confrère (15)
.. et surtout les plus inattendues de la part d'un public quasi exclusivement constitué d'avocats ou d'élèves-avocats !
Ainsi ce soir je me suis rendue à la maison du barreau afin d'assister à la projection de ce film en avant-première et entendre les quelques prises de paroles qui ont suivi.
Je pensais passer une bonne soirée car je ne doutais évidemment pas de la qualité du film, notamment au regard du casting parfaitement réussi.
C'était sans compter le comportement de ceux de mes confrères qui ont cru devoir s'insurger contre ce long-métrage, allant même jusqu'à demander la modification du titre à une semaine de sa sortie nationale !
Que de réactions absolument disproportionnées ! Que de mauvaise foi !
En effet, le film relate le parcours d'un jeune avocat qui se laisse prendre dans la spirale de l'argent et de la gloire au mépris de ses règles de déontologie.
Je crois devoir ajouter que ce film n'est qu'une fiction et non pas un documentaire... Je dis ceci car lorsque j'ai entendu les confrères critiquer sans égards le thème du film, les bras m'en sont tombés.
Je pensais appartenir à une catégorie de personnes ouvertes à la critique et surtout douées d'une réflexion leur permettant de comprendre qu'un tel film n'a pas été tourné uniquement pour discréditer notre profession et encore moins pour cautionner une telle attitude de la part d'un jeune confrère qui a, dans le film, totalement franchi les limites.
Mais comment ne pas comprendre que ce n'est là qu'un scénario??? Comment reprocher au réalisateur de stigmatiser les avocats et de leur donner une mauvaise image auprès du grand public?
Mes chers confrères, je ne crois qu'il ait fallu attendre ce film pour que nous ayons mauvaise presse... Et malheureusement, nous savons tous, même si nous le condamnons, que certains de nos confrères ont eux aussi fait fi de nos règles de déontologie, et ceci n'est pas que pure fiction!
L'un d'entre nous présent à la tribune a très justement dit que si nous étions tous irréprochables comme le laissaient penser ceux qui ont pris la parole, les commissions de discipline de l'Ordre seraient un peu moins débordées...
Alors oui, le cas traité dans ce long-métrage est extrême. Oui, ce type de situation ne devrait pas exister et n'existe d'ailleurs peut-être pas ou si peu. Mais non, le film n'est pas contre nous et non tout n'est pas inventé.
Le réalisateur attaqué de toutes parts ce soir a tenté de justifier son scénario en expliquant comment lui était venue l'idée de ce film. Il a alors raconté qu'il avait eu la chance de lier amitié avec l'un de nos illustres confrères et que son scénario avait pris forme après avoir échangé avec lui sur ce que peuvent être les réalités de notre métier, notamment lorsque l'on exerce au pénal.
Pour ceux qui ont lu mes billets précédents, je connaissais moi aussi très bien ce confrère en question et je peux donc tout à fait confirmer ce que nous a dit ce soir le réalisateur. Le monde du pénal n'est pas tout rose et nos règles de déontologies si strictes soient-elles ne suffisent pas toujours à faire de nous tous des êtres parfaits.
Et puis d'ailleurs, si le film avait eu pour thème la vie quotidienne de l'avocat de base, nous nous serions ennuyés!
Le public aime les thèmes où les gens de bonne vertu se mettent en danger et où le bien et le mal se côtoient jusqu'à ne faire plus qu'un.
Je ne crois pas que le film "Commis d'Office" que j'ai encore revu récemment et qui a été réalisé par une de nos consoeurs n'ait reçu un accueil aussi peu chaleureux à l'époque et pourtant le rôle principal était celui d'un jeune avocat qui se laisse tenter par l'appât du gain et qui lui aussi dépasse les limites en pactisant avec "le diable" et ce, au mépris total de nos règles de déontologie. Le film a connu un beau succès et c'est tant mieux car il était très bien fait.
Il nous faut savoir accepter la critique. Je crois que notre profession est parmi les plus belles au monde, mais ayons l'honnêteté de reconnaître que notre confrérie n'est pas parfaite et que cela puisse servir l'imagination d'un réalisateur de talent.
Je tenais aussi à saluer la réaction de l'un des acteurs du film présent ce soir qui lorsqu'il a vu une partie de la salle se rebeller contre le film, a tout simplement dit qu'il avait bien fait de venir car cette fois-ci c'était lui qui était au spectacle ! Quelle vérité !
J'ai ressenti la même chose. Tout le monde a le droit d'avoir son opinion et de l'exprimer, mais la moindre des choses de la part de professionnels de la prise de parole aurait été de ne pas crier, de ne pas se couper la parole, et peut-être tout simplement de laisser à "la défense" la parole en dernier...
Ceci n'a pas été fait et je trouve cela bien dommage, nous avons donné de nous une bien piètre image et pour le coup celle-ci était bien réelle...
Je souhaite en tout cas une belle réussite à ce film !
Depuis un moment je cherche mes mots.
Je cherche mes mots afin de rendre un dernier hommage à notre confrère Jean-François Le Forsonney qui nous a quittés le 21 décembre dernier.
Sa vie avait commencée sur les terres marocaines, à Rabat, le 5 juillet 1949.
Après avoir réalisé ses études de droit à la faculté d'Aix en Provence, il prête serment à la Cour d'Appel de cette même ville le 11 décembre 1972 et s'inscrit au barreau de Marseille, qu'il ne quittera jamais malgré son installation secondaire à Paris au début des années 90.
Sa vie de jeune avocat va être rapidement bousculée lorsque poussé par son maître de stage, Paul Lombard, il accepte en 1974 alors qu'il n'a que 25 ans, de prendre la défense de Christian Ranucci, accusé d'avoir tué la petite Marie-Dolorès Rambla, 7 ans.
Il ne le sait pas encore mais ses premières assises le propulseront sur le devant de la scène pénale, puisque son client sera malheureusement exécuté sous ses yeux au cours de l'été 1976, après un procès laissant plus que des doutes sur la réelle culpabilité de Ranucci.
Très fortement marqué par cette expérience inoubliable, il promet alors de tout faire pour lutter contre la peine de mort, l'injustice et l'erreur judiciaire.
Il ne failli jamais à sa promesse.
*
* *
C'est l'année où Ranucci perdit la vie que la mienne commença. Je n'ai commencé à entendre parler de cette affaire que bien des années plus tard et pour cause puisque plus le temps passait et plus l'affaire dite « du pull-over rouge » semblait être une véritable erreur judiciaire.
Ma rencontre avec Jean-François Le Forsonney eu lieu quand à elle il y a près de 10 ans.
Je n'étais alors qu'étudiante en droit, à la fois stagiaire d'un cabinet d'avocat et vacataire au palais de justice de Paris, et cette rencontre avec cet avocat de renom, homme discret s'il en était fut pour moi une véritable révélation. Il ne l'a d'ailleurs probablement jamais su mais il a à jamais marqué ma vie.
J'étais émerveillée de le voir ailleurs que derrière le petit écran. Stupéfaite aussi qu'il ne feigne pas de m'ignorer comme beaucoup d'avocats très peu intéressés par leurs futurs confrères. Conquise enfin lorsqu'il prit même de son temps si précieux pour m'entretenir de ce qu'avait été pour lui l'affaire Ranucci.
Il me parla aussi du métier d'avocat en général, puis de la pratique du pénal en particulier, me prodiguant de nombreux conseils que je m'attache encore aujourd'hui à respecter scrupuleusement, tant la passion qu'il avait pour son métier a été contagieuse.
En effet, la stagiaire de l'époque est devenue à son tour avocat et j'ai encore tout à fait à l'esprit mon entrée au barreau.
Jean-François Le Forsonney y a d'ailleurs contribué en me rédigeant cette précieuse attestation vantant les mérites de celui qui prétend au barreau et qui me permit de prêter serment.
Je sais que ce jour là dans la foule, il était présent. Discret comme à son habitude, m'accompagnant avec bienveillance vers mes débuts dans la profession.
Jamais depuis notre rencontre il ne m'a fait faux bon, toujours là pour répondre à mes interrogations, me conseiller dans mes choix et m'orienter dans mes périodes de doutes.
Si Jean-François Le Forsonney a défendu les plus grandes causes, il n'en restait pas moins accessible, humain et toujours passionné, voilà pourquoi je lui vouais un profond attachement doublé d'un très grand respect.
Mais aujourd'hui je suis triste.
Triste de l'avoir vu nous quitter trop tôt. Triste aussi en tant que confrère de voir que notre profession perd un de ses plus grands représentants. Triste enfin car malgré sa personnalité, cette carrière magnifique et cette notoriété, j'ai la désagréable impression que son décès n'a pas reçu l'écho qu'il aurait dû.
Trop peu de médias ont diffusé la nouvelle et encore moins ont choisi de lui rendre hommage. Pourtant je pense que les gens auraient souhaité savoir que nous venions de perdre un être exceptionnel, homme simple et honnête qui aura dédié sa vie à son métier et plus particulièrement, comme il l'avait promis à Ranucci lors de son exécution, à la lutte contre la peine de mort et l'erreur judicaire, qui auront tant marquées sa vie.
Pour ma part, je suis en deuil, j'ai perdu mon repère dans cette profession si difficile et je ferai mon possible pour que là où il se trouve il puisse voir que je n'ai pas oublié tout ce qu'il m'a appris, peut-être même sans le savoir.
Pour terminer, Cher Jean-François, je m'adresserais directement à vous comme l'a fait le 7 janvier dernier lors de votre enterrement, notre Confrère Paul Lombard.
Il nous a rappelé qu'après avoir longtemps plaidé à vos côtés pardevant le Tribunal des Hommes, il ne se trouverait pas là pour votre dernière plaidoirie qui aura lieu cette fois devant le Tribunal de Dieu.
Pourtant il a ajouté que comme à votre habitude vous y seriez brillant.
C'était à n'en pas douter, tout comme aujourd'hui il est évident que vous nous manquez à tous.
Jean-François, merci de votre passage dans nos vies, dans ma vie, puissent ces quelques lignes maladroites vous prouvez à quel point je vous appréciais et vous respectais.
Bonjour,
J'entends profiter de cette rentrée pour redynamiser ce blog.
L'actualité est riche et nous allons commencer ce mois de septembre avec la remise du rapport Léger.
En qualité de membre de l'Uja et chargée à ce titre de la co-direction de sa commission pénale, nous publierons très bientôt ce rapport ainsi que quelques commentaires le concernant.
A bientôt.
Bonjour,
Vous n'êtes pas Chers confrères sans savoir que nous allons très bientôt procéder aux élections de notre Dauphin, des nouveaux membres du Conseil de l'Ordre mais aussi des membres du CNB.
Faisant moi-même partie de l'UJA, je ne puis que vous recommander de voter pour les miens !
Julie COUTURIER et Philippe TOUZET se présentent pour le Conseil de l'Ordre et nous avons une très belle liste aussi pour le CNB avec à sa tête Romain CARAYOL. (lien site Uja)
Ce sont des gens investis et motivés, ce dont je peux témoigner car je les cotoie régulièrement.
Mon but n'est pas de promouvoir à tout prix l'UJA, mais seulement de vous recommander des personnes qui je pense feront de très bons élus.
Nous avons tous intérêt à ce que nos élus soient actifs, voilà pourquoi je me permets ce billet.
Mais comme je l'ai dit, je souhaite que nous puissions élire des Confrères qui feront de bonnes choses pour nous et à ce titre je souhaite aussi vous dire qu'Emmanuelle HAUSER PHELIZON qui se présente au Conseil est une personne formidable qui a une expérience sans égale de notre palais et fera sûrement un très bon membre du Conseil de l'Ordre.
Je vous remercie de votre lecture et vous souhaite un bon vote!
A très bientôt.
A l'attention des personnes désireuses d'en savoir plus sur notre organisation et notre métier, voici l'adresse internet de notre ordre.
Bonne visite et pensez à poser vos questions en utilisant la fonction "A propos" de notre blog.
C'est ICI
Ce sujet est sur toutes les lèvres des élèves avocats.
L'EFB va-t-elle être déménagée rapidement en banlieue comme le laisserait penser le dernier edito de notre Bâtonnier?
Une chose est sûre, c'est que nos futurs confrères sont stréssés, à tel point qu'ils ont publié une édition spéciale de leur journal "Le Baromètre" sur ce point.
Qu'en sera-t-il vraiment? Pour le moment, nul ne le sait car le site d'Aubervilliers suscite des réactions diverses et variées.
De multiples questions se posent autour de l'accès à ce site, de sa taille qui semble démesurée par rapport aux réels besoins de notre école, mais des points positifs ont aussi été soulevés, notamment par rapport à son coût qui serait bien plus restreint que si la solution était trouvée sur Paris intra-muros.
Il serait opportun de sonder les principaux intéréssés sur le sort qui pourrait leur être réservé, cela semble la moindre des choses, mais pour le moment ils sont un peu mis à l'écart.
Qu'ils se manifestent donc, afin que leurs confrères puissent défendre leur point de vue quel qu'il soit, et notamment par la voix de l'UJA.
La commission pénale de l'UJA vous propose une réunion autour du thème des "Comparutions Immédiates".
Elle aura lieu le jeudi 17 avril 2008 à partir de 20H00, à mon cabinet, 25 bis rue Jasmin - 75016 PARIS.
Plusieurs très jeunes confrères souhaiteraient pouvoir compléter les formations reçues par notre excellent Confrère Jean-Yves LEBORGNE avec un échange d'expériences pratiques d'autres confrères qui ont déjà pratiqué ce terrain parfois un peu glissant.
Voilà pourquoi nous nous réunissons, nous souhaitons permettre à tous les avocats qui le souhaiteront de venir partager ce moment.
Il est important de pouvoir nous réunir souvent afin de nous aider à rester solidaires, notre métier est difficile, il faut nous serrer les coudes!
Nous vous attendons nombreux!
Fin : 17/04/08 - 22:00
Le Travail d'Intérêt Général plus communément dénommé TIG est une des peines alternatives à l'emprisonnement et aussi dans certains cas une peine complémentaire.
Pour que cette peine soit prononcée par un Tribunal, celui qui en fera l'objet doit impérativement avoir donné son accord, ce que nombre d'avocats (dont je fais partie) conseillent généralement à leurs clients.
Cependant, soyez bien conscient que ce TIG est une peine et ne pensez pas en l'acceptant que vous serez dédouané et que vous pourrez vous permettre de ne jamais l'effectuer!
Ainsi, trop de condamnés ne respectent pas scrupuleusement les conseils qui leurs sont donnés et n'honorent pas les convocations chez le juge d'application des peines.
Sachez que si vous n'effectuez pas cette peine, cela constitue un nouveau délit : celui d'inéxécution d'un travail d'intérêt général et que cette nouvelle infraction est punissable en vertu de l'article 434-42 du Code Pénal de 2 ans d'emprisonnement et de 30.000 euros d'amende.
De plus en plus de Juges d'Application des Peines (JAP) saisissent le Procureur afin que cette infraction soit poursuivie en cas de manquement du condamné.
Les Tribunaux qui doivent alors statuer sont plus difficiles à convaincre, car en prononçant un TIG les premiers juges avaient laissé une chance au condamné. Si l'on ne sait pas saisir cette chance il va alors falloir être très convainquant pour éviter l'emprisonnement ferme qui nous pend au nez.
Soyez donc vigilants et honorez vos convocations tout en pensant à avertir d'un éventuel changement d'adresse afin de ne pas franchir le seul pas qui sépare le TIG du ferme !
Comme vous le savez certainement si vous êtes un fidèle de ce blog, je fais partie de l'Union des Jeunes Avocats de Paris.
A ce titre et lors de notre dernière réunion du 11 mars, le Président ainsi que son bureau ont décidé de me proposer la co-direction de la commission pénale de l'UJA, avec deux autres membres Marine et Constance.
Je souhaiterais que vous puissiez me faire part de vos remarques ou de vos envies par rapport à cette commission.
Que souhaiteriez-vous qu'elle propose? Pour ma part, j'ai envie de faire des rencontres sans prétentions entre diverses personnes acteurs du droit et qui pourront nous aider à partager nos expériences bonnes ou mauvaises en matière pénale et ainsi progresser.
Le droit pénal est incontestablement un droit pratique et je sais que certains de nos confrères ont pu exprimer l'envie d'être formés un minimum avant de se lancer dans les prétoires.
J'espère que nos futures réunions pourront satisfaire un maximum d'entre vous, mais pour cela j'ai besoin que vous vous exprimiez!
Merci de votre contribution et à bientôt à la Commission!
Hier, 21 février 2008, le Conseil Constitutionnel a partiellement validé la loi Dati sur les rétentions de sûreté et le jugment des fous.
Certains de mes éminents confrères avaient écrit de très bons articles, notamment dans le Marianne de cette semaine que je vous invite à lire car nos arguments y sont très clairement exprimés
Même les syndicats de la Magistrature estiment cette loi dangereuse.
Pour le moment je vous propose un lien vers le site de la FNUJA (Fédération Nationale des Unions de Jeunes Avocats), sur lequel a été posté dès hier soir un article de son vice-président, Olivier Bureth:
www.fnuja.com/LES-SAGES-ONT-ETEINT-LES-LUMIERES-_a900.html?preaction=nl&id=5208056&idnl=32012&
Je reviendrai probablement sur le sujet lorsque j'aurais pu lire les premières réactions à la suite de la décision des "Sages" de notre pays des droits de l'Homme.
Ont-ils vraiment été si sages en prenant cette décision, là est la question?
Je relaye l'appel de notre Bâtonnier à nous regrouper afin de manifester contre les projets de lois Dati en cours.
Rendez-vous donc :
MERCREDI 30 JANVIER A 14H00 - PLACE DE LA SORBONNE
Soyons les plus nombreux possible mes chers confrères afin de montrer notre hostilité à des projets de lois plus déroutants les uns que les autres.
Ce lundi, le Palais de Justice de CRETEIL était en ébullition. En effet, c'est hier que devait être rendu le délibéré concernant les membres de "l'Arche de Zoé".
Lors de leur procès au Tchad, ils avaient été condamnés à 8 ans de travaux forcés.
Puisque la peine n'existe pas en droit français, la justice française se devait de transformer cette peine pour qu'elle soit exécutable sur le territoire national.
C'est chose faite : et sans surprise conformément aux réquisitions qui avaient été formulées lors de la première audience, la peine à été convertie en 8 ans d'emprisonnement.
Cela a soulevé de multiples contestations et notamment celle des avocats de la défense qui ont d'ores et déjà intejeté appel de la décision.
Cependant, force est de constater que vu les accords qui ont été signés entre notre Etat et le Tchad, les magistrats ne pouvaient guère faire autrement.
Je pense que la solution se situe plutôt du côté de la demande de grâce formulée parallèlement par les avocats de la défense auprès du Président Tchadien.
Mes confrères avaient notamment invoqué le non-respect de la Convention Européenne des Droits de l'Homme au procès de N'Djamena lors de leurs plaidoiries à Créteil, cela aura été insuffisant et pour cause puisqu'une fois encore les magistrats étaient tenus par les textes et ne disposaient d'aucun droit pour réformer un jugement intervenu à l'étranger.
Il nous faut maintenant attendre l'examen de l'affaire en appel, ou la décison du Président Tchadien...
Je souhaite par cette petite publication rendre hommage à toutes les personnes qui ont permis que le réveillon se déroule sous les meilleurs auspices pour bon nombre d'entre nous.
En effet, pendant que nous faisions la fête, de nombreuses personnes travaillaient dans l'ombre, sans vouloir faire une liste exaustive, je pense notamment aux médecins et infirmières, aux services d'ordre, aux personnels des transports en commun et plus généralement à tous ceux qui ont mis leur temps et leur énergie à notre disposition afin de nous faciliter les choses où en tout cas nous les rendre moins difficiles.
Une petite pensée particulière pour mes Confrères qui ont assuré les permanences de gardes à vue durant cette nuit de la Saint Sylvestre, car ce n'est pas non plus une mince affaire !
Merci à tous ces gens dévoués.
Nous voici en train d'entamer une nouvelle année, que 2008 soit l'année des réussites pour le plus grand nombre et que le bonheur soit au rendez-vous. Bienvenue en l'an 2008 et à bientôt sur ce blog !
Que vous soyez l'un de mes Confrères, un justiciable potentiel ou bien encore un visiteur simplement curieux, je me permets de retenir votre attention sur un point bien précis : LE PROJET DE REFORME DU DIVORCE PAR CONSENTEMENT MUTUEL !
J'ai déjà rédigé dans l'urgence un petit article sur ce point mais je reviens à la charge car nous avons décidé de dédier la journée du 19 décembre à la manifestation de notre mécontentement.
Les réformes ne se font plus que dans l'urgence et sans aucune consultation préalable des acteurs qui se trouvent pourtant être au coeur de ces procédures.
Ne nous laissons pas évincer ! Mes Chers Confrères, le Bâtonnier a mis à notre disposition une adresse mail afin que nous lui fassions part de nos réactions sur le sujet, la voici : communication@avocatparis.org
Ce n'est pas de cette manière que les choses changeront, le gouvernement doit consulter les avocats et les magistrats avant d'envisager une quelconque réforme qui au demeurant ne se révèle même pas indispensable en l'état actuel des choses.
Le divorce a été réformé il y a peu et le divorce par consentement mutuel est une procédure qui fonctionne plutôt bien, cependant rien de cela ne serait possible sans l'intervention en amont de l'avocat puis du juge aux affaires familiales afin de valider la procédure après s'être assuré du respect des droits de toutes les parties en présence.
Qu'en sera-t-il lorsque les futurs "ex-époux" se retrouveront en autarcie dans l'étude du notaire?
J'espère juste que personne ne nous apportera de réponse à cette question et que pendant bien longtemps encore, le juge et l'avocat garderont leur place au sein des procédures de divorce qui ne devront jamais être banalisées.
Il y a peu, j'ai traité très brièvement sur ce blog de la notion de contradictoire. L'article semblait alors s'orienter vers un public plutôt novice. Ce soir j'aimerais m'adresser peut-être à un public plus large englobant aussi et surtout mes confrères.
J'ai eu à vivre très récemment un épisode de mauvaise foi plus que navrant, car au delà du fait que concrètement cela a désorganisé ma défense et que j'ai dû retravailler un dossier dans l'urgence, c'est la profession dans son ensemble qui s'en trouve ternie car les remarques dans une salle d'audience ne se font pas attendre.
Ainsi, alors que mon contradicteur devait me produire ses pièces et conclusions depuis maintenant plus de cinq mois conformément au calendrier fixé par le président, et après avoir fait preuve d'un mutisme et d'une surdité caractérisés pendant ces longs mois, je reçois, moins de 48h avant l'audience, un fax aussi bref que la période d'inactivité du confrère a été longue.
Le contenu de ce fax? Les fameuses conclusiosn tant attendues? Non bien sûr ce serait trop beau. Seulement deux pauvres pièces qui se battent en duel, sans réel intérêt et qui sont accompagnées d'un charmant courrier me disant que les choses n'ont pas pu se faire autrement et que bien sûr dans un souci de confraternité l'expéditeur s'associera à ma demande de renvoi! Non mais je rêve!
Bien déterminée à plaider malgré tout car mon client attend cette audience depuis près d'un an, je ne donne pas suite à cette "provocation" que j'avais bien évidemment sentit venir.
Certainement déboussolé par mon inaction, le confrère romp de nouveau son mutisme pour inonder mon secrétariat d'appels afin de savoir si j'entends bien plaider ce dossier le jour J. "Evidemment" lui est-t-il répondu.
Et devinez quoi? Et bien après recouvré la parole, le confrère a par la force des choses retrouvé aussi la force d'allumer son ordinateur puisque le jour même de l'audience, j'ai reçu des conclusions en pièce jointe d'un mail envoyé à....5h du matin!
Ni une ni deux, je lui réponds que j'ai bien reçu ses conclusions et que je suis au regret de devoir...lui annoncer que j'aurai l'honneur d'être son contradicteur lors de l'audience qui aura lieu dans quelques heures.
Tout ceci, pour vider un peu mon sac bien sûr et aussi pour rappeler que les principes ne sont pas faits que pour être transgressés, mais aussi peut-être pour être respectés. Ce genre de comportement ne sert la cause de personne car il est bien évident que dans une salle d'audience le public ne se dit qu'une chose en assistant à ce type de mesquinerie, c'est que les avocats sont bien tous les mêmes, c'est-à-dire des gens pas toujours très hônnetes.
Je sais aussi que nous ne sommes pas confrontés à cela tous les jours et heureusement d'ailleurs. Il existe de très nombreux confrères qui sont charmants et courtois, mais surtout respectueux des principes quels qu'ils soient. Ce billet leur est dédié.
Mes chers Confrères, le contradictoire est mort, vive le contradictoire! Ne laissons pas quelques irréductibles ternir notre image!
