avocate (859)
Pour changer de prénom, il est nécessaire de démontrer un intérêt légitime et que cette demande n'est pas une demande de "confort".
La Cour d'appel de ROUEN a refusé la demande de changement de prénom de Marie en Maney.
Pourtant, la demanderesse avait fourni un certain nombre d'attestations démontrant l'usage de ce prénom tant dans son cercle amical que professionnel.
En effet, la Cour d'appel a considéré que la requérante ne démontrait pas d'intérêt légitime et que Maney était un surnom qu'elle pouvait continuer à porter dans son cercle de proches.
Pour des articles sur le changement de prénom voir ICI et LA.
CA Rouen, 20 mars 2013, no RG : 12/03003
Source Lamy.
Contact: cabinet@michelebaueravocate.com 33 Cours Pasteur- 33 000 BORDEAUX tél 05 47 74 51 50
De nombreux arrêts des juridictions du fond avait considéré qu'une rupture conventionnelle devait être annulée ou requalifiée en licenciement dépourvu de cause réelle et sérieuse lorsqu'il existait un litige entre l'employeur et le salarié.
C'était une solution plutôt logique, la rupture conventionnelle devant être conclue dans un "climat apaisé"- voir les dangers de la rupture conventionnelle ICI.
Dans un arrêt attendu, la Cour de cassation vient de statuer: l'existence d'un litige entre les parties n'affecte pas la validité de la rupture conventionnelle cependant la rupture conventionnelle ne peut pas être imposée par l'une ou l'autre partie.
En l'espèce, l'employeur avait menacé le salarié et lui a mis "la pression" afin qu'il signe une rupture conventionnelle.
A noter que cet arrêt a tranché un litige opposant un avocat salarié à un cabinet d'avocats.
Cette solution est bien entendu décevante... en effet, pour le salarié il sera plus difficile de démontrer un vice du consentement que l'existence d'un conflit ou d'un litige avec son employeur.
Cass. soc. 23 mai 2013 n° 12-13.865 (n° 934 FS-PBR), Sté Oratio avocats c/ C.
Contact: cabinet@michelebaueravocate.com 33 Cours Pasteur- 33 000 BORDEAUX tél 05 47 74 51 50
Discrimination liée à l'orientation sexuelle d'un salarié reconnue par la Cour de cassation.
Un salarié, homosexuel, n'accède pas à un poste de sous-directeur d'agence bancaire, c'est le seul de sa promotion.
Pourtant, il fait parti des plus diplomé de l'entreprise et a postulé à plusieurs reprises à ce poste.
Tous ces faits laissant présumer une discrimination et l'employeur ayant apporté des justifications peu pertinentes, la Cour de cassation a reconnu la discrimination à l'égard de ce salarié et en raison de son orientation sexuelle.
L'entreprise est tenue de lui verser des dommages et intérêts d'un montant de 615 000 euros.
Dans cette affaire, les juges ont relevé que le salarié avait postulé en vain à 14 reprises à un poste de sous-directeur ou à un poste de niveau équivalent et qu'il était le seul cadre dirigeant de sa promotion à ne pas y avoir accédé après avoir réussi le concours interne, bien qu'il ait été parmi les candidats les plus diplômés.
En outre, plusieurs salariés avaient fait état d'une ambiance homophobe au sein de l'entreprise. En effet, selon ces témoignages, la direction générale était très conservatrice et conformiste et ne pouvait admettre qu'un cadre de direction soit connu pour son homosexualité en raison de ses responsabilités. La crainte alors exprimée était que cela nuise à son autorité de manager et à l'image de l'entreprise.
Cass. soc. 24 avril 2013 n° 11-15.204 (n° 818 FS-PB), Caisse régionale de crédit agricole mutuel de Paris Ile-de-France c/ Donot-Bughin
Source Editions Lefebvre-Navis
Contact: cabinet@michelebaueravocate.com 33 Cours Pasteur- 33 000 BORDEAUX tél 05 47 74 51 50
En surfant sur internet, je suis tombée sur un site étonnant, site pour divorcer mais uniquement réservé aux gays... (ICI)
Ce site a pour slogan: choisissez un avocat qui vous comprenne. Services garantis Gay Friendly.
Les avocats qui participent à ce site seraient rigoureusement sélectionnés pour leur désir et leur capacité à accueillir les gays et les lesbiennes, sans préjugés...
C'est donc comme disent les jeunes "du lourd".
Les créateurs de ce site pensent avoir flairé un nouveau marché.
Pour l'instant aucun avocat en ligne sur Bordeaux mais beaucoup sur Paris.
Juste une mise au point:
- les avocats pour la majorité ne reçoivent pas leurs clients en ayant des préjugés, ils les mettent de côté s'ils en ont ( en effet, nous sommes avocats et non juges, si les avocats se laissaient aller à écouter leurs préjugés, je pense que très peu d'accusés seraient défendus à la Cour d'assises...)
- la loi sur le divorce est la même pour tous: gays, hétéros, lesbiennes. Aussi, l'avocat n'a pas besoin d'être gay friendly pour exercer son métier, peut-être que bientôt un webmaster mettra en ligne un site des juridictions "gay friendly"
- et pour finir, classer les avocats comme les justiciables en catégories, selon leur attirance sexuelle ou leur sympathie ou non pour les gays est pour moi détestable ! Il n'existe aucun site "hétéro friendly"
Si vous êtes gay ou lesbienne, vous serez bien accueilli dans tous les cabinets d'avocats, croyez-moi.
Contact: cabinet@michelebaueravocate.com 33 Cours Pasteur- 33 000 BORDEAUX tél 05 47 74 51 50
C'est ce que rappelle la Cour d'appel de Paris dans un arrêt du 24 avril 2013.
En effet, très souvent nos clients en matière de divorce sollicitent des conseils: comment puis-je prouver l'adultère de mon mari, de mon épouse ? Est-ce qu'il est possible que je l'enregistre lorsqu'elle avoue son adultère, est-ce que je peux l'espionner et la faire enregistrer par des amis ?
La réponse est NON, vous ne pouvez pas enregistrer votre époux ou votre épouse sans qu'elle ou il le sache, ce moyen de preuve n'est pas loyal, vous pouvez en revanche utiliser des textos ou des messages sur répondeur... (voir iCI mon billet sur la preuve).
La Cour d'appel a confirmé la nécessité de produire des preuves loyales au soutien de ses demandes: en l'espèce, l'épouse avait fait transcrire par un huissier de justice des conversations de son époux avec de tierces personnes: cette preuve a été considéré comme déloyale.
Cependant, la Cour a admis que l'épouse produise un rapport de détective.
CA Paris, Pôle 3, 2ème ch., 24 avril 2013, n° 12/20200
Contact: cabinet@michelebaueravocate.com 33 Cours Pasteur- 33 000 BORDEAUX tél 05 47 74 51 50
Depuis 2010, l'avocat peut recevoir un mandat de rechercher pour le compte d´un client un acquéreur ou un vendeur et de négocier la conclusion de l'acte juridique objet du mandat.
Il peut se livrer ou prêter son concours aux opérations portant sur les biens d´autrui relatives notamment à:
- l'achat et la vente d´immeubles, la conclusion de contrats de location d´immeubles
Cette activité de votre avocat est une activité accessoire à sa mission principale: assistance de son client dans le cadre d´un litige, analyse de la situation en vue de lui apporter des conseils et enfin rédaction d´acte.
Pourquoi avoir recours à votre avocat dans le cadre d´une transaction immobilière ?
- car votre avocat est un professionnel de confiance
- car votre avocat est juriste, il réalisera un véritable audit sur votre bien et sur l'éventuel acquéreur de ce dernier. Il effectuera toutes les recherches nécessaires et indispensables avant la vente ou l'achat. Le bien est-il grevé d´une hypothèque ? L'acquéreur présente-il les garanties de solvabilité ? La copropriété est-elle bien gérée, un audit sur les dernières décisions d´assemblées pourra être réalisé....Des servitudes grévent-elles le bien?
- car votre avocat est un professionnel du droit qui se tient régulièrement informé des évolutions législatives et jurisprudentielles, il sera réactif et vous conseillera au mieux au regard de ces évolutions et de vos intérêts
- car votre avocat est rédacteur d´acte: il rédigera le compromis de vente en veillant à mettre en place un compromis sur mesure et en veillant à la rédaction des clauses sensibles
Les avocats mandataires en transactions immobilières se sont organisés et regroupés en association: l'association des Avocats Mandataires en Transactions immobilières (AAMTI)
Sur le site de l'AAMTI vous trouverez des annonces de biens publiées par mes Confrères ainsi que des explications complémentaires sur cette nouvelle activité.
Je suis membre de cette association avec mon associée Sophie Gaucherot.
Contact: cabinet@michelebaueravocate.com 33 Cours Pasteur- 33 000 BORDEAUX tél 05 47 74 51 50
Je viens de découvrir un site grâce à une cliente: saisirprudhommes.com
Ma cliente est venue me consulter pour un référé qui devait avoir lieu aujourd'hui, elle m'a indiqué qu'elle avait saisit le conseil de prud'hommes de Bordeaux en ligne.
J'étais très étonnée car je n'ai pas été informée par mes instances que La saisine en ligne existait.
Ma cliente a ajouté qu'elle souhaitait qu'en référé son employeur lui rembourse ses frais de saisine d'un montant de 150 euros !
Là aussi, je suis surprise car pour saisir une juridiction, le justiciable doit s'acquitter simplement d'un timbre de 35 euros.
Mme M, ma cliente me communique alors la facture de ce site et ce dernier a en effet facturé la mise en oeuvre du formulaire de saisine et sa communication au Conseil de Prud'hommes.
Les demandes formulées par Madame M sont erronées, demande en référé d'une résiliation du contrat de travail aux torts de l'employeur avec des dommages et intérêts, demandes impossibles en référé puisqu'elles souffrent d'une contestation sérieuse.
Ce site l'aurait conseillé sur ses demandes et aurait clairement délivré une consultation juridique.
J'ai fait quelques recherches et j'ai pu noter que ce site est dirigé par un jeune homme diplômé d'HEC et qu'aucun juriste ne travaillerait au sein de cette structure ou si des élèves du barreau ( voir article du Figaro: ICI).
En tout état de cause, ce site est douteux et dangereux. Ma cliente bénéficie de l'aide juridictionnelle, elle a déboursé 150 euros pour rien et n'est pas sûr de les récupérer (même si le site lui a assuré que OUI).
Elle voulait que son affaire soit rapidemment réglée et finalement j'ai dû solliciter un report pour revoir ses demandes et pour les communiquer à l'employeur. De même, je suis obligée de saisir aussi le conseil de prud'hommes au fond.
La perte de temps pour ma cliente, pour moi, pour les juridictions est indéniable.
Et pire, on peut s'interroger sur l'exercice illégal de la profession d'avocat...
Je le répète, ce genre d'officines ne présentent aucune garantie pour le justiciable: pas de secret professionnel, pas de règles déontologiques, pas d'assurance...
J'ai alerté Monsieur le Bâtonnier du Barreau de Bordeaux et le CNB sur ce site douteux.
Dernièrement, une de ces officines a été condamnée par le TGI de BOBIGNY ( j'y reviendrai dans un autre billet)
Contact: cabinet@michelebaueravocate.com 33 Cours Pasteur- 33 000 BORDEAUX tél 05 47 74 51 50
Souvent la rupture est difficile, une rupture étant dans la majorité des cas rarement d'un commun accord... Inévitablement, l'un a décidé la rupture et l'autre la subit.
Certains époux ou épouse vont subir et accepter un divorce, d'autres vont subir et agir, harceler téléphoniquement l'autre époux ou épouse, le suivre, ne pas accepter cette rupture.
La question est de savoir si ce harcèlement peut être considéré comme une faute... ?
Dans quelle mesure le harcèlement peut être une faute ? Des appels téléphoniques fréquents, désespérés parfois peuvent être considérés comme normaux au début de la rupture... mais passé "l'état de choc", recevoir des appels incessants de son époux ou de son épouse sur son portable, au travail, chez des amis... qui fatiguent, énervent, n'est-ce pas une faute ?
La Cour d'appel de Lyon a statué sur cette question.
Dans l'affaire qui lui était présentée, l'épouse était harcelée téléphoniquement par son époux et ceci régulièrement. Elle démontrait ce harcèlement par de nombreuses attestations et elle démontrait aussi que ce harcèlement avait des incidences sur son humeur et son état de santé, la rendant triste, abattue, voire désespérée.
Pour la Cour d'appel de Lyon, ces agissements du conjoint constituaient une violation renouvelée des devoirs et obligations du mariage et rendaient intolérable le maintien de la vie commune.
CA LYON, 12 mars 2013 n° 12/02690
Contact: cabinet@michelebaueravocate.com 33 Cours Pasteur- 33 000 BORDEAUX tél 05 47 74 51 50
Matthieu Aron publie un livre sur les plaidoiries des avocats, les grandes plaidoiries: Les grandes plaidoiries des ténors du barreau, quand les mots peuvent tout changer, tome 1.
Le point a interrogé certains "ténors" sur leurs plaidoirie et publie des extraits du livre ICI.
"On devine l'émotion d'Henri Leclerc (1) lorsqu'il se lève pour rendre à Véronique Courjault "sa dimension humaine", devant la cour d'assises de l'Indre-et-Loire le 18 juin 2009. "Depuis 18 mois, je vis avec l'image de ces bébés, comme vous d'ailleurs depuis le début de ce procès. Parce que ces bébés, ce sont les vôtres, Véronique, mais ce sont les nôtres aussi ! (...) Je pense à ses bébés naissants, leurs petits poings serrés, leurs yeux encore fermés, mais dont on sait que peu de temps après ils seront entrouverts par un trait de lumière. Les bébés à la peau si fripée. Comment est-ce possible ? (...) Cette femme a souffert comme aucune femme n'a souffert. Elle souffre encore à chaque instant. Cette souffrance, celle que nous voyons sur son visage, tout cela, je le dépose devant vous." Véronique Courjault écope de huit années de prison."
C'est certainement encore en matière pénale que les mots peuvent encore tout changer, beaucoup de dossiers ne se plaident plus...
Contact: cabinet@michelebaueravocate.com 33 Cours Pasteur- 33 000 BORDEAUX tél 05 47 74 51 50
Un couple souhaite divorcer.
Le mari est infidèle, il entretient avec une autre femme une relation amoureuse.
Sa maîtresse a suivi des études de droit et travaille dans les ressources humaines.
Elle a une amie avocate et lui demande de traiter le divorce de son amant.
La procédure étant longue, la maîtresse impatiente décide de porter la petite robe noire aux côtés de son amant, elle l'assiste alors pour son divorce... et ceci sans même être avocate.
L'amie avocate découvre l'issue de ce procès. Elle porte plainte contre la fausse avocate et son amant.
Le 7 mars 2013, le TGI de BOBIGNY condamne cette maîtresse prête à tout pour exercice illégal de la profession d'avocat et escroquerie au jugement.
Cette petite anecdote illustre un problème que nous rencontrons aujourd'hui, nous avocats: l'exercice illégal de la profession d'avocat.
La Commission de la réglementation de l'exercice du droit (la CRED) aurait ouvert plus de 260 dossiers contre des professionnels qui ne sont pas des professionnels du droit, qui n'ont pas le titre d'avocat et qui pourtant exercent des activités similaires, ce que j'appelle les braconniers du droit ( lire à ce sujet mon article sur le site qui propose de divorcer à moindre coût ICI).
(Source lexbase: exercice illégal de la profession d'avocat éditions professions n°146 du 28 mars 2013)
L'exercice illégal de la profession d'avocat nuit aux avocats mais pas seulement, il nuit particulièrement aux justiciables qui ne sont pas conseillés par des professionnels et des praticiens. Les consultations de ces "faux avocats" ne sont pas garanties, ces personnes ne sont pas assurées si les consultations ou les actions en justice sont mal dirigées, le justiciable n'aura plus que ses yeux pour pleurer, aucune assurance ne l'indemnisera de son préjudice !
Contact: cabinet@michelebaueravocate.com 33 Cours Pasteur- 33 000 BORDEAUX tél 05 47 74 51 50
Vous pouvez écouter mon intervention sur France Bleu ce matin dans le cadre des experts (émission Estelle Gentilleau ) et sur le thème de la rupture conventionnelle, c'est ICI
Contact: cabinet@michelebaueravocate.com 33 Cours Pasteur- 33 000 BORDEAUX tél 05 47 74 51 50
Un employeur adresse de multiples notes à un salarié contenant des remarques péjoratives assénées sur un ton péremptoire propre à le discréditer.
Les reproches sont formulés sur"son incapacité professionnelle et psychologique" et sa présence "nuisible et inutile".
En plus de ces remarques, l'employeur a retiré au salarié ses clefs de bureau, l'a mis à l'écart du comité directeur et a diminué le taux horaire de sa rémunération...
La Cour de cassation a considéré que ce comportement ne pouvait pas être justifié par le pouvoir de direction de l'employeur et constituait un harcèlement moral.
En l'espèce, le salarié a su démontrer devant la Cour d'appel le comportement vexatoire et malveillant de son employeur, car je ne cesse de l'écrire en matière de harcèlement moral, il faut prouver... et non simplement affirmer, dans cette affaire la preuve était apportée et il s'agissait d'apprécier si ce comportement relevait du pouvoir de direction de l'employeur ou constituait un harcèlement moral.
Cass. soc., 26 mars 2013, n° 11-27.964, FS-P+B, sur 1er moyen, 1ère branche et 2ème moyen pourvoi employeur, et sur 3ème moyen pourvoi salarié
Contact: cabinet@michelebaueravocate.com 33 Cours Pasteur- 33 000 BORDEAUX tél 05 47 74 51 50
J'ai publié un billet sur l'arrêt que j'ai obtenu de la Cour d'appel de BORDEAUX: ICI.
Je défendais trois salariés engagés par une Société d'exploitation viticole.
Ces derniers n'avaient pas signé de contrat à durée déterminée, un TESA (titre emploi simplifié agricole) a été signé mais lorsque l'employeur leur a demandé de partir, soit plus de deux jours après l'embauche.
La requalification avait été ordonnée par la Cour d'appel de Bordeaux et la rupture a été considérée comme un licenciement dépourvu de cause réelle et sérieuse.
Mon adversaire, conseil de l'employeur a argumenté en indiquant que la sanction de la transmission tardive n'était pas mentionnée dans le Code du travail nouvelle version recodifiée. La requalification ne pouvait avoir lieu.
Un pourvoi a été déposé par l'ancien employeur.
Ce dernier a été rejeté, je vous laisse le soin de lire l'arrêt de la Cour de cassation, à télécharger ci-dessous et qui va être publié au bulletin.
Je remercie mon avocat auprès de la Cour de cassation, ma Consoeur Hélène MASSE-DESSEN pour son excellent travail !
Cass.soc. 13 mars 2013 n° 11-28.687
Contact: cabinet@michelebaueravocate.com 33 Cours Pasteur- 33 000 BORDEAUX tél 05 47 74 51 50
Nom : blog arrêt cdd.pdf
Taille : 478 Ko
Lors d'un procès devant le Conseil de Prud'hommes ou devant une autre juridiction: il faut PROUVER !
L'important c'est la preuve (et non d'aimer) lorsque vous engagez un procès.
Sans preuves, vous risquez de ne pas aller très loin, les juridictions ne se contenteront pas de votre parole.
Quelles sont les preuves qui peuvent être produites et qui devront être présentées à votre avocat lors de votre premier rendez-vous ?
- si vous souhaitez démontrer que votre licenciement est dépourvu de cause réelle et sérieuse, car votre employeur vous a licencié pour cause réelle et sérieuse et pour insuffisance professionnelle, il conviendra de réunir des éléments concrets démontrant que votre travail a été effectué correctement, des mails de vos partenaires, de vos responsables hiérarchiques pourront être produits, des compte rendu d'entretiens annuels démontrant que votre employeur a considéré que votre travail était satisfaisant et dans lesquels il vous félicite par exemple...
- si en matière de divorce vous souhaitez démontrer l'infidélité de votre épouse ou de votre époux, il faudra le démontrer: produire par exemple des attestations de personnes qui ont rencontré l'amant ou la maîtresse (attention les attestations doivent être rédigées sur un formulaire conforme à l'article 202 du Code de Procédure Civile avec copie de la carte d'identité de chaque témoin...), vous pourrez produire un constat d'adultère (cela est très rare aujourd'hui, la demande de constat se fait par requête non contradictoire, la demande se fera par votre avocat) pour établir ce constat, il est important que vous connaissiez l'adresse de l'amant ou de la maîtresse avec qui vit votre épouse ou époux, vous pouvez aussi faire une photo de la boîte aux lettres de l'amant de votre épouse ou la maîtresse de votre époux si ce dernier ou cette dernière est mentionné(e) sur celle-ci, vous pourrez demander également à un huissier d'effectuer un constat d'huissier pour l'abandon du domicile conjugal
- si en matière de bail d'habitation, vous souhaitez démontrer que certaines réparations qui sont à la charge du bailleur n'ont pas été effectuées, que le logement est vétuste, un constat d'huissier et des attestations d'amis pourront le démontrer
En bref, lorsque vous vous lancez dans une action judiciaire, il ne faut pas être léger et se contenter d'affirmations, d'accusations sans la moindre preuve, il faut réfléchir: j'indique que mon employeur m'a harcelé, quelles sont les preuves en ma possession, des mails ? des témoignages ?
Il est possible de demander au Conseil de Prud'hommes de désigner des juges rapporteurs pour enquêter, ou encore de faire comparaître personnellement certains témoins, d'ordonner une expertise comptable pour estimer les heures supplémentaires mais ces demandes ne sont pas toujours accordées car le juge ne doit pas palier la carence des parties dans la production de la preuve.
Si vous souhaitez solliciter une expertise pour évaluer les heures supplémentaires, il vaut mieux déjà avoir en mains un rapport d'un expert comptable qui a calculé les heures effectuées ou une partie de ces heures pour avoir un commencement de preuve et pour obtenir la désignation d'un expert judiciaire indépendant qui confirmera ou infirmera l'expert que vous avez missionné.
Attention en matière civile, la preuve doit être loyale, il n'est pas possible d'enregistrer votre employeur ou votre épouse à son insue et produire l'enregistrement.
En revanche, les SMS et les messages sur répondeur sont admis, de même que les mails (voir ICI)
Contact: cabinet@michelebaueravocate.com 33 Cours Pasteur- 33 000 BORDEAUX tél 05 47 74 51 50
J'ai commencé mon précédent billet en vous indiquant que pour la première fois, la Cour de cassation avait statué en matière de rupture conventionnelle, et je me suis trompée, la première fois c'était avant le 6 février 2013 et le 30 janvier 2013... la Cour est moins décevante, car elle tranche sur ce problème récurrent de la rupture conventionnelle conclue dans un contexte de harcèlement.
Dans l'espèce soumise à la Cour de cassation, une secrétaire comptable est en arrêt maladie pendant 4 mois pour un état dépressif lié à ses conditions de travail et au harcèlement moral dont elle a été victime.
Une semaine avant de reprendre son travail, son employeur lui adresse une proposition de rupture conventionnelle.
Le jour de la reprise de son travail, la salariée signe la rupture conventionnelle, elle la conteste par la suite.
Les juges du fond considèrent que dès lors que la rupture conventionnelle intervient dans un contexte de harcèlement moral, le consentement du salarié ne peut pas avoir été donné librement car donné en situation de violence.
Confirmation de la Cour de cassation: "la salariée était au moment de la signature de l'acte de rupture conventionnelle dans une situation de violence morale du fait du harcèlement moral et des troubles psychologiques qui en sont résultés"
La rupture conventionnelle ainsi conclue est considérée comme un licenciement dépourvu de cause réelle et sérieuse.
Cass. soc., 30 janv. 2013, n° 11-22.332
PS: j'avais déjà publié un billet sur cet arrêt qui a été daté par erreur du 29 janvier 2013... c'est ICI
Contact: cabinet@michelebaueravocate.com 33 Cours Pasteur- 33 000 BORDEAUX tél 05 47 74 51 50
Pour la première fois à ma connaissance, la Cour de cassation rend une décision en matière de rupture conventionnelle.
Elle donne une précision: est nulle la rupture conventionnelle du contrat de travail dès lors qu'un exemplaire de la convention n'a pas été remis au salarié.
Pour la Cour, il faut que chacune des parties puisse demander l'homologation de la convention, de même que la garantie du libre consentement du salarié doit être assurée pour lui permettre ensuite éventuellement d'exercer son droit de rétractation.
La Cour rend une décision là où on ne l'attendait pas alors que tous les juges du fond statuent sur des nullités de ruptures conventionnelles et sur le défaut de consentement, le harcèlement et la rupture conventionnelle ou encore le conflit préexistant avant la conclusion de la rupture conventionnelle...
C'est une décision un peu décevante de ce point de vue mais qui peut être utile pour les employeurs qui devront être vigilants et transmettre un exemplaire de la rupture au salarié et pour les salariés qui devront s'assurer s'ils envisagent de contester cette rupture, si un exemplaire de la convention leur a été remis.
Ref. : Cass. soc., 6 février 2013, n° 11-27.000, FS-P+B+R
Contact: cabinet@michelebaueravocate.com 33 Cours Pasteur- 33 000 BORDEAUX tél 05 47 74 51 50
La question de la preuve en matière civile est simple: il est possible de produire des preuves loyales devant les juridictions.
Le salarié pourra produire des mails échangés avec son employeur dans le cadre de son procès, il pourra produire des courriers échangés, des SMS et aussi des messages laissés par son employeur sur son répondeur, c'est un procédé de preuve admis par la Cour de cassation et un procédé de preuve tout à fait loyal.
Attention, vous êtes nombreux à être venus me consulter avec des enregistrements de réunions avec votre employeur et ceci à son insu, vous me demandez toujours est-ce que vous pouvez produire ces enregistrements devant le Prud'hommes... la réponse est NON... c'est un procédé déloyal, votre employeur n'était pas informé qu'il était enregistré, alors que lorsqu'il laisse un message sur votre répondeur, il sait que vous pouvez le garder, de même pour les textos et les mails.
Seul en droit pénal, vous pouvez produire des enregistrements si vous souhaitez démontrer que vous êtes harcelé moralement par exemple, le régime de la preuve en matière pénale est plus souple.
Un exemple en matière civile: la Cour de cassation a admis l'utilisation comme moyen de preuve, des messages téléphoniques vocaux dans le cadre d'un procès prud'hommal.
Dans cette espèce, le salarié avait utilisé ces messages sur son répondeur pour démontrer que son licenciement était dépouvu de cause rélle et sérieuse.
Cass. soc., 6 février 2013, n° 11-23.738, FP-P+B, sur le 1er moyen
Contact: cabinet@michelebaueravocate.com 33 Cours Pasteur- 33 000 BORDEAUX tél 05 47 74 51 50
Vous le savez, à chaque fin de contrat à durée déterminée, le salarié a droit au versement d'une indemnité de précarité.
Cette règle est applicable aux employeurs privés.
Qu'en est-il des employeurs publics ?
Dans les hôpitaux publics, beaucoup de médecins sont engagés en qualité d'assistant, généraliste aux urgences par exemple.
Ils signent un certain nombre de contrats à durée déterminée et finalement ne sont pas forcément engagés par l'hôpital à titre définitif et dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée.
Beaucoup de médecins ne savent pas qu'ils ont droit à l'indemnité de précarité qui est prévue par l'article R 6152-418 du Code de la Santé Publique.
Cet article renvoie aux dispositions du Code du Travail et à l'article L 122-3-4 du Code du Travail qui dispose que lorsque à l'issue d'un contrat à durée déterminée, les relations contractuelles de travail ne se poursuivent pas par un contrat à durée indéterminée, le salarié a droit, à titre de complément de salaires, à une indemnité de fin de contrat destinée à compenser la précarité de sa situation.
Cette indemnité est égale à 10 % de la rémunération totale brute versée au salarié.
Elle s'ajoute à la rémunération totale brute du salaire.
Elle est versée à l'issue du contrat en même temps que le dernier salaire et figure sur le bulletin de salaire correspondant.
Attention en matière administrative, il convient avant de saisir le Tribunal Administratif d'une demande en indemnisation de présenter une demande préalable à l'administration concernée.
Si à l'issue du délai deux mois, si aucune réponse n'est donnée à cette demande préalable, il y a lieu de saisir le Tribunal Administratif.
En matière hospitalière, la jurisprudence considère que le droit aux indemnités de précarité né au moment où le praticien hospitalier contractuel a terminé d'exercer son service.
(Conseil d'Etat Ass 12 avril 1972/B n°82-194)
(Tribunal Administratif de Versailles 24 février 2006 n°04-01-644)
Toutefois, il faut faire vite car le temps passe très vite et encore plus vite lorsqu'on peut remonter seulement sur quatre ans.
Contact: cabinet@michelebaueravocate.com 33 Cours Pasteur- 33 000 BORDEAUX tél 05 47 74 51 50
J'ai prêté serment en 2003, il y a 10 ans, le temps passe vite
ci-dessous la carte de voeux du cabinet pour cette année qui fait référence à ces 10 ans d'exercice, carte que certains ont reçue, création FUGU.
Contact: cabinet@michelebaueravocate.com 33 Cours Pasteur- 33 000 BORDEAUX tél 05 47 74 51 50
Franck Jautee alias Kash Leone, salarié de la Société PSA mais aussi rappeur a décidé de dénoncer les licenciements économiques.
Le rap ci-dessous et pour en savoir plus, à lire ICI
Contact: cabinet@michelebaueravocate.com 33 Cours Pasteur- 33 000 BORDEAUX tél 05 47 74 51 50


