La convention fiscale avec l'Emirat du Qatar adoptée par le Sénat le 19 février dernier a cette particularité d'exonérer les plus-values immobilières et les gains en capital réalisés par le Qatar ou ses « entités publiques » sur des biens détenus en France. Le Qatar rejoint le Koweït qui bénéficiait déjà d'une semblable exonération.
Le Qatar étant la troisième réserve de gaz de la planète a les moyens d'investir beaucoup, et la France en est un fournisseur privilégié (plus de 555 millions d'euros de solde excédentaire d'échanges en 2008) , notamment en matière d'armement. Parmi ces investissements, quelques belles pièces d'immobilier, dont l'emblématique hôtel Lambert, sur l'île Saint-Louis, en plein centre de Paris, acquis pour la coquette somme de 80 millions d'euros par l'émir Hamad Ben Khalifa Al-Thani au baron Guy de Rotschild en juillet 2007.
Le rôle discret mais efficace joué par le Qatar dans les négociations pour la libération des infirmières bulgares emprisonnées en Lybie serait, selon le Quotidien Le Monde (22/23 février 2009), une explication supplémentaire à cette « immunité fiscale ». Le Qatar aurait versé ce que l'Etat Français a toujours démenti avoir versé, et trouverait une compensation sous forme d'exonération des plus-values réalisées lors de la cession de biens détenus en France.
A la limite, peu importe, la fin justifie les moyens. Ce qui paraît beaucoup plus choquant en revanche est cette dénonciation médiatisée de paradis fiscaux dont profiteraient abusivement certains ressortissants français, ou expatriés d'origine française, quand les représentants de l'Etat négocient des conventions permettant au final la création d'un nouveau paradis fiscal...

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