août
19

La garantie décennale au secours du maître d'ouvrage (II)

  • Par marie-laure.fouche le
    (mis à jour le )
  • Dernier commentaire ajouté

Comme je l'avais annoncé, voici la seconde partie de la synthèse consacrée à la garantie décennale, et plus précisément, aux conditions qu'il faut remplir pour qu'elle puisse être mise en oeuvre.


Ces conditions sont édictées par l'article 1792 du Code Civil qui dispose :


« Tout constructeur d'un ouvrage est responsable de plein droit, envers le maître ou l'acquéreur de l'ouvrage, des dommages, même résultant d'un vice du sol, qui compromettent la solidité de l'ouvrage ou qui, l'affectant dans l'un de ses éléments constitutifs ou l'un de ses éléments d'équipement, le rendent impropre à sa destination ».


Tout d'abord, la garantie décennale ne concerne que les "ouvrages". Avant la réforme qui a abouti à l'article 1792 précité, on parlait d'édifices, ce qui était plus restrictif. L'ouvrage est une définition large qui englobe l'ensemble de la construction, avec ses éléments constitutifs et d'équipement.


Il s'agit naturellement de tous les bâtiments, mais également des voies et réseaux divers, opérations immobilières telles que golfs, parcs et jardins, piscines... Constitue un ouvrage toute opération immobilière nouvelle, mettant en oeuvre les techniques du bâtiment. En revanche, cet ouvrage doit être ancré au sol : par exemple, pas de garantie décennale pour un mobil home.


Autrement dit, si vous faites repeindre votre appartement, n'espérez guère bénéficier d'une garantie décennale. Si vos faites surélever votre pavillon ou faites réaliser une rénovation lourde se traduisant par l'apport d'éléments nouveaux, cette garantie peut être mise en oeuvre.


Ensuite, quels dommages sont concernés par la garantie décennale? La question est d'importance car tous les désordres ne sont pas concernés. En effet, il faut que le désordre ait été caché à la réception de l'ouvrage. Plus précisément, il faut qu'il n'ait pas été apparent.


Le critère du caractère apparent du dommage est cependant très strict : on considère qu'est un dommage apparent celui que tout maître d'ouvrage profane aurait pu constater, tant dans sa manifestation que dans ses causes et ses conséquences. Autrement dit, ne sera considéré comme dommage apparent que celui qui saute aux yeux.


Par exemple, la piscine devait avoir dix mètres de longueur et elle n'en a que huit. En revanche, si le matériau recouvrant les parois de ladite piscine n'est pas convenablement étanche, le Maître d'ouvrage est dans l'incapacité de le voir et le dommage sera considéré comme caché, donc susceptible de concerner une garantie décennale. Plus compliqué, supposons l'existence d'une fissure clairement visible. Si les conséquences dommageables n'apparaissent qu'ensuite, le maître d'ouvrage pourra recourir à la garantie décennale.


Attention : le point de départ de la garantie débute à la réception de l'ouvrage. Ainsi, il n'est guère avisé pour un Maître d'ouvrage de refuser la réception au motif qu'il considère que subsistent quelques défauts d'achèvement. Il sera mieux protégé lorsque la garantie aura commencé. Il est donc préférable de réceptionner l'ouvrage et d'inscrire les réserves sur le procès verbal (l'assistance de l'architecte est vivement conseillée à ce stade). Certes, les désordres réservés échappent à la garantie décennale, puisqu'ils ne sont plus cachés mais apparents, mais le Maître d'ouvrage a d'autres moyens, qui feront l'objet d'un billet ultérieur [Edit : voir le billet sur la garantie de parfait achèvement et celui sur la garantie de livraison de la maison individuelle] d'obtenir la levée des réserves, qui en toute hypothèse sont nécessairement minimes, sinon il n'y aurait pas réception.


Cela ne veut cependant pas dire qu'il faut réceptionner à tout prix. Si l'ouvrage n'est manifestement pas terminé, il est préférable de refuser la réception.


Enfin, le désordre caché affectant l'ouvrage doit compromettre sa solidité ou le rendre impropre à sa destination. Ces deux conditions sont alternatives, de sorte qu'il suffit qu'une seule soit remplie pour que la garantie décennale puisse être mise en jeu. Naturellement, elle peut l'être si les deux conditions sont cumulativement remplies.


L'atteinte à la solidité de l'ouvrage. Les tribunaux refusent de prendre en compte les désordres mineurs comme des fissures minuscules. Le critère d'atteinte à la solidité ne se réfère pas, fort heureusement, à une telle atteinte à la solidité de l'ouvrage que ce dernier court un risque d'effondrement. Il concerne plutôt la stabilité et le caractère durable de l'ouvrage.


Le critère est ainsi rempli si des fissurations en façade rendent l'ouvrage moins étanche et plus vulnérable aux assauts du temps. En revanche, une fissure purement esthétique n'est pas prise en compte.


L'impropriété de l'ouvrage à sa destination. Voici un critère un peu plus complexe. Là encore, la solution retenue n'est pas maximaliste, et il ne faut pas que l'ouvrage soit totalement inhabitable pour que le critère soit retenu.


En outre, l'importance du vice en soi est hors de propos. L'impropriété à destination a pu résulter d'un écrou mal serré. Autrement dit, un seul vice caché, même minime, peut entraîner l'impropriété.


Cette impropriété de l'ouvrage à sa destination peut se manifester de façons extrêmement variées. Une chambre dont l'étanchéité est mal faite et dans laquelle il fait très froid est impropre à sa destination. Il en va de même pour l'absence d'étanchéité de la toiture, ou des fissures présentes dans le carrelage de tout un appartement.


En revanche, certains vices ne portent pas atteinte à la destination de l'ouvrage. C'est une fois de plus le cas des fissures mineures, au caractère purement esthétique et aisément réparables.


Ainsi, si le Maître d'ouvrage a la chance, dans son malheur, que l'ensemble de ces conditions soient remplies, il a de fortes chances d'obtenir en justice l'indemnisation de son préjudice. Celle-ci correspondra naturellement aux sommes nécessaires aux travaux réparatoires, mais également, le cas échéant, aux préjudices de jouissance ou autres qui auront été occasionnés par le dommage. Par exemple, il est fréquent qu'entre dans le préjudice, si les travaux nécessaires excluent l'habitation des lieux, le montant des frais de logement et de bouche des occupants momentanément délogés.


Enfin, il faut savoir que de tels litiges sont d'une grande technicité, de sorte que le Tribunal ne se détermine pratiquement jamais d'après les simples dires des parties. La mise en jeu de la garantie décennale donne quasi systématiquement lieu à une expertise judiciaire afin que le Tribunal puisse être éclairé, par un technicien compétent et impartial, sur la consistance des désordres et les conséquences de ces derniers. Eu égard à la longueur de cet article, le déroulement d'une expertise donnera lieu à un billet ultérieur.


36 commentaires

Question sur la procédure.

  • Par Ichigo le

Compte tenu de l'importance d'un tel litige, et les conséquences désatreuses que peuvent causer une longue procédure au fond, je me demandais si ce type de litige se règlait par la voie du référé? Le critère d'urgence est-il rempli? Je suis tenté de dire que oui puisque le retard apporté à la résolution du problème peut mettre en péril les intérêts du Maître d'ouvrage (votre exemple de la fissure rendant moins étanche l'ouvrage illustre assez bien le propos. En effet, dans cette hypothèse l'ouvrage est à la merci des aléas de la météo, une éventuelle averse pouvant causer certains dommages et donc porter atteinte au patrimoine du Maître d'ouvrage). Il est donc dans l'intérêt de ce dernier de ne pas voir durer le problème.

Une fois le désordre découvert je vois mal comment le constructeur pourrait soulever une contestation sérieuse.


Cordialement,


Référé

  • Par marie-laure.fouche le

La désignation de l'expert se fera en référé.


Si le rapport est clair net et précis, il est tout à fait envisageable de faire une référé provision. Il n'empêche qu'une action au fond sera sans doute préférable, ne serait-ce que parce que le Juge des Référés n'accorde guère de dommages et intérêts.


Distinction entre Maître d’ouvrage profane et « averti ».

  • Par Ichigo le

« ...on considère qu'est un dommage apparent celui que tout maître d'ouvrage profane aurait pu constater, tant dans sa manifestation que dans ses causes et ses conséquences », le législateur (ou la jurisprudence) fait donc la distinction entre Maître d'ouvrage profane et averti de sorte que ce qui est apparent pour l'un (le Maître d'ouvrage averti) ne l'est pas pour l'autre (Maître d'ouvrage profane). Donc, il est possible que pour un même vice, le Maître d'ouvrage averti ne pourra pas bénéficier de la garantie décennale car pour lui le désordre est apparent lors de la réception, et qu'a contrario le profane pourra bénéficier de ladite garantie car ce même désordre lui est caché. Pour reprendre votre exemple de la piscine ayant un problème d'étanchéité, (en supposant bien sûr que la piscine soit vide au moment de la réception de l'ouvrage), la garantie joue pour le Maître d'ouvrage profane car pour lui le désordre est caché, mais elle ne bénéficie pas le Maître d'ouvrage averti car ledit désordre lui est apparent. Ai-je tort ? Pouvez-vous m'éclairer sur ce point?


Cordialement


Qualité du maître d'ouvrage

  • Par marie-laure.fouche le

Non, il n'y a guère de distinction entre maître d'ouvrage profane et maître d'ouvrage averti. La loi considère par principe que le maître d'ouvrage est profane.


Maintenant, cela peut certes être différent pour l'architecte qui bâtit sa maison.


En outre il existe ce qu'on appelle le maître d'ouvrage "notoirement compétent", notion jurisprudentielle qui concerne certains maîtres d'ouvrages professionnels par exemple disposant de services techniques compétents ou qui font intervenir des bureaux d'études. Cette notion est très stricte : le promoteur n'est jamais considéré automatiquement comme maître d'ouvrage notoirement compétent.


Droit de l'immobilier et droit de la construction : petites questions

  • Par Ichigo le

Merci de m'avoir éclairé sur ce point. Puis-je me permettre de vous poser certaines questions qui ne sont pas en rapport avec ce billet ?


Est-il vrai que le droit de l'immobilier et le droit de la construction est un domaine déserté par les avocats ?


La matière m'a toujours intéressée, mais je n'ai jamais eu l'occasion d'aborder cette matière durant mon cursus universitaire.


Avez-vous fait un master 2 « droit immobilier et construction » ?


Cordialement,


Droit de la construction

  • Par marie-laure.fouche le

Non, le droit de la construction n'est pas déserté, c'est un domaine qui concerne de nombreux confrères. Et, non, je n'ai pas fait le master que vous évoquez.


Decennale

  • Par Lalicar le

Bonjour,

Voici les faits :

3 ans après la construction de notre maison sont apparues des fissures conduisant à un dommage dépassant le prejudice esthetique.

Nous étions nous meme maitre d'oeuvre (profane..) et notre macon a realisé les travaux de terrassement et de maconnerie.

L'assureur du macon a fait proceder à différentes études de sol...

Il semblerait que le sol ne soit pas homogène mais également que certaines semelles ne soient pas non plus assez profondes..

Nous n'avions pas souscrit de dommage ouvrage.

L'expert mandaté par l'assurance vient de nous annoncer qu'une part de responsabilité 'non négligeable' sera à notre charge.

Qu'en est il alors de l'application de l'article 1792 du ccivil ? car selon nous et en vertue de cet article, seul le constructeur c'est à dire le macon, est responsable à 100%

Nous attendons une reunion prochaine pour avoir le chiffrage du prejudice et la part de resp de chacun


Autre petite question : l'étude de sol indique qu'une des mesures à prendre en complement serait d'abattre 2 chênes centenaires situés à 4 m de la maison mais en limite de propriété et situé sur la parcelle du voisin.

L'abattage aurait un cout d'environ 2000 euros par arbre. Pouvons nous demander à nos voisins de proceder à cet abattage, a leur frais , peut etre pris en compte par leur assurance (type rc ??)


Merci beaucoup pour vos eclaircissement


A l'attention de Lalicar

  • Par marie-laure.fouche le

D'après ce que vous expliquez, il semble que vous soyez dans le cas type de désordres dus à une malfaçon de la construction.


Tout d'abord, il importe de savoir si vous avez réceptionné votre maison depuis moins de dix ans. Si oui, vous êtes dans le délai. Si l'anniversaire des dix ans approche, il faut agir vite.


Vous parlez de l'assureur : est-celui du maçon ? Le vôtre ? Qui a fait l'étude de sol que vous évoquez ?


Avant de pouvoir fournir toute analyse, il convient de répondre à ces questions.


Si toutefois votre maison a moins de dix ans, que vos fissures sont infiltrantres et en tout cas pas purement esthétiques, vous êtes probablement dans le cadre de la responsabilité décennale et il n'y a pas de raison que vous preniez des sommes à votre charge.


Attention, en outre : certains assureurs font volontairement traîner les dossiers comme les vôtres pour gagner du temps et que le délai de garantie soit passé.


Dès lors, si vous souhaitez vous entretenir plus précisément de votre cas, et dans des conditions normales de confidentialité (absence de discussion publique), je vous invite à prendre contact avec moi via le formulaire que vous trouverez sur cette page.


Cordialement


ML Fouché


complement

  • Par Lalicar le

Merci de votre réponse rapide.

Oui, la reception de notre villa date de 2001. L'assureur et tous les autres intervenants sont bien d'accord sur le fait que les dommages sont loins de n'etre qu'esthetique.


L'assureur est celui du macon.

Cet assureur a mandaté un cabinet d'expertise qui lui meme a fait proceder à une étude de sol.


Il semblerait qu'il est évoqué un partage de responsabilité car selon eux, il n'y a que 2 parties en cause : le macon et le maitre d'oeuvre à savoir nous (sans ass.dom.ouvrage)

Je pense donc me défendre en évoquant l'art 1792 du cc sanchant qu'en plus nous ne sommes pas dans une commune déclarée en zone sinistrée secheresse.


On attend les prochains rdv fixés au cours du trimestre a venir. Je me permettrai de vous tenir au courant. Avant tou merci de vos info qui me conforte dans ma position. Il semble bien que l'assureur ne veuille pas tout endosser.

Cordialement


Attention !

  • Par marie-laure.fouche le

Je ne connais pas votre situation personnelle, mais toutefois, faites attention. Ce n'est pas parce qu'il n'y a eu que le maçon qui a travaillé sur votre maison que vous devriez endosser une part de responsabilité.


Or en tant que maître d'ouvrage "lambda" je vois mal comment vous pourriez être responsable face à des professionnels qui vous doivent une obligation de conseil.


Pour Lalicar (II)

Vous trouverez sur cette page un billet susceptible de vous intéresser.


Merci

  • Par Lalicar le

Merci Maître pour toutes vos informations. Je vous tiens au courant de la suite de notre dossier

Cordialement


l'histoire de l'écrou

  • Par sandrine le

Vous parlez d'un écrou mal serré qui peut entrainer une impropriété à destination. Est-ce que l'impropriété à destination concerne seulement cet écrou ? Il est possible, par exemple, qu'un écrou mal serré accessible et donc dissociable puisse provoquer un court circuit 5 ans après la réception. Dans ce cas, peut on parler d'impropriété à destination ? En d'autres termes, l'impropriété à destination peut-elle concerner un autre ouvrage que celui qui est à l'origine du désordre (dans une maison de moins de 10 ans) ?


pas de décennale

  • Par youpa le

bonjour,

je vous ecris car je voudrais savoir comment ça se passe quand on veut vendre une maison où les travaux de gros oeuvres ont été réalisés il y a moins de 10 ans par une entreprise individuelle n'ayant pas de décennale qui depuis a cessé son activité.

Le notaire réclame l'attestation à l'entreprise qui ne peut bien sûr pas la fournir.


Quelles sont les conséquences pour :

1- le vendeur

2- l'acheteur

3- l'entreprise


Quel impact cela peut il avoir sur la vente ?


D'avance merci pour votre réponse. Cordialement


Demande d'information juridique

  • Par Mr lalami mohamed le

Il s'agit d'un ouvrage d'assainissement ovoïde réalisé dans le cadre d'un marché public travaux réceptionnés définitivement par une commission sans aucune réserve depuis le 15 Octobre 2008.

Le maître d'ouvrage a réalisé la suite de l'ouvrage en continuité de ce que nous avons réalisé .après cela le toit de notre ovoïde s'est fracturé sue 20 mètre environ.Nous n'avons pas été saisi du commencement des travaux par le maître d'ouvrage et maintenant il est question de nous demander réparation dans le cadre de la garantie décennale qui n'est assuré(pas d'attestation d'assurance)

tous nos tronçons d'ouvrages réalisés ne représentent aucun vice ni défaut sauf celui mitoyen à l'ouvrage réalisé par le maître d'ouvrage.

Question:

1- dans ce cas le Maître d'ouvrage devait -il nous informer du début réel des travaux qu'il comptait réaliser sachant que cette réalisation nécessite de dégager une bonne de l'ouvrage existant pour réaliser le raccordement étanche pour la suite.

2-le maître d'ouvrage garde-t-il le droit de faire jouer le garantie décennale étant entendu que les 30 jours du délai du saisi juridique sont déjà dépassés.


3-suite à la réception définitive le maître d'ouvrage a donné mainlevée des cautions définitives et retenue de garantie ,mais il gèle le règlement des deux derniers décomptes de travaux et nous donne un délai de 15 jours pour réparer sinon il l'exécute à notre charge.

Nous vous prions de nous donner suite juridique à nos questions

salutations distinguées

mohamed.lalami.l@gmail.com


RE: Demande d'information juridique

  • Par marie-laure.fouche le

Comme je l'indique en page d'accueil, ce blog n'a pas vocation à permettre des consultations juridiques gratuites. Si vous souhaitez toutefois une consultation, je vous invite à me contacter via le formulaire en page de contact.


Défaut d'étanchéité dans une douche italienne

  • Par sebastien le

Bonjour,

Votre site est intéressant. J'ai vous adresse une question.

Est-ce dans le cas dun problème d'étanchéité dans une douche italienne (de ce fait la douche n'est pas utilisable), on peut considérer que la maison est impropre à sa destination ?

Cordialement,


RE: Défaut d'étanchéité dans une douche italienne

  • Par marie-laure.fouche le

La maison en son entier, j'en doute, mais l'ouvrage consistant en la douche, probablement.


RE: Défaut d'étanchéité dans une douche italienne

  • Par sebastien le

Bonjour,

Merci pour votre réponse.

Dans ce cas est-ce la garantie biennale ou la garantie décennale qui s'applique ?

Cordialement,


RE: Défaut d'étanchéité dans une douche italienne

  • Par marie-laure.fouche le

Ne connaissant pas votre dossier, je ne peux guère répondre. Toutefois, je dout qu'on puisse détacher la douche sans dommage pour le reste, donc ce serait plutôt de la décennale.


Dommage affaissement important de dalle couvert par garantie DO ou pas ?

  • Par marijean le

Bonjour,


Le procès verbal de réception signé le 25/07/2001 avec réserves fait apparaître un dommage apparent d'affaissement de dalle du corps principal de notre habitation : au moment de la signature cet affaissement était limité à 6mm et cet affaissement s'est aggravé au fil des années pour arriver à un maximum de 20mm après 7 ans


Les constructeurs - gros oeuvre maçonnerie, architecte - concernés par la réserve émise, et après relance, n'ont pas donné suite à la réparation nécessaire y compris après relance du dommage afférent pendant la période d'un an de garantie de "parfait achèvement"


Nous avons récemment en juillet 2010 ouvert une déclaration de sinistre auprès de notre assureur "dommages ouvrage" : l'expert mandaté par l'assurance avant la réponse officielle de l'assurance nous a précisé que la réparation de ce dommage aurait une chance de 50% d'être prise en compte au niveau indemnisation au titre de l'assurance DO parce que le dommage apparent mais moindre a déjà fait l'objet de réserves au niveau de la réception de l'ouvrage en 2001


Qu'en pensez-vous ? N'y a t'il pas jurisprudence en la matière pour un dommage s'aggravant pendant la période de garantie de la DO


Que pouvons nous faire en cas d'indemnisation insuffisante par l'assurance (la réparation du préjudice serait de l'ordre de 15000 euros...) ou si n'obtenons pas satisfaction au niveau de la garantie DO


Cordialement,


"Défaut de conseil"

  • Par Olivier le

Bonjour, je suis artisan depuis 11 ans et je suis assigné en référé pour "défaut de conseil" pour un chantier effectué en 2004.

En effet, j'ai posé des porte-fenêtres et 6 ans après je suis mis en cause pour des problèmes d'humidité dans cette maison d'un centaine d'années où d'autres vices de construction, permettant l'entrée d'eau, ont été constatés.

Pouvez vous m'aiguiller sur les démarches à suivre et dans quel sens orienter ma défénce ?

Cordialement,


RE: "Défaut de conseil"

  • Par marie-laure.fouche le

le meilleur conseil que je pourrais vous donner serait de consulter un avocat spécialisé dans la construction au plus vite, il saura vous dire exactement quoi faire.


decennale ou pas

  • Par cyril c le

Bonjour


La porte de ma construction neuve c'est déformé et désormais elle ne ferme plus et rend donc l'habitation non étanche à l'air et l'eau, est ce du ressort de la garantie décennale ou de celle de parfait fonctionnement comme le prétend l'assureur de l'entreprise ayant fait défaut (mise en liquidation)?


Cordialement


RE: decennale ou pas

  • Par marie-laure.fouche le

A vrai dire, les deux...


Si le dommage n'est pas très grave, c'est de la GPA.


S'il rend l'ouvage impropre à sa destination, c'est de la garantie décennale.


Consultez un avocat, mais il me semble que l'assureur vous "promène".


Décennale et liquidation judicaire

  • Par Lionel le

Bonjour,


Je me permets de vous soumettre une question relative à la responsabilité décennale de l'entrepreneur de construction et la faillite de ce dernier avant la fin des travaux.


Voici les faits :


Un immeuble à appartements est en cours de construction.

Le promoteur X a confié les travaux à une entreprise de construction Y.

Le gros oeuvre est terminé à 70%.

L'entreprise de construction vient d'être déclaré en liquidation judiciaire.



Ma question est la suivante :


Quelle est l'incidence de la faillite de l'entreprise de construction sur la garantie décennale dont pourra bénéficier l'acheteur de l'appartement, quand il aura été terminé par un autre entrepreneur ?


Est-ce que celui qui terminera le bâtiment va reprendre à sa charge, les obligations de garantie de son prédécesseur failli et, dans une telle situation, sera t-il difficile pour le promoteur de trouver une entreprise "remplaçante" ?


Cordialement


RE: Décennale et liquidation judicaire

  • Par marie-laure.fouche le

A vrai dire, vous vous compliquez la vie... Votre interlocuteur est le promoteur, qui est considéré par le Code Civil comme un constructeur. C'est à lui de gérer ça... Et je vous rappelle que votre promoteur est nécessairement assuré. Donc c'est l'assurance de votre promoteur, ou la DO, dont il faut vous préoccuper.


Décennale et liquidation judiciaire

  • Par Lionel le

Bonjour,


Je me permets de vous soumettre une question relative à la responsabilité décennale de l'entrepreneur de construction et la faillite de ce dernier avant la fin des travaux.


Voici les faits :


Un immeuble à appartements est en cours de construction.

Le promoteur X a confié les travaux à une entreprise de construction Y.

Le gros oeuvre est terminé à 70%.

L'entreprise de construction vient d'être déclaré en liquidation judiciaire.



Ma question est la suivante :


Quelle est l'incidence de la faillite de l'entreprise de construction sur la garantie décennale dont pourra bénéficier l'acheteur de l'appartement, quand il aura été terminé par un autre entrepreneur ?


Est-ce que celui qui terminera le bâtiment va reprendre à sa charge, les obligations de garantie de son prédécesseur failli et, dans une telle situation, sera t-il difficile pour le promoteur de trouver une entreprise "remplaçante" ?


Cordialement


pb d'etancheite alors que l'ouvrage n'est pas receptionne

  • Par lili le

bonjour

le batiment d'un theatre va bientôt etre fini et lors d'un fort orage, nous avons constaté des fuites d'eau à certains niveaux : il est très compliqué de savoir si cela vient de l'etancheur ou des autres lots techniques desenfumage, chauffage... qui ont posé leurs appareils sur la toiture terrasse :nous avons une DO mais on ne peut pas la faire intervenir tant que l'ouvrage n'est pas receptionné : quel moyen de pression a le maitre d ouvrage envers le maitre d'oeuvre et les entreprises ???

D'avance je vous remercie pour votre réponse


RE: pb d'etancheite alors que l'ouvrage n'est pas receptionne

  • Par marie-laure.fouche le

Vous pouvez toujours engager la responsabilité contractuelle des intervenants. Maintenant, ils ne sont pas assurés pour ça... le moyen de pression habituel consiste à suspendre les paiements tant que tout n'est pas réglé. Et regardez mieux votre DO, il a des moyens d'agir (voir ce billet)


Je pense que vous seriez bien imspirés d'aller voir un avocat spécialisé rapidement.


Do active avant réception.

  • Par Eifel le

La dommage ouvrage est une assurance de préfinancement qui est susceptible d'intervenir avant réception contrairement à la décennale. Le maître d'oeuvre a quand à lui toute latitude de refuser l'ouvrage qui n'est pas conforme à sa destination et à le faire refaire correctement l'entreprise ayant un devoir de résultat.

Cordialement,

Eifel.


RE: Do active avant réception.

  • Par marie-laure.fouche le

Ah, comme d'habitude après vos interventions : je n'aurais pas mieux dit.


Balcon, élément dissociable ou indissociable ?

  • Par annabel champetier le

Bonjour Maitre,


Un balcon est-il un élément dissociable ou indissociable de l'ouvrage?


D'avance, je vous remercie pour votre réponse.

Cordialement.


RE: Balcon, élément dissociable ou indissociable ?

  • Par marie-laure.fouche le

Indissociable. Si vous le retirer, vous abîmez l'immeuble. En principe, du moins.


Dommage ouvrages de mauvaise foi

  • Par Clair&Tof le

Bonjour,


je cherche des conseils pour sortir de l'impasse dans laquelle nous nous trouvons aujourd'hui.


Notre maison (forme V, sur terrain argileux classe 3) a été achevée en juillet 2004.


Nous avons rapidement vu apparaître une fissure en plafond. Après maintes courriers et réunions, le constructeur a daigné poser un joint de dilatation, à titre commercial sous le prétexte que cette fissure "ne nuit pas à la destination finale de l'ouvrage et que c'est un désordre esthétique (sic ! INesthétique plutôt non ?). Par ailleurs, la charpente a été resserrée sur les conseils de l'expert mandaté par notre assurance habitation que nous avions fait intervenir parallèlement.

Pas de chance, ce joint n'a pas été posé au bon endroit et ça a craqué ailleurs...


Quelques temps après une fissure est apparue sur tout le long du pignon sud ouest, à mi hauteur. Après plusieurs années de procédures, de courriers, de menaces, etc... la dommage ouvrage a accepté d'indemniser pour consolider les fondations. Une longrine a été posée, une terrasse coulée pour garder l'humidité en été, une barrière anti racines (inutile car aucune racine...) de 4 m de profondeur coulée.


Depuis le début de l'apparition de la fissure extérieure nous disons que la fissure en plafond est liée. En effet, elle s'ouvrait et se refermait au même rythme, en fonction des saisons et donc de l'humidité de l'argile.

Nous avons signalé cela à plusieurs reprises.


Aujourd'hui, une fois les travaux extérieurs achevés nous souhaitons faire valoir que la fissure en plafond est liée, qu'elle est la conséquence de nature esthétique d'une malfaçon prise en charge, et qu'elle reste donc à indemniser.


Après nos deux derniers courriers pour demander qu'un expert vienne mettre la fissure en observation (pour constater que contrairement aux années précédentes elle n'évolue plus, ni en s'écartant ni en se refermant), la dommage ouvrage reste sur ses positions, et nous renvoie à la garantie biennale du placoplâtre.


Nous avons sollicité notre assurance habitation et souhaitons attaquer en justice.

Pensez vous que nous sommes dans notre droit et que nous avons une chance de gagner face à la "grosse machine" ?

Nous ne demandons pas plus que ce à quoi nous pensons avoir droit : une maison achevée, en bon état, sans malfaçon...


Par avance merci de votre réponse. Nous ne savons plus vraiment vers qui nous tourner pour entrevoir une solution, ou même savoir si nous devons arrêter de nous entêter si la dommage ouvrage a raison.


Claire



RE: Dommage ouvrages de mauvaise foi

  • Par marie-laure.fouche le

Tout cela a l'air bien compliqué, et ce blog n'est pas le lieu où je pourrai dire quoi que ce soit de pertinent... Je pense que la phase amiable a trouvé ses limites, consultez un avocat avec votre dossier complet, il ou elle saura vous conseiler au mieux.


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