Le fait de ne pas respecter les dernières volontés du défunt en cas de testament ne porte il pas atteinte aux droits du légataire? Le propriétaire de la parcelle a t-il pu la garder?
J'ai dû mal à comprendre.
Merci d'avance
Le Blog du CABINET AUTEVILLE
Le 25 Juin 2008 la Troisième Chambre Civile de la Cour de Cassation a rappelé la définition stricte du juste titre, en matière d'usucapion abrégée.
Le juste titre permet à l’acquéreur de bonne foi de se prévaloir de l’usucapion abrégée, qui, avant la réforme du 17 juin 2008, était de 10 ou 20 ans, selon le domicile du véritable propriétaire.
Toutefois la Cour de Cassation a toujours eu une appréciation restrictive du juste titre, afin de ne pas nuire aux droits du véritable propriétaire, et menacer la perpétuité et l’absoluité de sa propriété.
Le titre doit avoir date certaine, et être translatif de propriété. Cela signifie qui s’il avait émané du véritable propriétaire, il aurait permis de transférer la propriété.
La jurisprudence est constante et assez fournie en ce domaine.
Ne peuvent constituer un juste titre les actes déclaratifs, dont les actes de transmission à cause de mort.
Dans l’espèce soumise à la Cour de Cassation, le possesseur d’une parcelle se prévalait d’un acte de succession datant de 1973, lui attribuant la pleine propriété de parcelles, pour se défendre contre une action en revendication.
La Cour d’Appel d’Aix en Provence par arrêt du 3 avril 2006 avait admis le bien fondé de cet argument.
Ce raisonnement est censuré Cour de Cassation qui rappelle de manière péremptoire que « le juste titre est celui qui, considéré en soi, serait de nature à transférer la propriété à la partie qui invoque la prescription et qu’un acte de succession notarié n’a qu’un caractère déclaratif »
Les plaideurs devront etre prudents car cette jurisprudence est aujourd’hui solidement établie. La loi du 18 juin 2008 portant réforme de la prescription civile a uniformisé les délais d’usucapions abrégés à 10 ans.
La vigilance s’impose !
Le fait de ne pas respecter les dernières volontés du défunt en cas de testament ne porte il pas atteinte aux droits du légataire? Le propriétaire de la parcelle a t-il pu la garder?
J'ai dû mal à comprendre.
Merci d'avance
En l'espèce les dernières volontés du testateur ont été respectées. A vrai dire le débat juridique était ailleurs.
Voici les faits de la cause tels qu'il résultent de l'arrêt en question :
"Mme X..., par testament olographe du 10 mai 1969, a légué la totalité de ses biens dont les parcelles cadastrées D n° 497 à 502 situées sur la commune de Bauduen, en nue-propriété à M. et Mme Y... et en usufruit à son époux, M. Jules X... ; que par testament authentique du 29 mai 1973, celui- ci a désigné sa nièce, Marguerite X... comme sa légataire universelle et qu' après son décès survenu le 21 juin 1973 l' acte de succession établi le 18 décembre 1973 mentionne que les parcelles sont attribuées en pleine propriété à Marguerite X... ; que celle- ci étant décédée le 3 octobre 1983, un acte de succession notarié des 3 mars et 20 octobre 1984 a désigné sa fille, Antoinette A...comme propriétaire des parcelles ; que les époux Y... ont assigné Mme A...en revendication de propriété, soutenant que les terres avaient été attribuées par erreur à Marguerite X... "
Il s'agissait de la portée de l'acte de succession notarié des 3 mars et 20 octobre 1984.
Les juges du fond ont estimés qu'il constituait un juste titre.
Faux! leur répond la Cour de Cassation car un tel acte n'est pas translatif de propriété comme le serait une vente ou une donation par exemple.
Espérant vous avoir aidé.
Cordialement
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