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C'EST QUOI CE "BINZE" OU CE "BORDEL" ?

  • Par patrice.giroud le
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Communication du CNB :


"CONTRIBUTION POUR L'AIDE JURIDIQUE


Paris, le 19 septembre 2011


Mes Chers Confrères,


Le nouvel article 1635 bis Q du code général des impôts, créé par la loi de finances rectificative pour 2011 (L. n° 2011-900 du 29 juillet 2011, art. 54.V), a instauré une nouvelle contribution pour l'aide juridique d'un montant de 35 € dans toutes les instances introduites devant une juridiction judiciaire ou administrative, sauf exceptions prévues par le texte notamment pour les personnes bénéficiaires de l'aide juridictionnelle.


Le Conseil national des barreaux avait manifesté son opposition à cette disposition qui porte directement atteinte aux principes de gratuité et d'égal accès à la justice, et regretté que les autres solutions alternatives qu'il avait proposées, soucieux de la solidarité nationale, n'aient pas été retenues. Il avait enfin proposé à tout le moins que cette contribution soit prélevée au titre des dépens à la charge de la partie succombant au procès (motion adoptée lors de son assemblée générale des 17 et 18 juin 2011).


La contribution pour l'aide juridique, applicable à compter du 1er octobre prochain, doit donner lieu, lorsque l'instance est engagée par une partie représentée par un avocat, à un paiement par voie électronique, seuls les particuliers non assistés d'un avocat étant autorisés à recourir à l'usage d'un timbre mobile.


A ce jour, aucune disposition n'a été prise pour permettre aux auxiliaires de justice de procéder au paiement électronique du timbre.


L'avant-projet de décret qui met en application ces dispositions, transmis pour observations au Conseil national des barreaux, a simplement pour objet d'organiser les conséquences procédurales sur l'instance introduite d'un défaut de paiement de la contribution et prévoit que le juge saisi d'une demande la déclare irrecevable lorsque celle-ci n'est pas accompagnée du justificatif du paiement de la taxe.


Les services de la Chancellerie nous ont précisé que les dispositions prévoyant le paiement de la taxe par voie électronique ne seraient certainement applicables qu'au 1er janvier 2012, et qu'il faudrait effectuer un paiement par voie de timbre mobile du 1er octobre au 31 décembre 2011 pour les parties représentées par un avocat ou non représentées.


Nous observons cependant que pour imposer cette modalité de paiement de la taxe pendant une période transitoire, par voie de timbre mobile, aux auxiliaires de justice il faudrait qu'intervienne préalablement une modification législative des dispositions de l'article 1635 bis Q du code général des impôts.


Ainsi, au cas où un décret d'application serait pris par le gouvernement pour exiger des auxiliaires de justice le paiement de la taxe par voie de timbre mobile pendant la période transitoire, le Conseil national des barreaux ne manquerait pas de le déférer à la censure du Conseil d'Etat.


Enfin, la Chancellerie aurait commencé le développement d'une plateforme sur laquelle les paiements électroniques pourraient intervenir. Nous demanderons à ce que le système de paiement soit intégré aux applications du RPVA de façon à ce que les avocats puissent travailler directement dans leur environnement ordinaire.


Nous ne manquerons pas de vous tenir régulièrement informés de l'évolution de ce dossier.


Votre bien dévoué,


Bâtonnier Thierry WICKERS

Président"


C'est l'expression qui m'est venue immédiatement à l'esprit en lisant ceci.


Un tel dysfonctionnement peut effectivement se qualifier indifféremment de "binze" ou de "bordel" !


De qui se moque-t-on ?


Impossible d'employer encore l'imparfait du subjonctif devant de telles âneries !


7 commentaires

IL SERAIT UN COMBLE

  • Par bernard.kuchukian le

Que l'utilité du boitier NAVISTA soit seulement pour payer 35 €...


Quoi qu'il me semblât

  • Par laurent.epailly le

que le terme de bordel seillât particulièrement à la situation présente...


RE: Quoi qu'il me semblât

  • Par patrice.giroud le

Vous vous livrez ainsi à un exercice digne de Raymond Barre !


Le bordel

  • Par dominique.jourdain le

Mais pas tant que ça. A la caisse, il y a le CNB qui sera bien placé pour flinguer tous ceux qui s'aviseraient de résister encore contre son boitier à la c...


J'ai du mal à saisir.....

  • Par JRM le


...vous semblez penser que le boitier NAVISTA serait inéluctable !


Que nenni.... Attendez le 1° janvier 2012 et la retraite de ce bon Roy DAGOBERT qui semble avoir mis son boitier à l'envers : vous verrez .


Mais si vous partez battus, alors.......................................


RE: J'ai du mal à saisir.....

  • Par patrice.giroud le

C'est incontestablement une affaire à suivre car effectivement un paiement électronique peut parfaitement être mis en place autrement.


Imaginez par exemple un instant que l'on renonce au timbre mobile pour le justiciable qui este en justice sans avocat au profit d'un paiement électronique !


L'analyse du Bâtonnier en exercice de GRENOBLE

  • Par patrice.giroud le

"Le Bâtonnier MEDINA appelle à une grève nationale contre l'instauration du timbre de 35 euros, dans un article paru dans la gazette du Palais


par Jean-Luc MEDINA

Bâtonnier de l'ordre des avocats du barreau de Grenoble

Président d'Honneur de la FNUJA


Profession

1er octobre 2011 : le rendez-vous manqué de la profession d'avocat


La nouvelle contribution pour l'aide juridique de 35 euros, malgré la volonté du législateur lors de l'examen du projet de loi de finances rectificative pour 2011, ne servira finalement pas à financer la réforme de la garde à vue dont le budget restera à la charge exclusive de l'État.


La loi de finances rectificative, votée le 6 juillet dernier, instaure le paiement d'un timbre fiscal de 35 euros pour toute instance introduite devant les juridictions civiles, sociales et prud'homales, à compter du 1er octobre 2011. L'objectif affiché était de financer la réforme de la garde à vue et l'intervention des avocats prévue par la loi du 14 avril 2011. Pourtant, il n'en sera rien.


En effet, il est prévu que le produit de cette contribution abonde le budget de l'aide juridictionnelle (AJ). Aux termes des nouvelles dispositions de l'art. 21-1 de la loi du 31 déc. 1971, le Conseil national des barreaux est chargé de répartir entre les barreaux le produit de la contribution selon les critères définis au troisième alinéa de l'art. 27 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, lequel concerne le concours des auxiliaires de justice à l'AJ.


Or, les dotations versées aux Carpa sur les différents sous-comptes ne sont pas fongibles. Depuis des années, la profession recherche et propose des sources de financements complémentaires afin d'abonder le budget de l'AJ de l'État, pour aboutir à une véritable rémunération des avocats dans le cadre de leur intervention au titre de l'AJ.


Le protocole d'accord signé entre le garde des Sceaux et les organisations professionnelles représentant les avocats, le 18 décembre 2000, promettait une réforme d'ensemble du système de l'AJ et posait le principe de la rémunération des avocats, et non plus l'indemnisation au titre de leurs interventions. La profession s'est démenée pour proposer toute sorte de financement à la Chancellerie : instauration d'une taxe sur les contrats de protection juridique, sur l'ensemble des actes juridiques, etc.

Toutes les propositions ont été rejetées par la Chancellerie, pour toute sorte de prétexte : politique, technique et juridique. Il paraissait impossible d'instaurer une quelconque taxe assise sur un quelconque support. Cette réflexion a d'ailleurs amené un sénateur à proposer que les avocats soient eux-mêmes soumis à une taxe sur leur chiffre d'affaires... Or la récente loi de finance rectificative vient de nous démonter de façon éclatante le contraire. Il revenait au justiciable de participer à ce financement... pour une seconde fois (la première fois au titre de l'impôt). De façon tout-à-fait judicieuse, la FNUJA a réagi dès le 6 juin 2011 pour dénoncer cette entrave au droit d'accès pour tous les justiciables au juge et à la justice. Ainsi, la loi de finances rectificative vient de démontrer de façon éclatante qu'il est possible de trouver assez facilement des sources de financement pour abonder le budget de l'AJ (ce dont personne ne doutait sérieusement).


La situation actuelle est-elle admissible ? Dès le 1er octobre 2011, devrions-nous nous contenter encore une fois d'une réformette qui ne règle en rien les problèmes budgétaires d'ensemble de l'accès au droit et qui viole ostensiblement une nouvelle fois l'engagement pris par la Chancellerie le 18 décembre 2000 ? Pourquoi la profession d'avocat accepterait-elle de rater ce rendez-vous du 1er octobre 2011, sans exiger par le même procédé (loi de finances rectificative), le même raisonnement juridique, le même mode opératoire, l'augmentation du montant de ce timbre et l'élargissement de son assiette à l'ensemble des actes juridiques ?


Ne plus descendre dans la rue inutilement, mais bloquer l'ensemble du système judiciaire soumis au timbre de 35 euros jusqu'à obtention de nos revendications, lesquelles sont désormais à portée de main.


Je suis disposé moi-même, en ma qualité de bâtonnier en exercice, à cesser tout mon exercice professionnel judiciaire soumis à ce timbre (l'essentiel de mon activité) dès le 1er octobre 2011 si la Conférence des Bâtonniers le proposait et si le Conseil national des barreaux le décidait.


Ainsi nous ne sanctionnerions plus par une grève aveugle et sans perspective le secteur de l'aide juridictionnelle et les populations les plus fragiles qui ont besoin de droit et de justice et toutes les audiences d'urgence civiles et pénales et celles concernant les libertés publiques (notamment les permanences garde à vue) seraient assurés conformément à notre serment d'avocat.

Mais s'il s'agit, pour une fois, de mettre le Gouvernement et le législateur face à leurs responsabilités et à leurs contradictions, nous rendrions un fier service à nos clients les plus démunis et à l'ensemble des Cabinets d'Avocats qui exercent en matière judiciaire et qui souffrent de la situation actuelle.


Il est urgent d'agir, ne ratons pas ce rendez-vous crucial."



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