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Refusé

VENTE D'APPARTEMENT - quel recours en cas de surface manquante ?

  • Par philippe.magdelaine le
    (mis à jour le )
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En cas de vente d'un appartement, la loi dite "carrez" impose un mesurage du lot vendu. Si l'acheteur constate ensuite que la surface annoncée est inférieure, quels sont ses recours contre le vendeur ?


La situation est classique : l'acheteur signe l'acte notarié après avoir pris connaissance de la surface dite "carrez", par exemple 53 m².


Après son emménagement, l'acheteur a un doute sur la surface réelle de l'appartement et il a fait appel à une entreprise de mesurage qui a trouvé que l'appartement n'était que de 49 m². L'acheteur alerte aussitôt le vendeur pour lui demander de lui rembourser la différence de prix sur la base des mètres carrés réels ainsi que la partie des frais (notaire, droits d'enregistrement...) qui avaient été calculés sur des mètres carrés inexistants. Il n'obtient aucune réponse à ses courriers.


Il envisage de faire un procès à son vendeur, mais quelles sont ses chances de le gagner ? Que peut-il espérer ?


L'article 46 de la loi du 10 juillet 1965 sur la copropriété énonce que tout acte de vente d'un lot de copropriété doit mentionner la superficie de la partie privative de ce lot et que si la superficie réelle est inférieure de plus d'un vingtième, le vendeur doit supporter une diminution du prix proportionnelle à la superficie manquante.


Cette disposition légale, ajoutée par la loi du 18 décembre 1996, contient donc une sanction automatique et elle oblige le vendeur à restituer la quote-part du prix qu'il a indûment perçue.


En ce cas, c'est le Tribunal qui décidera si le certificat de mesurage est suffisant pour justifier la demande, et en cas de doute, il désignera un expert qui effectuera ainsi un nouveau mesurage. S'il apparaît en définitive qu'il existe bien une différence de plus d'un vingtième, le vendeur sera automatiquement condamné à rembourser la différence de prix.


En revanche, l'acheteur ne peut demander également le remboursement des frais (droits fiscaux et honoraires) payés à tort sur la partie du prix de vente remboursé, car la Cour de cassation a jugé dans un arrêt du 22 novembre 2006 que la seule sanction encourue par le vendeur est le remboursement de la quote-part du prix à l'exception du remboursement des frais indûment payés. Il est cependant possible d'obtenir de l'administration fiscale la restitution des droits fiscaux correspondants à la diminution du prix.


Enfin, élément important : l'action en justice doit être intentée dans un délai d'un an à compter de l'acte de vente à peine de déchéance. Il faut donc agir avant l'expiration du délai, faute de quoi la demande serait jugée irrecevable !


Philippe MAGDELAINE

Spécialiste en droit immobilier



3 commentaires

restitution droits d'enregistrement

  • Par Aurélie le

Bonjour,


J'ai obtenu une diminution du prix de vente suite à une erreur de mesurage. Mon problème est que personne (y compris mon notaire) ne sait me dire ce qu'il faut faire pour obtenir la restitution des droits d'enregistrement perçus en trop (1300€).


Merci de votre aide.

Cordialement.


RE: restitution droits d'enregistrement

Il convient de présenter à l'administration fiscale une demande en restitution dans le délai légal, c'est-à-dire avant le 31 décembre de la deuxième année suivant la date du jugement devenu définitif.


La somme à récupérer correspond à la partie des droits relative à la diminution de prix qui a été obtenue.


RE: restitution droits d'enregistrement

  • Par Alain le

J'ignorais ce délai.

Bravo pour vos infos


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