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Zoom sur arrêt : Cass.com 10 févr.2009 - faute personnelle du dirigeant pour ne pas avoir constituer de provisions

  • Par franck.cardon le
    (mis à jour le )
  • Dernier commentaire ajouté

L'arrêt rendu par la Cour de cassation le 10/02/2009 (n°07-20445) mérite toute notre attention. Nous reproduisons ci-après l'attendu de principe:


Vu l'article L. 225-251 du code de commerce ;


Attendu que pour rejeter la demande formée par la société de gestion Pierre X..., l'arrêt, après avoir relevé qu'il était reproché à MM. Albert et Yves Z... de ne pas avoir provisionné au bilan de la société MMS International, à compter de l'exercice 2000, le montant des redevances dues par cette société jusqu'au terme des trois contrats de licence abusivement résiliés, puis le montant des condamnations mises à sa charge par les trois jugements prononcés par le tribunal de commerce en 2002, en dépit des réserves émises de façon répétée par le commissaire aux comptes, retient que la décision de ne pas constituer de provision particulière pour les années 2000 à 2003 a été prise par le conseil d'administration et approuvée par l'assemblée générale de la société MMS International et qu'à supposer même qu'elle soit susceptible de constituer une faute à l'encontre des dirigeants de celle-ci, elle ne pourrait être considérée comme détachable de leurs fonctions, une telle décision entrant parfaitement dans le cadre de celles-ci ;


Attendu qu'en se déterminant ainsi, sans rechercher si les décisions litigieuses ne constituaient pas de la part de leurs auteurs, même agissant dans les limites de leurs attributions, des fautes intentionnelles d'une particulière gravité incompatibles avec l'exercice normal de leurs fonctions sociales, la cour d'appel n'a pas donné de base légale à sa décision ;


Que devons-nous en conclure? Pour les hauts magistrats, ne pas constituer une provision peut être une faute "intentionnelle d'une particulière gravité" imputable au dirigeant. Dès lors, sa responsabilité personnelle peut être engagée (faute détachable de ses fonctions), sans préalablement engagée celle de la société.





1 commentaire

complémet quant à l'apport de l'arrêt.

  • Par azaria emilie le

il semble ressortir de cet arrêt que la cour de cassation nous confirme, expressément cette fois, que la faute détachable est appréciée à travers un critère exclusivement subjectif, refusant ainsi l'appréciation faite par la cours : à travers un critère objectif.

de cela découle une double conséquence :

d'une part le dirigeant fait l'objet d'une exigence accrue de la part des juges suprêmes (on pourrait en déduire une plus grande sécurité pour les tiers et la fin de l'immunité des dirigeant),

d'autre part le rejet du critère objectif fait naître un paradoxe = en faisant conserver au dirigeant son immunité pour les actes accomplis en dehors du cadre de ses fonctions ! le dirigeant restant moins responsables que les préposés...


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