Ils n'auront plus affaire à une institution spécialisée chargée exclusivement de porter leur parole et de les défendre, ont-elles rajouté à juste titre.
On sait pourtant à quel point il est difficile de rapprocher l'institution en général des enfants ou des adolescents, qui, confrontés à des difficultés, ne vont pas aisément en appeler à celui qui peut résoudre une difficulté d'ordre familial par exemple, hors procédure judiciaire.
Enfin, le rapport déposé chaque année par le Défenseur des Enfants sur la situation de ces derniers en FRANCE pouvait avoir un certain retentissement tant qu'il était porté par une institution spécialisée et facilement identifiable.
La nouvelle institution, ocupée à régler de multiples difficultés liées à la discrimination, à la liberté ou à l'égalité, ne pourra certainement pas avoir la même influence pour protéger les enfants en soulignant leur mal-être dans une société en crise et effrayée par l'avenir, dans laquelle ils ont du mal à trouver leur place.
Le Défenseur des Enfant avait 10 ans...

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