Malika SOREL : "Le langage de vérité". Edition Mille et une nuits
( Mme Malika SOREL est membre du Haut Conseil de l'intégration )
page 9 : PREAMBULE
" N'est-il pas déjà trop tard ? C'est la question que les français se posent désormais. Cette interrogation glace le sang, tant elle révèle la profonde inquiétude qui s'est emparée des citoyens. jour après jour, ceux-ci réalisent que le temps du sursaut est venu et qu'il leur faut se souder à l'essentiel : leur héritage, fruit d'une longue, riche et douloureuse histoire.
Immigration-insertion-intégration : aucun autre sujet n'incarne autant le divorce des Français et de leur élite politique. Aucun autre sujet ne met autant en lumière le désamour désormais profond du peuple pour des élites censées veiller sur son destin, mais qui ont participé à le mettre en danger. C'est ce sentiment d'avoir été trahis dans ce qu'ils ont de plus intime, leur identité, qui habite aujourd'hui les Français. Il importe de préciser d'emblée que ce sentiment prévaut dans l'ensemble des pays européens: pas un en effet qui ne souffre du même mal. Dès ses premiers pas, la construction européenne fut guidée par une seule obsession, celles d'empêcher que les nations européennes puissent un jour renouer avec leurs vieux démons. Cette hantise du passé est devenue à tel point névrotique qu'elle a fini par rendre l'Europe aveugle à son présent et aux défis nouveaux qui surgissaient.
Mais qu'est-ce au juste qu'être français ? Quelle est-telle cette identité française qui amène les Français, à partir de leur multiplicité, à se penser comme un corps, comme une communauté nationale ? En France, autrefois terre de libre pensée et d'exercice de l'esprit critique, cette question n'a plus droit de cité. L'interdiction de penser s'est installée sournoisement, et, un jour, la liberté d'expression n'a plus été qu'une pâle étoile dont la lumière tente, de loin en loin, de percer l'épais manteau de brouillard qui recouvre la société française. Soutenue par une concordance inattendue d'intérêts qui lie les univers politique, médiatique, financier et économique, une vérité unique s'est imposée. Malheur à ceux qui n'ont pas adopté la "novlangue" et tentent encore d'exprimer leur francité. Ils courent le risque d'être embastillés dans la geôle des "racistes" avant d'être lapidés en place publique : on fait des exemples qui servent à dissuader les citoyens. Terroriser pour mieux soumettre, stratégie aussi vieille que le monde, mais que ne peuvent admettre ceux qui ont encore en mémoire le sens du mot "liberté";
"C'est cela le terrorisme intellectuel. Pratiquant l'amalgame, le procès d'intention et la chasse aux sorcières, cette mécanique totalitaire fait obstacle à tout vrai débat qui engage l'avenir" écrit Jean Sévillia."

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