Publication du Conseil National des Barreaux (CNB):
Les quatre raisons de notre opposition à la réforme du divorce par consentement mutuel
Pourquoi refusons-nous cette réforme ? Par corporatisme, par cupidité financière, par intérêt personnel, par conservatisme ? NON !
Nous croyons simplement que cette réforme, telle qu'annoncée par le gouvernement, est néfaste aux intérêts des justiciables.
Quatre raisons à cela :
1. Sans juge, pas de protection juste, ni de décision libre et indépendante.
Un divorce reste dans tous les cas un traumatisme, et il est bien rare qu'il soit voulu au même degré par les deux conjoints.
Le juge est là pour contrôler le consentement. Même en consentement mutuel, il reçoit les époux séparément pour entendre leurs propos et vérifier qu'il n'existe aucune pression d'un époux sur l'autre.
2. On ne doit pas privatiser la justice.
Remplacer le juge par un notaire, c'est privatiser la justice, et ce n'est certainement pas un progrès.
Le juge n'est ni choisi, ni payé par les parties ; il n'a aucun intérêt financier dans le divorce.
Le notaire, lui, en aura un puisque payé pour ce travail. Où sera donc son libre arbitre ?
Le juge apporte une garantie d'impartialité que ne donnera pas un notaire payé par les époux, ou même par un seul des époux.
Et puis pourquoi s'arrêter en si bon chemin, et ne pas remplacer le juge par le notaire en cas de licenciement, ou de mise sous tutelle ?
Ce n'est pas de la fiction, ce sont les prochains projets pour privatiser la justice !
3. Retirer au juge le contrôle du divorce consenti reviendrait à placer le mariage au même niveau que le PACS ou le concubinage...
Le mariage n'est pas un simple contrat. C'est une institution, un des fondements de la famille, et même de la société.
Les couples peuvent choisir d'autres solutions pour organiser leur union, plus simples à défaire.
Mais le mariage, en raison de son importance mérite que sa rupture n'intervienne pas sans contrôle de celui qui est le gardien des libres consentements.
4. Le passage devant le notaire augmentera le coût financier du divorce.
Dans un divorce, même par consentement mutuel, il y a toujours un travail préalable nécessaire que seul l'avocat est capable d'assurer. C'est sa plus-value à votre service.
Le divorce par consentement mutuel nécessite en amont une grande compétence technique, une capacité d'analyse de la situation familiale en tenant compte des aspects humains, de longues discussions pour faire admettre l'application de certaines règles inhérentes à l'autorité parentale, etc. Ensuite seulement arrive le contrat qui est la finalité de l'ensemble de tous ces paramètres.
De plus, pour passer devant un notaire, les couples à bas revenus ne bénéficieront pas nécessairement, comme c'est le cas aujourd'hui, de l'aide juridictionnelle.
Et pour peu qu'il y ait des questions patrimoniales à régler, il faudra à nouveau recourir à un notaire (pas le même !) dont il faudra ?aussi régler les honoraires.
Remplacer le juge (gratuit) par un notaire payé par les conjoints renchérira donc le coût du divorce et ne fera faire des économies qu'à l'Etat !
Contact: cabinet@michelebaueravocate.com 100,Cours de Verdun 33000 BORDEAUX tél 05 56 52 14 50
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