la crise alimentaire et les émeutes de la faim en février et mars 2008 ont déclenché une grosse polémique au sein des grandes institutions internationales spécialisées.
mais parler simplement de crise alimentaire, c'est ignorer la totalité des problèmes sous jacentes au problème de l'aide au développement et de l'autosuffisance.
La crise alimentaire actuelle ne fait que surexposer les problèmes de nombreux pays dont la majorité sont des pays africains.
Et fait ressurgir toute la problématique de l'aide au développement que veut bien accorder le monde développé au monde sous développé ou en développement.
Voire toute l'approche philosophique occidentale du développement.
CRISE ALIMENTAIRE – SYSTEME INTERNATIONAL – DEVELOPPEMENT ET MONDIALISATION
«Notre progrès ne saurait se mesurer à l’enrichissement de ceux qui vivent dans l’abondance, mais plutôt à notre capacité de pourvoir aux besoins de ceux qui ont trop peu ». Président Franklin D. Roosevelt, (1937)
Depuis février 2008, les prix des denrées alimentaires (blé, riz, farine, sorgho, millet...) flambent et plusieurs pays (dont beaucoup d'Afrique) vivent une crise sans précédent :
Côte d'Ivoire: les prix du riz en mars 2008 ont plus que doublé par rapport à leurs niveaux un an plus tôt.
Sénégal: les prix du blé en février 2008 ont été multipliés par deux par rapport à ceux constatés un an auparavant pendant que le sorgho augmentait de 56 %.
Nigeria: sur le marché sous-régional important de Dawanau, les prix du sorgho et du millet ont doublé sur les cinq derniers mois.
Somalie: l'an dernier dans le nord du pays, le prix de la farine de blé a presque triplé.
Soudan: à Khartoum, la capitale, les prix du blé en février de cette année étaient 90 % plus élevés qu'un an plus tôt.
Ouganda: les prix du maïs en mars 2008 ont grimpé de 65 % par rapport à leurs niveaux de septembre.
Éthiopie: à Addis-Abeba, les prix du maïs en mars 2008 ont doublé en 12 mois et ceux du blé ont bondi de 42 %.
Mozambique: dans la capitale Maputo, les prix du maïs en mars étaient 43 % plus élevés qu'il y a un an.
Philippines: les prix du riz ont augmenté de 50 % ces deux derniers mois.
Sri Lanka: les prix du riz en mars 2008 ont été multipliés par deux en 12 mois pendant qu'au Bangladesh ils augmentaient de 66 % sur la même période.
Tadjikistan: les prix du pain en février étaient deux fois plus élevés que ceux observés en février 2007, pendant qu'en Arménie, le prix de la farine de blé a augmenté d'un tiers sur la même période.
Haïti: les prix des denrées alimentaires sont de 50 à 100 % plus élevés qu'ils ne l'étaient un an auparavant.
Même les pays producteurs de pétrole souffrent de cette crise.
et alors que en 2000, le prix du baril de pétrole était à 29 dollars, en 2008, il atteint 129 dollars !
Selon les statistiques du ministère du Commerce en Algérie, les prix des produits de grande consommation ont augmenté dans la période allant de 2005 à 2007. Ces produits ont enregistré une hausse oscillant entre 5 et 50%. Quelques produits à l’instar de la pomme de terre ont augmenté de plus de 100%.
A alger déjà en février 2008, le prix du litre d’huile de table, du prix du litre de lait, du prix du pain …avait donné des signes qui ont affolé les populations...
Les peuples des pays producteurs de pétrole applaudissent quand le prix du baril flambe.
Mais c'est oublier que la hausse du prix du baril engendre mécaniquement la hausse des autres produits, dont ceux alimantaires...
Vous avez dit CRISE ?
OUI ! il y a crise alimentaire quand les populations pauvres ne peuvent plus acheter des aliments devenus trop chers, ou lorsque leurs propres récoltes baisseront.
La population mondiale, aujourd'hui à plus de six milliards d'individus, va croissant et devrait dépasser les 9 milliards en 2050.
En outre, les pays à très forte population -Chine, Inde- voient leurs habitudes alimentaires s'occidentaliser au fur et à mesure de l'accroissement de leur revenu. Ces populations abandonnent progressivement leur régime alimentaire traditionnel, majoritairement à base de protéines végétales, pour rejoindre le modèle occidental basé sur une très forte consommation de protéines animales.
Pourtant, la production alimentaire permettrait de nourrir correctement tout le monde si elle était bien distribuée.
Certes, les habitants des pays riches mangent trop et ceux des pays pauvres pas assez.
Mais des quantités énormes de céréales servent également à nourrir les vaches - et les voitures.
A mesure que les gens s’enrichissent, ils consomment plus de viande, et les animaux d’abattoir sont souvent nourris au grain.
Ainsi, il faut 14 kilos de céréales pour produire 2 kilos de boeuf, et 8 kilos de céréales pour 2 kilos de porc. Plus d’un tiers de la récolte mondiale sert ainsi à engraisser les animaux.
mais poser le problème en cette simple équation serait simple et à courte vue.
Car que faire quand la CHINE, avec son 1,6 milliards de personnes atteindra un seuil de développement qui « l’obligera » à une changement de régime alimentaire.
Quand la Chine et l’inde réunis adopteront …..………simplement le mode de vie occidental ?
Quand l’occident pousse la CHINE à signer l’accord de KYOTO et diminuer sensiblement certaines de ses activités industrielles particulièrement polluantes (dont celles qui font encore appel au charbon), les responsables chinois acquiescent simplement et avec ironie et raison qu’ils le feront le jour ou la chine atteindra un seuil de développement « convenable » pour ses propres citoyens !!!
Face aux émeutes de la faim de Février 2008, la FAO, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) déclarait que :
37 pays sont menacés de crise alimentaire.
Les stocks de céréales n’assuraient plus que cinquante-sept jours de nourriture à la population mondiale en mars 2008 !
Les récoltes de cette année 2008 seront insuffisantes pour nourrir tous les habitants de la Terre, pour la sixième fois depuis sept ans.
LA FAO précisant :
« que la hausse des prix pourrait se révéler non pas passagère mais structurelle et risquait de plonger dans l’insécurité alimentaire des millions de personnes à un moment où il y a moins de nourriture à distribuer et où les coûts des transports augmentent en flèche ».
CEPENDANT que le Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale qui se sont réunis en mars 2008 ont simplement considéré que la crise trouvait sa cause simplement dans la montée brutale des prix des produits agricoles et énergétiques !
Ce qui n’est qu’à moitié vrai. Car les causes sont multiples.
Mais à qui la faute ?
N’est ce pas à des choix décidés au sein de ces mêmes institutions internationales ?
Oui, c’est vrai, les derniers efforts de ces dernières années pour éradiquer la faim dans le monde (particulièrement suite aux conditions climatiques de ces deux dernières années) sont remis en cause.
Mais cette situation était largement prévisible.
Mais en réalité, ces mêmes institutions et leurs experts n’excellent que dans un rôle : celui de pompiers !
Et pourtant depuis le début des années 80, et l’avènement des modèles de globalisation mondiale, et la consécration d’analyses prospectives qui permettent de se projeter dans l’avenir et détecter les grands problèmes que doit affronter la communauté internationale et l’humanité, nombre de défis majeurs ont été répertories.
L’échec des institutions internationales et des gouvernements est malheureusement patent.
Que dire de la mondialisation ?
Elle est devenue nécessaire et incontournable. Et peut effectivement devenir un instrument permettant enfin la percée de certains pays en développement.
Mais la réalité est là ! Et même parmi les pays plus fréquemment cités à titre d’exemples de « réussite » de la mondialisation, ont de plus en plus de difficultés à tirer parti de la prospérité croissante pour favoriser le développement de leurs populations.
Et non seulement la paupérisation de peuples entiers, pour ne pas dire de continents va continuer mais la paix et la sécurité dans le monde n’est plus garanti.
La mondialisation a ses limites et ses effets inverses.
La chine est un excellent exemple.
Mais dire que la chine en investissant en masse sur le continent africain va entraîner le développement des peuples africains c’est passer sous silence que la chine ne veut que prendre le pétrole, le fer, le charbon, le bois africain (les déforestations désastreuses qu’entraîne ce pillage sont d’ores et déjà irréversibles)
D’autant que l’on sait que la chine n’exporte aucun savoir faire, et que de surcroît elle exporte sa propre main d’œuvre.
Les défaillances du système des nations unies sont désormais connues et il est temps de changer de cap.
On sait déjà que les objectifs du millénaire concernant le développement ne seront pas atteints.
Et la crise actuelle alimentaire n’est qu’un signal fort.
Les responsables et experts de la banque mondiale estimant purement et simplement :
« Que le doublement des prix alimentaires au cours des trois dernières années pourrait pousser plus profondément dans la misère 100 millions d'individus vivant dans les pays pauvres", a expliqué le président de l'institution Robert Zoellick.
Mais est ce une surprise ?
La Banque Mondiale, forte de ces statistiques, avait depuis longtemps conscience qu’une crise alimentaire se profilait.
la hausse des prix est du en partie à la hausse du prix du pétrole, la pénurie des denrées alimentaires, mais aussi les marchés financiers qui ont accélérer cette crise.
Selon la ministre française de l'Economie Christine Lagarde :
"Traitons la crise financière et on fera disparaître une partie de la pression qui s'exerce" sur les prix alimentaires, a-t-elle estimé.
Quelle idée simple.
Mais digne de certains penseurs du 19ème siècle à l’heure béni des anciennes colonies.
Il y a certes la montée des prix du pétrole, la dépendance historique de continents entiers tel que l’Afrique, grand importateur de denrées alimentaires, les faillites de systèmes de développement mis en place dans les années 70, la croissance démographique non contrôlé, la spéculation financière sur les produits agricoles…
Parler simplement de crise alimentaire, c’est ignorer la totalité des problèmes sous jacentes au problème de l’aide au développement et de l’autosuffisance.
La crise alimentaire actuelle ne fait que surexposer les problèmes de nombreux pays dont la majorité sont des pays africains.
Et fait ressurgir toute la problématique de l’aide au développement que veut bien accorder le monde développé au monde sous développé ou en développement.
Voire toute l’approche philosophique occidentale du développement.
« Jamais l’occident n’accepterait de faire ce que l’INDE accepte de nous donner ».
Ainsi déclarait le président de la république du SENEGAL un matin de mars 2008 pour annoncer l’accord de partenariat intervenu avec l’INDE pour l’aider à atteindre son autosuffisance alimentaire en riz en 2012.
Et d’ici là, l’INDE s’engage à exporter vers le SENEGAL la totalité des besoins du SENEGAL en riz.
Selon le rapport sur le développement humain 2005 – 2010 :
La mortalité infantile continuera et les efforts mis en place pour la réduire sont inopérants. (Plus de 41 millions d’enfants mourront avant leur cinquième anniversaire d’ici 2015)
La pauvreté est loin d’être « éradiqué (380 millions de personnes de plus dans les pays en développement vivront avec moins d’un dollar par jour d’ici à 2015).
L’éducation pour tous reste un mirage pour beaucoup d’enfants des peuples du sud (47 millions d’enfants dans les pays en développement seront pas scolarisés en 2015).
IL FAUT DONNER LES MOYENS A LA MOITIE DE LA POPULATION MONDIALE D’ASSURER SA PROPRE SECURITE ALIMENTAIRE ;
MAIS Il FAUT AUSSI CREER LES CONDITIONS JURIDIQUES, ECONOMIQUES, POLITIQUES POUR QUE CES PAYS EXERCENT ENFIN LEUR DROIT AU DEVELOPPEMENT, TANT AU NIVEAU NATIONAL QU’INTERNATIONAL.
Sinon gare !
………Quand les damnés de la terre se réveilleront ……
Maître Mohamed CHEHAT
Docteur en Droit
Avocat

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