oct.
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La robe

  • Par pascal.saintgeniest le
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Le costume des avocats, hérité de celui des clercs et qui manifestait le privilège de la noblesse, fut supprimé par la Révolution en 1790. Avant d'être rétabli par le décret du 2 nivôse an XII qui prévoyait que les avocats portent aux audiences "la toge de laine fermée par devant, à manches larges, toque noire, cravate pareille à celle des juges, cheveux longs ou ronds".


Le droit de plaider couvert de la toque symbolisait l'indépendance de l'avocat mais cet attribut est depuis longtemps tombé en désuétude.


La robe marque toujours la dignité de l'avocat et le respect dû à sa fonction. Elle symbolise aussi l'égalité qui règne entre les membres du Barreau.


L'épitoge ne comporte d'ailleurs qu'un seul rang d'hermine, quel que soit le grade universitaire. Mais à Paris où nous portons, selon la légende, le deuil de Malesherbes, l'hermine est réservée aux audiences solennelles et criminelles.


Voilà pour le costume ; reste la tenue.


Le Parlement de Toulouse faisait en 1604 défense aux avocats "d'aller par la ville avec habits indécents à leur qualité et vocation" sous peine, en cas de récidive, de confiscation desdits habits au profit des huissiers ou sergents qui les avaient surpris et des prisonniers de la conciergerie.


Celà n'allait pas aisément puisqu'un avocat général proclamait à qui voulait l'entendre qu'il n'entendait pas que la jeunesse de l'Ordre soit vêtue de "manteaux et habits de couleur" ou couverte de "chapeaux", blâmant les quelques-uns "faisant de ce palais un cabaret public et ordinaire, avec tant d'insolence qu'ils s'ébattent après, et entrent en riotes et querelles, et n'ont point de honte de se présenter en cette posture à l'instant même qu'on vient de les corriger et de les exhorter d'amender leur dépravation".


En 1852, l'on proscrivait encore les vêtements clairs, les cravates et les chaussures de couleur...


Les choses ont bien changé, pas toujours avec bonheur.


Au début du XXème siècle, Moro-Giafferi ne disait-il pas que sa robe n'était pas la seule qu'il enlevait avec plaisir.


2 commentaires

Moustache

  • Par nicolas.creisson le

Pas de "manteaux et habits de couleur" ou de "chapeaux", mais pas de moustache non plus...


On raconte que Gambetta s'étant présenté avec sa moustache lors d'une audience, il fut réprimandé par le Président du Tribunal.


Sans dire un mot il sorti et revient au bout d'un moment, la lèvre supérieure rasée !


(J'ai trouvé cette anecdote dans "archives des juges et avocats, édition de Lodi, 2002).


La robe, la moustache et la défense

Je suis sûr qu'il y eut même des décisions sur le port de la moustache, à Périgueux si ma mémoire est bonne.


Mais, toujours sur le costume : Plaidant en 1962 devant la Cour Militaire qui siègeait sans aucun recours dans les sous-sols du Fort de Vincennes, les avocats se présentent sans robe au procès du lieutenant Degueldre. "Pourquoi ?" leur demande le général qui en assure la présidence et Tixier-Vignancour s'en explique en reprenant la déclaration du Bâtonnier Rousse en 1871 devant les tribunaux de la Commune : "Nous avons décidé d'être présents car nous ne pouvons laisser un homme sans défense, mais nous avons laissé à votre porte les insignes de notre Ordre de crainte de les avilir... Un avocat général est en uniforme, les avocats sont sans robe, nous voici à égalité".


Bien des années plus tôt au procès Caillaud, juste avant le déclenchement de la première guerre mondiale, le Bâtonnier Chenu : "Qu'on arrache nos toges, qu'on apporte des livrées... mais je crains qu'il ne s'en trouve pas à ma taille".


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