Pourquoi diaboliser les mères qui appellent au secours ? Il y a risque de renforcer les préjugés contre les mères qui cherchent à signaler des agressions sexuelles sur des enfants, à lancer une affirmation erronée comme celle signée par Elisabeth Badinter dans un débat publié le 17 novembre 2007 sur le site Web du Monde.
« En France comme au Québec, dit-elle, nous savons, à titre d'exemple, que des femmes en instance de divorce ont accusé à tort leur conjoint de pédophilie sur leurs enfants pour avoir la garde de ceux-ci. (.) 17% de ces plaintes ont été prouvées mensongères par les tribunaux. »
Au Québec ? D'où vient ce pourcentage ? Bien au fait des recherches publiées ici, je peux témoigner que 1,3 % seulement des signalements venus des mères se révèlent mensongers, soit treize fois moins que ce qu'affirme Badinter. (Source: l'étude de Trocmé, McPhee, Tam et Hay(1994), portant sur 2 447 enquêtes).
Si l'expression verbale peut nécessiter des raccourcis, une erreur pareille est inadmissible, de même qu'est injuste le procès d'intention qu'Elisabeth Badinter fait aux mères.
Une expertise détaillée sur ces questions produite pour le gouvernement canadien est consultable sur le Web : «Allégations de violences envers les enfants lorsque les parents sont séparés», du professeur Nicholas Bala et =l.
Dans leur examen détaillé, les auteurs distinguent entre les allégations non retenues mais faites de bonne foi et les accusations mensongères délibérées : en matière de violence intrafamiliale, celles-ci sont très rares et dix fois moins fréquentes de la part des mères que des pères. Pourquoi alors diaboliser les mères qui appellent au secours ? Je suis tout aussi étonné de voir Elisabeth Badinter assimiler automatiquement les meurtres d'hommes par leur conjointe à des cas d'«hommes battus».
http://www.alliancedesfemmes.fr/index.php?option=com_content&task=view&id=64&Itemid=1
Lettre au Monde de Martin Dufresne - Montréal, Québec.
mais également en belgique :
Si l'on se réfère au degré de certitude
des diagnostics posés (voir plus loin), on se rend
compte que les signalements de maltraitance
adressés aux équipes sont en grande majorité fondés
(86%). La question des conflits
de couple n'est donc pas un élément pertinent
qui permettrait d'orienter, dès la réception
du signalement, un avis qui aille dans le sens
d'une fausse allégation de maltraitance.
........
Yves Hiram Haesevoets, oeuvre nationale de l'enfance, enfance maltraitée.
Si l'on se réfère au degré de certitude
des diagnostics posés (voir plus loin), on se rend
compte que les signalements de maltraitance
adressés aux équipes sont en grande majorité fondés
(86%). La question des conflits
de couple n'est donc pas un élément pertinent
qui permettrait d'orienter, dès la réception
du signalement, un avis qui aille dans le sens
d'une fausse allégation de maltraitance.
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Yves Hiram Haesevoets, oeuvre nationale de l'enfance, enfance maltraitée.


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