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DES NOUVELLES MESURES EN MATIERE D'INVESTISSEMENTS ETRANGERS EN ALGERIE : A LA RECHERCHE D'UN EQUILIBRE.

  • Par mohamed.chehat le 26/06/09
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L'Algérie est–elle en train de remettre en cause certaines règles qui encadraient jusqu'à présent l'investissement étranger en Algérie ?


L'inquiétude des partenaires étrangers déjà présents sur le sol algérien, et grandissante depuis juillet 2008, s'est d'abord vérifiée à la suite de plusieurs instructions du premier ministre, Ahmed Ouyahia, en décembre 2008, qui avait annoncé le durcissement de certaines règles en matière d'installation des investisseurs étrangers.


Et elle vient de se confirmer suite à la publication du décret le 12 mai 2009, fixant les conditions d'exercice des activités d'importation des matières premières, produits et marchandises destinés à la revente en l'état par les sociétés commerciales dont les associés ou les actionnaires sont des étrangers. (Paru au journal officiel numéro 30 daté du 29 MAI 2009. Voir en annexe1.).


Il semble que se dessine une nouvelle volonté politique résidant principalement en la mise en place d'un véritable climat économique local qui incite à la production locale et la promulgation de mesures incitatives.


Il est certes grand temps de trouver les règles appropriées pour réduire la forte dépendance de l'économie algérienne vis-à-vis des exportations pétrolières. Particulièrement quand la démonstration de la volatilité des prix pétroliers n'est plus à faire et ne peut que rendre encore plus fragile l'économie algérienne.


Mais tant que l'Algérie demeurera un paradis pour les gros importateurs, aucune solution ne sera trouvée au problème du développement de l'Algérie.


L'Algérie semble aujourd'hui balancer entre la nécessité des réformes propices au développement économique national et le respect des normes juridiques nationales et internationales exigées par les investisseurs étrangers.


Et il semble bien qu'un certain patriotisme économique ait fait irruption dans la sphère économique en Algérie.


Trop tôt ou trop tard ? Telle est la question.


Une chose est certaine : Le gouvernement algérien n'a pas communiqué clairement sur ses décisions !


IL MANQUE TOUJOURS A L'ALGERIE UNE VERITABLE POLITIQUE ECONOMIQUE.


On y est presque, mais la volonté politique semble encore hésitante et maladroite.


DES NOUVELLES MESURES EN MATIERE D'INVESTISSEMENTS ETRANGERS EN ALGERIE :

Entre la nécessité des réformes propices au développement économique national

Et le respect des normes juridiques nationales et internationales exigées par les investisseurs étrangers.

A la recherche d'un équilibre et d'une véritable politique économique.


L'Algérie est–elle en train de remettre en cause certaines règles qui encadraient jusqu'à présent l'investissement étranger en Algérie ?


Presque en contradiction avec l'ordonnance n° 01-03 du 20 août 2001 relative au développement de l'investissement qui fixe le régime applicable aux investissements nationaux et étrangers réalisés dans les activités économiques de production de biens et de service ainsi que les investissements dans le cadre de l'attribution de concessions et/ou de licence. Voir annexe 2.


Une ordonnance qui avait apporté des changements significatifs au régime de l'investissement en vigueur en Algérie depuis le 5 avril 1993 et avait alors pour but de rendre plus aisé et plus attractif l'investissement en Algérie en élargissant le concept d'investissement, en étendant son champ d'application, et en renforçant les avantages et les garanties pour les investisseurs avec la simplification des formalités administratives liées à l'investissement.


Et qui obligeait l'investisseur étranger à effectuer une simple déclaration préalable au niveau de l'ANDI.


La même ordonnance en son chapitre « garanties accordées aux investisseurs », et précisément en son article 14, garantit aux personnes physiques et morales étrangères « un traitement identique à celui des personnes physiques et morales algériennes, eu égard aux droits et obligations en relation avec l'investissement ».


Et même l'ordonnance n° 06-08 du 15 Juillet 2006 (parue au JO n°47 de l'année 2006), qui a apporté plusieurs modifications à l'ordonnance n° 01-03 du 20 Août 2001 relative au développement de l'investissement (parue au JO n°47 de l'année 2001), et communément dénommée « code des investissements », n'a pas remis en question les principales dispositions relatives aux investissements.

Voir annexe 3.


Et avec certains accords internationaux et bilatéraux. Dont l'Accord sur l'encouragement et la protection réciproques des investissements signé entre la France et l'Algérie le 13 février 1993 et ratifié par l'Algérie selon le décret présidentiel n° 94-01 du 19 Rajab 1414 correspondant au 2 janvier 1994, et par la France selon décret no 2000-625 du 29 juin 2000. Voir annexe 4.


Il faut rappeler à ce titre, les autres engagements de l'Algérie en cette matière des investissements étrangers.


Ainsi de l'accord euro-méditerranéen établissant une association entre l'Algérie, d'une part et la communauté européenne et ses états membres, d'autre part, en vigueur depuis 2005. Et qui doit établir au terme de 12 ans, une zone de libre échange entre les deux parties. Voir annexe 5.


Sans oublier que l'Algérie est signataire de la déclaration de Barcelone qui vise à mettre en place un partenariat euro-méditerranéen.


Outre l'accord de l'Union du Maghreb Arabe (UMA) signé en 1989 visant une intégration par la création d'une zone de libre-échange, d'une union douanière, d'un marché commun et d'une union économique. Une zone de libre échange qui est enfin entrée en vigueur malgré la résistance de certains et même s'il manque aux pays du Maghreb encore une stratégie commune. Voir annexe 6.


Mais depuis un certain discours du Président de la République algérien, monsieur Abdelaziz BOUTEFLIKA, le 26 juillet 2008, où il s'est montré particulièrement critique à l'égard de la gestion des investissements étrangers, et a semblé fustiger le comportement de certains investisseurs étrangers, les chancelleries étrangères, les grandes entreprises étrangères et leurs conseils, attendaient que les pouvoirs publics algériens promulguent enfin un texte clair et « applicable » sur les investissements étrangers, le gouvernement algérien a manifesté son intention de mettre en place des mesures qui lui permettrait d'être majoritaire dans les projets d'investissement impliquant des capitaux étrangers.


En réalité tout a commencé avec la privatisation de la société algérienne SIDER au profit de la société ARCELOR-MITTAL, et l'acquisition d'ACC (Algerian Cement Company) par LAFARGE, qui en prenant le contrôle des cimenteries qu'ORASCOM a réalisées en Algérie (deux unités à M'sila et à Sig qui avaient une capacité de production annuelles de plus de millions de tonnes !!) ;


Et qui ont démontré les limites ou l'absence du pouvoir de régulation et de contrôle de l'État en cas d'opérations susceptibles de nuire à l'intérêt du pays.


Beaucoup ont dès lors appelé à une révision des dispositifs régissant les privatisations et l'investissement.


Lors d'un discours, presque aussitôt sa nomination, le premier ministre OUYAHIA affirmait la décision de l'Algérie de prendre un certain nombre de mesures pour accompagner l'ouverture économique de l'Algérie sur le monde, mais en l'accompagnant de règles plus adaptées à ses intérêts nationaux.


L'inquiétude des partenaires étrangers, déjà présents sur le sol algérien, s'est depuis vérifiée à la suite de plusieurs instructions du premier ministre, Ahmed Ouyahia en décembre 2008, qui avaient annoncé le durcissement de certaines règles en matière d'installation des investisseurs étrangers.


La principale mesure obligeait désormais les groupes étrangers à s'associer avec des entreprises nationales, les empêchant de détenir plus de 49% de parts dans leurs projets algériens.


Elle stipulait que :


"Tout investissement étranger en Algérie, découlant d'une offre d'un opérateur étranger de réaliser seul cet investissement, ou découlant d'une démarche pour la constitution d'un partenariat, doit aboutir à une répartition du capital constitutif dans laquelle l'actionnariat national sera majoritaire''.


- Cette mesure, entrée en vigueur depuis mars 2009 interdit désormais aux groupes étrangers de détenir plus de 49% du capital dans tout projet en Algérie et les obligent à s'associer avec des investisseurs nationaux.


L'instruction précisant cependant « Que la majorité des actions détenues par le capital national sera répartie en plusieurs détenteurs pour permettre ainsi au partenaire étranger de détenir le plus grand nombre d'actions et de garder le contrôle sur son projet ».


Ainsi cette règle n'exclut pas que l'investisseur étranger reste détenteur de la majorité du capital social.


- que les dossiers d'investissements devront dorénavant être soumis au Conseil National de l'Investissement (CNI) et non plus à l'Agence nationale de développement de l'investissement (ANDI).


L'instruction du premier ministre OUYAHIA datée du 20 décembre 2008 stipule que :


« tous les projets d'investissements étrangers directs ou en partenariats avec des nationaux présentés à l'ANDI pour le bénéfice des avantages du régime général, doivent être soumis au CNI quel que soit le montant de l'investissement en question.

Concernant les projets présentés par les nationaux, l'ANDI reste habilitée seulement en ce qui concerne les projets présentés par les nationaux et dont le montant ne dépasse pas les 500 millions de dinars .


Au-delà, la décision relève de la décision exclusive du CNI sur proposition de l'ANDI ».


A ce titre, il faut souligner que l'ANDI ne joue plus désormais le premier rôle dans l'octroi des avantages aux investissements étrangers.


- « toute négociation liée à un investissement étranger, direct ou en partenariat, devra inclure une clause au terme de laquelle, le projet concerné sera tenu de dégager une balance en devises excédentaires au profit de l'Algérie et cela pendant toute la durée de vie de cette réalisation ».


- Les investisseurs étrangers devront enfin impérativement recourir au financement local.


La mesure précisant que « tout investissement étranger direct ou en partenariat devra, hormis le capital constitutif, mobiliser exclusivement sur le marché financier local les crédits requis pour sa réalisation ».


Le but avoué par le gouvernement étant « de limiter le recours à l'endettement étranger afin d'utiliser les surliquidités disponibles dans les banques publiques estimées à près de 30 milliards de dollars » et « éviter la reconstitution de la dette extérieure de l'Algérie ».


- Enfin l'instruction prévoit explicitement que « tout octroi d'avantages à l'investissement étranger devra spécifier clairement que les montant équivalents à ces avantages douaniers, fiscaux et autres seront déduits des bénéfices éligibles à transfert vers l'extérieur ».


Ce point visant à préciser les nouvelles conditions de déduction des avantages accordés par l'Agence Nationale pour le Développement de l'Investissement pour le calcul du bénéfice transférable.


- Il faut ajouter que ces mesures ont aussi visé à assainir le volet en matière du foncier déjà ouvert aux investisseurs étrangers.


Sur ce point, il faut simplement relever que le Gouvernement a seulement notifié aux administrations centrales une instruction visant le gel momentané de l'octroi de terrain sous le régime actuel de la concession transformable en cession au bout de deux années.


Enfin ces instructions visaient aussi les activités liées à l'importation :


Et sur ce dernier volet, le gouvernement algérien vient de mettre un terme aux spéculations et à ses propres hésitations, en publiant un Décret exécutif n° 09-181 du 17 Joumada El Oula 1430 correspondant au 12 mai 2009, fixant les conditions d'exercice des activités d'importation des matières premières, produits et marchandises destinés à la revente en l'état par les sociétés commerciales dont les associés ou les actionnaires sont des étrangers ( paru au journal officiel numéro 30 datée du 29 MAI 2009). Voir annexe 1.


Désormais, les sociétés étrangères ne peuvent exercer ces activités que si 30% au minimum de leur capital social sont détenus par des personnes physiques de nationalité algérienne ou par des personnes morales dont l'ensemble des associés ou actionnaires, sont de nationalité algérienne (article 1 du décret).


Un fichier des importateurs a été créé pour identifier d'éventuels fraudeurs, et qui devrait être alimenté principalement par les services de douane.


Par ailleurs, les banques sont invitées à consulter avant toute acceptation de domiciliation des opérations d'importation.


Et des sanctions sont prévues conformément à la législation et à la réglementation en vigueur, et notamment aux dispositions de la loi de 2004 fixant les règles générales applicables aux pratiques commerciales et à la loi N° 04-08 du 27 Joumada Ethania 1425 correspondant au 14 août 2004, relative aux conditions d'exercice des activités commerciales, notamment en son article 24 qui déclare expressément que « les conditions et les modalités d'exercice de toute activité ou profession réglementée soumise à inscription au registre du commerce obéissent à des règles particulières définies par des lois ou réglementations spécifiques les régissant ».


Et les sociétés commerciales concernées, qui sont déjà enregistrées au registre de commerce, «sont tenues de procéder, avant le 31 décembre 2009, à la modification de leur statut et de leur registre du commerce» pour se mettre en conformité avec ces nouvelles dispositions et pour l'exercice des activités d'importation de matières premières, produits et marchandises destinés à la revente en l'état.


Ce texte confirme que la reprise en main de ce secteur n'était pas seulement un effet d'annonce pour les élections présidentielles.


Le gouvernement, justifie ces nouvelles mesures par sa volonté de réduire les importations (la facture frôlait les 40 milliards de dollars par an) et trouver le moyen efficace pour arriver à installer un dispositif «d'assainissement et de régulation de l'activité du commerce extérieur».


EFFECTIVEMENT, il est notoirement reconnu que la situation actuelle est une aberration.


Et alors que les exportations algériennes, hors hydrocarbures, restent marginales et se situaient autour de 1 milliard de dollars en 2008, les importations ont bondi de 300% en six ans (la seule facture alimentaire s'est élevée à un montant de 8 milliards en 2008 contre 2 milliards en 2000 !).


« Pour un 1 dollar exporté vers l'UE, l'Algérie importe pour 20 dollars ».


Les importations en provenance de la zone euro ont augmenté de 80%, passant d'un peu plus de 11,2 milliards à près de 21 milliards en 2008.


Outre la « très faible présence » des investisseurs européens dans les secteurs hors hydrocarbures.


Selon le Centre National du Registre du Commerce (CNRC), sur les 25.548 sociétés exerçant dans l'activité d'importation, un nombre de 1.665 sociétés sont étrangères.


Par ailleurs, il est constaté une hausse fulgurante de la facture d'importation des marchandises qui est passée de 20 milliards de dollars en 2005 à près de 40 milliards de dollars en 2008.


L'Algérie semble justifier cette reprise en main par sa volonté d'installer un dispositif «d'assainissement et de régulation de l'activité du commerce extérieur».


Mais les changements fréquents de lois économiques ne rassurent pas les investisseurs nationaux et étrangers, qui se plaignent souvent de l'insécurité juridique en Algérie.


Mais il faut relever que la plupart ces instructions n'ont pas été publiées, ou entérinées par un texte publié au journal officiel.


Elles n'ont pas force de loi, et leur portée est limitée.


Et que les groupes étrangers (surtout ceux déjà présents en Algérie (Michelin, Arcelor Mittal, Schneider, Castel, Fromagerie Bell...) cherchent à savoir si cette mesure va s'appliquer aussi aux entreprises de production qui ont une activité d'importation ?


Certains (AXA et AGF) ont déjà tenté d'obtenir une dérogation concernant leurs demandes de créer des filiales locales contrôlées à 100% par leur maison mère et contourner ainsi la règle limitative de 49%.


Il semble que pour l'instant, le gouvernement n'ait pas cédé.


J'ai déjà évoqué dans un premier article, publié sur ce blog en novembre 2007, la difficulté et les nombreuses contradictions qui freinent le développement de normes et des règles applicables au vaste programme de réformes lancé ces dernières années tant sur le plan économique et social que juridique en Algérie.


Particulièrement celles tenant :


• À favoriser l'investissement national et étranger.


• Et particulièrement dans les secteurs hors hydrocarbures ;


• En créant un climat de confiance pour les investisseurs, notamment étrangers, qui voudront mettre en œuvre des partenariats en Algérie, mais aussi encourager les entreprises algériennes à être plus performantes dans le choix de leurs stratégies, en développant efficacement leurs ressources humaines.


• Développer le secteur privé


• Accélérer la privatisation des entreprises publiques


• La mise en place d'une véritable justice commerciale


• Le renouvellement de la classe « hommes d'affaires »


• L'Algérie doit se trouver d'autres acteurs à la tête du monde des affaires si nécessaire au développement de son économie.


• La nécessité d'ancrer l'Algérie au sein du système du commerce mondial par son adhésion à l'Organisation Mondiale du Commerce ;


• La nécessité de doper le secteur privé en lui donnant les moyens d'avoir sa propre autonomie.


Il est vrai que certians chefs d'entreprises ne sont pas visionnaires.


Ils agissent « par coups » et souffrent du manque d'un entourage professionnel doté d'une solide expérience et d'une sérieuse formation.


Et à leur décharge, ils souffrent, du manque de soutien de l'Etat... qui leur impose sa propre vison et logique économique....


Il est certain que les grandes entreprises françaises qui sont déjà engagées en Algérie restent très frileuses pour assoir définitivement leur implantation et développent sur le territoire algérien.


L'exemple de l'aventure de CARREFOUR, lié à la société ARCOFINA, et qui s'est terminé malheureusement (après être resté seulement 9 mois en Algérie) au profit du MAROC (CARREFOUR ayant finalement choisi de s'implanter au MAROC en concluant un accord de franchise exclusif avec un partenaire local depuis février 2009 et qui a commencé par l'ouverture d'un premier hypermarché Carrefour d'une surface de vente de 5500 mètres carrés, et emploiera 250 personnes).


Ainsi de RENAULT qui s'est installé au MAROC (2007),après que les négociations en cours depuis......1980 avec les pouvoirs publics algériens aient échoué, en investissant pour près d'un milliard d'euros dans la zone franche de Tanger, et emploiera 6.000 personnes (Plus de 30.000 emplois indirects seraient également créés chez les équipementiers), pour y construire une usine d'assemblage « low cost » d'une capacité de production de l'ordre de 200.000 véhicules par an à partir de 2010 et de 400.000 véhicules à plus long terme.


Le seul montant des investissements prévus pour les installations est estimé à 600 millions d'euros, avec une première phase à 350 millions d'euros. A ce montant s'ajoutera un "investissement spécifique" compris entre 200 et 400 millions d'euros, en fonction de la variété des véhicules produits.


Le secteur de l'ASSURANCE (sans reparler ici du secteur bancaire) sera un exemple pour les pouvoirs publics et le secteur privé ...dans cette nouvelle remise en cause de l'investissement direct étranger...


Quant à celles qui lorgnaient de plus en plus vers l'Algérie ces deux dernières années, elles vont certainement revoir à la baisse leurs prétentions.


TANT PIS, OU TANT MIEUX ? L'avenir nous le dira.


ET POUTANT :


L'Algérie dispose aujourd'hui d'un noyau d'une dizaine de grandes entreprises dont le chiffre d'affaires n'a rien à envier à certaines grandes entreprises européennes et qui pourraient être le pivot d'une grande politique nationale de développement


Depuis 2005, il semble que les pouvoirs publics aient soudain décidé de mettre un terme à l'aventure de certaines grandes entreprises.


Mais il aussi décidé de réduire très sérieusement la voilure à d'autres et alors que leur potentiel économique, technique, créateur et visionnaire, reste entier.


Mais le temps est venu de compter les forces économiques de l'Algérie et de donner, à toutes celles dont les activités et l'expérience sont essentielles au développement de l'Algérie, les moyens de s'intégrer ou se réintégrer dans le tissu économique national et international.


ainsi de CEVITAL, ERTHB, ARCOFINA, BLANKY, YAÏCI... et de bien d'autres.


Il faut établir un audit de ces grandes entreprises : de leur réelles capacités financières, capacités techniques, formation de leurs dirigeants, de leur staff, de la réalité de leur capacité à mettre en place des politiques d'investissements à long terme, formation du personnel, création d'emploi, ...etc ...


Mais il faut que ces mêmes groupes ne soient pas effrayés par l'ouverture du la zone arabe de libre échange et acceptent de jeu de la compétitivité.


Car il ne suffit pas de « protéger la production nationale pour la rendre compétitive dans un système de libre échange »


Il faut créer et consolider un tissu autour d'un noyau de grandes entreprises nationales privées capables d'attirer et de canaliser l'investisseur étranger en vue de la promotion du développement de toute l'Algérie.


L'Algérie est riche et elle dispose d'un véritable trésor de guerre constitué par ses RESERVES DE CHANGE, et dont le montant, selon les experts, ou les annonces du gouverneur de la Banque d'Algérie, oscille entre 256 milliards de dollars (en septembre 2008) et 138 milliards de dollars en JUIN 2008 ;


Mais il faut rappeler que la crise financière mondiale a aussi touché l'Algérie. Et la baisse des revenus pétroliers de près de la moitié en six mois vont certainement se faire ressentir sur la mise en place des réformes annoncées.


Le programme quinquennal, très ambitieux, à qui est consacré un montant de 150 milliards de dollars, restera insuffisant.


Il faudra d'autres moyens pour mettre un terme à la paupérisation de certaines couches de la population ;


selon le PNUD, 20% de la population vivrait au dessous du seuil de pauvreté ( les autorités algériennes annonçant seulement 4%) et au désespoir d'une grande partie de la jeunesse, qui, de plus en plus, n'hésite plus à braver les dangers mortelles de la mer pour tenter d'atteindre l'eldorado européen.


Mais l'Algérie manquera de véritables structures lourdes, seules capables d'offrir un véritable partenariat capable d'insuffler en Algérie le souffle qui manque à ce que la braise du développement devienne enfin brasier, prenne enfin feu, et réchauffe tout le pays ...(formation, développement de systèmes ...etc....).


Seul moyen de s'insérer dans le système du commerce international dans toute sa diversité.


Il se pourrait aussi que le pouvoir algérien, sous la pression de certains grands patrons algériens, tente simplement, par ces mesures, qui visent tant les investisseurs européens que ceux du Moyen Orient, à faire pression sur la France pour la voir enfin réviser un accord d'association qu'elle considère très déséquilibré, et qui «aurait surtout profité aux exportateurs européens » ?


Et à tenter d'influer sur le cours des négociations en cours pour adhérer à l'OMC et qui restent boquées par sa réclamation, légitime mais irréaliste, de vouloir conditionner son adhésion à la renégociations de certaines règles commerciales de l'OMC, et que cette dernière considère non conforme aux règles de l'organisation (Agriculture, les entreprises d'Etat, le prix des hydrocarbures (gaz), les droits de commercialisation et présence commerciale, le régime fiscal (TVA et autres taxes à la consommation), les subventions à l'exportation, les mesures sanitaires et phytosanitaires (SPS), les obstacles techniques au commerce (OTC) et la propriété intellectuelle ?



Mais une chose est certaine : Le gouvernement algérien n'a pas communiqué clairement sur ses décisions !


Ce qui a eu pour principal effet d'entraîner un ralentissement de l'activité économique et une diminution du volume des investissements.


Une polémique s'était déjà installée avant l'annonce des instructions du premier ministre en décembre 2008 et la publication de ce décret, même entre certains dirigeants algériens, quant à la question de savoir si la décision de donner à cette mesure un effet rétroactif concernait seulement les sociétés étrangères d'importation ou aussi la détention des 51% du capital dans les projets d'investissements ?


Et les grandes entreprises algériennes privées et leurs représentants espéraient ce durcissement et ne faisaient pas mystère de leur souhait de voir le gouvernement algérien mettre un terme aux facilités et avantages que l'Etat accordait à certains investisseurs étrangers et exigeait la préférence nationale.


Et ils ont tous appelés à l'application stricte de ces mesures, prônant ainsi ouvertement un patriotisme économique à la limite du protectionnisme. A l'instar de beaucoup de gouvernements européens et des Etats Unis d'Amérique, qui n'avaient jamais hésité à y avoir recours à plusieurs reprises.


Mais le patriotisme économique, comme le protectionnisme, exige de disposer d'une réelle capacité économique qui manque à l'Algérie. Au risque d'être assimilé au protectionnisme.


En effet, le patriotisme économique, ainsi mis en pratique, correspondrait à « une forme de protectionnisme qui, visant à bloquer la concurrence externe, ne permettrait pas, en réalité de profiter des avantages d'une économie ouverte et irait ainsi en sens contraire de l'objectif affiché d'émulation et de compétitivité. Il jouerait donc contre les intérêts nationaux ».


Il semble bien qu'un certain patriotisme économique ait fait son apparition en Algérie.


Trop tôt ? Ou trop tard ? Telle est la question.


Pour la plupart des grands groupes étrangers, il parait très difficile de les convaincre, fût-ce par décret, de laisser entrer dans le capital de leurs filiales, créées en Algérie, des tierces personnes.


Quitte effectivement à se passer des avantages fiscaux que leur faisaient déjà miroiter l'Agence nationale de développement des investissements (ANDI) !


Beaucoup de ces groupes étrangers continueront « à faire du commerce » avec l'Algérie à travers de simples bureaux de liaison ou d'intermédiaires abrités derrière des mandataires à GENEVE , LUXEMBOURG, ou PARIS...


Ces nouvelles mesures pourraient, si leur application était sévèrement suivie, mettre un frein, non à ce que certains groupes étrangers arrêtent de « faire des affaires avec l'Algérie », mais à la promotion et la mise en place d'un socle économique nécessaire au développement de l'Algérie.


Mais en réalité la réponse à ce problème est ailleurs.


Elle réside principalement à la mise en place d'un véritable climat économique local qui incite à la production locale et la promulgation de mesures incitatives.


Ce qui veut dire aussi mettre en place des mécanismes juridiques protecteurs des producteurs locaux, nationaux ou étrangers, pour rendre cette activité enfin rentable, et à l'abri des contrefacteurs et des concurrents déloyaux (mais bien identifiés).


Et tant que l'Algérie demeurera un paradis pour les gros importateurs, aucune solution ne sera trouvée au problème du développement de ce pays.


L'Algérie est toujours à la recherche de l'avènement sur son territoire d'un véritable tissu économique.


IL MANQUE TOUJOURS A L'ALGERIE UNE VERITABLE POLITIQ

Nom : DECRET DU 12 MAI 2009 ET AUTRES TEXTES.pdf
Taille : 1 Mo


Echéance : 26/06/09
Niveau de priorité : moyen
Statut global : terminée
sept.
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DROIT DES SOCIETES ALGERIENNES :RAPPEL DE QUELQUES REGLES ESSENTIELLES DU CODE DE COMMERCE ALGERIEN

  • Par mohamed.chehat le 24/09/08
  • Dernier commentaire ajouté

Beaucoup d'entrepreneurs étrangers (individuels ou sociétés), dont beaucoup de français, n'hésitent pas depuis plusieurs années et malgré la situation sécuritaire à tenter de s'implanter en ALGERIE .....


Il est vrai que les dispositions légales en matière de droit des sociétés telles qu'édictées dans le code de commerce algérien sont très proches de celles connues en France.


Parfois même le code de commerce algérien est beaucoup plus répressif que le code de commerce français.


Mais aussi paradoxal que cela puisse paraître, il faut redoubler de prudence et ne s'engager dans un partenariat local qu'en s'entourant des meilleurs conseils...


De très nombreuses personnes physiques ou sociétés commerciales françaises ont eu à affronter de très sérieuses mésaventures. Parfois allant jusqu'à perdre la totalité de leurs investissements ...et même beaucoup plus ...


ET il est très difficile pour une personne physique ou une société étrangère d'engager après coup toute une série de procédures judiciaires (en étant loin) pour voir obtenir le respect de ses droits les plus légitimes.


Ce n'est pas que l'institution judiciaire algérienne est imperméable et sourde aux demandes des ces justiciables « à part » ! Mais tout simplement, et malheureusement, très souvent, les victimes ne se sont pas assurées préalablement des précautions nécessaires (qu'elles auraient certainement prises en France ou en EUROPE) avant de plonger « dans les affaires » ....


Il m'est arrivé de constater, à travers plusieurs affaires dont j'ai été saisi, que certaines situations auraient pu être évitées.


Et certaines situations et comportements pourraient prêter à sourire et penser qu'ils remontent à une époque très lointaine (équivalente à l'après indépendance), tant les comportements sont flagrants et semblent révéler un sentiment d'impunité.


Et alors que les dispositions légales algériennes, quant aux constitutions et fonctionnement des sociétés commerciales, sont très répressives, et en principe, très dissuasives.


Et nombre de litiges entre associés ou actionnaires prennent le chemin du tribunal correctionnel et non des chambres commerciales.


Et pourtant, le contentieux commercial gagnerait à éviter le chemin correctionnel !


Encore faut-il que la justice commerciale en Algérie gagne du terrain.


Et qu'enfin des tribunaux de commerce soient créés sur tout le territoire national.


Il est peut-être temps que le ministère de la justice, à défaut d'agir (faute certainement de budget et de personnel qualifié) mette au moins en place un groupe chargé de réfléchir sur ces questions.


Voilà pourquoi, il me semblait utile de rappeler quelques règles élémentaires que tous ceux (algériens ou étrangers) ne doivent jamais perdre de vue afin de préserver leurs droits et intérêts essentiels au sein des sociétés commerciales dont ils sont associés, ou actionnaires.



DROIT DES SOCIETES ALGERIENNES :

RAPPEL DE QUELQUES REGLES ESSENTIELLES DU CODE DE COMMERCE ALGERIEN


Beaucoup d’entrepreneurs étrangers (individuels ou sociétés), dont beaucoup de français, n’hésitent pas depuis plusieurs années et malgré la situation sécuritaire à tenter de s’implanter en ALGERIE …..


MAIS ATTENTION !


Il est vrai que les dispositions légales en matière de droit des sociétés telles qu’édictées dans le code de commerce algérien sont très proches de celles connues en France.


Parfois même le code de commerce algérien est beaucoup plus répressif que le code de commerce français.


Mais aussi paradoxal que cela puisse paraître, il faut redoubler de prudence et ne s’engager dans un partenariat local qu’en s’entourant des meilleurs conseils…


De très nombreuses personnes physiques ou sociétés commerciales françaises ont eu à affronter de très sérieuses mésaventures. Parfois allant jusqu’à perdre la totalité de leurs investissements …et même beaucoup plus …


ET il est très difficile pour une personne physique ou une société étrangère d’engager après coup toute une série de procédures judiciaires (en étant loin) pour voir obtenir le respect de ses droits les plus légitimes.


Ce n’est pas que l’institution judiciaire algérienne est imperméable et sourde aux demandes des ces justiciables « à part » ! Mais tout simplement, et malheureusement, très souvent, les victimes ne se sont pas assurées préalablement des précautions nécessaires (qu’elles auraient certainement prises en France ou en EUROPE) avant de plonger « dans les affaires » ….


Il m’est arrivé de constater que des personnes physiques se sont contentées purement et simplement de donner une mince procuration (et alors qu’il aurait fallu un pouvoir spécial) à leur nouveau partenaire local, aux fins de constituer une société commerciale (souvent c’est une société par actions : SPA) dont ils étaient les principaux associés.


Et que, munis de ce simple mandat, ils ont pu trouver un notaire qui a accepté de rédiger les statuts, en dehors de la présence physiques des associés !


Que ces associés ont versé un capital sous la forme d’un simple virement sur un comte bancaire.


Avant de découvrir plusieurs mois après que la société ainsi créée avait augmenté considérablement leurs engagements sans leur accord !


Et que le capital déjà versé n’était que le versement initial (le quart du capital social et qu’ils devaient encore compléter le capital), sans oublier que ce versement était allée alimenter un comte courant associé ayant servi à assurer la trésorerie courante de la société !


Les associés n’ayant simplement pas signé personnellement les statuts (écrits en arabe, et sans aucune traduction en français) !


Que le Président directeur général désigné avait la majorité du capital social


Et que désormais, ils étaient « prisonniers ». Et que le projet initial avait perdu tout intérêt !


Que dire des tenues des assemblées générales des sociétés, et des documents sociaux et comptables, que le gérant ou PDG de la société doit mettre à la disposition des associés dans les délais légaux.


De nombreux associés n’ont jamais pu obtenir l’exercice de leur droit d’information préalable, tout simplement parce qu’ils ne l’ont jamais demandé officiellement …ou réclamé en vain …


Que faire, sinon se lancer dans une longue procédure judicaire afin de se désengager !


Il m’est aussi arrivé de constater que même des grandes sociétés françaises et européennes avaient livré une grande quantité de matériel en exécution d’un contrat de fourniture, mais sans s’assurer préalablement de la mise en place de la meilleure procédure leur garantissant le bon paiement ! Parfois la simple mention que « le montant contractuel sera payé dans sa totalité au fournisseur contre remise documentaire » n’est pas suffisante.


Je n’ose évoquer ici les problèmes liés à la concurrence déloyale et la contrefaçon de marque, ni celui du problème du piratage de logiciels informatiques (ce sera l’objet d’une prochaine publication sur ce blog).


Il m’est arrivé de voir qu’une marque de renommée internationale a été accordée par l’INAPI ALGER à une autre société algérienne (à la marque originale y a simplement apposé un rajout du mot ALGERIE !) sans qu’aucune condition sérieuse (d’antériorité ou originalité) ne lui ait été opposée par les services de l’INAPI (Institut national algérien de la propriété industrielle).


Ce n’est pas que les services de l’INAPI ALGER ont fait preuve d’imprudence ou d’incompétence !


NON. Mais simplement que la société étrangère, croyant protéger ses intérêts et développer sa marque en Algérie, avait donné un large mandat à son partenaire algérien qui en a simplement profité pour développer sa propre gamme de produits sous la marque « originale » de son mandant !!

On en sourirait s’il ne s’agissait que d’anecdotes qui remonteraient à une vingtaine d’années.


Mais NON ! Ce sont des situations réelles qu’il m’est arrivé de connaître, et dont les faits, pour la plupart remonte à 1 ou 2 années.


Les affaires étant en cours …


Voilà pourquoi, il me semblait utile de rappeler quelques règles élémentaires que tous ceux (algériens ou étrangers) ne doivent jamais perdre de vue afin de préserver leurs droits et intérêts essentiels au sein des sociétés commerciales dont ils sont associés, ou actionnaires.


J’ai délibérément choisi deux formes de sociétés les plus courantes :


Société à responsabilité limitée


Et


Société par actions.


Mais il existe d’autres formes de sociétés en ALGERIE :


• La société en nom collectif

• La société en commandite simple

• La société en commandite par actions

• Le groupement de sociétés



Société à responsabilité limitée : règles élémentaires à retenir :


Le capital social de la S.A.R.L. ne peut être inférieur à 100.000 DA. Il est divisé en parts sociales d'égale valeur nominale de 1.000 DA au moins.


Tous les associés doivent intervenir à l'acte constitutif de la société en personne ou par mandataires justifiant d'un pouvoir spécial.


Les cessions de parts sociales ne peuvent être constatées que par acte authentique.


Le gérant est révocable par décision des associés représentant plus de la moitié du capital social. Ou par les tribunaux pour cause légitime, à la demande de tout associé.


Les décisions des associés sont prises en assemblée.


Les associés sont convoqués 15 jours au moins avant la réunion de l'assemblée par lettre recommandée portant indication de l'ordre du jour.


Dans les assemblées ou lors des consultations écrites, les décisions sont adoptées par un ou plusieurs associés représentant plus de la moitié du capital social.


Le rapport sur les opérations de l'exercice, l'inventaire, le compte d'exploitation général, le compte des résultats et le bilan, établis par les gérants, sont soumis à l'approbation des associés réunis en assemblée, dans le délai de six mois à compter de la clôture de l'exercice.


Tout associé a le droit d'obtenir à toute époque, au siège social, la délivrance d'une copie conforme des statuts en vigueur au jour de la demande.


Tout associé a le droit, à toute époque, de prendre par lui-même et au siège social, connaissance du compte d'exploitation générale, compte des pertes et profits, inventaires, rapports soumis aux assemblées et procès-verbaux de ces assemblées concernant les trois derniers exercices sauf en ce qui concerne l'inventaire.


Tout associé a le droit de prendre connaissance ou copie pendant le délai de quinze jours qui précède toute assemblée, du texte des résolutions proposées, du rapport de la gérance ainsi que, le cas échéant, du rapport du commissaire aux comptes.


Les décisions des assemblées extraordinaires doivent être précédées d'un rapport établi par un expert agréé sur la situation de la société.


Sont passibles d’une amende pouvant aller jusqu’à un montant de 200.000 DA, les gérants qui n'auront pas, dans le délai de quinze jours avant la date de l'assemblée, adressé aux associés le compte d'exploitation générale, le compte de pertes et profits, le bilan, le rapport sur les opérations de l'exercice, le texte des résolutions proposées et, le cas échéant, le rapport des commissaires aux comptes, ou qui n'auront pas tenu l'inventaire à la disposition des associés au siège social.


Sont passibles d’une amende pouvant aller jusqu’à un montant de 200.000 DA, les gérants qui n'auront pas, à toute époque de l'année, mis à la disposition de tout associé, au siège social, les documents suivants concernant les trois derniers exercices soumis aux assemblées: comptes d'exploitation générale, inventaires, comptes de pertes et profits, bilans, rapports des gérants et, le cas échéant, des commissaires aux comptes et procès-verbaux des assemblées.


Sont passibles d'un emprisonnement d'un mois à trois mois et d'une amende de 20.000 DA. à 200.000 DA, les gérants qui n'auront pas procédé à la réunion de l'assemblée des associés dans les six (6) mois de la clôture de l'exercice ou, en cas de prolongation dans un délai n'excédant pas six (6) mois fixé par décision de justice, ou qui n'auront pas soumis à l'approbation de ladite assemblée le compte d'exploitation générale, le compte de pertes et profits, le bilan, le rapport sur les opérations de l'exercice, le texte des résolutions proposées et, le cas échéant, le rapport des commissaires aux comptes ;


Société par actions : règles élémentaires à retenir :


Le capital social doit être de cinq (05) millions de dinars algériens au moins si la société fait publiquement appel à l'épargne, et de un (01) million de dinars algériens au moins dans le cas contraire.


Le nombre des associés ne peut être inférieur à sept (07).


La société par actions est administrée par un conseil d'administration composé de trois membres au moins et de douze au plus.


La durée du mandat des administrateurs élus par l'assemblée générale ne peut excéder 6 ans.


Ces administrateurs sont rééligibles mais peuvent être révoqués à tout moment par l'assemblée générale ordinaire.


Toute nomination intervenue en violation des textes est nulle, à l'exception de celles intervenue en cas de vacance par décès ou par démission d'un ou plusieurs sièges d'administrateurs, ou lorsque le nombre des administrateurs est devenu inférieur su minimum statutaire sans toutefois être inférieur au minimum légal (mais reste provisoire et doit être ratifié à la prochaine assemblée).


Le conseil d'administration doit être propriétaire d'un nombre d'actions représentant au minimum, vingt pour cent (20%) du capital social.


Le nombre minimum d'actions détenues par chaque administrateur est fixé par les statuts.


Un administrateur ne peut se voir consentir un contrat de travail par la société, postérieurement à sa nomination.


Le conseil d'administration ne délibère valablement que si la moitié su moins de ses membres sont présents. Mais les statuts peuvent prévoir une majorité plus forte.


L'assemblée générale alloue aux administrateurs en rémunération de leurs activités, une somme fixe annuelle à titre de jetons de présence.


Le conseil d'administration élit parmi ses membres un président qui est, à peine de nullité de la nomination, une personne physique.


Le conseil d’administration détermine sa rémunération.


Le président est nommé pour une durée qui ne peut excéder celle de son mandat d'administrateur. Il est rééligible mais peut-être révoqué tout moment.


L'assemblée générale extraordinaire est seule habilitée à modifier les statuts.


Elle ne délibère valablement que si les actionnaires présents ou représentés possèdent au moins, sur première convocation, la moitié et, sur deuxième convocation, le quart des actions ayant le droit de vote.


L'assemblée générale ordinaire est réunie au moins une fois par an, dans les six mois de la clôture de l'exercice.


Trente jours (30) avant la tenue de l'assemblée générale, le conseil d'administration ou le directoire doit adresser ou mettre à la disposition des actionnaires les noms, prénom usuel et domicile, soit des administrateurs et directeurs généraux, soit, le cas échéant, l'indication des autres sociétés dans lesquelles ces personnes exercent des fonctions de gestion, de direction ou d'administration, le texte des projets de résolution présenté par le conseil d'administration ou le directoire, le cas échéant, le texte et l'exposé des motifs des projets de résolution présentés par les actionnaires, le rapport du conseil d'administration ou du directoire qui sera présenté à l'assemblée,


Lorsque l'ordre du jour comporte la nomination ou la révocation d'administrateurs ou de membres du conseil de surveillance ou du directoire, les nom, prénom usuel et âge des candidats, leurs références professionnelles et leurs activités professionnelles au cours des 5 dernières années, notamment les fonctions qu'ils exercent ou ont exercées dans d'autres sociétés, les emplois ou fonctions occupés dans la société par les candidats et le nombre d'actions de la société dont ils sont titulaires ou porteurs.

S'il s'agit de l'assemblée générale ordinaire, le tableau de comptes des résultats, les documents de synthèse, le bilan et le rapport spécial des commissaires aux comptes faisant apparaître les résultats de la société au cours de chacun des cinq derniers exercices ou de chacun des exercices clos depuis la constitution de la société ou l'absorption par celle-ci, d'une autre société si leur nombre est inférieur à cinq;


S'il s'agit d'une assemblée générale extraordinaire, le rapport des commissaires aux comptes qui sera, le cas échéant, présenté à l'assemblée.


Et que c’est « dans un délai de 15 jours avant la tenue de l'assemblée générale ordinaire, que tout actionnaire a le droit d'obtenir communication de l'inventaire du tableau de comptes des résultats, des documents de synthèse, du bilan et de la liste des administrateurs du conseil d'administration et du directoire ou du conseil de surveillance, des rapports des commissaires aux comptes qui seront soumis à l'assemblée, du montant global, certifié exact par les commissaires aux comptes, des rémunérations versées aux personnes les mieux rémunérées, le nombre de ces personnes étant de cinq. »


L'assemblée générale ordinaire des actionnaires désigne, pour trois (03) exercices, un ou plusieurs commissaires aux comptes choisis parmi les professionnels inscrits sur le tableau de l'ordre national


Les commissaires aux comptes sont nommés pour trois exercices. Leurs fonctions expirent après la réunion de l'assemblée générale ordinaire qui statue sur les comptes du troisième exercice.


Il faut rappeler en outre :


Que sont passibles d'un emprisonnement d'un an à cinq ans et d'une amende de 20.000 DA à 200.000 DA, ou de l'une de ces deux peines seulement le président, les administrateurs ou les directeurs généraux d'une société par actions qui, même en l'absence de toute distribution de dividendes, auront sciemment, publié ou présenté aux actionnaires, un bilan inexact, en vue de dissimuler la véritable situation de la société.


Que sont passibles d'une amende de 20.000 DA 200.000 DA, le président ou les administrateurs d'une société par actions qui n'auront pas convoqué, à toute assemblée, dans le délai légal.


Et de la même amende, le président, les administrateurs ou les directeurs généraux d'une société par actions, qui n'auront pas adressé à tout actionnaire qui en a

fait la demande, une formule de procuration, ainsi que la liste des administrateurs en exercice, le texte et l'exposé des motifs des projets de résolution inscrits à l'ordre du jour, le cas échéant, une notice sur les candidats au conseil d'administration, les rapports du conseil d'administration et des commissaires aux comptes qui seront soumis à l'assemblée, s'il s'agit de l'assemblée générale ordinaire annuelle, le compte d'exploitation générale, le compte de pertes et profits et le bilan.

IL faut rappeler que les statuts de la société commerciale doivent, à peine de nullité, constatée, par acte authentique.


Il faut ainsi bien choisir son notaire.


Je conseille de prendre la peine de prendre conseil auprès d’un second notaire autre que celui qui a été choisi par votre partenaire local, et qui va rédiger les statuts.

La première règle est celle de ne jamais signer un document (statuts ou contrat sans qu’il soit traduit en français, lu et expliqué par un professionnel du droit : avocat ou notaire….


Il faut éviter autant que possible de donner mandat ou pouvoir à une tierce personne. Et dans cette éventualité, il faut donner mandat à un avocat ou notaire.


La deuxième règle : il faut exercer son droit d’information et de communication afin d’avoir accès au minimum aux bilans de la société.


A ce titre, il faut toujours participer au choix du comptable ou au commissaire aux comptes de la société, et garder avec lui un contact permanent.


Quitte à lui réclamer directement certaines informations.


Il existe aujourd’hui en Algérie d’excellents cabinets comptables ou commissaires aux comptes agrées.


Et un dernier point, il faut résister à toute demande de mettre en place un compte courant associés, en l’absence d’un prévisionnel dûment visé par le commissaire aux comptes et d’un contrôle rigoureux.


En réalité les dispositions légales algériennes, quant aux constitutions et fonctionnement des sociétés commerciales, sont très répressives, et en principe, très dissuasives


On est loin des dispositions du code de commerce français et du code des sociétés français, et des nouvelles mesures édictées dans le cadre de La loi de modernisation de l’économie (dite loi LME) du 4 août 2008, qui a supprimé plusieurs dispositions à la charge des entrepreneurs individuels et des sociétés commerciales.


Il est vrai qu’un sentiment d’impunité prévaut en Algérie.


Malgré la correctionnalisation de nombreux litiges commerciaux et les très nombreuses plaintes pénales déposées chaque année et visant des infractions à la création et au fonctionnement des sociétés, qui n’aboutissent pas toujours.


Et pourtant, le contentieux commercial gagnerait à éviter le chemin correctionnel !


Encore faut-il que la justice commerciale gagne du terrain.


Et qu’enfin des tribunaux de commerce soient créés sur tout le territoire national.


Il est peut-être temps que le ministère de la justice, à défaut d’agir (faute certainement de budget et de personnel qualifié) mette au moins en place un groupe chargé de réfléchir sur ces questions.




Mohamed CHEHAT

Docteur en Droit

Avocat a la cour

mai
3

ASSOCIATION EURO-MAGHREB DES AVOCATS DE DROIT DES AFFAIRES

  • Par mohamed.chehat le 03/05/08
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Une association dénommée ASSOCIATION EURO MAGHREB DES AVOCATS DE DROITS DES AFFAIRES. Par abréviation « A.E.M.A.D.A »

L'Association permettra aussi le rapprochement entre les Avocats des barreaux de l'Union européenne et de l'Union du Maghreb Arabe et entre les différents Ordres de l'Union européenne et de l'Union du Maghreb Arabe.


Elle développera les mêmes actions auprès des entreprises des pays du Maghreb, les chambres de commerce et d'industrie et toute organisation professionnelle sur le droit de l'Union européenne et son application devant les organisations judiciaires des pays de l'Union européenne.


EURO – MAGHREB- MEDITERRANEE:

NAISSANCE D’UNE ASSOCIATION D’AVOCATS DE DROIT DES AFFAIRES.


Depuis de très nombreuses années, je cherchais des confrères qui tout en aillant les mêmes domaines d’activités professionnelles partageaient aussi les mêmes valeurs que moi.


Et qui étaient surtout animés par cet idéal de participer à cette large action de développement de la rive sud de la méditerranée. Dont l’Algérie.


L’idée germait dans ma tête depuis plus d’une décennie.


Il fallait peut-être attendre simplement le bon moment et aussi la rencontre avec certains hommes et femmes.


Ce temps est arrivé.


Avec quelques confrères, d’origine Algérienne et Française, nous avons décidé d’utiliser cet idéal commun pour tenter de rassembler le maximum d’avocats (de nationalité différentes), dont les activités dominantes, ressortent de ce que l’on appelle communément le droit des affaires, afin de réfléchir et « mettre en place des actions concrètes aux seuls fins de contribuer au développement et à l'application harmonieuse du droit des affaires entre les pays de l'Union européenne et ceux de l'Union du Maghreb Arabe ».


Une association dénommée ASSOCIATION EURO MAGHREB DES AVOCATS DE DROITS DES AFFAIRES. Par abréviation « A.E.M.A.D.A »


Et depuis une assemblée générale extraordinaire qui a eut lieu le Vendredi 08 Février 2008 à la Maison du barreau de PARIS, cette association est née.


L'Association permettra aussi le rapprochement entre les Avocats des barreaux de l’Union européenne et de l’Union du Maghreb Arabe et entre les différents Ordres de l’Union européenne et de l’Union du Maghreb Arabe.


Elle développera les mêmes actions auprès des entreprises des pays du Maghreb, les chambres de commerce et d'industrie et toute organisation professionnelle sur le droit de l’Union européenne et son application devant les organisations judiciaires des pays de l’Union européenne.


A cet effet, l’association mènera des analyses prospectives sur l'environnement juridique du monde des affaires dans la Zone de l’Union du Maghreb Arabe dans le cadre desquelles seront dégagées les incidences et opportunités de cet environnement ainsi que ses limites ou insuffisances.


Bien sur, beaucoup vont soupçonner cette action de paravent au monde des affaires.




Je ne répondrai par à cette objection, mais je dirai simplement que nous avons veillé à ce que soit inscrit dans nos statuts que « le développement du droit des affaires et du monde des affaires vise aussi à assurer le droit au développement de l’individu ».


Et je l’avoue, le premier objectif était l’ALGÉRIE, mais presque immédiatement, nous nous sommes aperçus qu’il fallait ancrer l’Algérie aux autres pays de la méditerranée.


Le but étant « de contribuer au développement et à l'application harmonieuse du droit des affaires entre les pays de l'Union européenne et ceux de l'Union du Maghreb Arabe ».


Elle concerne tous les avocats inscrits dans un barreau de l'Union européenne et de l'Union du Maghreb Arabe.


Si effectivement, certains vont nous reprocher que les fondateurs sont tous d’origine Algérienne.


C’est tout simplement qu’il faut un commencement (et que par ailleurs, notre association succède à l’association avocats algériens de France crée en 2001).


Et puis il faut dire que quelque soit la compétence de ceux qui vont nous rejoindre (et nos espérons beaucoup de nos confrères français et européens, et du grand Maghreb, vont nous rejoindre et donner une certaine impulsion à cette association) il y aura beaucoup parmi eux qui vont nous étonner par leurs exceptionnelles qualités et compétences.


Mais qui d’autre que ceux parmi nos confrères qui bénéficient (grâce ou a cause du chemin pris par leur destin) ont la particularité et la chance de bien connaître à la fois le système juridique français ou d’un autre pays européen, et celui d’un autre pays du Maghreb, particulièrement du système social et culturel pendant nécessaire à un développement économique efficace auront certainement beaucoup à dire et à faire.


Des confrères animés par une seule vocation : celle être une passerelle entre le nord et le sud de la méditerranée.


Et si nous réussissions simplement à faire le lien entre l’ensemble de ces compétences pour faire avancer l’avènement du nouvel espace méditerranéen et européen, nous aurons largement gagné notre pari !


Nous n’avons pas d’autres prétentions que de faire avancer les choses.


Vaste projet qui vu modestement participera au renforcement des barreaux européens et maghrébins dans le domaine du droit des affaires, c'est à dire rapprochera la culture juridique entre ses deux espaces pour le bien commun.





l’intérêt particulier que peut susciter une telle association tant pour de nombreuses entreprises européennes, qui souvent brillent par leur parfaites méconnaissance du droit local, que pour des confrères européens qui souhaitent parfaire et croiser leur expertise avec des confrères issus et formés dans la rive sud de la méditerranée.


Et à ce titre, L’association tentera d’approfondir le sujet afin que ceux de ses membres qui ont connaissance des spécificités de la culture des pays du Maghreb-Machrek en fassent bénéficier les autres avocats, ainsi que les entreprises qui sont fortement intéressés par le sujet.


L’association organisera ainsi une large réflexion à travers de larges débats (discussions internes – colloques, formations …etc…) dont certains seront publiés, et qui pourront permettre, nous l’espérons, d’attirer l’attention sur certaines questions cruciales qui demeurent un frein au rapprochement entre l’Union européenne et de l’Union du Maghreb Arabe. A défaut d’une union pour la méditerranée.


L’association est logée à la Maison du Barreau de Paris.


Le Bureau, issu de son conseil d’administration, suite à une assemblée générale extraordinaire qui a eut lieu le Vendredi 08 Février 2008 à la Maison du barreau de PARIS, est composé de :


Maitre Chems-eddine HAFIZ, (Président),


Maître Mohamed CHEHAT (Secrétaire général),


Mâitre Tayeb RAÏS, (Trésorier).


Trois commissions existent déjà :


Commission de droit maritime : Président : Maître Bachir HADJ-HAMOU,

Commission de droit des sociétés : Président : Maître Mehdi HAROUN,

Commission de droit fiscal et investissements : Président : Maître Rabah HACHED.

Commission ‘’Droit pénal des affaires’’ : Président : Maître Sébastien RIDEAU VALENTINI

Commission ‘’Droit Social’’ : Président : Maître Jean-Michel AUBERT,


D’autres commissions vont être crées :


Une chose est certaine, il y a tant de choses à faire, tant d’obstacles à contourner, tant de volontés farouches à apprivoiser ...


Alors dites nous bonne chance et joignez vous à nous


Ou faites nous part de vos suggestions


NAISSANCE D'UNE ASSOCIATION D'AVOCATS DE DROIT DES AFFAIRES

Nom : Naissance d'une ASSOCIATION.doc
Taille : 37 Ko


oct.
20

ALGERIE : ENTRE UN DROIT DES AFFAIRES EN CONSTRUCTION ET UN DROIT DES INVESTISSEMENTS ENCORE FRAGILE

  • Par mohamed.chehat le 20/10/07
  • Dernier commentaire ajouté



Réflexions sur les nombreuses contradictions qui freinent le développement de normes et de règles applicables au vaste programme de réformes lancé ces dernières années tant sur le plan économique et social que juridique et visant la libéralisation du commerce extérieur, la restructuration des entreprises publiques et l'engagement du processus de privatisation, la modernisation du système financier et bancaire, la restructuration industrielle et la modernisation de l'administration publique.



Y a t-il un avenir pour un droit des affaires en Algérie qui soit compatible avec une économie de marché ?


Ou simplement un ensemble de textes juridiques éparses et codifiés au fur et à mesure, sur demande des partenaires ou de situations particulières ?


Et y a-t-il une volonté politique réelle de mise en oeuvre des réformes annoncées afin de favoriser le développement des investissements ?


Panorama , diagnostic et examen critique des règles juridiques en matière de droit commercial, du droit du commerce intrenational et du droit des investissements.


Obstacles et perspectives.



L’ALGERIE

ENTRE UN DROIT DES AFFAIRES EN CONSTRUCTION

ET UN DROIT DES INVESTISSEMENTS ENCORE FRAGILE



L’Algérie a, depuis plusieurs années, avec l’appui de différentes organisations mondiales du système des Nations Unies, affiché sa volonté politique d’entrer dans l’économie de marché, de participer pleinement à l'économie mondiale et de développer « le monde des affaires ».


C’est l’objet d’un vaste programme de réformes lancé ces dernières années tant sur le plan économique et social que juridique et visant la libéralisation du commerce extérieur, la restructuration des entreprises publiques et l'engagement du processus de privatisation, la modernisation du système financier et bancaire, la restructuration industrielle et la modernisation de l'administration publique.


L’Etat voulant créer les meilleures conditions possibles pour la promotion de l'investissement national et étranger.


Particulièrement en rénovant les règles applicables aux sociétés commerciales et en instituant un nouveau cadre juridique et réglementaire existant en matière de droit des investissements directs internationaux.


Le tournant a, en réalité, été engagé depuis 1999, avec la promulgation de la loi sur la monnaie et le crédit (LOI N° 90-10 DU 14 AVRIL 1990) qui a permis l’ouverture du secteur bancaire aux capitaux privés nationaux et étrangers et consacré le principe de la liberté de mouvement des capitaux pour financer une activité économique, ainsi que le rapatriement des fruits des investissements.


L’Algérie s’est, depuis, dotée d’un code des investissements réformé par l’ordonnance n°01-03 du 20 août 2001 relative au développement de l’investissement, qui fixe le régime applicable aux investissements nationaux et étrangers.


Les droits et obligations des investisseurs y sont clairement définis.


De nombreux avantages leurs sont accordés (y compris en matière de conclusion des contrats et de respect de la propriété (même si certaines mesures restrictives d’accès des étrangers à la propriété privée demeurent).


Des garanties leurs sont offertes (respect des normes internationales- Transfert des fonds)


Un Conseil national de l’investissement, présidé par le Chef du Gouvernement, est crée.


Une Agence nationale de développement de l’investissement (l’ANDI) est mise en place et est chargée de l’accompagnement des investisseurs.


En outre les règles de création, de fonctionnement et de dissolution des entreprises ont été simplifiées et ont été adaptées au nouvel environnement économique et aux attentes des nouveaux opérateurs économiques.


Mais les entreprises étrangères, si elles investissent et s'implantent en Algérie, n'y occupent pas encore la place qui pourrait être souhaitée.


Les différents investisseurs nationaux et étrangers réclament tous, outre un système judiciaire crédible et indépendant, la mise en place d’une véritable justice commerciale appuyée par de véritables spécialistes.


Dans un de ses derniers rapports, la Banque mondiale a mis en exergue le « retard d’une véritable réforme de la justice algérienne, notamment par l’absence d’une justice commerciale, à travers des tribunaux de commerce ».


L’Algérie se contentant toujours de pôles spécialisés en matière civile et en matière commerciale et misant encore sur la formation de magistrats spécialisés (formés à l’étranger).


Même si le faible contentieux actuel ne justifie pas l’existence de tribunaux de commerce en Algérie, le débat actuel autour de cette question est légitime et pertinent ;


Certains litiges commerciaux complexes et important par l’enjeu financier, économique et social, apparues ces dernières années (et qui ne cesserons certainement de croître) mériteraient cependant un traitement technique expert.


C’est toute la question du rôle de la justice algérienne au service du bon fonctionnement de l’économie.


Le Scandale de l’affaire KHALIFA BANK, dont le procès s’est tenu à la Cour de BLIDA l’année dernière a laissé sur leur faim non seulement les milliers de clients lésés (beaucoup appartiennent à la communauté algérienne en Europe) mais aussi tout le peuple algérien qui a suivi le déroulement du procès et en attendait des signes forts, méritants de relancer « la confiance » dans un système dit en pleine rénovation.


Et malheureusement encore aujourd’hui on entend encore des voix qui considèrent que l’affaire KHALIFA n’est qu’un cas parmi d’autres.


Une simple faillite comme une autre !


Le cadre juridique en Algérie brille par de très nombreuses contradictions qui freinent le développement de normes et règles applicables au monde des affaires.


Le secteur privé est aujourd'hui majoritairement occupé par des entreprises qui se sont autoproclamés « groupes » sans pour autant réunir les conditions réelles et nécessaires d’un groupe telles que connues du droit français, et surtout sans être assujettis à des obligations précises quant suivi régulier et sincère des comptes !


Ce qui ne peut que nuire au sacro saint principe de la confiance des marchés.


Le secteur privé algérien souffre de l’absence d’une organisation qui le représente réellement.


L'économie algérienne demeurant fortement publique.


Et si toutes les entreprises publiques sont ouvertes à la privatisation le nombre des privatisations reste très faible.


Il est vrai que les règles définies aujourd’hui permettent à tout investisseur, personne physique ou morale, nationale ou étrangère, intéressée par le marché algérien, de s'installer ou d’investir en Algérie.


Mais subsiste toujours une situation de fait qui, en réalité, impose à tout investisseur national ou étranger de passer par un « filtre » et ainsi « quémander » toujours un « ….dernier ……agrément » ….


Outre que l’investisseur se doit d’opter pour la création d’une entreprise sous l'une des formes prévues par la loi algérienne (code de commerce Algérien).


Soit en son nom propre, en créant une entité juridique de droit commun algérien constituée à hauteur de 100% de capitaux non-résidents, ou en s'associant à un ou plusieurs résidents (personne physique ou morale), ou même en prenant une ou plusieurs participations dans le capital d'une entreprise déjà existante.


Le choix de la structure juridique reste très large et comparable au droit français.


On trouve dans le Code de Commerce algérien toute la panoplie habituelle et connue du droit français :


La société à responsabilité limitée (SARL), la société unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL), la société en nom collectif (SNC), les sociétés en commandite simple, les sociétés en commandite par actions ou les sociétés de participation, ainsi que la société par actions (SPA).


Il faut préciser que malgré la réforme qui a eut lieu en 1993, la société anonyme n’a pas été introduite dans le droit algérien.


Il faut aussi rappeler que la loi portant organisation du notariat ainsi que le code de commerce, imposent la forme authentique des statuts.


Ce qui étonne et choque beaucoup d’étrangers.


En outre, il faut rajouter que le recours au notaire est aussi obligatoire pour toute transaction foncière et immobilière, mais aussi pour les nombreuses démarches quotidiennes de l’entrepreneur et du simple citoyen.


Il faut rajouter que depuis 2005, la loi impose aux sociétés qui pratiquent des activités d’importations de matières premières, produits et marchandises destinés à la revente et en l’état, un capital de 20 millions de dinars ( 300.000 €) qui doit être entièrement libéré.


Ce qui correspond en Algérie à une véritable fortune : le SMIC étant égal à 10.000 DA (100 €).


S’agissant des règles applicables en matière de règlement judiciaire ou faillite, si le code de commerce algérien reprend de très larges dispositions du droit français, et si le concordat existe , une loi similaire à celle adoptée en France sur la sauvegarde des entreprises reste à inventer, faute d’audace du législateur.


Même s’il reste à définir un statut précis et clair des liquidateurs et administrateurs provisoires des entreprises en difficulté afin éviter des dérives spectaculaires et dangereuses que même le système français n’a pu éviter.


Et définir et clarifier le rôle et la responsabilité des commissaires aux comptes


En dernier lieu, il faut rappeler que le droit algérien connaît l'hypothèque, le gage, le droit d'affectation, le nantissement …..Mais les situations d’espèces démontrent souvent l’inefficacité du système du fait de multiples problèmes (enregistrement, publicité, obsolescence du cadastre….), et il est nécessaire de préciser et de développer le domaine des sûretés qui demeurent un atout primordial pour la sécurité des transactions commerciales.


Il ne faut pas oublier un dernier point : celui de l’arbitrage.


Les grandes entreprises étrangères tentent toujours d’échapper à l’application de la loi nationale et au recours aux tribunaux algériens en insérant différentes clauses d’arbitrage, dans leurs différents contrats conclus avec leurs partenaires algériens.


Même si l’arbitrage en Algérie en matière de commerce international fait l’objet d’un cadre juridique reconnu (l’Algérie a adhéré à la Convention de New York pour la reconnaissance et l’exécution des sentences arbitrales étrangères), le problème reste posée quant à la mise en place d’un mode efficace de règlement des conflits commerciaux par voie d’arbitrage.


Mais faut-il, comme beaucoup le préconisent, encourager l’appel systématique à l’arbitrage, tel que préconisé par le système d’arbitrage mis en place par les opérateurs économiques au sein de la Chambre algérienne du Commerce et de l’Industrie (CACI) ?


Faut-il adopter les mêmes règles dans le cadre d’un arbitrage entre entreprises algériennes entre elles que dans le cadre d’un litige qui opposerait les sociétés algériennes avec des sociétés étrangères ?


Ce serait oublier les multiples problèmes juridiques qui jalonnent la vie d’une société, ou d’un groupe, et qui l’opposeront un jour ou l’autre, à un tiers, sujet de droit algérien, qui imposera le règlement de son litige devant les juridictions algériennes (problème d’exécution, de contrefaçon, de concurrence déloyale ou parasitisme, de recouvrement de créances…….).


Ce qu’il faut encourager, c’est moins le choix du système d’arbitrage que celui du développement d’un climat favorable et d’outils permettant de privilégier les autres moyens alternatifs (médiation, conciliation).


Sans oublier que l’arbitrage a un coût extrêmement élevé.


Outre le coût lié aux prestations qui entourent la mise en place d’une telle procédure que souvent les dirigeants de grands groupes algériens commencent à découvrir.


Il fait encourager l’insertion dans les contrats des modes de conciliation préalable à toute procédure d’arbitrage.


Très souvent les dirigeants des sociétés, tant nationales qu’étrangères découvrent que les clauses insérées dans leurs contrats sont insuffisantes pour régler un litige (Et souvent, faute d’avoir consulté des avocats spécialisés).


Et parfois même que les clauses compromissoires optaient pour une langue étrangère comme langue de l’arbitrage, et un pays tiers comme siège du tribunal arbitral.


Ce qui ne fait qu’aggraver le coût de la procédure d’arbitrage.


Et très souvent, ces mêmes dirigeants algériens font appel à des cabinets de conseils étrangers (GENEVE) qui n’ont qu’une vague idée du droit algérien, pourtant applicable au litige.


Il est stupéfiant et déroutant de voir comment les dirigeants de certains grands groupes algériens abordent le problème de l’arbitrage.


Si certes les avantages de l’arbitrage sont multiples (rapidité, confidentialité et l’impartialité), il est hasardeux de croire que l’Algérie dispose d’atouts permettant aux entreprises algériennes d’affronter sur « ce terrain de jeu préféré » des grands groupes étrangers et puisse emporter des batailles.


L’expérience et l’expertise nécessaire manquant presque à tous.


L’Algérie doit se trouver d’autres acteurs à la tête du monde des affaires si nécessaire au développement de son économie.


A défaut, elle restera toujours peu crédible tant aux yeux de ces citoyens qu’aux yeux du monde des affaires internationales.


Si l’Algérie veut devenir un acteur dans le système du commerce mondial, si elle doit s’ancrer à l’ensemble économique européen et asseoir son adhésion à l’Organisation Mondiale du Commerce, elle doit préalablement donner un coup d’accélérateur aux réformes mises en chantier.


Particulièrement la réforme de l’Etat et la mise en place d’un véritable système démocratique et un Etat de droit garantissant la stabilité des règles de droit, la célérité et transparence d’une justice encore mal adaptée au nouvel environnement économique.


Et plus que le climat d’insécurité régnant en Algérie depuis 1992, c’est l’inadéquation du droit national algérien avec les normes utilisées dans les transactions économiques au niveau international en vue de développer un droit des affaires qui incite le monde des affaires à investir en Algérie.


Outre l’absence d’institutions nationales adaptées, un secteur privé encore à la recherche de son autonomie une véritable représentation nationale, et une justice commerciale toujours balbutiante, qui demeurent un frein à la réussite de ces réformes.


Et il n’est pas juste de dire que l’essor du développement de l’investissement en Algérie est lié aux seules contraintes imposées par le système judiciaire et le cadre juridique.


L’Algérie doit non seulement veiller à l’instauration d’un système stable, transparent et crédible susceptible de créer un climat de confiance pour les investisseurs, notamment étrangers, qui voudront mettre en œuvre des partenariats en Algérie, mais aussi encourager les entreprises Algériennes à être plus performantes dans le choix de leurs stratégies, en développant efficacement leurs ressources humaines.


Et alors que de très grandes entreprises françaises se sont déjà engagées en Algérie et continuent leur stratégie de développement (DANONE- CARREFOUR-AVENTIS …..), et que de nombreux secteurs font l’objet d’investissements considérables (Banque et assurance.ECP-EMP africa usa) (verre céramique et minéraux. SAINT GOBAIN France - Wika. Indonésie - Orascom EGYPTE - CHINA GEO) ( BTP, immobilier. KEPPEL singapour) (travaux publics, construction eau et environnement.MUBADALA), (développement. BIELORISSUE), (pharmacie), (équipements électriques et électroniques ISOFON Espagne) ;


Sans parler des grands groupes asiatiques (SAMSUNG- HUNDAY…) qui ont profité des années de terrorisme pour se « faufiler » dans le marché algérien et prendre une place très importante avec l’aide de groupes algériens (certains créés pour la circonstance, et qui aujourd’hui se sont lancés dans d’interminables procès judiciaires pour revendiquer l’exclusivité de leur partenariat ou la violation des règles de concurrence, sous l’œil brillant et gourmand de leurs partenaires étrangers qui n’en finissent pas de développer leur chiffre d’affaires faramineux sur le territoire Algérien).


Ainsi du groupe SAMSUNG qui a réalisé « un chiffre d’affaires de 60 millions de dollars en 2004, 87 millions de dollars en 2005, et annoncé un chiffre d’affaires de 100 millions de dollars en 2006, et 250 millions de dollars en 2007 ».


Et sur ce point, il faut effectivement veiller à ce que ne se développent pas sur le sol algérien des pratiques anti-concurrentielles qui pourraient tout simplement se traduire en situation monopolistique et particulièrement dramatique non seulement pour l’économie locale mais surtout pour une population dont le niveau de vie ne cesse de se détériorer.


Il ne faut jamais perdre de vue que seul un Etat fort doté d’un véritable système démocratique permet la mise en place d’une économie libérale qui ne laissera pas « sur le carreau » des millions d’algériens qui pourraient être tentés, dans leur désespoir, par d’autres voies pour « forcer » une accélération du changement du système politique et économique qui pourraient leur donner enfin accès à leurs droits les plus élémentaires (droits civils et politiques, droits économiques et sociaux, et droits de solidarité).


Et si le développement du « monde des affaires » est certes nécessaire dans une économie de marché, ne faut-il pas pour autant favoriser l’action de certains grands acteurs économiques privés (nationaux et internationaux) ?


Et qui peut venir contrecarrer l’action de l’Etat au service du développement de l’économie d’un Etat encore fragile ?


C’est certainement le dilemme qu’affrontent les grands dirigeants des grands pays émergents ou en voie de développement.


Et il est nécessaire de développer non seulement des règles visant à l’expansion du droit des affaires, mais aussi des règles visant à consacrer les normes en matière de concurrence, et de lutte contre la corruption et le blanchiment !


Et même rajouter de nouvelles règles aux dispositions régissant le droit de l’environnement et visant à interdire l’importation d’activités économiques polluantes (devenues interdites en Europe et dans certaines parties du monde).


Alors y a-t-il un avenir pour un droit des affaires en Algérie qui soit compatible avec une économie de marché ?


Ou simplement un ensemble de textes juridiques éparses et codifiés au fur et à mesure, sur demande des partenaires ou de situations particulières ?


Et y a-t-il une volonté politique réelle de mise en oeuvre des réformes annoncées afin de favoriser le développement des investissements ?


La célèbre maxime « laisser faire, laisser passer » prend une toute autre signification en Algérie.


Mais pendant que le premier ministre de la France, monsieur FILLON, assène (septembre 2007) qu’il faut réformer, réformer et encore réformer l’Etat français.


L’Algérie s’affiche à la 99ème place sur 179 pays classés par Transparency international et obtient une note médiocre signifiant « l’existence d’un haut niveau de corruption au sein des institutions de l’Etat ».


Et en même temps annonce la construction de la plus grande mosquée à ALGER entièrement financée par l’Etat et dont le prix annoncé est fixé à 6 MILLIARDS DE DOLLARS.


Alors que selon certaines statistiques près de 13 millions de personnes vivraient au dessous du seuil de pauvreté !


Quant on sait qu’un peu plus de 70% des recettes budgétaires de l’Etat proviennent exclusivement de la manne pétrolière.


Et que les réservent de change atteignent le chiffre de 90 MILLIARDS DE DOLLARS.


La France vient même d’appeler par l’intermédiaire de son nouveau président de la République, monsieur Nicolas SARKOZY, à la mise en place d’un nouveau « new deal », un nouvel ordre mondial afin de mieux répartir les profits des matières premières, de la technologie et de moraliser le capitalisme financier.


Ah, qu’il est loin le temps où le jeune, fringuant et dynamique ministre des affaires étrangères, Monsieur Abdelaziz BOUTEFLIKA, accompagnait le feu Président Algérien Houari BOUMEDIENNE, en tant que représentant du Tiers Monde, en 1974, et lors d’une réunion spéciale de l’Assemblée générale des NATIONS UNIES sur les matières premières, pour exposer une nouvelle doctrine économique en vue de l’établissement d’un nouvel ordre économique international plus juste !


Monsieur BOUTEFLIKA, actuel Président de la République algérienne, a dû certainement avoir un flash back douloureux ……..


Seule une véritable réforme permettra à l’Algérie de ne pas rater ce énième ROUND des négociations internationales portant sur le commerce international.


Mais demeure toujours posé le problème de l’accompagnement de toutes ces réformes.


Dont celle des réformes visant le secteur bancaire qui reste très fragile et extrêmement incertain.


Les maigres réformes mises en chantier et l’absence d’accompagnement de ces réformes ne plaident pas en faveur d’un changement.


La rapidité avec laquelle l’Algérie tient à rembourser sa dette à travers une série d'accords de remboursement anticipé (La dette extérieure de l'Algérie est rapidement passé de 15,5 milliards à 4,7 milliards de dollars, contre 15,5 milliards en début d'année : Entre 1985 et 2005, l'Algérie avait remboursé un total de 117,9 milliards de dollars de dette, dont près de 84 milliards en principal et 34 milliards en intérêts), afin d’échapper à la tutelle de ces principaux bailleurs de fonds, ne peut que laisser penser que le système peut se refermer sur lui-même à tout instant.



Mohamed CHEHAT

Docteur en Droit

Avocat a la cour




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