paris (10)

janv.
20

La projection du film "L'avocat" suscite de vives réactions...

  • Par maitre.graillot le
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.. et surtout les plus inattendues de la part d'un public quasi exclusivement constitué d'avocats ou d'élèves-avocats !


Ainsi ce soir je me suis rendue à la maison du barreau afin d'assister à la projection de ce film en avant-première et entendre les quelques prises de paroles qui ont suivi.


Je pensais passer une bonne soirée car je ne doutais évidemment pas de la qualité du film, notamment au regard du casting parfaitement réussi.


C'était sans compter le comportement de ceux de mes confrères qui ont cru devoir s'insurger contre ce long-métrage, allant même jusqu'à demander la modification du titre à une semaine de sa sortie nationale !


Que de réactions absolument disproportionnées ! Que de mauvaise foi !


En effet, le film relate le parcours d'un jeune avocat qui se laisse prendre dans la spirale de l'argent et de la gloire au mépris de ses règles de déontologie.


Je crois devoir ajouter que ce film n'est qu'une fiction et non pas un documentaire... Je dis ceci car lorsque j'ai entendu les confrères critiquer sans égards le thème du film, les bras m'en sont tombés.


Je pensais appartenir à une catégorie de personnes ouvertes à la critique et surtout douées d'une réflexion leur permettant de comprendre qu'un tel film n'a pas été tourné uniquement pour discréditer notre profession et encore moins pour cautionner une telle attitude de la part d'un jeune confrère qui a, dans le film, totalement franchi les limites.


Mais comment ne pas comprendre que ce n'est là qu'un scénario??? Comment reprocher au réalisateur de stigmatiser les avocats et de leur donner une mauvaise image auprès du grand public?


Mes chers confrères, je ne crois qu'il ait fallu attendre ce film pour que nous ayons mauvaise presse... Et malheureusement, nous savons tous, même si nous le condamnons, que certains de nos confrères ont eux aussi fait fi de nos règles de déontologie, et ceci n'est pas que pure fiction!


L'un d'entre nous présent à la tribune a très justement dit que si nous étions tous irréprochables comme le laissaient penser ceux qui ont pris la parole, les commissions de discipline de l'Ordre seraient un peu moins débordées...


Alors oui, le cas traité dans ce long-métrage est extrême. Oui, ce type de situation ne devrait pas exister et n'existe d'ailleurs peut-être pas ou si peu. Mais non, le film n'est pas contre nous et non tout n'est pas inventé.


Le réalisateur attaqué de toutes parts ce soir a tenté de justifier son scénario en expliquant comment lui était venue l'idée de ce film. Il a alors raconté qu'il avait eu la chance de lier amitié avec l'un de nos illustres confrères et que son scénario avait pris forme après avoir échangé avec lui sur ce que peuvent être les réalités de notre métier, notamment lorsque l'on exerce au pénal.


Pour ceux qui ont lu mes billets précédents, je connaissais moi aussi très bien ce confrère en question et je peux donc tout à fait confirmer ce que nous a dit ce soir le réalisateur. Le monde du pénal n'est pas tout rose et nos règles de déontologies si strictes soient-elles ne suffisent pas toujours à faire de nous tous des êtres parfaits.


Et puis d'ailleurs, si le film avait eu pour thème la vie quotidienne de l'avocat de base, nous nous serions ennuyés!


Le public aime les thèmes où les gens de bonne vertu se mettent en danger et où le bien et le mal se côtoient jusqu'à ne faire plus qu'un.


Je ne crois pas que le film "Commis d'Office" que j'ai encore revu récemment et qui a été réalisé par une de nos consoeurs n'ait reçu un accueil aussi peu chaleureux à l'époque et pourtant le rôle principal était celui d'un jeune avocat qui se laisse tenter par l'appât du gain et qui lui aussi dépasse les limites en pactisant avec "le diable" et ce, au mépris total de nos règles de déontologie. Le film a connu un beau succès et c'est tant mieux car il était très bien fait.


Il nous faut savoir accepter la critique. Je crois que notre profession est parmi les plus belles au monde, mais ayons l'honnêteté de reconnaître que notre confrérie n'est pas parfaite et que cela puisse servir l'imagination d'un réalisateur de talent.


Je tenais aussi à saluer la réaction de l'un des acteurs du film présent ce soir qui lorsqu'il a vu une partie de la salle se rebeller contre le film, a tout simplement dit qu'il avait bien fait de venir car cette fois-ci c'était lui qui était au spectacle ! Quelle vérité !


J'ai ressenti la même chose. Tout le monde a le droit d'avoir son opinion et de l'exprimer, mais la moindre des choses de la part de professionnels de la prise de parole aurait été de ne pas crier, de ne pas se couper la parole, et peut-être tout simplement de laisser à "la défense" la parole en dernier...


Ceci n'a pas été fait et je trouve cela bien dommage, nous avons donné de nous une bien piètre image et pour le coup celle-ci était bien réelle...


Je souhaite en tout cas une belle réussite à ce film !







févr.
10

Jean-François Le Forsonney est décédé. L'audience est levée...

  • Par maitre.graillot le
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Depuis un moment je cherche mes mots.


Je cherche mes mots afin de rendre un dernier hommage à notre confrère Jean-François Le Forsonney qui nous a quittés le 21 décembre dernier.


Sa vie avait commencée sur les terres marocaines, à Rabat, le 5 juillet 1949.


Après avoir réalisé ses études de droit à la faculté d'Aix en Provence, il prête serment à la Cour d'Appel de cette même ville le 11 décembre 1972 et s'inscrit au barreau de Marseille, qu'il ne quittera jamais malgré son installation secondaire à Paris au début des années 90.


Sa vie de jeune avocat va être rapidement bousculée lorsque poussé par son maître de stage, Paul Lombard, il accepte en 1974 alors qu'il n'a que 25 ans, de prendre la défense de Christian Ranucci, accusé d'avoir tué la petite Marie-Dolorès Rambla, 7 ans.


Il ne le sait pas encore mais ses premières assises le propulseront sur le devant de la scène pénale, puisque son client sera malheureusement exécuté sous ses yeux au cours de l'été 1976, après un procès laissant plus que des doutes sur la réelle culpabilité de Ranucci.


Très fortement marqué par cette expérience inoubliable, il promet alors de tout faire pour lutter contre la peine de mort, l'injustice et l'erreur judiciaire.


Il ne failli jamais à sa promesse.


*

* *


C'est l'année où Ranucci perdit la vie que la mienne commença. Je n'ai commencé à entendre parler de cette affaire que bien des années plus tard et pour cause puisque plus le temps passait et plus l'affaire dite « du pull-over rouge » semblait être une véritable erreur judiciaire.


Ma rencontre avec Jean-François Le Forsonney eu lieu quand à elle il y a près de 10 ans.


Je n'étais alors qu'étudiante en droit, à la fois stagiaire d'un cabinet d'avocat et vacataire au palais de justice de Paris, et cette rencontre avec cet avocat de renom, homme discret s'il en était fut pour moi une véritable révélation. Il ne l'a d'ailleurs probablement jamais su mais il a à jamais marqué ma vie.


J'étais émerveillée de le voir ailleurs que derrière le petit écran. Stupéfaite aussi qu'il ne feigne pas de m'ignorer comme beaucoup d'avocats très peu intéressés par leurs futurs confrères. Conquise enfin lorsqu'il prit même de son temps si précieux pour m'entretenir de ce qu'avait été pour lui l'affaire Ranucci.


Il me parla aussi du métier d'avocat en général, puis de la pratique du pénal en particulier, me prodiguant de nombreux conseils que je m'attache encore aujourd'hui à respecter scrupuleusement, tant la passion qu'il avait pour son métier a été contagieuse.


En effet, la stagiaire de l'époque est devenue à son tour avocat et j'ai encore tout à fait à l'esprit mon entrée au barreau.


Jean-François Le Forsonney y a d'ailleurs contribué en me rédigeant cette précieuse attestation vantant les mérites de celui qui prétend au barreau et qui me permit de prêter serment.


Je sais que ce jour là dans la foule, il était présent. Discret comme à son habitude, m'accompagnant avec bienveillance vers mes débuts dans la profession.


Jamais depuis notre rencontre il ne m'a fait faux bon, toujours là pour répondre à mes interrogations, me conseiller dans mes choix et m'orienter dans mes périodes de doutes.


Si Jean-François Le Forsonney a défendu les plus grandes causes, il n'en restait pas moins accessible, humain et toujours passionné, voilà pourquoi je lui vouais un profond attachement doublé d'un très grand respect.


Mais aujourd'hui je suis triste.


Triste de l'avoir vu nous quitter trop tôt. Triste aussi en tant que confrère de voir que notre profession perd un de ses plus grands représentants. Triste enfin car malgré sa personnalité, cette carrière magnifique et cette notoriété, j'ai la désagréable impression que son décès n'a pas reçu l'écho qu'il aurait dû.


Trop peu de médias ont diffusé la nouvelle et encore moins ont choisi de lui rendre hommage. Pourtant je pense que les gens auraient souhaité savoir que nous venions de perdre un être exceptionnel, homme simple et honnête qui aura dédié sa vie à son métier et plus particulièrement, comme il l'avait promis à Ranucci lors de son exécution, à la lutte contre la peine de mort et l'erreur judicaire, qui auront tant marquées sa vie.


Pour ma part, je suis en deuil, j'ai perdu mon repère dans cette profession si difficile et je ferai mon possible pour que là où il se trouve il puisse voir que je n'ai pas oublié tout ce qu'il m'a appris, peut-être même sans le savoir.


Pour terminer, Cher Jean-François, je m'adresserais directement à vous comme l'a fait le 7 janvier dernier lors de votre enterrement, notre Confrère Paul Lombard.


Il nous a rappelé qu'après avoir longtemps plaidé à vos côtés pardevant le Tribunal des Hommes, il ne se trouverait pas là pour votre dernière plaidoirie qui aura lieu cette fois devant le Tribunal de Dieu.


Pourtant il a ajouté que comme à votre habitude vous y seriez brillant.


C'était à n'en pas douter, tout comme aujourd'hui il est évident que vous nous manquez à tous.


Jean-François, merci de votre passage dans nos vies, dans ma vie, puissent ces quelques lignes maladroites vous prouvez à quel point je vous appréciais et vous respectais.



déc.
10

CONTINUONS SUR CETTE LANCEE

  • Par maitre.graillot le

Bonjour,


Juste une ligne pour vous rappeler qu'a lieu aujourd'hui le second tour des élections ordinales à Paris.


Je ne puis que réediter mes recommandations de voter pour l'UJA et ses candidats, Julie COUTURIER et Philippe TOUZET.


Ils sont assez bien placés pour le moment mais rien n'est fait, alors n'oubliez pas de voter aujourd'hui, notre barreau le mérite !


Bon vote à tous et merci à ceux qui ont formidablement bien placé l'UJA au CNB!

avr.
13

SITE DE L'ORDRE DES AVOCATS DU BARREAU DE PARIS

  • Par maitre.graillot le
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A l'attention des personnes désireuses d'en savoir plus sur notre organisation et notre métier, voici l'adresse internet de notre ordre.


Bonne visite et pensez à poser vos questions en utilisant la fonction "A propos" de notre blog.


C'est ICI

avr.
13

UN DEMENAGEMENT PROBLEMATIQUE EN L'ETAT

  • Par maitre.graillot le

Je reviens sur le déménagement probable de l'EFB et vous propose un lien vers le site de l'UJA afin de lire la motion qui a été votée sur ce point le 10 avril dernier en commission permanente


Cliquez ici

févr.
5

LE PROCES DU SENTIER II

  • Par maitre.graillot le

C'est hier que s'est ouvert devant la 11ème Chambre du Tribunal Correctionnel de Paris, le procès du "Sentier II".


Une très longue liste de prévenus, cent cinquante et un en tout, parmi lesquels la Société Génarale et son très médiatisé PDG, Daniel BOUTON.


Cette fois-ci les faits sont bien différents ce ceux de l'affaire "Kirviel", les banques se voyant reprocher d'avoir laisser transiter d'énormes sommes d'argent et ainsi avoir permis leur blanchiment.


Le procès va durer plusieurs mois et les faits reprochés à cette banque ne seront examinés que fin mai.


Une salle spéciale a été construite au sein du Palais de Justice de Paris afin d'accueillir ce procès hors normes.


En alternance, la 31ème Chambre Correctionnelle, siegera dans cette même salle d'audience pour juger d'un autre procès fleuve, celui des hormones de croissance.

janv.
29

LES "CHAUFFARDS" SUR LA SELLETTE

  • Par maitre.graillot le
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L'actualité nous démontre qu'actuellement plus que jamais, les chauffards sont sur la sellette.


En effet, après le procès du conducteur qui a tué 4 jeunes, avenue d'Italie à Paris, le 23 décembre 2006 et qui s'est tenu au Tribunal Correctionnel de Paris le 22 janvier dernier, c'est un conducteur de poids lourd qui a été condamné hier par le Tribunal Correctionnel de Grace à 18 mois d'emprisonnement ferme.


Concernant le procès parisien, le délibéré n'est pas encore rendu, mais le Procureur de la République a requis lors de l'audience une peine qui ne devrait pas selon lui être inférieure à 7 années d'emprisonnement ferme.


Une sanction très lourde. Toute la question reste de savoir si cette peine est la plus adaptée au cas présent.

Un emprisonnement de longue durée n'aura pas forcément pour effet d'apaiser les victimes.


A suivre.

déc.
13

ET COMME PREVU...

  • Par maitre.graillot le

...Yvan Colonna a "pris" perpet' et comme prévu il interjetera appel de cette décision.


Cette action parait normale, d'autant que le verdict semble étonnant. En effet, pourquoi ne pas aller jusqu'au bout si la Cour estime qu'il vraiment coupable de l'assassinat dont il était accusé et assortir la condamnation d'une peine de sûreté maximale?


Au risque de choquer certaines personnes et en mettant en avant ma vision uniquement professionnelle, si j'étais l'avocat de Colonna, j'aurais moi aussi utilisé la voie de l'appel.


Je n'ai pas eu connaissance du dossier, mais à entendre les récits des audiences et pour avoir été moi-même parfois quelques bribes des débats, je ne crois pas que l'accusation ait réellement eu un élement indiscutable de la culpabilité du berger de Cargèse.


Je fais partie de ceux qui pensent que s'il ya eu condamnantion aujourd'hui c'est plus pour sataisfaire l'opinion publique que pour mettre en avant les fondemants de notre droit.


N'oublions pas qu'en droit pénal le doute doit profiter à l'accusé et je ne pense pas que ce principe ait été appliqué avec rigueur aujourdhui.


Une chose est au moins sûre ce soir, nous n'avons encore pas fini d'entendre parler de l'assassinat du Préfet Erignac et ce n'est malheureusement pas la meilleure des solutions qui soit pour sa veuve qui doit avoir bien du mal à faire son deuil.




sept.
14

SITE DE LA JOURNEE DU JEUNE AVOCAT

  • Par maitre.graillot le
sept.
14

LA JOURNEE DU JEUNE AVOCAT

  • Par maitre.graillot le

A l'initiative de l'UJA, cette 1ère journée du jeune avocat est symbolique de l'évolution de la composition du barreau.

Venez-y nombreux.


Début : 19/10/07 - 10:00
Fin : 19/10/07 - 20:00
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