Tribunal Correctionnel de MARSEILLE statuant à juge unique :
L'avocat marseillais doit défendre un jeune « présumé innocent » dans le cadre d'une affaire d'outrage.
Le jeune client a en effet insulté, à de multiples reprises, les fonctionnaires de police qui l'avaient préalablement arrêté pour contrôler ses papiers et ceux de son scooter.
Le jeune client, l'avocat marseillais le connaît bien, c'est un grand habitué des prétoires.
Il connaît d'ailleurs très bien la procédure pénale, parfois même mieux que certains magistrats et avocats. (NDR c'est d'ailleurs dommage qu'il ne puisse jamais devenir avocat à cause de son casier judiciaire, car il aurait fait un excellent pénaliste).
L'affaire est la quatrième sur le rôle d'audience, et l'avocat marseillais constate que le dossier qui sera évoqué juste avant le sien est également un dossier d'outrage.
Tant mieux, cette affaire va donc lui servir de baromètre pour connaître l'humeur du juge.
L'huissier audiencier appelle donc le dossier précédent le sien.
Il s'agit de l'histoire de ce qu'il est habituel d'appeler un « fils de bonne famille », réalisateur de films documentaires pour une grande chaîne publique, qui en sortant du TGV en provenance de PARIS, avait traité un agent SNCF d'abruti.
Son avocat plaide magnifiquement le dossier, mettant en avant la situation de son client, explique qu'il s'agissait d'un simple mouvement d'humeur etc...
Le magistrat est manifestement sensible, et le condamne à une peine symbolique en faisant « l'éloge de la vertu de l'insulte, véritable soupape de sécurité. »
Vient alors le tour du client de l'avocat marseillais, dont les insultes sont telles, qu'il est tout simplement impossible de les retranscrire en ces pages virtuelles.
Bref il s'agit des insultes « classiques » à MARSEILLE dans ce genre d'affaire, insultes qui, selon un humoriste, font ici office de ponctuation.
Le magistrat à la chevelure argentée et à la voix basse (et oui vous l'avez effectivement reconnu, du moins si vous êtes avocat à MARSEILLE) n'est pas tendre avec le client.
La partie civile est représentée par un confrère particulièrement virulent.
Enfin, le parquet se dit scandalisé et requiert une lourde peine.
Vient alors le tour de l'avocat marseillais qui plaide la "fameuse" jurisprudence de la « vertu de l'insulte, véritable soupape de sécurité selon vos propres termes Monsieur le Président» ...
Le magistrat est manifestement gêné...
Il prononce alors, en serrant les dents, une peine bien en deçà des réquisitions du parquet.
Le client remercie son avocat et sort de la salle d'audience.
Dans la salle des pas perdus, le jeune client croise alors l'avocat de la partie civile, toujours vêtue de sa robe et trouve ça très spirituel de l'insulter...
Mon confrère dépose plainte immédiatement entre les mains du parquet.
Le client est de nouveau convoqué.
Parfois, l'avocat marseillais a l'impression d'être Sisyphe...
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