déc.
20

Droit commercial / bancaire: l'intégration dans le TEG des frais liés aux garanties

  • Par olivier.vibert le
  • Dernier commentaire ajouté

Les frais engendrés par une garantie exigée pour l'octroi d'un prêt immobilier doivent être inclus dans la calclu du taux effectif global ou TEG.


Cour de cassation, Civile 1, 9 décembre 2010, pourvoi numéro 09-14977.


Une personne emprunte 500.000 euros dans le cadre d'un prêt immobilier au Taux effectif global de 8,449%. Le prêt est garanti par INTERFIMO. Cette garantie engendre des frais qui ne sont pas répercutés dans le calcul du taux effectif global.


L'emprunteur demande la déchéance des droits aux intérêts. L'emprunteur reprochait à la banque de ne pas avoir intégré dans le taux effectif global, les frais liés à la garantie du prêt par un organisme. La Cour d'appel de DIJON refuse d'ordonner la déchéance des intérêts.


La Cour de cassation en parfaite conformité avec sa jurisprudence et les termes de la Loi casse la décision.


Dès lors que la garantie est une condition d'octroi du prêt, les frais que cette condition engendre doivent être intégrés au Taux effectif global.


Cette décision constitue donc une nouvelle cause de déchéance éventuelle des droits aux intérêts des prêts.


Elle pourrait se révéler extrêmement dangereuse pour les établissements bancaires qui sont susceptibles de voir contester l'ensemble des crédits immobiliers pour lesquels une garantie d'un organisme est exigé.


Il y aurait donc un risque pour le banques de voir nombres de leurs prêts contestés. L'enjeux est important car la sanction permet d'échapper aux intérêts rémunération essentielles de l'opération du prêt.



Les nombreuses décisions de la Cour de cassation en la matière montrent que, d'une certaine manière, tout emprunt est aujourd'hui contestable. Il semblerait dès lors qu'il convienne de réviser l'ensemble de la réglementation des frais bancaires.


Les questions des frais bancaires et du taux effectif global sont sources de contestation de tous les crédits aujourd'hui. Toute opération de prêt peut être contestée et les banques sont susceptibles de perdre leur droits aux intérêts.


Ne faudrait-il donc pas revoir dans son ensemble la question des frais bancaires dans l'intérêt des clients des banques mais également des banques ?


Par Olivier Vibert, Avocat, Paris,


Réf.: 2010-12-17


3 commentaires

Maintemant, il va falloir assumer.

  • Par pollux1963 le

Bonjour Maitre,


Je vous cite :


"La Cour de cassation en parfaite conformité avec sa jurisprudence et les termes de la Loi casse la décision."


Si certaines banques n'ont pas fait lecture large de l'article 313-1, elles se sont mises en danger toutes seules. En 2003, la chambre criminelle de la CC posait le principe que les frais rendus obligatoires pour l'obtention du prêt devait être intégrés au TEG. Aujourd'hui, je ne vais pas pleurer sur leur sort, certaines se sont mises en difficultés toutes seules.


J'ai eu l'occasion de voir des "offres promotionnelles" dont le TEG tenait compte apparement des frais de caution mutuelle. Ces établissements n'ont pas joué avec le feu et ont appliqué le principe de précaution au risque de paraitre moins compétitifs.


Combien de banques aujourd'hui respectent la position de la Haute Cour sur les frais de forçage.........et sont de ce fait "un peu hors la loi" ? Il me semble que le risque est bien plus grand et bien plus large que le cas de certaines banques pseudo mutualistes avec leurs parts sociales ou les risques liès aux frais de caution mutuelle.


Historiquement sur les frais de caution mutuelle, pouvez vous nous en dire plus ?


Bien cordialement


Fabrice


PS : Si je dis des bétisses, n'hésitez pas à me reprendre et même à me modérer, j'accepte volontiers la critique.



arrêt de la cour de cassation du 5 février 2008 - N° de pourvoi 06-20783

  • Par Eve le

Bonsoir Maître,


et meilleurs voeux pour cette nouvelle année !


Peut-on toujours évoquer l'arrêt de la cour de cassation du 5 février 2008 - N° de pourvoi 06-20783 pour contester les frais de forçages ? Est-il encore d'actualité à cette date ?


En vous remerciant, cordialement


Eve.


RE: arrêt de la cour de cassation du 5 février 2008 - N° de pourvoi 06-20783

  • Par olivier.vibert le

Je vous adresse également mes meilleurs voeux et vous remercie de l'intérêt porté à ce site.


Un arrêt de la cour de cassation reste d'actualité jusqu'à un potentiel revirement ou une éventuelle évolution législative ou jurisprudentielle.


Pour l'instant, la solution dégagée par la Cour de cassation dans la décision commentée demeure d'actualité.


Connexion
Création d'un membre
Création d'un espace
Inscription à une communauté
Partage d'une publication
Modification d'une publication
Suppression d'une publication
Suivi des modifications d'une publication
Suivi des modifications d'un commentaire
Ajout d'un commentaire
Réponse à un commentaire