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Les policiers français au-dessus des lois ?

  • Par michele.bauer le
    (mis à jour le )
  • Dernier commentaire ajouté

A l'heure de la parution du pré-rapport Léger sur la réforme de la procédure pénale et du projet de Monsieur le Président de la République de supprimer le juge d'instruction, Amnesty International publie un rapport accablant pour la Police Française.


Ce rapport est intitulé: FRANCE DES POLICIERS AU DESSUS DES LOIS.


L'introduction du rapport commence par un arrêt de la CEDH rendu le 1er juin 2006 (Taïs contre France): La Cour a condamné la France, souvenez-vous les faits se sont déroulés au commissariat d'Arcachon...


Elle a jugé que le décès de Pascal Taïs pendant sa garde à vue constituait une violation du droit à la vie garanti par l'article 2 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales (Convention européenne des droits de l'homme, CEDH). La Cour a également conclu qu'en ne menant pas d'enquête effective sur les circonstances du décès, les autorités françaises avaient aussi violé les obligations incombant au gouvernement aux termes de l'article 2.


Dans la soirée du 6 avril 1993, Pascal Taïs et sa compagne ont été victimes d'un accident de la circulation

bénin ; par la suite, ils ont été interpellés par la police lors d'une rixe survenue à Arcachon vers 23 h 45. Pascal Taïs a été conduit à l'hôpital vers minuit pour y subir un examen médical, mais il a refusé d'être examiné et s'est montré agressif. Les policiers l'ont soumis à la contrainte et l'ont frappé à coups de matraque pour le maîtriser. Le certificat médical établi par la médecin de garde faisait mention de l'état d'ébriété de Pascal Taïs, mais d'aucun signe de blessure. Pascal Taïs a été conduit au commissariat d'Arcachon et placé dans une cellule de dégrisement pour la nuit.


Le lendemain matin, vers 7 h 30, Pascal Taïs a été retrouvé mort dans sa cellule, gisant dans une mare de

sang mêlé d'excréments. Selon le rapport établi après l'autopsie réalisée le jour même, le corps présentait de

nombreuses blessures, dont de multiples ecchymoses et érosions sur le visage et sur le corps, deux côtes

fracturées et des lésions à un poumon et à la rate. En conclusion, affirmait le rapport, Pascal Taïs était mort

d'une hémorragie causée par une lésion de la rate.

Une information judiciaire a été ouverte sur le décès, les parents de Pascal Taïs se constituant partie civile.


Cependant, le 28 juin 1996, le juge d'instruction a classé l'affaire en déclarant que rien ne permettait

d'affirmer que les policiers de garde au commissariat aient été responsables des blessures qui avaient causé

la mort de Pascal Taïs, et il a conclu que l'origine des blessures était inconnue. Le 19 juin 2003, la cour d'appel de Bordeaux a confirmé la décision du juge d'instruction.


La Cour européenne des droits de l'homme a précisé dans son arrêt que l'État avait l'obligation de protéger la

vie des personnes en garde à vue. En l'occurrence, la Cour a noté une discordance entre le certificat médical

établi lors du passage de Pascal Taïs à l'hôpital dans la soirée du 6 avril et le constat fait lors de l'autopsie,

ainsi qu'une contradiction entre la feuille d'écrou (qui rend compte de la période d'enfermement en cellule de

dégrisement) et d'autres descriptions du comportement du jeune homme. Elle a souligné qu'aucune

explication plausible n'a été présentée au sujet des blessures (qui ne peuvent être survenues que pendant la

détention). La Cour en a conclu que les autorités françaises étaient responsables de la mort de Pascal Taïs et

qu'elles avaient violé l'article 2 de la CEDH, qui garantit le droit à la vie.


La Cour a ajouté qu'« une réponse rapide des autorités lorsqu'il s'agit d'enquête sur le décès d'une personne

détenue, peut généralement être considérée comme essentielle pour préserver la confiance du public dans le

principe de la légalité et pour éviter toute apparence de complicité ou de tolérance relativement à des actes

illégaux6 ». Elle a observé que dans l'affaire Taïs c. France, à l'issue de plus de dix ans d'enquêtes menées

par les tribunaux nationaux, la cause du décès n'avait toujours pas été établie. Le juge d'instruction n'a

entendu les policiers concernés que quatre ans après les faits et a refusé la reconstitution des faits demandée par la partie civile, alors que cela aurait pu aider à établir la cause de la lésion splénique de Pascal Taïs.


Puis d'autres exemples sont donnés... et Amnesty indique: Les recherches entreprises par Amnesty International et les conclusions tirées par les groupes d'experts internationaux et les organes européens de défense des droits humains indiquent que, tant en théorie qu'en pratique, les mécanismes actuels utilisés pour enquêter sur les allégations de violations des droits humains commises par des responsables de l'application des lois en France ne sont pas conformes aux exigences du droit international et des normes susmentionnées. Dans la suite du présent rapport, nous expliquerons comment et pourquoi, avant de conclure sur des recommandations destinées à rectifier la situation.


Le rapport doute légitimement de l'indépendance du Parquet alors qu'il est question de le rendre maître absolu de l'enquête en lui permettant d'instruire les affaires complexes actuellement instruites par le juge d'instruction... !


A télécharger ci-dessous


contact: cabinet@michelebaueravocate.com 100,Cours de Verdun 33000 BORDEAUX tél 05 47 74 51 50




Nom : rapport amnesty international police au dessu.pdf
Taille : 1 Mo


12 commentaires

Un peu trop facile...

  • Par Firbero le

La France serait-elle un pays où la police interpelle sans raison et passe à tabac avec la complicité du Parquet ? Un Parquet et une police politiques aux mains du pouvoir en place ? Mais de qui se moque-t-on ? Sous prétexte qu'il existe des policiers indignes de représenter la République (le ministère de l'Intérieur en a sanctionné et révoqué plusieurs duzaines en 2008) faut-il en déduire que les forces chargées de notre sécurité sont au-dessus des lois ? Et que les magistrats du Parquet ferment les yeux sur les violences exercées par les forces de l'ordre ? Un peu court et moyennement crédible tout de même...


RE: Un peu trop facile...

  • Par liberté le

oui la france est devenue un etat policier ,et ke pire reste a venir


c'est tout de même un rapport sérieux...

  • Par michele.bauer le

je ne pense pas qu'amnesty international ait inventé les violences policières et les arrêts de condamnation de la france de la CEDH


... aux conclusions hâtives !

  • Par Firbero le

Ce qui me choque n'est pas qu'Amnesty International souligne les condamnations prononcées à l'encontre de la France. Mais c'est qu'elle en tire des conclusions hâtives en affirmant à la lecture de quelques affaires (regrettables et inadmissibles) que les 200 000 policiers et gendarmes français sont placés par une justice complice au-dessus des lois de La République. Faut-il affirmer que les membres des associations humanitaires sont des escrocs depuis l'affaire de l'arche de Zoé ? Faut-il jeter l'opprobe sur les avocats parce que Maître Maier ou Maître Achoui ont été placés en détention ?


un rapport sérieux est un rapport impartial

stigmatiser les bavures et seulement elles, tout à fait regrettables au demeurant, pour laisser penser qu'elles sont une pratique quotidienne et généralisée de tous les policiers de france est leur faire injure. C'est au contraire douteux. c'est en tout cas insuffisant pour considérer de prime abord et parce que c'est amnesty international que ce rapport est sérieux. il n'est surtout pas neutre et partial.

je suis d'accord avec Firbero


il ne faut pas non plus tomber dans l'excès inverse...

  • Par michele.bauer le

et ignorer totalement ce rapport et une triste réalité, les violences policières existent !!!


... mais non Maître !

  • Par Firbero le

Je n'ai jamais dit qu'il fallait ignorer le rapport. Bien au contraire. Si les violences policières, quand elles sont avérées doivent être sévèrement sanctionnées, il ne faut pas croire qu'elles sont quotidiennes dans les commissariats. Pourquoi teinter de mépris et stigmatiser une profession tout entière ?


on ne peut pas passer sous silence un tel rapport

  • Par michele.bauer le

et je ne pense pas qu'en le diffusant, on stigmatise une profession toute entière... il est bien évident que tous les policiers ne sont pas violents mais des cas de violences existent qu'il ne faut pas laisser passer!


Suite et fin

  • Par Firbero le

Audiatur et altera pars...


pas vocation à l'être

  • Par CPH le

Amnesty International n'a pas vocation à être neutre et partial. Cette association défend les droits en mettant en exergue les excés souvent non diffusés par les médias.


Maintenant affirmer qu'elle en tire des conclusions sur l'ensemble des 200 000 policiers et gendarmes français sont placés par une justice complice au-dessus des lois de La République,vous concluez d'une maniére hative. Cela est il si génant de mettre en exergue nos défauts et essayer d'améliorer le fonctionnement de ces institutions ?


L'avocat Bordelais est-il un justiciable comme les autres ?

  • Par melzi le

Alors que la communauté Bordelaise est encore très dubitative sur l'acquittement de son ancien bâtonnier qui était poursuivit pour "viols sur personnes vulnérables", une nouvelle affaire mettant en cause une avocate Bordelaise fait lever des interrogations sur le traitement équitable apporté à chaque justiciable.

L'avocate Bordelaise était poursuivie pour violences aggravées. Elle était accusée d'avoir en janvier 2009 volontairement percuté son ex-conjoint avec son véhicule, de l'avoir trainé plusieurs centaines de mètres sur le capot du véhicule avant que celui-ci soit éjecté et percuté une seconde fois. L'ex-conjoint ayant passé plusieurs mois en fauteuil roulant, subit plusieurs interventions chirurgicales sous anesthésie générale, subit depuis des soins constants et étant toujours non consolidé lors du procès en mars 2010, reconnu comme adulte handicapé à 75%.

L'avocate expliquait son geste en disant que son ex-conjoint s'était volontairement couché sur son capot pour l'empêcher de partir et voyant la route dégagée elle avait démarré, son ex-conjoint n'acceptant de descendre du véhicule en marche que plusieurs dizaines de mètres plus loin et que ses blessures ne pouvaient pas résulter de l'accident.

Les nombreuses constatations et certificats médicaux mettaient sans conteste en avant la liaison entre l'agression et les traumatismes subits. Dans son réquisitoire le Procureur mettait également l'accent sur la réalité des faits qui n'étaient pas contestables et l'impossibilité de relaxer la prévenue pour des faits aussi graves.

En date du 4 mars 2010 la cour du tribunal correctionnel de Bordeaux prononçait la relaxe pure et simple de l'avocate !

Jugeait non recevable la constitution en partie civile de la victime.

Jugeait irrecevable la constitution en partie civile de la caisse d'assurance maladie, les lourds frais médicaux occasionnés restant ainsi à la charge des assurés de la caisse maladie et de la victime.


RE: L'avocat Bordelais est-il un justiciable comme les autres ?

  • Par michele.bauer le

Monsieur ou Madame ? vous parlez de dossiers que vous ne connaissez pas et vous en tirez une généralité fausse. L'avocat bordelais est plus qu'un justiciable comme les autres: la preuve lorsqu'il bénéficie d'une relaxe, on soupçonne la connivence et le complot, lorsqu'il est mis en examen, la présomption d'innocence est bafouée... je crois malheureusement que quelques fois l'avocat bordelais ou parisien ou français tout simplement doit avoir un comportement plus exemplaire que d'autres personnes et qu'il est attendu au tournant...


Quand une relaxe est prononcée c'est soit parce qu'il y a un doute, soit parce qu'un élément constitutif d'une infraction n'existe pas, soit parce qu'une exception de nullité a été soulevée et acceptée...


Aussi, arrêtez de penser que les relaxes sont ordonnées parce que le prévenu est avocat !


C'est déplorable comme le fait que vous relatiez une affaire sur mon Blog pour discréditez une Consoeur...


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