L'article 124 de la loi n° 2009-279 du 21 juillet 2009 relative à l'hôpital, aux patients, à la santé et aux territoires (loi HPST) a complété le Code de l'action sociale et des familles (CASF) pour permettre l'aide à l'administration des médicaments en établissement social ou médico-social par des personnels éducatifs.
Le nouvel article L. 313-26 du CASF dispose en effet :
"Au sein des établissements et services mentionnés à l'article L. 312-1, lorsque les personnes ne disposent pas d'une autonomie suffisante pour prendre seules le traitement prescrit par un médecin à l'exclusion de tout autre, l'aide à la prise de ce traitement constitue une modalité d'accompagnement de la personne dans les actes de sa vie courante.
L'aide à la prise des médicaments peut, à ce titre, être assurée par toute personne chargée de l'aide aux actes de la vie courante dès lors que, compte tenu de la nature du médicament, le mode de prise ne présente ni difficulté d'administration ni d'apprentissage particulier.
Le libellé de la prescription médicale permet, selon qu'il est fait ou non référence à la nécessité de l'intervention d'auxiliaires médicaux, de distinguer s'il s'agit ou non d'un acte de la vie courante.
Des protocoles de soins sont élaborés avec l'équipe soignante afin que les personnes chargées de l'aide à la prise des médicaments soient informées des doses prescrites et du moment de la prise."
Les conditions (cumulatives) de cette permission légale sont les suivantes :
- la personne concernée n'a plus l'autonomie suffisante pour prendre elle-même son traitement ;
- le traitement en cause a été prescrit par un médecin ;
- le traitement identifie le ou les médicaments qui peuvent faire l'objet d'une aide à la prise. Cette information doit être donnée par le médecin prescripteur qui précise, médicament par médicament, s'il est nécessaire de recourir à l'intervention d'un auxiliaire médical ;
- la prise du médicament ne présente ni difficulté d'administration ni apprentissage particulier ;
- l'aide à la prise du médicament est apportée par un professionnel chargé de l'aide aux actes de la vie courante ;
- les professionnels chargés de l'aide à la prise des médicaments doivent avoir été informés de la posologie et du moment de la prise par des protocoles de soins élaborés avec l'équipe soignante.
L'effet de cette nouvelle permission légale est d'autoriser la distribution des médicaments par des professionnels autres que les médecins, infirmiers, aides-soignants et aide médico-psychologiques. En effet, jusqu'à l'entrée en vigueur du texte nouveau, l'aide à l'administration d'un médicament constituait un acte médical par délégation qui relevait d'un monopole d'exercice professionnel dont étaient exclus les personnels éducatifs, avec les risques que l'on sait en matière de responsabilité.

28 commentaires
olivier
Je suis surveillant de nuit (CCN66 classé agent des services généraux et non personnel éducatif). Suis-je concerné par cette loi et peut-on m'obliger à distribuer des médicaments ?
Merci pour votre réponse.
RE: olivier
Cher monsieur,
Vous êtes en effet susceptible d'être concerné par l'application de ce texte dès lors que votre activité professionnelle a pour objet d'assurer un accompagnement des personnes accueillies dans l'accomplissement des actes de leur vie courante. Votre classement conventionnel ne constitue pas a priori un obstacle absolu à ce que vous assuriez un tel accompagnement. En fonction des prévisions de votre contrat de travail, votre employeur est en situation d'attendre de vous une participation à ces actes d'accompagnement.
Cordialement
Médicaments
Bonjour,
Je travail en maison de retraite, je suis aide soignant,on me demande de distribuer et de mettre en bouche les médcaments, les médecin ont donnés leurs prsciptions, je voudrais savoir si je dois controlé le nom des médicaments avant la mise en bouche.
En cas d'erreurs qui est responsable,est-ce que je peux me retrouver au tribunal.
Merci
RE: Médicaments
Cher monsieur,
Il paraît effectivement opportun que vous vérifiez que les médicaments que vous aidez à prendre sont bien ceux qui ont été prescrits.
En termes de responsabilité, si une erreur dommageable à la santé d'une personne était commise par vos soins, alors elle engagerait la responsabilité civile de votre employeur. Vous pourriez, le cas échéant, encourir une procédure disciplinaire si une faute professionnelle était avérée. Dans le cas le plus grave, vous pourriez également faire l'objet de poursuites pénales pour administration de substances nuisibles (article 222-15 du Code pénal).
Cordialement
responsabilité
Bonjour
s'il y a un jour une erreur dans un semainier, qui est responsable si cette situation provoque un problème chez l'usager, bénéficiaire. Les responsabilités sont dilué du plus bas au plus haut de la hiérarchie ou alors c'est le professionnel qui a aidé a la prise qui est responsable ? ou alors le pharmacien qui a réalisé le semainier?
merci de votre réponse
RE: responsabilité
Cher monsieur,
Si une erreur dans la préparation d'un semainier avait des conséquences dommageables pour la santé d'un usager ou d'un résident, alors il serait possible de rechercher la responsabilité de la personne chargée de la préparation de ce semainier ainsi que celle de la personne qui aurait aidé à la prise du médicament sans avoir dûment vérifier qu'il s'agissait bien du bon médicament.
C'est notamment pour prendre enc ompte ce type de situation que l'article L. 313-26 du CASF prévoit le recours à des protocoles de soins.
Cordialement,
préparation du pillulier
ce texte ne donne aucune info sur la préparations des pillulier un éducateur peut-il préparer un pillulier
RE: préparation du pillulier
Cher monsieur,
L'article L. 313-26 du CASF ne vise que l'aide à la prise de médicaments et en aucun cas - comme vous l'avez vous-même relevé - la préparation d'un pilulier. Il n'entre pas dans les missions d'un éducateur de préparer les piluliers, cette mission échoit à un pharmacien ou à une infirmière.
Cordialement
RE: préparation du pillulier
MAITRE, sur quel texte législatif s'appuye l'interdiction de la préparation des piluliers par les éducateurs?
le législateur a -t-il precisé les modalités de la délégation de tâches et en particulier le suivi des distributions inscrit sur une fiche de soins tel que celle des infirmiers?
merci avec mes salutation courtoises
dr.isabelle.gautier@gmail. com
cadre de santé
jusqu'a présent, nous demandions au médecin de s'engager clairement, en notant sur l'ordonnance "acte de la vie courante". maintenant s'il ne note rien, cela devient -il automatiquement un acte de la vie courante ?
Merci de votre réponse
RE: cadre de santé
Chère madame,
Il n'existe aucune automaticité en la matière : le libellé de la prescription doit être explicite, c'est-à-direl mentionner - ou non - l'intervention nécessaire d'un auxiliaire médical.
Cordialement
Aide médico psychologique
Clairement qu'est-ce que veut dire le terme acte de la vie courante? Et doit-on avoir l'ordonnance lorsque nous donnons les medocs avec la mention actes de la vie courante?
RE: Aide médico psychologique
Chère madame,
L'article L. 313-26 ne définit pas la notion d'acte de la vie courante ; il semble que cette notion soit caractérisée :
- lorsque la personne, à raison de son manque d'autonomie, n'est pas en état de prendre elle-même le médicament ;
- et lorsque, sur la prescription médicale, le médecin prescripteur mentionne (cf. commentaire ci-dessus) que le médidament relève effectivement des actes de la vie courante.
Par ailleurs, il n'est pas obligatoire que vous disposiez de la prescription si, par ailleurs, vous disposez d'un protocole de soins précis sur la nature du médicament et sa posologie.
Cordialement
médicament
agent de service hospitalière ou CAE,je dois distribuer les médicaments et leurs faire prendre c'est légal?.
RE: médicament
Chère madame,
Votre participation à l'aide à l'administration des médicaments ne dépend pas de votre statut formel mais du fait que vous ayez été chargée de l'assistance aux actes de la vie courante. Elle dépend également, bien sûr, du fait que vous exercez cette assistance à la prise de médicaments conformément aux prévisions de l'article L. 313-26 du CASF décrites ci-dessus.
Bien cordialement
distrbution des médicaments en foyer d'accueil
Bonjour,
Je distribue les traitements (préalablement préparés par une infirmière) des personnes dont j'ai la charge. Il arrive parfois (souvent en soirée) qu'un médicament manque dans la barrette du pilulier, je me dois donc d'appeler mon cadre d'astreinte, lequel me répond de pénétrer dans l'infirmerie (normalement interdite à l'équipe éducative) et de prendre le médicament en question. Suis-je en droit de refuser? Le cadre d'astreinte n'est-il pas dans l'obligation de se déplacer?
RE: distrbution des médicaments en foyer d'accueil
Bonjour,
La question que vous posez porte sur l'organisation de l'activité ; elle relève à ce titre de la direction. J'imagine que vous avez pris l'initiative de l'en saisir.
Au cas particulier, compte tenu des informations que vous m'avez communiquées, le fonctionnement actuel n'apparaît pas conforme dans la mesure où il n'appartient pas à un professionnel autre qu'un pharmacien ou une infirmière de constituer les piluliers.
De ce point de vue, le cadre d'astreinte n'est pas plus compétent et autorisé qu'un membre de l'équipe éducative.
Bien cordialement
RE: distrbution des médicaments en foyer d'accueil
Directrice
Je travaille dans un centre d'hébergement et les personnes sont libre par rapport à leur médication. Il arrive parfois qu'une personne demande à prendre sa médication alors qu'elle est en état d'hébriété. Comme intervenante qui veille au bon fonctionnemenr du Centre, ai-je le droit de refuser à cette personne son médicament, je ne suis pas infirmière, ni préposée ? Si je crois bon de refuser compte-tenu de son état et que la personne insiste que faut-il faire ?
RE: Directrice
Chère madame BOULIANNE,
Merci bien de votre message et pardon d'avoir pris un peu de temps avant de vous répondre.
Le dispositif institué à l'article L. 313-26 du CASF concernant les médicaments légalise, sous conditions, certaines pratiques d'assistance à la réalisation d'actes de la vie courante.
La problématique particulière que vous rencontrez se distingue de cette généralité de préoccupation puisqu'il s'agit, si j'ai bien compris, de la prise en compte du risque d'éventuelle interaction entre l'état d'imprégnation alcoolique et le médicament.
Il serait sans doute opportun, en fonction de l'organisation de l'établissement, que cette question puisse être traitée via la rédaction d'un protocole de soins par un médecin.
Dans l'attente, la situation me semble présenter un risque dans la mesure où peut exister une tension entre :
- le fait que toute personne, même alcoolisée, soit juridiquement apte à prendre les médicaments qui lui ont été prescrits ;
- et le fait que l'établissement, garant de la sécurité des personnes accueillies, puisse en cas d'incident se voir reprocher une abstention fautive à l'origine d'une interaction médicamenteuse préjudiciable.
Bien cordialement
Directeur
Bonjour,
Je suis directeur d'un foyer de vie. Les éducateurs administrent les médicaments aux résidents après qu'une infirmière libérale ait préparé les piluliers. Ils remplissent une fiche de traçabilité qui est archivée par la suite et ce fonctionnement est bien huilé.
Néanmoins, les membres de l'équipe éducative m'interrogent sur les médicaments hors prescription, type paracétamol ou autres. Quand un résident a mal aux dents (par exemple), sommes nous obligés d'appeler le 15 pour obtenir l'autorisation?
RE: Directeur
vous évoquez une fiche de tracabilité, qu'elle est son objectif?
RE: Directeur réponse d'un médecin traçabilité
la fiche permet d' éviter qu'un traitement soit redistribué. Elle permet de savoir par qui et quand le traitement a été donné ou oublié, pris ou refusé, afin de rependre les incidents de distribution : soit comme symptÖme du patient soit un dysfonctionnement éventuel de l'institution.
RE: Directeur
Dans notre service accueillant des adultes en situations de handicap mental nous avons demandé aux médecins traitants une prescription médicale pour ce type de médicaments autorisant les usagers à les prendre dans les cas de douleurs.
distribution de neuroleptique
bonjour,
je suis as dans un ssr specialisé pour les troubles du comportement ainsi que des paitents grabataires en long sejours
on distribue les medicaments en goutte tels que du tertian(dose preparer par l'ide) et on doit ecraser des medicaments ds un pilulier est ce legal?
infirmière
Bonjour,
Je suis infirmière en EHPAD, la préparation des piluliers est effectuée avec le logiciel oréus, normalement sécurisé, le problème, c'est que ce sont les infirmières qui recopient les prescriptions médicales dans le logiciel, ce qui est source d'erreurs multiples, d'autant que je n'ai pas reçu de formation d'utilisation du logiciel.
Recopier une prescription est illégal pour une infirmière.
Je pense refuser d'effectuer les distributions et administrations provenant du logiciel, en ai-je le droit ?
D'autre part, je pense aux AS, AMP et personnel de restauration qui participent à la délivrance des traitements per os dans le cadre de l'aide aux actes de la vie courante, qui font prendre les médicaments aux résidents ne pouvant le faire seuls. Etant donné que les IDE recopient les prescriptions, j'estime qu'ils sont en droit de refuser la distribution des médicaments, non ?
D'avance merci,
Cordialement,
Leïla
infirmière et assistante de vie
infirmière libérale je prends en charge une patiente pour soins d'hygiène et prépa et distribution du traitement.Au domicile intervient une aide à domicile qui a sur sa propre initiative demandé une avance sur ordo d'un traitement utilisé le mois précédent.
l'association me soutient qu'elle est autorisée a donner les traitements médicaux alors que l'ordonnance stipule que c'est un acte infirmier
besoin d'un eclaircissement
a ce jour amp dans un impro je me vois refusée par l'infirmiere la distribution de medicament aux jeunes que j'accompagne.Son refus fait eccho a une animositée assumée envers moi et qui ne semble pas derranger outre mesure mon directeur. avant de demander une entrevue officiel pour clarifiér cela vous comprendrez qu'il me faut matiere a argumenter... merci de m'apporté un eclairage sur ce point