16 ans pour un violeur en série
René Gress a été reconnu coupable hier de quatre viols commis entre 2004 et 2007 à Ittenheim et dans la CUS. Il a été condamné à seize ans de réclusion criminelle.
Tour à tour, les avocats des parties civiles, Me Pascal Bernard, Me Noura Tassel, Me Anne-France Hildenbrandt, Me Yaëlle Dardaine retracent le calvaire de ces quatre femmes dont le point commun est d'avoir « croisé la route de René Gress, qui a détruit leur vie en quelques minutes en ne pensant qu'à son petit plaisir ».
« Les faits vont crescendo »
Un même constat revient dans la bouche des représentants des victimes. « Ma cliente ne supporte plus qu'on la touche, elle n'a plus d'amis, plus de joie de vivre. » « En la violant, il a tué la femme dans la femme. » « Elle se sent humiliée. » « Elle avait du caractère. Aujourd'hui, c'est une jeune femme prostrée qui n'a qu'un seul souhait, en finir. » Laurent Fabre, l'avocat général, propose ensuite « une lecture essentiellement juridique du dossier. Et dans ce cadre, les faits sont têtus », note le magistrat. Le 9 mars 2004 à Strasbourg, l'accusé aborde la première victime, une jeune femme de 22 ans. « Il est calme, posé, sympa. Il propose de ramener cette touriste à son hôtel. Elle accepte et monte à bord de sa voiture. Il verrouille les portes, accélère et la conduit dans un champ à Ittenheim. Et la viole. »
Le 26 septembre 2004, il viole une femme de 42 ans, à Illkirch-Graffenstaden, et lui dérobe son sac à main. « Les faits vont crescendo », remarque Laurent Fabre. Le 29 juillet 2006 à Wolfisheim, une femme de 36 ans est violée et dépouillée sous la menace d'un couteau. Le 21 juin 2007 à Strasbourg, une jeune femme de 18 ans est enlevée, violée et volée. « Les faits s'accentuent encore », insiste Laurent Fabre.
L'avocat général égrène les nombreux éléments de preuve du dossier. Il confie ses inquiétudes. « L'expert psychiatre l'a dit, M. Gress est un pervers. Il est susceptible de réitérer des faits du même ordre. » Et de requérir « 17 à 18 ans de réclusion ».
Les deux visages de l'accusé
« Un véritable pervers sait maquiller les affaires », rétorque Me Éric Lefebvre, pour la défense. « Alors qui est René Gress ?, interroge le conseil. C'est un homme de 48 ans qui dispose d'une double personnalité. Il y a d'un côté, le père parfait, le travailleur hors pair, sorte de monsieur 100 % émaillé d'aucune griffure, et de l'autre, un personnage plus sombre, avec des pulsions d'ordre sexuel. »
« René Gress a une vision manichéenne des choses. Pour lui, assure Me Lefebvre, il y a deux types de femmes : les mères, les génitrices et les autres, les prostituées. » Alors, quand l'accusé « a des envies », ce n'est pas vers son épouse « à l'image de maman » qu'il se tourne. « Non, cet homme lisse qui dit ne pas avoir d'appétence sexuelle va voir les prostituées, observe le défenseur. Mais pour lui, les prostituées c'est avilissant. Alors il va trouver ses victimes à proximité de lieux de prostitution. »
Me Lefebvre en est conscient : « René Gress a besoin d'être recadré, d'ouvrir les yeux ». Et de lancer aux jurés : « Par votre condamnation permettez-lui d'aller de l'avant en acceptant ses différences, ses défauts et ses envies. »
DNA du 26.11.2009, Céline Lienhard
Traumatismes indélébiles
René Gress est accusé de viol par quatre femmes. Agées de 20 à 47 ans, elles ont été entendues hier par la cour d'assises du Bas-Rhin et mettent toutes en cause l'accusé.
Cette jeune femme de 20 ans n'oubliera jamais le 21 juin 2007 et sa mauvaise rencontre avec René Gress. Ce soir-là, elle avait quitté l'appartement familial avenue de la Forêt-Noire, à Strasbourg. « Mon copain devait me chercher », relate-t-elle après avoir rassemblé ses forces. Dans la rue, l'accusé l'agrippe « par surprise, par derrière ». « Il m'a tirée jusqu'à sa voiture, poursuit-elle. Il m'a emmenée dans un champ. Il me tenait les poignets des deux mains. Il a remonté ma jupe et m'a violée. Après il a rigolé. Il m'a laissée sur place et est reparti dans sa voiture avec mon sac à main ».
Deux ans après les faits, la victime est toujours emmurée dans sa détresse. Comme éteinte. « Je ne sors plus. Je n'ai plus envie de rien. J'ai essayé de parler, de voir du monde, mais je n'y arrive plus », glisse-t-elle.
Sa grande soeur confirme la transformation. « Elle a totalement changé après les faits. Elle a perdu sa bonne humeur, cache sa féminité, alors qu'avant elle aimait bien s'habiller. » Une amie atteste : « Elle est plus froide, plus méfiante, isolée, renfermée. Elle a perdu toute la joie de vivre que je lui connaissais. »
« Encore des cauchemars »
Le mari d'une seconde victime dresse le même diagnostic. « Ma femme n'est plus comme avant. Elle est peureuse, angoissée, elle a voulu changer toutes les serrures. Aujourd'hui elle fait encore des cauchemars. » La cause de cette métamorphose : l'après-midi du 29 juillet 2006. « C'était le jour de la braderie à Strasbourg, se souvient le quinquagénaire. Ma femme est venue affolée me dire qu'elle avait été agressée, violée et volée. Elle pleurait. » Son épouse, aujourd'hui âgée de 39 ans, avait accepté de monter à bord du véhicule de René Gress, qui lui proposait de la raccompagner chez elle en l'absence de bus pour cause de braderie.
« Il a arrêté sa voiture dans un champ vers Wolfisheim, relate la victime. Il m'a prise par les cheveux, m'a menacée avec un couteau et m'a ordonnée de lui pratiquer une fellation. » Après l'acte, « il m'a traitée de salope, m'a dit que je ne méritais que ça ».
« On n'est pas à Beyrouth »
Une troisième victime, violée le 26 septembre 2004 à Illkirch-Graffenstaden, a témoigné à huis-clos. Lors de l'enquête, une professeur de son fils avait été entendue. Elle confiait : « Son garçon était un élève doué, intéressé. Ses résultats ont baissé subitement. Il s'est renfermé, est devenu inattentif. J'ai appris par après que sa mère avait été agressée. » Malgré les témoignages dignes et poignants des victimes, malgré les conclusions des enquêteurs, malgré les nombreuses preuves rapportées, René Gress n'en démord pas. « Elles faisaient le trottoir. » Loin d'être ému par le traumatisme apparent des parties civiles, l'homme âgé de 48 ans lance avec assurance : « C'est de la comédie [...] C'est agaçant, car elles étaient consentantes [...] On n'est pas à Beyrouth ici. Ce n'est pas possible d'être enlevé en pleine rue. » Et de livrer son ultime argument : « Elles font ça pour l'argent. » Verdict aujourd'hui.
DNA du 25.11.2009, Céline Lienhard
Édition du Mer 25 nov. 2009
L'accusé évoque « un complot »
Un homme est jugé depuis hier pour le viol de quatre femmes, âgées de 18 à 42 ans, entre 2004 et 2007 dans la CUS et à Ittenheim. Il nie les faits malgré les accusations des victimes.
L'acte d'accusation est sans appel : viol d'une jeune femme de 23 ans à Ittenheim le 9 mars 2004, viol d'une femme de 42 ans à Illkirch-Graffenstaden le 26 septembre 2004, viol d'une femme de 36 ans et vol avec violence de son sac à Wolfisheim le 29 juillet 2006, enlèvement et viol d'une jeune femme de 18 ans et vol de son sac à Strasbourg le 21 juin 2007.
René Gress, 48 ans, comparaît devant la cour d'assises du Bas-Rhin pour ces quatre viols. Mais au moment d'évoquer son éventuelle culpabilité, il lâche : « Je ne sais pas ce qu'on me reproche aujourd'hui. »
« Pas porté sur la chose »
Après « une enfance merveilleuse » avec le statut revendiqué de « chouchou », René Gress rencontre « son premier amour à 19 ans. Elle est tombée amoureuse de la tarte aux pommes que j'avais ramenée et du porteur de la tarte aux pommes », se souvient l'accusé. Le jeune couple se marie et fonde un foyer.
En 2003, après 23 ans de vie commune, il s'éprend d'une seconde femme. Il divorce pour s'installer avec elle et fonde une nouvelle famille. Un an plus tard, sa compagne note un changement de comportement. « Il s'absentait souvent, je pensais qu'il avait une maîtresse. »
Les relations intimes sont réduites, comme avec son ex-épouse. « Une fois tous les deux à trois mois », rapporte René Gress, ajoutant : « Je n'étais pas porté sur la chose ». Son ex-amie se remémore ses colères à la simple vision d'un couple flirtant ou de scènes d'amour à la télévision. « Il s'énervait, criait : c'est dégueulasse », assure-t-elle. Car celui qui se dépeint comme un cinéphile apprécie avant tout les films sentimentaux avec pour modèle La petite maison dans la prairie.
« Quelques fugues... »
Au-delà de son quotidien bercé par un téléfilm à l'eau de rose, René Gress admet « quelques fugues auprès des prostituées ». Des incartades qui, selon ses dires, lui valent de comparaître devant la cour d'assises. Si les victimes démentent formellement vendre leurs charmes - ce qui est corroboré par l'enquête -, l'accusé persiste. « J'admets avoir eu des rapports sexuels avec trois de ces personnes, mais il n'y a pas eu viol. Quant à la première jeune femme citée, je ne la connais pas. »
Il soutient : « Ce sont elles qui m'ont accosté alors que j'étais dans ma voiture. Un signe de la tête, un clin d'oeil, c'était trop tentant. » Il rapporte ensuite avoir été dirigé par ces dames vers des endroits discrets ou des champs de maïs pour une relation tarifée d'avance. Mais, il n'aurait jamais payé les prestations, partant même parfois avec leur sac à main « sans [s]'en rendre compte ».
René Gress a sa théorie quant à sa présence dans le box des accusés : « la vengeance de prostituées » qu'il n'aurait pas payées. Pour l'une parce qu'elle voulait le revoir après l'acte et que ça l'aurait inquiété. Pour l'autre, parce qu'elle ne lui avait fait « qu'une fellation et non une passe » complète, et pour la dernière parce qu'elle « était négligée et sentait mauvais ».
Les victimes seront entendues aujourd'hui par la cour.
DNA du 24.11.2009,Céline Lienhard
Édition du Mar 24 nov. 2009

6 commentaires
abusé
bonjour,
il parait qu'il a fait appel a la cours de Colmar!!! est ce vrai??
RE: abusé
Oui c'est vrai, pas encore d'audience de fixée pour l'instant
RE: abusé
pensez vous qu'il a une chance de faire moins d'année?? qui vas le défendre?
bientôt
C'est vous Me tASSEL qui continuez à défgendre le sparties civiles ? il parait que le procès aura lieu le 22.10.2010, est-ce exact?
RE: bientôt
oui le procés aura bien lieu le 22/10 a la cour de colmar
comment!!!
bonjour,
comment un homme pareil peut il avoir une permission de sortir pendant trois jour et que personne ne soit prévenu???
qu'attend la justice?? qu'il en arrive au meurtre?
un récidiviste ne doit pas sortir, c'est mon avis