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Nous avons trouvé un accord avant l'audience, que faire ?

  • Par marie-laure.fouche le
  • Dernier commentaire ajouté

La situation type est la suivante : pour une raison quelconque, Dylan a assigné Kevin*. Et, comme tous les deux ont de très bons avocats, une discussion a été engagée et un accord amiable a été trouvé.


Le hic, c'est que l'assignation a été délivrée et que les deux aimeraient bien la réduire à néant, notamment pour éviter les frais de procédure.


Or une assignation ne "s'annule" pas.


Toutefois, il n'y a aucune difficulté pour se sortir de cette ornière. Schématiquement, il y a deux façons de faire, très simples.


Tout d'abord, si l'accord est intervenu rapidement, il suffit de ne pas saisir le Tribunal. En effet, même si l'assignation a été délivrée à Kevin à la demande de Dylan, le Tribunal ne le sait pas ! Pour que le Tribunal puisse juger l'affaire, il faut qu'il soit saisie de cette affaire, et pour cela, il faut que l'avocat de Dylan envoie une copie de l'assignation au greffe.


Donc, en cas d'accord qui intervient relativement tôt, il suffit de ne pas envoyer l'assignation au Tribunal, qui ignorera toujours que le litige a existé. En pratique, l'assignation n'aura ainsi aucun effet.


Seconde possibilité, l'accord est intervenu après que l'assignation ait été envoyée au Tribunal. Pas de panique, là aussi, la solution existe. Il suffit simplement à l'avocat de Dylan d'indiquer au Tribunal que son client se désiste de ses demandes, et à l'avocat de Kevin d'indiquer que son client accepte le désistement.


Le tribunal rendra ainsi une brève décision prenant acte de l'accord intervenu, et c'en sera fini du procès.


Bon à savoir : un désistement peut intervenir à tout moment... même très tard, même au moment de plaider, même après la plaidoirie. Et souvent, un accord est plus satisfaisant qu'un procès.



* Restons français, que diable.



Photo par Andyrob

Licence Creative Commons



11 commentaires

Et les frais engagés?

  • Par le rat vert le

Ok, pas de procès et le juge se réjouit au retour des vacances judiciaires (un dossier en moins!) ; et comme il n'est pas payé aux pièces...(contrairement aux experts, huissiers, avocats et autres auxiliaires de notre justice soit-disant gratuite).


Mais les parties, elles, ont déjà engagé moult frais et dépens avant d'en arriver là (les bagatelles de la porte) : qui en dédommagera la partie qui aurait été peut-être gagnante à un procès?


J'aurais même la méchanceté de soupçonner certains avocats et experts de pousser allègrement à la consommation tout en prévoyant le désistement des clients ; l'expérience m'a même fait découvrir des avocats (pas de noms surtout!) qui invitent à multiplier les expertises coûteuses sans avertir leur client qu'in fine, ils lui rendront le dossier sans aller en justice.


RE: Et les frais engagés?

  • Par marie-laure.fouche le

Votre commentaire semble un peu amer.


vous semblez regretter de ne pas "aller en justice". Sauf que très souvent, c'est très bénéfique. En effet l'accord permet d'éviter l'aléa inhérent à toute décision judiciaire.


pour les frais d'avocat, c'est variable, il peuvent être compris pour le tout ou pour partie dans l'accord.


N'oubliez toutefois pas que dans un accord, il faut des concessions mutuelles de part et d'autre. Sinon l'accord n'est pas valable. Dès lors, souvent, c'est une partie des frais d'avocat qui ne sera pas indemnisée. En revanche, les accords comprennent généralement les frais d'expertise.


Un petit coût pour l'entrepreneur, un coût de géant pour le particulier

  • Par le rat vert le

Excusez une amertume dont vous n'êtes pas la cause mais le problème ne se pose pas dans les mêmes termes lorsque le litige oppose deux particuliers prêts à composer comme Kevin et Dylan que l'on suppose de moyens financiers comparables et lorsque le litige oppose un promoteur qui gère vingt chantiers et possède son avocat attitré face au retraité Dupond-Glandu qui a mis tous ses euro dans un pavillon fissuré et découvre à soixante-cinq ans les joies de la chicane.


Il arrive d'entendre des réponses du style : "Notre surface financière nous permet de faire durer un procès dix ans, alors vos menaces de saisir le juge..." ; quant à un accord amiable, même expert ou avocat à l'appui, autant demander à un pit-bull de manger un yaourt.


Mais, moment de douceur pour le juste abreuvé d'amertume dont parlait Victor Hugo, vous aviez dans une précédente publication ("Une affaire de...") vanté un magistrat qui prônait la médiation, procédure nouvelle qui évite beaucoup de frais et donne un cadre à "l'accord avant l'audience" dont vous parlez sans avoir à décommander en catastrophe l'huissier porteur d'assignation.


Or ladite novation ne semble pas très en vogue chez vos confrères et son bilan semble faiblard (dans certains départements provinciaux, l'instance de médiation judiciaire n'existe que sur le papier) ; là encore, n'étouffe-t-on pas dans l'oeuf une solution économique susceptible d'entraîner à terme un manque-à-gagner chez vos chers (dans tous les sens du terme) confrères qui se sont battus par ailleurs pour conserver le monopole des divorces, pour obtenir le droit d'exercer comme agent immobilier et pour faire de la publicité dans les Pages Jaunes ?




RE: Un petit coût pour l'entrepreneur, un coût de géant pour le particulier

  • Par marie-laure.fouche le

La raison du peu de succès de la médiation, c'est généralement que les gens ignorent son existence. Et certains qui en connaissent l'existence n'ont jamais réfléchi à la question et ignorent totalement que cela donne parfois des résultats très intéressant.


L'assignant peut il stopper une assignation ?

  • Par Duval le

Et si tout simplement celui qui attaque décide de s'en arrêter là...que se passe t'il ? Lui est il possible de tout arrêter même sans avoir trouver d'arrangements avec la partie adverse ? Et si oui comment cela se passe t'il pour les frais ?


RE: L'assignant peut il stopper une assignation ?

  • Par marie-laure.fouche le

C'est tout à fait possible, soit en ne saisissant pas le tribunal de l'assignation, soit en se désistant. Les frais resteront à sa charge.


RE: L'assignant peut il stopper une assignation ?

  • Par Duval le

Merci de votre réponse.

Bien entendu les frais engagés auprés de son avocat restent à sa charge mais qu'en est il alors pour les frais de la partie adverse ?

Et doit il passer par son avocat ou bien le désistement se fait il par un simple courrier ?


RE: L'assignant peut il stopper une assignation ?

  • Par marie-laure.fouche le

pour le désistement, ça dépend de la procédure engagée, notamment si elle est avec avocat obligatoire, ou non. Pour ce qui est des frais de la partie adverse (s'il y en a) ils restent généralement à sa charge. Mais l'adversaire peut demander à plaider seulement sur ce point. Bref tout dépend du cas d'espèce.


RE: L'assignant peut il stopper une assignation ?

  • Par Duval le

Merci pour votre réponse.


re: l'assignant

  • Par marie le

comment est-ce possible ?


RE: re: l'assignant

  • Par marie-laure.fouche le

Quoi donc?


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