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Mitoyenneté : la cession forcée de propriété n'est pas une privation de propriété injustifiée

  • Par jerome.alirol le
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L'article 661 du code Civil énonce que le propriétaire d'un fonds peut forcer son voisin à accepter que le mur contigu aux deux propriétés devienne mitoyen.

Le problème était en l'espèce de savoir si cette disposition était contraire aux articles 2 et 7 de la Déclaration des droits de l'Homme. La déclaration énonce que: « le droit de propriété est un droit naturel et imprescriptible. C'est un droit inviolable est sacré dont nul ne peut être privé, si ce n'est lorsque la nécessité publique, l'également constatée, l'exige évidement, et sous la condition d'une juste et préalable indemnité ».

Le Conseil constitutionnel affirme que la cession forcée de mitoyenneté d'entre pas dans le champ d'application de l'article 17 de la Déclaration de droits de l'Homme.

En effet, selon lui, la cession forcée de mitoyenne ne s'analyse pas en une privation de propriété, mais en une simple restriction justifiée par l'impératif de conciliation des droits des propriétaires voisins. Le droit du propriétaire devient seulement indivis, et il continue d'exercer sur sa partie du mur son droit de propriété.

La cession forcée de mitoyenneté s'analyse simplement comme une limitation des droits du propriétaire du mur, laquelle doit être, au vu des articles 2 de la Déclaration des droits de l'homme, justifiée par un motif d'intérêt général proportionné à l'objectif poursuivi. Au regard du Conseil constitutionnel, la nécessité de concilier les droits des propriétaires voisins constitue un motif général proportionné à l'objectif poursuivi.

Cette décision ne résout cependant pas tout. En effet, le Conseil Constitutionnel est saisi d'autres questions prioritaires de constitutionnalité, notamment sur la base de l'article 1 protocole 1 de la Convention Européenne des Droits de l'Homme qui garanti elle aussi le droit à la propriété privée.


Conseil Constitutionnel, 12 novembre 2010, n°2010-60




3 commentaires

article 661

  • Par Burgnies le

L'article 661 fait qu'un propriétaire a moins de droit que son voisin car il lui est impossible de refuser cette vente.Ce voisin pourra mettre des poutres dans le mur,le surélever...sans qu'il soit possible de s'y opposer.On parle d'économie de matériaux mais pas des nuisances sonores.On voit dans les articles concernant cette loi d'un coté des personnes qui profitent d"une opportunité que je qualifie de malsaine et d'autres qui essaient de s'en dépêtrer.La définition de la propriété est de pouvoir utiliser son bien en toute liberté sans nuire à autrui bien sûr.Rien de tout cela dans cette loi qui n'est qu'une vente forcée.Décider du partage est extrêmement délicat et dans l'histoire les abus ne manque pas.Une loi doit être juste, équitable,nous en sommes à des lieux .


RE: article 661

  • Par jerome.alirol le

Vous avez raison dans un sens, c'est exactement ce que dit la Cour de Cassation. En effet, il n'est pas possible de s'opposer à ce que le mur devienne mitoyen, même s'il y a une contre partie financière correspondant à 50 % du coût de la construction


article 661

  • Par burgnies le

Courrier adressé à Mr Sarkozy:Le conseil constitutionnel a décidé que l'article 661 du code civil n'est pas contraire à la constitution.Les arguments sont que de rendre indivis n'enlève pas le droit de propriété et qu'il permet une économie de matériaux.Je constate que dès lors aucune décision personnelle n'est possible alors que la définition de la propriété est de pouvoir utiliser son bien en toute liberté sans nuire à autrui.Une indivision est créée par force alors que personnne ne peut être contraint à rester dans l'indivision réputée précaire.L'économie prétendue engendre une mauvaise isolation phonique qu'il faut renforcer à grand frais,répercussion des bruits de plancher par les poutres traversant les murs.Possibilité de fragilité de ce mur qui construit pour une maison en supporte deux.Dans cette décision les modes,règles et matériaux de construc-tion qui ont complètement changé n'ont jamais été évoqués.Aucune liberté sur une transformation de ce mur,unilatéralité de ce choix.En fin de compte votre voisin décidera du futur de votre mur,pourra le surélever,installer des poutres,faire de votre relation de voisinage une abomination.Faut-il dire que cette loi prétend concilier?Le caractère exorbitant de cette possibilité fait que de nombreuses réactions existent.Cet article choque par des lois qui s'opposent,se contredisent.Cette décision est contraire aux conclusions de la Cour de Cassation qui s'est appuyée sur les mêmes arguments.La Cour de Cassation et le Conseil Constitutionnel sont deux institutions dotées de grandes responsabilités,comment comprendre ce désaccord extrême sur la compréhension d'un article de loi? pour être admise la loi doit être juste,équitable,rien de tout cela dans cet article.

Décider du partage est une chose extrêmement délicate et il est très facile de tomber dans l'abus de pouvoir.L'histoire n'est malheureusement pas avare d'exemples où l'intérêt général a été l'instrument des pires actes.


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