(But you better tell the SIS to keep out of sight
'Cause I know they takin' pictures on the ultraviolet light -Jagger/Richards)
1974, la voix noyée dans la réverbération et la pédale wah wah Mick Jagger dénonce le fichage systématique et l'intrusion des autorités dans la vie privée.
Octobre 2011, le Conseil d'État à son tour, rend une décision «funky» en annulant les dispositions du décret du 30 avril 2008 instituant le passeport biométrique (D. n° 2008-426, 30 avr. 2008) prévoyant la collecte de huit empreintes digitales, alors que seules deux sont destinées à figurer dans le passeport.
Les défenseurs des droits de l'Homme et le fan de base des Stones étaient intrigués par ce texte qui disposait que « lors du dépôt de la demande de passeport, il est procédé au recueil de l'image numérisée du visage et des empreintes digitales de huit doigts du demandeur »
Aucune précision sur les doigts et il est probable que s'il n'avait été sanctionné, ce texte aurait abouti à un comportement tendant à négliger les auriculaires de chaque main.
C'eut été regrettable car l'auriculaire est le cinquième doigt de la main chez l'Homme et les grands singes. On l'appelle également petit doigt, doué de la parole dans les comptines enfantines, et il peut confier des secrets dans le creux dans l'oreille : « Mon petit doigt m'a dit que... »
Cette formidable avancée dans la lutte contre la tyrannie bureaucratique devrait nous émouvoir, et la ligue des droits de l'Homme était aussi de la partie pour faire valoir avec succès que l'exercice du droit de toute personne au respect de sa vie privée que constituent la collecte, la conservation et le traitement, par une autorité publique, d'informations personnelles nominatives, ne peut être légalement autorisée que si elle répond à des finalités légitimes.
Mais il apparaît, patatras, qu'elle trouve son origine dans une démarche purement mercantile, ourdie par l'une des plus terribles corporations ; celle des exploitants de photomatons dont la cupidité ne devait pas prospérer qui voyait le Conseil d'Etat valider le reste du dispositif, notamment sur la prise des photographies pour les passeports directement par l'administration.
Pourtant, ami touriste, quand tu te fais tirer le portait par l'employé de mairie, sache que c'est une cabine de photomaton que tu mets en péril.
Oublions ca et retournons aux Stones ;
Wild wild horses we'll ride them someday


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