mars
5

Délai de l'après-expertise

  • Par marie-laure.fouche le
  • Dernier commentaire ajouté

A la demande générale (ou presque) voici un article qui traite des suites de l'expertise judiciaire, déjà abordées dans ce billet, mais davantage sous l'angle des délais.


Comme je l'indiquais dans mon précédent billet sur les suites de l'expertise judiciaire, sauf à abandonner toute procédure (par exemple parce que l'expert a donné tort aux demandeurs... oui, ça arrive), il existe deux possibilités: la solution amiable et la solution judiciaire.


La solution amiable


Concernant la solution amiable, c'est variable. Mais cela reste tout de même la solution la plus rapide. Si vous avez en face de vous des gens réactifs et pas trop de monde en cause, un accord peut se conclure en un ou deux mois, règlement compris; cela peut aller plus vite, toutefois, en cas d'urgence (quinze jours...)


Parfois en revanche, la solution amiable est longue. Cela peut arriver soit parce que les négociations durent. Par exemple j'ai vu un cas où tout le monde était d'accord pour le principe de la solution amiable, mais plusieurs mois ont été nécessaires pour négocier précisément les modalités. Il faut savoir que dans ce type de cas, sauf péril en la demeure (et encore...) l'ensemble de la négociation va se faire par courrier, et je peux vous dire par expérience que ça ne se passe pas si rapidement.


En outre, une fois l'accord trouvé, il faut encore que tout le monde signe le protocole. Là aussi, ça se passe généralement par courrier. Autrement dit, l'avocat A fait signer à son client. Puis il envoie à l'avocat B qui envoie le document à son client (au pire) ou fait venir son client à son cabinet pour le faire signer directement (au mieux). Je vous laisse imaginer la vitesse du processus si ça se passe en été... Au pire du pire, il m'est arrivé qu'un protocole, signé par presque tout le monde, soit perdu par la poste entre l'avocat Z et son client... Je vous laisse imaginer l'angoisse, il a fallu refaire toutes les signatures à partir de zéro. Enfin, on y est arrivé mais les demandeurs devaient s'impatienter un peu.


Autre solution, la procédure. On peut agir en référé, ou au fond.


Le référé


Comme je l'expliquais dans des billets précédents consacrés au référé, il s'agit de procédures rapides, où le juge statue selon l'évidence. Il n'y aura condamnation que si l'affaire présente ce caractère d'évidence. Autant dire qu'il ne faut tenter cette procédure que si le rapport d'expertise est clair et facilement exploitable (malheureusement ce n'est pas toujours le cas).


En termes de délais, il faut compter au moins un mois entre le moment où votre avocat finalise le projet d'assignation, et l'audience. Ce délai est en effet nécessaire pour faire signifier l'assignation, parfois à plusieurs défendeurs, et pour leur laisser un délai raisonnable pour se préparer.


Vous allez me dire : mais pourquoi laisser aux adversaires tout ce temps ? Eh bien, en raison du principe du contradictoire. Chacun doit avoir le temps d'examiner les arguments qui sont présentés contre lui, et d'y répondre. Si on ne laisse pas un délai assez important entre l'assignation et le moment de l'audience, il y a de fortes chances que l'affaire soit renvoyée à une date ultérieure. A Paris, par exemple, ce ne sera jamais moins d'un mois.


D'ailleurs, quand on parle de renvoi, il faut savoir que statistiquement, l'affaire fera souvent l'objet d'un renvoi. Parce qu'un confrère a été saisi deux jours avant l'audience par son client, ou parce qu'il est indisponible ce jour-là... Dans ces conditions, le renvoi sera accordé dans 95% des cas et ce n'est pas vraiment la peine de s'y opposer (sauf motif grave), donc autant s'incliner gracieusement.


Dans ce cas, nous en sommes donc à, facilement, deux mois entre l'assignation et la date de la plaidoirie.


Une fois l'affaire plaidée, il faut compter environ un mois pour avoir la décision (rarement moins).


Puis quelques jours de plus pour obtenir le texte de la décision. A partir de ce moment, si la décision est favorable (entendez : vos adversaires ont été condamnés à vous verser des sous), soit l'adversaire paie sans se faire prier (fréquent avec des compagnies d'assurance, moins avec les autres parties...) soit il faut faire une exécution forcée à leur encontre, par huissier, en vertu de la décision rendue. Là les délais sont variables au cas par cas. Cela peut mettre moins d'un mois comme bien plus longtemps.


Je sais, c'est long tout ça. Mais moins que si on fait une procédure au fond...


La procédure au fond


Tout d'abord il faut rédiger l'assignation. Si l'affaire est compliquée, comptez quelques heures de travail. Pour une de mes assignations les plus lourdes, avec des désordres multiples et une argumentation qui devait être solide, il m'a fallu environ 15 heures. Bref, deux jours de travail environ consacrés à la chose.


Puis on fait signifier et une fois que l'huissier nous retourne l'assignation signifiée avec toutes les mentions officielles, il faut aller la déposer au tribunal (c'est le "placement"). C'est ce placement qui informe le tribunal de ce qu'un litige est engagé. Et là, on attend la convocation à la première audience de procédure.


Pour plus de détails sur la procédure devant le Tribunal de Grande Instance (c'est souvent celui qui est saisi) je vous conseille la lecture de ce billet.


Mais, en gros, voilà comment ça se passe : une première audience de procédure a lieu, pendant laquelle le juge regarde si tout le monde a bien un avocat et si les pièces ont été correctement communiquées par le demandeur. A l'audience suivante (deux à trois mois plus tard) les défendeurs devront formuler leur argumentation sous forme de conclusions. S'ils ne le font pas, l'affaire fera l'objet d'un ou deux renvois. Compter trois à six mois de plus.


Puis le demandeur doit répondre aux arguments adverses. Hop, deux à trois mois de plus. Puis le juge s'assure que tout le monde a échangé son argumentation. Je vous laisse imaginer la durée du processus quand il ya quatre ou cinq parties, voire une douzaine comme cela arrive dans les dossiers un peu compliqués.


Une fois que tout le monde a formulé ses arguments, la phase de procédure est clôturée. Ne comptez pas moins d'un an entre la date de l'assignation et cette clôture. Généralement, il faut plus de temps.


Puis l'audience est fixée, généralement quelques mois après la clôture (eh oui, l'encombrement des tribunaux n'est pas un vain mot). Par exemple, j'ai eu récemment une clôture en décembre 2010. La plaidoirie est en mai...


Une fois l'affaire plaidée, il faut attendre deux à trois mois la décision. Et à ce moment, on peut soit exécuter la décision (et les explications que je formulais sur le référé s'appliquent ici) ou bien... on est reparti pour un tour devant la Cour d'Appel. Pour plus de détail sur la question, je conseille ce billet.


Et voilà pourquoi votre fille est mue... heu, pardon, voilà pourquoi je conseile les solutions amiables.


22 commentaires

ASSIGNATION AU FOND APRES EXPERTISE

  • Par PEREZ le

Maître,


Merci pour votre réponse. Votre billet est très clair.


Cordialement.


Mme PEREZ


Accord amiable mais pas trop

  • Par Chicaneau le

Merci Maître pour ce billet très clair mais qui m'incite à vous soumettre mon inquiétude: le protocole transactionnel que vous évoquez comme l'option la plus préférable a le privilège d'être passé sous l'oeil sagace d'avocats (ou "les yeux sagaces" s'il y en a plusieurs).


Au delà de l'auréole que cela confère à la rédaction et au contenu, qu'en est-il comme avantage spécifique en fait de conservation et d'authenticité par rapport à un papier d'ordre purement privé, conclu entre les seules parties sans le secours d'un homme (ou d'une femme) de robe?


Autre façon de poser la même question: les avocats qui ont présidé à l'accord en restent-ils ad vitam aeternam garants voire en archivent-ils une copie qui ferait foi en cas de litige ou ont-ils simplement le geste auguste de Ponce Pilate une fois que tout est signé et les honoraires payés?


Qu'en est-il, toujours dans la même optique, de l'intérêt de la démarche consistant à faire homologuer l'accord par le juge comme les romains qui déposaient leurs tablettes au temple de la Triade Capitoline?


Excusez-moi d'être aussi long que pataud dans mes exposés et merci d'avance pour votre indulgente attention.


RE: Accord amiable mais pas trop

  • Par marie-laure.fouche le

Intéressante question, elle fera l'objet d'un billet sous peu.


Rapidité d'une procédure en référé

  • Par Catherine Sorbe le

Bonjour,

je souhaiterai apporter un témoignage sur les délais soit disant court d'un référé.

J'ai fait construire une maison en 2006.

Pour malfaçons avérées, défaut d'assurance décennale du constructeur, non suivi de chantier de l'architecte ayant une mission complète, j'ai saisi, sur les conseils de mon avocate le juge des référés.

Nous sommes en 2011 et je n'ai toujours pas de jugement, toujours aucune solution.

Le juge a repoussé les audiences de mois en mois, 14 fois pour non dépôt de dossiers des avocats de la partie adverse!

Vous pouvez lire mon blog.

Il ne faut pas faire croire qu'un référé soit toujours plus court qu'un jugement au fond.

J'ai lu, avec intérêt vos articles, vos réponses. Vous êtes très claire pour des novices de la justice et je vous en remercie.

Mme Sorbe


RE: Rapidité d'une procédure en référé

  • Par marie-laure.fouche le

ça me paraît franchement anormal.


Généralement, un référé, c'est moins de six mois du début à la fin de l'exécution...


RE: Rapidité d'une procédure en référé

  • Par Mme Sorbe le

Depuis le 27 mars, il ne s'est toujours rien passé. La provision qui m'a été attribuée par le juge le 10 mars (après avoir repoussé sa décision 5 fois de suite, de mois en mois) n'est toujours pas versée par l'assurance des architectes de France. Je suis épuisée par cette justice qui n'avance pas et comme victime, à part me plaindre à mon avocate et lui souligner toutes les choses anormales qui se passe dans notre dossier, je ne trouve personne d'autre pour m'épauler et m'aider.

Pouvez-vous me dire s'il existe un organisme, une association sur laquelle je pourrai m'appuyer?

Par avance je vous remercie.

Mme Sorbe


RE: Rapidité d'une procédure en référé

  • Par marie-laure.fouche le

eu égard aux délais et aux vacances judiciaires, ça ne m'étonne pas outre mesure que vous ne soyez pas encore payée. Si c'est la MAF qui est débitrice, pas de souci elle est solvable. Au pire si vous vous impatientez vous pouvez faire pratiquer une saisie par un huissier.


Et incidemment si vous avez des doutes et inquiétudes le plus simple serait de vous en ouvrir à votre avocat qui est aussi là pour ça.


DESISTEMENT

  • Par helektra le

Est-il possible de se désister après l'assignation et avant la 1ère audience si l'on obtient satisfaction de la partie adverse sans avoir de frais (j'ai l'aide juridictionnelle à 100%, et apparemment mon avocat ne serait payé que s'il y a procédure et me demande des honoraires si je ne vais pas jusqu'au bout)?

Si oui, comment procéder, lettre à l'avocat ou bien au TGI?


RE: DESISTEMENT

  • Par marie-laure.fouche le

Oui, on peut se désister, il faut conclure en ce sens auprès du tribunal. Pour l'articulation avec l'AJ, en revanche, je ne sais pas. Mais ce n'est pas parce qu'on se désiste qu'll est impossible d'avoir des frais...


validite d un rapport d expertise

  • Par jean le

Maitre,

je voudrais savoir si un rapport d'expertise déposé en 1998 suite a une ordonance de refere, qui ne débouche sur aucune assignation,est toujours valable 5 ans apres?

Etant donné qu'il est la piece maitresse, peut il etre remis en cause s'il fait état de la presence d'une personne lors de la seconde visite des lieux objets du desordre( dans le cas present celui du gérant de la sarl "attaquée" alors qu'en realite celui ci était hospitalisé ?


RE: validite d un rapport d expertise

  • Par marie-laure.fouche le

Je doute fort qu'un rapport vieux de treize ans puisse servir de fondement à une assignation aujourd'hui. D'autant que le délai décennal, dont on pourrait considérer qu'il a été interrompu par la procédure d'expertise, et a repris à l'émission du rapport, est aujourd'hui dépassé.


ai je le droit...

  • Par Catherine Sorbe le

Bonjour,

en procédure judiciaire depuis 2007, je perds aptience.

L'année dernière septembre 2010, l'expert judiciaire avait décidé la destruction de ma maison pour malfaçons irréparables.

Un an après, contre toute attente, il retourne sa veste sous la pression de la MAF et veut faire rafistoler la maison de toutes parts. Il propose que ce soit l'entrepreneur incompétent et délictueux (sans décennale au moment de la construction) qui fasse les travaux. L'avocat de la MAF me dit que je ne peux refuser cet entrepreneur car il n'y a pas eu de réception des travaux qui n'étaient pas terminés.

Ma question est la suivante, puis-je refuser que cet entrepreneur fasse les travaux?

Merci beaucoup de votre réponse.

Catherine Sorbe


RE: ai je le droit...

  • Par marie-laure.fouche le

Vous n'êtes pas obligée de faire refaire les travaux par le même entrepreneur, non. Pour le reste, voyez avec votre avocat...


Assignation au fond après expertise judiciaire

  • Par VME le

Bonjour,

Je viens d'être assigné au fond suite à une expertise judiciaire dont le rapport a été déposé au mois d'août dernier. Il est à noter que ce rapport était assez partagé dans son jugement puisque l'expert a fortement diminué le coût des désordres estimé (de 10000€ à 3000€) et qu'il a indiqué que mon entreprise s'est laissé abusée par la maîtrise d'ouvrage entraînant des travaux supplémentaires non facturés que j'ai réalisés et que l'expert estime qu'ils devraient être partagés avec les clients.Ils ont essayé une procédure à l'amiable mais n'ont pas répondu à mon courrier. Ils ont donc engagé une procédure au fond.

Ce qui m'intrigue, c'est que, bien qu'ils parlent que cette expertise a été réalisée, il n'y a pas de copie du rapport d'expertise ni des courriers de conciliation dans les éléments joints à l'assignation. Néanmoins ils me demandent d'en supporter le coût.

Que pensez-vous de cette attitude ?

Je vous remercie par avance pour votre réponse.

Cordialement.


RE: Assignation au fond après expertise judiciaire

  • Par marie-laure.fouche le

C'est normal que le rapport ne soit pas joint à l'assignation, physiquement. Si par contre ils n'en parlent même pas c'est étrange.


Parlez-en à votre avocat, et si vous n'en avez pas, trouvez-en un vite...


RE: Assignation au fond après expertise judiciaire

  • Par VME le

Merci pour votre réponse.

Si, ils parlent de l'expertise dans l'assignation en disant que l'expert a réduit le montant de leur devis sans aucune justification (ce qui est faux et se trouve dans le rapport) et qu'ils contestent aussi le fait le conseil de l'expert sur leur participation aux frais supplémentaires.

La ou j'étais étonné, c'est qu'ils ont joint un dossier important dont tous les dires et courriers échangés avec l'expert mais pas le rapport lui même. Est-cce à dire que le juge l'a en sa possession ou est-ce à nous de le mettre dans notre dossier ?

De toute façon, nous allons suivre votre conseil et prendre un avocat.

Merci encore.


RE: Assignation au fond après expertise judiciaire

  • Par marie-laure.fouche le

Je pense effectivement que vous avez tout intérêt à vous défendre, vu ce que vous me dites de votre dossier, je pense qu'il y a une stratégie à mettre en oeuvre !


Suite expertise, TGI ou TC

  • Par yola le

Bonjour


Nous avons acheté un fonds de commerce il y a 3 ans et l'acte de vente stipulait que le fonds était aux normes. Or un contrôle des services vétérinaires nous a indiqué 'inverse, exiger des travaux et menacer de fermeture.

Nous avons assigné au Tribunal de commerce et obtenu un reféré expertise.

Afin d'impliquer la relation bailleur, locataire, le TGI a été saisi et une expertise commune ordonnée.

Le rapport d'expertise est très clair : le fonds n'est pas aux normes et défaut de délivrance sur le bail.

Après nous avoir évoqué une assignation à bref délai au Tribunal de Commerce, notre avocat a préféré assigner au TGI avec un procédure classique (la partie adverse n'a pas donné suite à la phase amiable).

Notre activité est menacée de fermeture administrative. Les procédures a bref délais sont-elles risquées ? Le TGI peut-il statuer sur une annulation de vente du fond de commerce associé à une annulation de bail ?


RE: Suite expertise, TGI ou TC

  • Par marie-laure.fouche le

J'ai tendance à penser que si votre avocat n'a pas utilisé une procédure rapide, il y a une raison. (à savoir qu'il était probablement convaincu d'un échec). Pour le reste je ne saurais dire, je ne connais pas le dossier. Pourquoi ne posez vous pas ces question à votre avocat qui est là pour ça ?


RE: Suite expertise, TGI ou TC

  • Par yola le

Depuis, notre avocat nous a depuis expliqué pourquoi il a préféré assigner de la sorte. Merci pour votre réponse néanmoins.


RE: Suite expertise, TGI ou TC

  • Par yola le

D'ailleurs, je comprends votre réponse. En raison de la procédure et des enjeux conséquents, nous passons par tous les états émotionnels (colère, découragement, peurs ...). Notre objectif est la solution rapide du problème, celui de l'avocat est de construire une argumentation "gagnante" avec les différentes lois, en respectant les règles et les codes de la justice. Les 2 objectifs créént parfois des tensions entre le client et l'avocat. Il est bon parfois d'éclaircir les choses ...


Qui paye l'expertise ?

  • Par JeanCharles le

Bonjour dans un conflit opposant deux indivisaire a été ordonnée une expertise. V

Maître, vous décrivez admirablement bien ce que c'est qu'une expertise.

mais un détail n'a pas été évoqué d'où ma question. Un sinistre surviet.

indivisaire B fait un diagnostic corroboré par une étude d'un bureau d'ingénieur qu'il avait commandée.

B ne partage pas le diagnostic et donc l'indivisaire B assigne au TGI et demande une expertise. A n'est pas spécialement d'accord car pense que ce sont des frais inutiles.

Consignation a été ordonnée pour 750euros chacun.

Chacun paye sa part l'expertise peut donc débuter.

L'expert rend son rapport. sa facture finale est de 4000euros, mais indivisaire A ne veit pas payer car le diagnostic de l'expert correspond en tout point à ce que lui même avait dit et à l'étude prélablement payée.

Qu'est nce qui va se passer ?

Qui va payer l'expert ? A (c'est à dire moi-même ) pour sa part ne va bouger un doigt j'ai même envie d'assigner pour obtenir le remboursement par B des 750 euros que j'ai du consiger.


Qu'en est il selon les textes ? quelque chose est prévu pour ce problème du refus de payer l'expertise ? une nouvelle action doit-elle être lancée ?


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