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IME/IMPRO : Le Conseil d'Etat remet en cause l'activité des sections de formation professionnelle

  • Par olivier.poinsot le
    (mis à jour le )
  • Dernier commentaire ajouté

Un arrêt récent du Conseil d'Etat vient d'interdire l'utilisation, par les usagers d'IME et d'IMPro, des machines dangereuses au sens du Code du travail. Or cette interdiction est de nature à remettre en cause certaines activités proposées, dans ces établissements, par les sections de formation professionnelle.



Le Conseil d'Etat, dans un arrêt récent (CE, 3ème sous-section, 30 mai 2008, Ministre du travail, des relations sociales et de la solidarité c/ Institut médico-éducatif et professionnel de Beaufort-en-Vallée, n° 309559), vient de mettre un terme au vide juridique suscité par la rédaction de l'ancien article R. 234-22 du Code du travail reprise à l'article D. 4153-41 du nouveau code.


En effet, les instituts médico-éducatifs (IME) et les instituts médico-professionnels (IMPro) peuvent réaliser, dans le cadre des missions qui leur sont assignées par les articles L. 312-1, I, 2°, D. 312-11 et D. 312-12 du Code de l'action sociale et des familles (CASF), des activités de formation technique ou pré-professionnelle, notamment dans la perspective d'une orientation future de leurs usagers dans le secteur du travail protégé. En particulier, l'article D. 312-12 du CASF fait expressément mention, pour ces établissements, d'un objectif de développement des potentialités professionnelles qui passe concrètement par des actions de formation technique. L'animation de telles activités peut parfois requérir, sous la responsabilité d'un moniteur d'atelier, l'utilisation par les usagers de matériels tels que des machines-outils, la réalisation de certaines activités considérées comme à risque ou encore l'emploi de certaines substances au maniement délicat. Or, selon le Code du travail, l'utilisation de tels matériels est interdite aux jeunes travailleurs de moins de dix-huit ans, sauf dérogation délivrée par l'inspecteur du travail après avis favorable du médecin du travail.


Les professionnels ont pu être confrontés, dans le passé, à des difficultés consécutives à des hésitations ou des refus de la médecine du travail voire de l'inspection du travail. C'est pourquoi il était utile que le juge statue pour lever toute ambiguïté et décider, au regard des prévisions de l'article R. 234-22, si les adolescents handicapés peuvent être considérés comme des jeunes travailleurs au sens du droit du travail et si les établissements qui les accueillent peuvent être assimilés à des établissements d'enseignement technique.


Malheureusement, le Conseil d'Etat a répondu par la négative à ces deux interrogations, implicitement s'agissant de la première, explicitement pour la seconde. A ses yeux, l'interdiction prévue par le Code du travail présente un caractère absolu puisque les IME et les IMPro ne peuvent être considérés comme des établissements d'enseignement technique. Les machines, appareils et activités visés aux nouveaux articles D. 4153-15 à D. 4153-40 dudit code, devront donc disparaître de ces établissements.


Compte tenu de cette solution jurisprudentielle, ce sont des pans entiers de l'activité de nombre d'IME et d'IMP qui sont susceptibles d'être remis en cause dans leur existence même, avec des implications aussi fortes et diverses que la redéfinition du projet d'établissement, la proposition de nouveaux projets individuels, la réforme des équipements des ateliers quel que soit leur état d'amortissement et la recomposition du plateau technique. Un tel bouleversement aura également des incidences lourdes sur le dossier budgétaire que les organismes gestionnaires devront soumettre au tarificateur lors de la campagne 2009 ; il est en effet à craindre que l'autorité de tarification ne puisse admettre sans frémir les coûts qui seront engendrés par la nécessité de réorienter aussi radicalement certaines activités.



7 commentaires

que faire ???

Il ne fait pas de doute que cette loi est discriminatoire.

Etant moniteur d'atelier bois, comment peut -on contester son application, car son execution mets en peril l'avenir du jeune.


Que faire ?

  • Par olivier.poinsot le

Il ne s'agit pas d'une loi mais d'une solution jurisprudentielle. Deux solutions sont possibles pour aboutir à un changement :


- soit obtenir un changement de la jurisprudence : c'est sans doute très difficile d'autant que, pour y parvenir, il faut être partie à un litige que le Conseil d'Etat est appelé à trancher ;


- soit obtenir une modification des textes juridiques qui s'imposent au juge (loi, règlement). Pour ce qui est de la loi, vous avez une influence que vous pouvez exercer en sensibilisant au problème votre député ou votre sénateur. Pour ce qui est du règlement, vous pouvez écrire au ministre de la santé pour lui demander de faire évoluer la règlementation qui relève de sa compétence.


Si l'on retient l'idée d'une une action corrective sur les textes, deux voies sont à explorer :


- soit une modification des textes médico-sociaux (définition des missions des établissements concernés) ;


- soit une modification des textes concernés du Code du travail.


questions supplémentaires?

  • Par marc oswald le

Qu'en est il de l'utilisation des machines par des jeunes ayant plus de 18 ans et qui ont une orientation monde du travail, travail protégé ou travail ordinaire?


Au-delà de 18 ans

  • Par olivier.poinsot le

Aucune interdiction n'existe : l'établissement doit simplement se conformer à la règlementation aplicable en matière de sécurité de ses machines.


en 2009, où en sommes nous?

  • Par leroy le

Je suis éduc en IMpro, avec des ados de 14 à 18 ans(car manque de place , on ne peut les maintenir!!!), je suis là pour les préparer au monde du travail, les former à l'utilisation des machines outils, atelier espaces verts, maçonnerie.....Comment intégrer ds notre société ces personnes, si dès le départ, elles n'ont pas les mêmes droits et les mêmes chances!!!!Cette loi est une honte, sous couvert de notre directeur, ns continuons à faire utiliser ces machines, ms qu'en est il réellement de l'évolution de cette loi????


RE: en 2009, où en sommes nous?

  • Par olivier.poinsot le

Cher monsieur,


L'état du droit n'a pas évolué depuis l'arrêt du Conseil d'Etat. Toutefois, le Gouvernement semble s'être saisi du problème et envisage de faire évoluer la loi (voir mon article récent sur ce blog).


Bonne journée


Reforme des machines en IME IMPRO

  • Par Pierron Jean luc le

Bonjour, je suis moniteur d'atelier bois en IME IMPRO.

Comment peut on préparer des jeunes au monde du travail, sans l'outillage indispensable (les machines).

De plus au niveau de la sécurité les fabricant on fait de gros progrès.

Et il est certain que l'on déplore plus d'accident de scooter que de machines a bois.

A quand une nouvelle reforme sensee car le temps presse concernant l'avenir de ces jeunes merci pour eux.


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