Honnêtement, organiser des départs d'étrangers en situation irrégulière par vols spéciaux pour réduire les coûts (astronomiques), ça ne me choque pas.
Que dire de ceux qui n'hésitent pas à les comparer aux trains de déportés, sinon que ça ne peut pas rendre honneur à ceux qui profèrent de telles stupidités ?
En revanche, déjà plus problématique, en effet, est le retour forcé vers un pays à feu et à sang.
A vrai dire, je ne sais trop que penser d'un problème éminemment difficile à résoudre, tant il ne s'agit pas de containers à déplacer, mais d'êtres humains.
Alors, quand tu entends que pour se dédouaner, un Ministre de la République explique, grossièrement, que ces types devraient se battre dans un pays où nos jeunes meurent, au lieu de se les rouler chez nous...
Quand tu lis que des généraux, certes de 2° section (des retraités, mais bon...) écrivent : "Alors que nos soldats risquent leur peau en Afghanistan, non pas, comme on le répète bêtement, pour notre propre défense, mais pour aider les Afghans à mettre leurs trublions à la raison et à construire un État qui se tienne, nous devrions ouvrir nos portes à ceux d'entre eux qui refusent les risques d'une guerre autochtone. Nous voici complices de leur désertion. Car c'est bien de cela qu'il s'agit : ceux qui se réfugient chez nous désertent le combat qu'il leur faudrait mener."
Et un autre : "ces jeunes gens sont venus chez nous pour sauver leur peau, et bénéficier de conditions de vie avantageuses, plutôt que de mener à nos côtés avec les leurs un combat qui a un sens".
Comment ne peut-on avoir un minimum de compassion pour des gens qui fuient un pays en guerre comme, naguère, les espagnols républicains qui sonnèrent à notre porte ou nos grands - parents et parents, alors enfants, jetés sur les routes de France en 1940 ?
Comment ne peut - on admettre le courage de ces gens qui affrontent mille dangers pour venir de si loin pour échouer à Calais, à la porte du Royaume-Uni ?
Comment croire qu'ils ont des conditions de vie favorables, quand ils s'entassent sous des bâches de plastique, à la merci des passeurs, sans hygiène ?
Nos grands-parents ont -ils désertés ? Les centaines de milliers de soldats jetés sur les routes par l'inexorable avancée allemande, mitraillés par les airs, ont-ils désertés ? Devaient-ils défendre Paris maison par maison ? Devaient-ils rester au milieu de la route pour affronter le stucka ?
La vérité, c'est qu'un civil n'est pas là pour faire la guerre et que c'est l'honneur du militaire que de le défendre et, de tout temps, les civils ont fui les combats. Nos militaires font un travail difficile et dans l'honneur, en Afghanistan (et ils ne méritent pas les critiques de certains que seul le politique doit éventuellement endosser), mais ça m'étonnerait qu'ils pensent qu'un civil déserte à fuir les combats.
Crois-t-on sérieusement, alors que même nos buts de guerre deviennent plus incertains, que coincés entre un pouvoir tricheur et corrompu, que nous maintenons vaille que vaille, parce que nous n'avons pas de solution de rechange, et des talibans mal définis (talibans la nuit, paysan le jour), il est facile à la population de choisir son camp ?
Même pour nous, qui défendons légitimement nos intérêts occidentaux, le scénario de sortie de crise n'est pas bien défini, si ce n'est que nous devons désarmer des types qui ont été armés par les Américains pendant l'invasion Soviétique, parce que ça nous arrangeait alors.
Alors oui, quand on est en face d'une situation aussi humainement compliquée, à laquelle, nolens volens, nos anciens ont été peu ou prou confrontés , il peut être utile de se modérer un peu.
Il faudrait arrêter de croire qu'on est ferme alors qu'on est en plein syndrome des cojones.

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