La loi n° 2008-111 du 8 février 2008 pour le pouvoir d'achat instaure plusieurs mesures annoncées comme susceptibles d'accroître le pouvoir d'achat, dont le rachat exceptionnel des jours de congés (articles 1 s.), le déblocage exceptionnel de la participation (article 5), la prime exceptionnelle de 1000 € (article 7).
Le présent article a pour objet l'étude, succincte, du rachat des jours de congés.
Le rachat des jours de congés : par quels salariés ?
Sont susceptibles de bénéficier de ces mesures de rachat exceptionnel de jours de congés :
- les salariés bénéficiant de JRTT (journées ou ½ journées acquises sur des périodes de 4 semaines ou sur l'année) : article L. 212-9 du Code du travail ;
- les salariés (notamment les cadres) en forfait jour sur l'année : article L. 212-15-3 du Code du travail ;
- les titulaires de Compte-Epargne-Temps (CET) : article L. 227-1 Code du travail ;
- les salariés dont le paiement des heures supplémentaires a été remplacé par un repos compensateur de remplacement équivalent (RCR) : article L. 212-5 II du Code du travail.
Dans quelles entreprises ?
Touts les entreprises sont concernées par le dispositif, quelle que soit leur taille.
Quels sont les jours de congés concernés ?
Les jours de RTT
- tous les jours de RTT acquis jusqu'au 31 décembre 2009 peuvent faire l'objet du rachat exceptionnel ;
- le salarié demande à bénéficier du rachat, l'employeur peut refuser ;
- modalités de calcul du montant du rachat : chaque ½ journée ou journée travaillée après le rachat donne lieu à majoration de salaire au moins égale au taux de majoration de la 1ère heure supplémentaire dans l'entreprise ;
- les heures rachetées/travaillées ne s'imputent pas sur le contingent d'heures supplémentaires ;
Les forfaits en jours sur l'année
- les rachats ne peuvent concerner que les jours de repos non obligatoires d'origine légale ou conventionnelle (ex. congés payés, congés pour évènements familiaux, repos hebdomadaire, jours fériés chômés)
- le salarié demande à bénéficier du rachat, l'employeur peut refuser (affirmation à nuancer s'il existe un accord collectif fixant les modalités de renonciation aux jours de repos) ;
- modalités de calcul du montant du rachat : chaque ½ journée ou journée travaillée après le rachat donne lieu à majoration de salaire d'au moins 10% (à nuancer s'il existe un accord collectif fixant les modalités de renonciation aux jours de repos) ;
Les CET
Voir les dispositions sur le rachat de jours de congés dans l'accord collectif mettant en place le CET.
A défaut de telles dispositions :
- les rachats peuvent concerner les heures supplémentaires ou complémentaires, les JRTT. Les rachats ne peuvent concerner les jours de congés annuels qu'au-delà des 5 semaines obligatoires ;
- le salarié demande à bénéficier du rachat, l'employeur peut refuser ;
Les repos compensateurs de remplacement (RCR)
- tout ou partie des jours de RCR acquis entre le 1er janvier 2008 et le 31 décembre 2009 peuvent être rachetés ;
- le salarié demande à bénéficier du rachat, l'employeur peut refuser ;
- modalités de calcul du montant du rachat : chaque ½ journée ou journée travaillée après le rachat donne lieu à majoration de salaire conforme au taux applicable dans l'entreprise (à défaut de dispositions : 25% pour les 8 premières heures, 50% pour les suivantes, voir L. 212-5 I) ;
L'exonération (partielle !!) de charges fiscales et sociales
Les jours RTT, les jours de repos acquis ou les jours affectés sur un CET au 31 décembre 2007
- exonération de cotisations sociales, sauf CSG CRDS (opéré après application de l'abattement forfaitaire de 3% représentatif des frais professionnels) ;
- pas d'exonération au titre de l'impôt sur le revenu des personnes physiques (IRPP) ;
Les jours RTT, les jours de repos acquis ou les jours affectés sur un CET entre le 1er janvier 2008 et le 31 décembre 2009
Pour les salariés : exonération au titre de l'IRPP et des cotisations sociales, dans les conditions prévues pour l'exonération des heures supplémentaires (voir l'article 1er de la Loi n° 2008-1223 du 21 août 2007 en faveur du travail, de l'emploi et du pouvoir d'achat, dite Loi TEPA et son décret d'application D. n° 2008-1380 du 24 septembre 2007, JO 25 sept. 2007) ;
Pour les entreprises : déduction forfaitaire des cotisations sociales patronales (voir les dispositions de l'article 1er de la Loi TEPA).
Vous avez tout lu, donc tout compris : votre pouvoir d'achat "croîtra" (??), vous dépenserez, dépenserez (????)...
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