avr.
12

Quel lien juridique entre le loueur en meublé et l'exploitant

  • Par paul.duvaux le
  • Dernier commentaire ajouté

Je voudrais ici dénoncer l'erreur grossière commise par certains professionnels.


Certains font croire en effet à leurs clients qu'il est possible d'être loueur en meublé ou relevé du régime DEMESSINE et conclure un mandat de gestion avec un exploitant.


C'est impossible. Le régime fiscal de la location meublée comme celui du DEMESSINE implique la location du bien. Le contrat de mandat n'est pas un bail.


De même, certains font croire qu'il est possible de signer avec l'exploitant un "bail civil". C'est faux, le bail qui lie le propriétaire et l'exploitant est nécessairement un bail commercial d'au moins 9 ans. Et il n'est pas possible de déroger à ce régime qui est d'ordre public.


Il est toutefois possible de conclure un bail de courte durée (inférieur à 24 mois) mais un tel bail ne peut être renouvellé avec le même exploitant sans devenir automatiquement un bail commercial classique d'au moins 9 ans. Autrement dit le bail de courte durée est un fusil à un coup.


Il est également possible de conclure une convention d'occupation précaire (que beaucoup confondent avec le bail de courte durée). Mais une telle convention ne peut être signée que dans des cas très particulier et notamment s'il existe un motif de précarité. C'est le cas dans les résidences où le propriétaire attaque en justice le promoteur en faisant valoir la nullité de la vente. Dans cette situation une convention d'occupation précaire est possible et paraît judicieuse. Selon moi, la convention d'occupation précaire peut s'analyser fiscalement comme une location et reste possible dans le régime de la location meublée et du DEMESSINE.


Enfin rappelons que l'inconvénient du bail commercial est l'obligation pour le propriétaire de verser une indemnité d'éviction à l'exploitant s'il veut mettre fin au bail à son échéance sans le renouveler. Il n'est pas possible d'exclure cette indemnité au moment de la signature du bail. Il n'est pas non plus possible de la fixer selon un forfait. En revanche, après la signature du bail, il est possible de prévoir de telles dérogations (évidemment si l'exploitant est d'accord pour signer un avenant, ce qui ne va pas de soi, car ce n'est pas son intérêt).


7 commentaires

http://chaletsdesuperd.free.fr

  • Par Marc T le

Article intéressant mais probablement à lier avec l'article précédent.

En effet, la SAS maîtrisée par les copropriétaires semblent permettre de résoudre pas mal des problèmes évoqués comme :

- la définition de l'indemnité d'éviction plus simple

- la sortie avant la fin du bail à des conditions plus favorables

- ...


Quel est le lien entre la possibilité de créer une SAS ou d'entrer au capital de la société de gestion et les derniers textes de loi qui précisent que l'autogestion n'est possible qu'après être restés un an sans gestionnaire ?


Merci


RE: http://chaletsdesuperd.free.fr

  • Par paul.duvaux le

La création d'une SAS intercalaire permet effectivement de régler certains problèmes juridiques, comme l'obligation de verser une indemnité d'éviction mais aussi et surtout cela permet de présenter un front uni face à l'exploitant. Autrement dit on peut envisager un schéma ou plutôt que de louer directement à un exploitant, louer à une SAS qui elle-même sous-loue à l'exploitant.


RE: http://chaletsdesuperd.free.fr

  • Par Marc T le

Merci pour cette réponse.


SAS intercalaire

  • Par Géraldine le

Bonjour Maître Duvaux

Peut-on créer la SAS intercalaire sans attendre un an ? Par exemple si le gestionnaire est d'accord ?

Ce type de société serait donc juridiquement tolérée dans le Demessine ?


Que pensez-vous de l'entrée des copropriétaires dans le capital de la société de gestion ? Est-ce plus risqué que la SAS ?


Je vous remercie d'avance pour votre réponse.

Cordialement


RE: SAS intercalaire

  • Par paul.duvaux le

Il faut en principe respecter le délai d'un an. En pratique, je pense que toutes les résidences pourront le respecter car tout dépend évidemment comment on décompte ce délai d'un an. Il faut attendre l'instruction mais je pense que les services fiscaux ne seront pas pointilleux sur ce point.


Par ailleurs, la SAS doit être exclusivement composée de propriétaires, participer à une société d'exploitation détenue majoritairement par l'exploitant non propriétaire ne me paraît pas une bonne idée. Je n'en vois pas l'intérêt. Il vaut mieux un bail commercial bien rédigé et offrant un droit de contrôle sur l'exploitant.


Utilisation d'un prêt à usage au profit de l'exploitant

  • Par agate le

Dans une résidence Demessine classique (avec un gestionnaire de la résidence de tourisme), la mise à disposition gracieuse à l'exploitant par un prêt à usage d'un lot privatif à usage de bureau appartenant au syndicat des copropriétaires, toutes les charges du lot restant payées par le syndicat, peut-il être considéré par le fisc comme une manière de s'associer à l'exploitant de la résidence de tourisme et risquer de faire requalifier les loyers percus par les copropriétaires en BIC ?


RE: Utilisation d'un prêt à usage au profit de l'exploitant

  • Par paul.duvaux le

Non


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