mars
10

Vers la fin des hommes sans nom ?

  • Par laurent.epailly le
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Le Général COMLE (général commandant la Légion Etrangère) vient d'annoncer, dans la continuité du rapport de l'ancienne Garde des Sceaux, Marylise LEBRANCHU, deux aménagements très importants de la situation des légionnaires engagés :


* la fin de l'obligation de s'engager sous une identité d'emprunt (mais pas pour les français, a priori, de s'engager sous une nationalité d'emprunt).


* la fin du blocage systématique du compte en banque du légionnaire déserteur, pratique reconnue comme clairement illégale.


En revanche, rien de changé sur l'obligation de justifier, outre de 3 années de service, du certificat de bonne conduite, afin d'être nanti, à la sortie, d'un titre de résident de 10 ans. Et ce n'est en rien anormal, contrairement à ce que pensent ceux qui n'y connaissent rien.


Rien à dire sur la seconde mesure, on applique la Loi.


Sur la première, il faut savoir, qu'en fait, il n'existait pas à proprement parler d'obligation d'identité déclarée, mais la pratique avait conduit à le faire de manière systématique, ce qui était devenu une tradition.


L'inconvénient, c'était que le Légionnaire qui n'avait pas été "rectifié" (c'est à dire qui n'avait pas encore recouvré sa vraie identité) ne pouvait se marier, posséder un permis de conduire civil ou un passeport, par exemple.


La contrepartie, c'est que la Légion est sa patrie (Legio Patria Nostra) et sa famille.


A vrai dire, la question était difficile à résoudre : l'habitude de changer d'identité était liée, pour l'essentiel, à cette possibilité laissée à certains d'avoir une nouvelle chance par une nouvelle vie. De fil en aiguille, il est apparu égalitaire que tous soient sous identité déclarée, afin que les restrictions imposées par nécessité aux uns, soient partagées par solidarité par les autres.


La modernité, le respect de l'identité des hommes sont, sans doute, des raisons suffisantes pour rompre avec une tradition (notez que, pour le coup, il n'y a pas besoin d'une loi...).


On sent pourtant, confusément, ce que le romantisme perdra devant l'identité toute nue.


Cela dit, la midinette éperdue devant son beau "bérêt vert", qui se posait naguère la question "mais qui est-il vraiment ?", se posera dorénavant celle-ci : "est-il vraiment lui ou alors un autre ?"







2 commentaires

éperdue?

  • Par jean.devalon le

devant l'identité toute nue?


Il s'agit donc là d'une midinette...

  • Par dominique.jourdain le

Qui a une parfaite maîtrise de la langue...