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Comment faire inscrire une question à l'Ordre du jour de la prochaine Assemblée Générale ?

  • Par marie-laure.fouche le
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Sur le principe, tout copropriétaire peut demander qu'une résolution soit inscrite à l'ordre du jour de la prochaine Assemblée Générale.


Principe


Il faut toutefois respecter les formalités inscrites à ce sujet dans la loi, et plus précisément dans le décret de 1967 pris pour l'application de la loi du 10 juillet 1965.


Et sur ce point, il faut être particulièrement vigilant : en effet, la règle applicable a changé en septembre 2004.


Précédemment, le copropriétaire qui voulait voir une résolution inscrite à l'ordre du jour devait contacter le syndic à cet effet dans un délai de six jours à compter de la convocation.


Depuis le 1er septembre 2004, la règle est très différente (article 10 du décret de 1967) :


« A tout moment, un ou plusieurs copropriétaires, ou le conseil syndical, peuvent notifier au syndic la ou les questions dont ils demandent qu'elles soient inscrites à l'ordre du jour d'une assemblée générale. Le syndic porte ces questions à l'ordre du jour de la convocation de la prochaine assemblée générale. Toutefois, si la ou les questions notifiées ne peuvent être inscrites à cette assemblée compte tenu de la date de réception de la demande par le syndic, elles le sont à l'assemblée suivante. »


Autrement dit, il n'y a plus à attendre d'avoir été convoqué à l'Assemblée Générale pour formuler sa demande d'inscription de résolution à l'ordre du jour.


Bien au contraire !


En effet, le texte précité indique bien que si les questions ne peuvent être inscrites à l'Assemblée Générale en raison de leur date de réception, elles seront inscrites à l'Assemblée Générale suivante.


En pratique, cela signifie que si le syndic a déjà convoqué les copropriétaires à l'Assemblée Générale, il est trop tard. Il peut également en être de même si les convocations sont mises sous pli et prêtes à être envoyées.


Donc si vous voulez voir une question mise à l'ordre du jour, il est vivement conseillé d'agir au plus vite.


Par ailleurs, des formalités sont à respecter.


Formalités


Tout d'abord, à peine de nullité, cette demande doit être formulée au syndic par courrier recommandé avec avis de réception ou par télécopie avec récépissé. Inutile de préciser que sauf en cas d'extrême urgence, le recommandé est préférable, par sécurité.


Par ailleurs, il faut s'assurer que la demande d'inscription à l'ordre du jour concerne bien une résolution. Il faut ainsi qu'il s'agisse d'une demande précise qui soit sujet à débat entre copropriétaires.


Autrement dit, des observations personnelles ou des demandes vagues n'étant pas des résolutions, elles ne sont pas recevables.


En outre le texte de la résolution doit être rédigé de façon claire ; le syndic n'a pas à faire un travail de réécriture. En outre, il ne faut pas oublier d'annexer tous les documents utiles le cas échéant (par exemple dans le cas d'une demande de travaux, il faut préciser exactement l'implantation et la consistance des travaux envisagés).


À noter que dans ce cas, les éventuels frais supplémentaires de convocation à raison de l'ordre du jour complémentaire sont une charge commune et non à la charge de celui qui demande l'ajout.


Si l'ensemble des formalités est respecté, la question doit être portée à l'ordre du jour.


Sanction du défaut d'ajout de la résolution à l'ordre du jour


Si le syndic n'ajoute pas la question à l'ordre du jour, il engage sa responsabilité.


Toutefois, cela n'a pas pour effet automatiquement de vicier l'Assemblée Générale, qui n'est donc pas nécessairement nulle.


En la matière, la règle est simple : si les décisions prises en Assemblée Générale n'ont pas de rapport avec la résolution qui aurait dû être mise à l'ordre du jour, l'Assemblée Générale reste valable.


En revanche, si la question non portée à l'ordre du jour était liée aux résolutions votées, et qu'elle était de nature à éventuellement modifier le vote des copropriétaires sur les questions qui ont été portées à l'ordre du jour, l'Assemblée Générale encourt l'annulation.



Photo par a.drian

Licence Creative Commons



6 commentaires

VALEUR JURIDIQUE D'UNE DEMANDE DE L'AG (sans vote)

  • Par Mareska le

Bonjour, quelle est la valeur juridique d'une « demande » de copropriétaires formulée en AG mais sans vote (puisque le point n'avait pas été porté à l'Ordre du Jour) ?

Dans ce cas précis, suite à une fuite chez mes voisins du dessous (dont ils suspectaient que l'origine était chez moi) j'ai effectué des travaux de recherche et réparation de la fuite et réglé la totalité de la facture à mon plombier. Il s'est avéré que la fuite était dans un tuyau commun situé sous la dalle de mon appartement, j'ai donc demandé le remboursement de la facture correspondante au syndic qui a effectué le remboursement en confirmant par écrit que l'origine de la fuite était dans les parties communes.

Certains copropriétaires ont contesté ce remboursement pendant l'AG et ont « demandé » que je restitue 50% des sommes remboursées par le syndic au motif que la fuite aurait peut-être son origine partiellement dans la partie privative...


Dans un tel cas :

- l'AG est elle compétente pour faire une telle demande de remboursement ?

- le syndic est il autorisé à reproduire cette « demande » dans le PV d'AG ?

- le syndic est il autorisé sur la seule base de cette « demande » à me facturer (comme il l'a fait sur l'appel de fonds suivant) la somme « demandée » ?


Je me demande même si un vote de l'AG pourra être suffisant pour que cette restitution devienne légalement exigible ? Ne faut-il pas une décision de justice puisque cette facture m'a été régulièrement remboursée et que le syndic a reconnu la responsabilité de la Copropriété par écrit ? Merci beaucoup pour votre aide




RE: VALEUR JURIDIQUE D'UNE DEMANDE DE L'AG (sans vote)

Sur le principe, aucune demande qui ne figure pas à l'ordre du jour ne peut faire l'objet d'une résotluion. Et dans votre cas je vois mal comment des dommages sur partie commune, qui sont à la charge du SDC EN VERTU DE LA LOI pourraient être mis à votre charge, contre votre gré, suite à une décision d'AG !


RE: VALEUR JURIDIQUE D'UNE DEMANDE DE L'AG (sans vote)

  • Par mareska le

Merci beaucoup pour cette réponse.


Le Syndic a reconnu par écrit que la fuite venait des parties communes et m'a remboursé sur cette base et maintenant les copropriétaires ne sont pas d'accord avec cette décision, et disent qu'en réalité la fuite venait peut être de chez moi, que le syndic s'est trompé et que je dois rembourser. Pour l'instant il n'y a pas eu de vote donc si je comprends bien rien ne m'oblige à payer (même si le syndic a d'ores et déjà mis la somme sur mon appel de fonds du premier trimestre 2012!).


Mais que dois-je faire si les copropriétaires mettent le poitn à l'odre du jour de l'AG 2012 et votent favorablement pour que je rembourse ? Si les copropriétaires ne sont pas d'accord avec la décision du syndic de me rembourser, n'est ce pas contre lui qu'ils devraient se retourner ?


Merci encore pour tous ces éclaircissements.


RE: VALEUR JURIDIQUE D'UNE DEMANDE DE L'AG (sans vote)

  • Par marie-laure.fouche le

Pour dire les choses simplement, c'est la loi qui dit que c'est la copropriété qui doit payer. les copropriétaires ne peuvent aller à l'encontre de la loi simplement par un vote.


RE: VALEUR JURIDIQUE D'UNE DEMANDE DE L'AG (sans vote)

  • Par mareska le

Merci beaucoup pour ces indications, je comprends donc que selon la loi l'attribution d'une fuite aux parties communes implique automatiquement que les frais qui y sont liés sont à la charge de la Copropriété. Mais les copropriétaires mettent en doute l'origine de la fuite et disent qu'il n'est pas certain qu'elle vienne des parties communes.

Autrement dit, iles copropriétaires peuvent ils remettre en cause l'applicabilité cette loi au cas d'espèce. Quels sont les éléments qui permettent de confirmer que cette loi s'applique bien ? Rapport de mon expert, confirmation par écrit du syndic que la fuite vient des parties communes et remboursement de la réparation de la fuite, remboursement par l'assurance de la copropriété des travaux de remise en état chez moi : ces éléments sont-ils suffisants ?



RE: VALEUR JURIDIQUE D'UNE DEMANDE DE L'AG (sans vote)

  • Par marie-laure.fouche le

Si le syndic a dit, suite à l'intervention du plombier, qu'il s'agit de parties communes, je vois mal comment les copropriétaires vont dire autrement.... Ils n'ont qu'à rapporter la preuve qu'il s'agit d'un problème de parties privatives, ce qui ne sera pas évident.


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