La loi de mobilisation pour le logement et la lutte contre l'exclusion du 25 mars 2009 est couramment dénommée « loi MOLLE), mais ses dispositions n'en sont pas moins rigoureuses.
Tel est le cas en matière de restitution du dépôt de garantie.
La loi de mobilisation pour le logement et la lutte contre l'exclusion du 25 mars 2009 est couramment dénommée « loi MOLLE), a été adoptée par le Parlement dans le cadre d'une procédure d'urgence, et publiée au Journal Officiel du 27 Mars 2009.
Elle contient 134 articles dont certains modifient les dispositions de la loi du 6 juillet 1989, notamment sur les modalités de restitution du dépôt de garantie.
Le texte modifié est celui de l'article 22 de la loi de 1989.
L’ancien texte énonçait :
Lorsqu'un dépôt de garantie est prévu par le contrat de location pour garantir l'exécution de ses obligations locatives par le locataire, il ne peut être supérieur à un mois de loyer en principal. Au moment de la signature du bail, le dépôt de garantie est versé au bailleur directement par le locataire ou par l'intermédiaire d'un tiers.
Un dépôt de garantie ne peut être prévu lorsque le loyer est payable d'avance pour une période supérieure à deux mois ; toutefois, si le locataire demande le bénéfice du paiement mensuel du loyer, par application de l'article 7, le bailleur peut exiger un dépôt de garantie.
Il est restitué dans un délai maximal de deux mois à compter de la restitution des clés par le locataire, déduction faite, le cas échéant, des sommes restant dues au bailleur et des sommes dont celui-ci pourrait être tenu, aux lieu et place du locataire, sous réserve qu'elles soient dûment justifiées.
Le montant de ce dépôt de garantie ne porte pas intérêt au bénéfice du locataire. Il ne doit faire l'objet d'aucune révision durant l'exécution du contrat de location, éventuellement renouvelé.
À défaut de restitution dans le délai prévu, le solde du dépôt de garantie restant dû au locataire, après arrêté des comptes, produit intérêt au taux légal au profit du locataire.
Le nouveau texte comporte un alinéa supplémentaire destiné à régler les modalités de restitution en cas de vente du logement pendant la durée du bail :
En cas de mutation à titre gratuit ou onéreux des locaux loués, la restitution du dépôt de garantie incombe au nouveau bailleur. Toute convention contraire n'a d'effet qu'entre les parties à la mutation.
Le nouveau texte a vocation à faire disparaître une difficulté liée au changement de propriétaire en cours de bail. Très logiquement, il avait été jugé que le nouveau propriétaire ne pouvait être tenu de restituer un dépôt de garantie qu’il n’avait pas touché.
Mais après la vente, le locataire perd le plus souvent la trace de l’ancien propriétaire, et pour cause puisqu’il n’a désormais à faire qu’avec le nouveau propriétaire de son logement.
Comment dans ces conditions retrouver l’ancien propriétaire lorsque le bail prend fin, souvent plusieurs années plus tard ? Comment obtenir de lui la restitution d’une somme qu’il estime de bonne foi pouvoir conserver ?
Le nouveau texte met un terme à cette confusion, dont le preneur est la victime : désormais, c'est au nouveau propriétaire et non plus à l'ancien que le preneur devra s’adresser pour demander la restitution du dépôt de garantie, dans le cadre de l’établissement du décompte de sortie.
Ensuite, le bailleur voudra se retourner contre son vendeur, si ce dernier ne lui a pas remis le dépôt de garantie, mais cette question devra avoir été envisagée dans le contrat de vente, par une stipulation particulière. Une précaution qui sera bien utile.
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