il serait bon que le XXX ne nous mette pas des batons dans les roues...
Il y a désormais une deuxième force face au XXX,YYY et il serait bon qu'elle devienne un interlocuteur au même titre que le XXX.
merci maitre pour vos articles.
Paul DUVAUX avocat fiscaliste
Petit rappel de la situation
Les propriétaires des appartements de ces résidences sont des particuliers qui ont été attirés par des avantages fiscaux (régime LMP ou régime DEMESSINE) et une bonne rentabilité.
Les promoteurs leur ont vendu un package comprenant l'achat d'un appartement et la conclusion d'un bail commercial avec un gestionnaire imposé.
Mais, dans certains cas, ce package cache une double arnaque.
D'une part, le prix de vente a été fixé à un niveau au-dessus de la valeur vénale et, pour garantir des loyers attractifs, les promoteurs ont versé au gestionnaire des fonds de concours, qui ont permis de gonfler artificiellement la rentabilité apparente de la résidence (voir ma note sur le sujet).
D'autre part, les gestionnaires ont conservé la propriété des lots de service, ce qui leur permet de faire pression sur les propriétaires qui voudraient les évincer, notamment au moment de la renégociation de loyers à la baisse.
Aujourd'hui de nombreux gestionnaires ont fait faillite, notamment parce que les fonds de concours ont été épuisés.
La clause recettes
De nombreux gestionnaires proposent de reprendre la gestion mais à condition que les propriétaires acceptent une baisse souvent importante des loyers.
Certains gestionnaires candidats repreneurs proposent des loyers fixés en fonction du pourcentage du chiffre d'affaires ou des bénéfices d'exploitation de la résidence.
Mais, les clauses recettes risquent d'aboutir à la requalification fiscale de l'activité des propriétaires : il sera considéré qu'ils exercent l'activité hôtelière des gestionnaires. Une telle requalification peut s'appuyer sur une abondante jurisprudence sur ce point.
Le mandat direct à un gestionnaire tiers
L'idée est ici que chaque propriétaire confie la gestion de son appartement à un professionnel qui, comme un administrateur de biens, serait chargé de la gestion en échange d'une commission sur les recettes. Cette solution n'est pas possible car d'abord, si le mandataire exerce une activité hôtelière, il sera considéré que le propriétaire exerce également une activité hôtelière. Le régime DEMESSINE, comme celui de la location meublée, suppose un contrat de location, à distinguer du contrat de mandat, et interdit la gestion directe de l'exploitation par le propriétaire, même en utilisant les services d'un sous-traitant comme le mandataire.
La reprise de la gestion de la résidence par une société constituée par les investisseurs
L'idée est ici que les propriétaires constituent ensemble une société de gestion de la résidence, au lieu et place de l'ancien gestionnaire, et qu'ils louent par un bail commercial leurs locaux à ce nouveau gestionnaire dont ils détiennent la totalité du capital.
Ici, il y a bien une véritable location.
Cette solution est préférable à celle de la clause recettes car elle permet aux propriétaires de garder le contrôle de leur résidence. Bien entendu, elle suppose une implication minimum des propriétaires.
Par ailleurs, rien n'interdit à la société gestionnaire de se faire aider dans la gestion en signant un contrat de mandat avec un tiers gestionnaire.
Cette solution me paraît sans risques au plan fiscal pour les loueurs en meublé. En revanche, pour les investisseurs ayant bénéficié de la réduction d'impôt du régime dit DEMESSINE, elle n'est pas exempte de risque fiscal.
En effet, dans sa doctrine sur le régime DEMESSINE (instruction du 6 avril 2006 5B-14-06 n° 49), l'administration indique :
"Les produits retirés de la location doivent être imposés dans la catégorie des revenus fonciers, ce qui exclut les locations en meublé. Par ailleurs, il est rappelé que les profits retirés de la location d'immeubles nus ayant pour effet de faire participer le bailleur à la gestion ou aux résultats d'une entreprise commerciale exploitée par le preneur, relèvent de la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux. Il en est de même lorsque le propriétaire fournit, de manière directe ou indirecte, des services attachés à la location des logements. Le bailleur ne peut donc pas notamment être un associé de la société d'exploitation de la résidence."
Selon moi ce dernier passage de la doctrine interdisant au propriétaire d'être associé de la société d'exploitation est illégal.
Il s'agit donc d'une position l'administration sans aucune valeur.
Rien dans la loi fiscale ne permet de la justifier.
Rappelons que dans le monde des affaires, il arrive très souvent que le propriétaire des locaux d'une entreprise soit également associé de la société louant ces murs. Pour autant, personne n'a jamais prétendu que, dans ce cas, le régime fiscal de la location doive être requalifié comme étant une forme de coexploitation de l'activité du locataire.
Il y a lieu de regretter fortement l'existence de cette doctrine administrative illégale qui arrange bien les affaires des gestionnaires. Ils peuvent ainsi faire valoir que la solution de reprise de l'exploitation par une société d'exploitation constituée par les propriétaires présente un risque fiscal et imposer leur propre solution de reprise, qui implique souvent une forte baisse des loyers.
Mais, selon moi, même s'il ne peut être nié l'existence d'un risque fiscal, en pratique, il ne faut pas hésiter à adopter la solution de reprise par les propriétaires car elle est économiquement souvent préférable à la conclusion d'un nouveau bail avec un gestionnaire. Par ailleurs, selon moi, un rappel fiscal éventuel pourra être facilement annulé par le juge de l'impôt.
Dernière minute
Après avoir contacté les services du ministère du budget sur cette question sensible, il m'a été répondu qu'ils étudiaient, de façon générale, la situation des résidences de tourisme et plus spécialement celles relevant du régime DEMESSINE.
Il serait judicieux que le ministre décide en urgence de supprimer ce passage illégal de la doctrine. C'est une mesure simple qui ne relève que de la compétence du ministre et qui ne nécessite aucune réforme de la loi.
Elle permettrait aux propriétaires de prendre le contrôle de leur résidence, sans dépendre du bon-vouloir de gestionnaires dont l'honnêteté n'a pas toujours été établie de façon certaine.
Note attention, pour des raisons déontologiques, je dois supprimer les commentaires qui cite des tiers en donnant leur nom
il serait bon que le XXX ne nous mette pas des batons dans les roues...
Il y a désormais une deuxième force face au XXX,YYY et il serait bon qu'elle devienne un interlocuteur au même titre que le XXX.
merci maitre pour vos articles.
en cas de rachat (au promoteur) du local d'accueil effectué par la copropriété, pour protéger les copropriétaires à l'avenir,
est-il vrai que l'on procède à la signature d'une convention entre les copropriétaires et le gestionnaire pour la mise à disposition gratuite de l'accueil ? Il paraît que c'est toujours à titre gracieux (!) entre copropriétaires et exploitant ?
Pour quelles raisons la copropriété ne percevrait-elle pas un loyer qui permettrait indirectement de baisser les charges à verser au syndic ?
Je vous remercie d'avance pour vos réponses - Cordialement -
Selon moi, la mise à disposititon des lots de copropriété résulte du bail commercial signé par les copropriétaires : ils louent leurs appartements et les droits correspondants dans les lots communs (couloir, escalier, jardin), ce qui incluent les lots de service.
Bon article paru dans le Monde vendu jusqu'à ce soir
"Les victimes du scandale des résidences de tourisme sont désarmées"
page 9 du supplément ARGENT.
Oui l'article est intéressant. D'une manière générale, les journaux commencent à en parler de plus en plus. Cela devient une vérité médiatique. Les hommes politiques vont peut-être enfin commencer à s'y intéresser et agir pour réparer leurs erreurs passées.
Bonsoir Maître,
Y a t il du nouveau à Bercy concernant l'éventualité d'autoriser aux propriétaires d'appartements en résidence de tourisme pris en otages par un gestionnaire verreux/incapable de pouvoir pratiquer l'auto gestion de leur résidence ?
Puisque le statut de LM le permet quelle sont les démarches et quelles sont les conséquences ( financières) à basculer de Demessine à LMNP ? le conseilleriez vous?
merci de votre réponse et félicitations pour les infos qui se trouvent sur votre blog
D'abord il n'y pas à attendre l'autorisation de BERCY, l'autogestion doit être choisie par les propriétaires et la position de BERCY l'interdisant pour le DEMESSINE est parfaitement illégale. Il faut savoir qu'il est courant de constater le caractère illégal de la doctrine administrative et cette doctrine n'a pas pour objet de remplacer la loi mais simplement de donner une interprétation de la loi fiscale.
Ce qui serait bien c'est que l'administration fiscale supprime cette doctrine car c'est quand même cette doctrine, même illégale, qui peut inspirer un vérificateur.
A ce jour aucune modification n'est à l'ordre du jour.
Pour BERCY tout va bien dans le meilleur des mondes au royaumes des gestionnaires escrocs et vive le DEMESSINE qui a été tant utile pour les promoteurs !
Cela dit, d'après mes informations, la FEDARS espère bien faire changer les choses et notamment ce point et Bercy pourrait envisager une évolution.
Par ailleurs, selon moi, il ne faut pas renoncer au DEMESSINE pour le LMNP mais essayer de conserver le DEMESSINE dans le cadre de l'auto-gestion.
Quelles sont les conditions minimum pour rompre un bail commercial pour faire de l'auto gestion ?
Pas de prestations proposées dans la Résidence, paiement des loyers régulièrement en retard, pas d'informations aux propriètaires sur les bilans.....
Pour info, il s'agit il s'agit de logement meublé par les propritaires .
La résidence fonctionne depuis un an ; l'achat des meubles a été confié par le promoteur au gestionnaire : 8000Euros pour un F3 : à l'examen la dotation faite doit représenter 5000Euros maximum !!! y a t il ieu de faire valoriser par un expert ?
c'est pourquoi nous sommes plusieurs propriétaires à envisager l'auto gestion.
Quel est votre avis ?
Cordialement,
J.Marchais
Je ne peux pas répondre sérieusement à votre question sans connaître précisément votre dossier mais pour résilier un bail un impayé suffit. En pratique, il est nécessaire d'être majoritaire dans la résidence pour envisager l'auto-gestion.
J'ai lu attentivement les articles et commentaires sur les conditions du statut LMP et il me reste toujours un doute:
Je suis LMP depuis l'achat en 12/2006 d'un appartement dans une résidence para-hotelière. J'avais alors bénéficié d'une économie d'impôts grâce au déficit et de la restitution de la TVA. Je viens de résilier le bail commercial parce que je ne recevais plus mes loyers, et j'ai pour l'instant repris les locations en direct. Est-ce que je peux continuer d'exploiter en direct si j'offre les services para-hôteliers ou est-ce qu'un bail commercial avec une société de gestion est une condition indispensable pour conserver les avantages fiscaux?
Il faut bien distinguer la TVA du régime LMP ou LMNP.
En TVA, un seule chose compte : les clients doivent avoir les services hôteliers, directement ou indirectement, peu importe.
En fiscalité directe, pour être loueur en meublé vous devez limiter votre activité à la location meublée.
Si vous rendez des services hôteliers directement (ou par un mandataire, ce qui revient au même juridiquement), vous n'êtes plus loueur en meublé mais hôtelier.
Donc si vous rendez des services directement, vous gardez votre régime TVA mais vous perdez celui de loueur en meublé et donc vous perdez l'avantage de l'exonération de plus-value (et l'imputation des déficits sur le revenu global).
Merci pour cette réponse si rapide.
Elle contient une bonne et une mauvaise nouvelle pour moi. Je n'ai donc pas de risque de reprise de TVA remboursée, mais qu'en est-il des déficits imputés lors de l'achat et les années pendant lesquelles j'avais un bail commercial et étais donc LMP? Est-ce que la résilation du bail a des effets rétroactifs pour ces avantages fiscaux consenti?
Je pourrais m'associer avec d'autres copropriétaires dans le même cas dans une société de gestion. Le problème est qu'on aura du mal à atteindre le seuil de 23.000€ de loyers miroités par le précédent gestionnaire. Cette condition du LMP risque donc ne pas être remplie et je risque de perdre le statut tout de même, et la couverture sociale (c'est ma seule activité professionnelle). Si néanmoins je décidais de tenter cette solution, dans quel délais est-ce que le nouveau bail devra prendre la relève, quelle durée sera tolérée par l'administration fiscale pour la gestion en directe devenu nécessaire pour honorer les contrats de location signés par le précédent gestionnaire et ne pas laisser les clients à la rue en pleine saison?
Une réponse sérieuse à vos questions suppose la connaissance de votre dossier et une véritable consultation.
Mais en tout cas, il n'y a pas d'effet rétroactif en matière de perte du régime LMP.
Bonjour Mâitre,
Comme 38 autres personnes nous sommes propriétaires d'appartement dans une résidence du sud ouest de la France, ouverte en janvier 2010. Nous avons tous signé un bail avec un gestionnaire, qui, depuis juillet 2011, ne nous paye plus nos loyers. Nous avons fait des lettres de mise en demeure, et un référé est en cours. Mais, malheureusement, je vous avoue n'avoir que peu d'espoir de récupérer mes loyers.
Nous nous sommes regroupés en association et nous renseignons sur un projet d'autogestion de notre résidence. Le problème étant que nous n'avons que 40 lots en notre possession, et que 67 lots appartiennent encore au promoteur qui tente de les vendre. Nous ne sommes donc pas majoritaires. L'autogestion peut-elle s'appliquer à nous. Si ce n'est pas le cas, qu'elles sont nos solutions.
Bien cordialement.
Une réponse sérieuse à votre question supposerait une analyse de votre dossier. Je pense que vous pourriez envisager une action pénale et pas seulement une action en référé (à voir avec l'avocat qui vous défend). Si les lots sont encore à vendre, vous pourrez sans doute vous faier payer sur le prix de vente de ces lots (hypothèque judiciaire à prendre). Vous pouvez envisager un régime d'auto-gestion ou la recherche d'un nouveau gestionnaire. Dans tous les cas, vous devez prendre collectivement votre destin en main en agissant de concert, ce qui est le cas. Il n'est pas nécessairement gênant à ce stade de ne pas avoir la majorité des lots car les acheteurs devront de toute façon vous rejoindre. Contrôler 70 % des appartements n'est obligatoire que dans certains cas.
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