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Du nouveau dans la réglementation des résidences de tourisme classées

  • Par paul.duvaux le
  • Dernier commentaire ajouté

La loi sur le tourisme du 22 juillet 2009 avait renforcé la protection des investisseurs dans les résidences de tourisme classées en prévoyant notamment l'obligation de transmettre certains documents de commercialisation.


Un arrêté repris ci-après précise la liste des informations figurant dans ces documents.


Je note certaines informations qui pourront s'avérer utiles, notamment le rappel du contenu des avantages fiscaux attachés au placement et des précisions sur l'exploitant.


Ce texte constitue à l'évidence un progrès par rapport à la situation antérieure.


Il est très regrettable qu'il ait été adopté sans que les associations de copropriétaires soient consultées.


Mais plus généralement la loi du 22 juillet 2009 reste très insuffisante.


Il aurait fallu prévoir des protections plus efficaces et notamment :


- annulation de la vente en l'absence de classement effectif dans un délai de 3 mois après l'achèvement,


- interdiction des fonds de concours,


- obligation d'inclusion des lots de service dans les parties communes de la copropriété,


- obligation de présenter un prévisionnel d'exploitation de la résidence certifié par un commissaire aux comptes indépendant,


- conclusion d'un bail commercial avec clause de résiliation en cas d'impayé et renonciation à l'indemnité d'éviction,


- interdiction à l'exploitant ou au promoteur d'être copropriétaire, directement ou indirectement,


- obligation de faire nommer un syndic indépendant,


- en cas de faillite de l'exploitant, obligation pour l'organe de la procédure collective de convoquer les copropriétaires en assemblée au début de la procédure et de leur demander de désigner un représentant pour suivre la procédure.


Par ailleurs, les sanctions au non-respect des nouvelles obligations ne sont pas précisées par les nouveaux textes issus de la loi du 22 juillet 2009, s'agit-il de voeux pieux ?



MINISTÈRE DE L'ÉCONOMIE, DE L'INDUSTRIE ET DE L'EMPLOI


Arrêté du 23 décembre 2009 fixant les critères relatifs aux documents de commercialisation

diffusés aux acquéreurs de logements situés dans des résidences de tourisme



Le secrétaire d'Etat chargé du commerce, de l'artisanat, des petites et moyennes entreprises, du tourisme, des

services et de la consommation,

Vu le code du tourisme, notamment ses articles L. 321-1 à L. 321-4 ;

Vu le code de commerce,

Arrête :

Art. 1er. − Les documents de commercialisation mentionnés aux articles L. 321-3 et L. 321-4 du code du tourisme doivent indiquer que le bail liant le propriétaire et l'exploitant est un bail de nature commercial soumis, à ce titre, aux dispositions des articles L. 145-1 à L. 145-60 du code de commerce.

Ils doivent en outre préciser les caractéristiques principales du bail.


Art. 2. − Les documents de commercialisation doivent comporter la mention suivante relative à l'indemnité d'éviction mentionnée à l'article L. 145-14 du code de commerce :

« Le bailleur peut refuser le renouvellement du bail conclu avec l'exploitant de la résidence de tourisme.

Toutefois, il devra dans ce cas, sauf exceptions prévues aux articles L. 145-17 et suivants du code de

commerce, payer à l'exploitant une indemnité dite d'éviction égale au préjudice causé par le défaut de

renouvellement.

Les modalités de calcul de cette indemnité sont fixées au deuxième alinéa de l'article L. 145-14 susvisé. »


Art. 3. − Les documents de commercialisation doivent également comporter les informations mentionnées

ci-après concernant :

– le promoteur : nom, adresse, numéro d'enregistrement au registre du commerce et des sociétés, montant du capital social de la société, expérience professionnelle dans le domaine des résidences de tourisme, engagements vis-à-vis de l'exploitant ;

– l'exploitant : nom, adresse, numéro d'enregistrement au registre du commerce et des sociétés, montant du capital de la société, nombre de résidences gérées, ses engagements vis-à-vis de l'acquéreur ;

– les avantages, notamment fiscaux et financiers, de l'investissement en résidence de tourisme et les

conditions pour en bénéficier, notamment l'obligation impérative de classement de l'établissement en tant que résidence de tourisme ;

– les différents statuts possibles de l'acquéreur-investisseur ;

– le projet de réalisation présenté : situation géographique précise de la résidence de tourisme, modes de desserte, normes de constructions, modalités de gestion de l'ensemble immobilier (état de la copropriété, montant des charges), contraintes liées à l'agencement et à l'équipement des parties privatives.


Art. 4. − Le présent arrêté sera publié au Journal officiel de la République française.


Fait à Paris, le 23 décembre 2009.

HERVÉ NOVELLI


23 commentaires

residence tourisme

  • Par patrice Chou le

Bonjour Maître

Le gestionnaire d'une résidence de tourisme,qui a des ennuis de trésorerie, ne nous a pas réglé le 3 ème et 4 ème trimestre 2009.Il nous a envoyée un mailing proposant un étalement des remboursements et en autre de faire jouer la clause résolutoire.

avec cette condition Sans réponse avant le 15 février nous considérerons que vous avez choisi de résilier le bail qui nous lie a compter du 15 février.

Ma question

Cette conditions est elle légale? Faut il en tenir compte?

Merci de vos conseils

Pat


RE: residence tourisme

  • Par paul.duvaux le

C'est un chantage mensonger, le fait de ne pas accepter une baisse de loyers n'implique pas la résliation du bail. L'exploitant doit vous payer le loyer prévu au bail et jusqu'à la fin du bail. Dans une telle situation, prenez un avocat, faites un commandement de payer, puis mettez l'exploitant en faillite. Bien sûr il faut trouver un nouvel exploitant honnête (il y en a) ou reprendre vous-même l'exploitation, en vous faisant aider éventuellement par des professionnels.


RE: residence tourisme

  • Par mimiyoyo78 le

Bonjour Maître vous dites qu'il y a des gestionnaires de résidence de tourisme sérieux : comment peut on trouver de tel gestionnaire et comment leur faire confiance ?


Si le gestionnaires d'un résidence de tourisme ne respecte pas ses engagements existe-t-il une indemnité pour le propriétaire ?


Merci par avance

mimiyoyo78


clause de renonciation triennal

  • Par Aldo le

Bonjour,

Bonjour, je suis propriétaire d'un Demessine ZRR. Est-il possible de demander dans un bail de 9 ans une clause de renonciation à résiliation triennale du bail commercial, es-ce valeur juridique si les deux partrie le signent?

Lorsque le gestionnaire résilie le bail avec 6 mois de préavis, y a-t-il possibilité d'être indemnisé en tant que propriétaire

Merci beaucoup.


RE: clause de renonciation triennal

  • Par paul.duvaux le

Depuis la réforme de 2009, la résiliation triennale n'est pas possible de toute façon quelles que soient les mentions du bail.


RE: clause de renonciation triennal

  • Par Aldo le

Je suis très surpris de cette réponse car notre Preneur nous demande de signer un avenant avec baisse de loyer très significative de 30% ou bien il résilie notre bail en respectant bien sur le préavis de 6 mois. Le bail va arriver aux 3 ans en fin d'année.

Une fois qu'il a résilié notre bail quels sont nos recours, que dois-je faire ?


RE: clause de renonciation triennal

  • Par Aldo le

Ou peut-être faites-vous références aux Baux signés après le 22 juillet 2009 ?

Je ne penses pas que la réforme soit rétroactive.

Bien cordialement


RE: clause de renonciation triennal

  • Par paul.duvaux le

Je pense que cela s'applique aux baux en cours au moment de la publication de la loi car il s'agit d'une disposition de protection, mais je reconnais que je n'ai pas de certitude sur ce point.


RE: clause de renonciation triennal

  • Par Aldo le

Ce n'est pas rétroactif d'après le SNRT


RE: clause de renonciation triennal

  • Par paul.duvaux le

A mon avis c'est rétroactif.


RE: clause de renonciation triennal

  • Par BRUNEL le

Bonjour,


avez de nouveaux éléments concernant cette clause de renonciation?

La loi du 22 juillet 2009, peut-elle s'appliquer pour un bail signé en 2008 ?


Cordialement.


Luc BRUNEL


RE: clause de renonciation triennal

  • Par paul.duvaux le

Non


Bail daté d'avant l'acquisition du bien

  • Par Aldo le

Bonjour,

J'ai acheté un appartement en ZRR a un autre propriétaire qu'il avait acheté sur plan. L'achat a été effectif en Juillet 2008, la date de prise du bail est celle de l'ancien propriétaire (dec 2007) mais je n'ai perçu les loyers qu'à partir de juillet 2008 date ou je suis propriétaire.

Quelle est la vrai date de démarrage du bail, la date d'achat ou la date marquée sur le bail ? Cette date peut-être prise en compte pour une résiliation triennale, Dec 2007 ou Juillet 2008.

Si c'est décembre 2007 puis-je demander la pleine application du bail et donc le rattrapage des loyer de dec2007 à Juillet 2008 même si je n'étais pas propriétaire sachant que l'ancien propriétaire ne les a pas perçu ?


Controle de comptabilité suite cession immobiliere en LMP

  • Par Michel le

Bonjour


Je fais l'objet d'un controle fiscal suite a des cessions immobilieres intervenues en 2008 et 2009.

Mes recettes etant de l'ordre de 130 000 euros annuelles, je suis sous le plafond des 250 000 euros pour les ventes intervenues avant le 1 janvier 2009.

Cependant je risque un redressement sur 2 ventes réalisées en 2009.

Les compromis ayant été signés en mars et mai 2009, a quelle date est parue au journal officiel la loi modificative instaurant le plafond de 90 000 euros de recettes pour etre exonéré lors de vente ?

Peut etre peut on jouer la dessus meme si la loi est applicable au 1er janvier 2009 ....


En vous remerciant


RE: Controle de comptabilité suite cession immobiliere en LMP

  • Par paul.duvaux le

Votre question n'est pas claire, quand vos ventes ont-elles eu lieu ? Peu importe les dates des compromis de vente, ce qui compte c'est la date de l'acte notarié de vente. Si la vente a eu lieu en 2010, la nouvelle loi s'applique. Selon moi, toutefois vous pouvez contester la nouvelle loi en faisant valoir son caractère anticonstitutionnel (par une QPC) mais le résultat positif d'un tel recours ne peut être garanti.


RE: Controle de comptabilité suite cession immobiliere en LMP

  • Par Michel le

Bonjour


Merci de votre reponse.

J'ai des 2 actes authentiques de vente qui ont été signés en 2009.

La nouvelle loi ne s'applique pas au 1er janvier 2009?


Bonne journée


RE: Controle de comptabilité suite cession immobiliere en LMP

  • Par paul.duvaux le

Si vous avez raison, le temps passe vite, effectivement c'est dès 2009 que la loi s'appliquait.


RE: Controle de comptabilité suite cession immobiliere en LMP

  • Par Michel le

Compte tenu que mes recettes sont supérieures a 120 000 euros en 2007 et 2008 (je crois que c'est la moyenne des 2 années précédentes qui est prise en compte)

je me dis que si je me suis engagé par compromis chez un notaire avant que la loi ne soit publiée au journal officiel, je ne pouvais pas savoir que les plafonds de recette allaient etre modifiés.

Si je l'avais su , je n'aurai pas vendu.

Je pense que ca peut se defendre.

Savez vous quand la loi a été publiée au journal officiel


Merci


RE: Controle de comptabilité suite cession immobiliere en LMP

  • Par paul.duvaux le

La loi a dû être publiée en début d'année mais le projet était connu avant. Mais ce n'est pas le bon argument. Le bon argument c'est de faire valoir l'atteinte au principe de sécurité juridique, la modification brutale des règles du régime des LMP avec application aux investissements déjà réalisés.


RE: Controle de comptabilité suite cession immobiliere en LMP

  • Par Michel le

Ceci dit l'inspecteur des impots va certainement appliquer la loi stricto sensu.

Vous ne croyez pas ?

Devant qui je dois faire valoir l'atteinte au principe de securité juridique ?


RE: Controle de comptabilité suite cession immobiliere en LMP

  • Par paul.duvaux le

L'atteinte au principe juridique ne sera très probablement pas pris en compte par l'inspecteur. C'est un argument à développer dans le cadre d'un contentieux. Par ailleus, je rappelle que cet argument a des chances limitées de succès car à ce jour le conseil constitutionnel ne l'a pas encore admis. Il est possible également d'invoquer la convention européenne des droits de l'homme en invoquant l'atteinte au droit de propriété.


RE: Controle de comptabilité suite cession immobiliere en LMP

  • Par Michel le

Donc aucune négociation n'est possible avec l'inspecteur ?

Savez vous comment est calculé la taxation de la plus value ?

Prix de vente 47 000 euros

Valeur nette comptable apres amortissement : 10 000 euros


RE: Controle de comptabilité suite cession immobiliere en LMP

  • Par paul.duvaux le

Je ne peux pas répondre à ce genre de question trop précise dans ce blog.


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