Il est entendu que depuis près de 10 ans, ainsi que le relevait malicieusement le Canard Enchaîné en publiant toutes les "déclarations de guerre successives" à la Délinquance, à chaque fait divers opportun et médiatique, Notre Président d'abord Ministre de l'Intérieur, puis Notre Président, donc, déclare la guerre au crime organisé, à la délinquance, aux agresseurs divers et variés (voleurs de personnes âgées, "prédateurs" sexuels, voileurs de donzelles, gens du voyage fourre-tout...), avec Lois renforcées à la clé, coups de mentons, préfets déplacés, approximations légales et amalgames douteux.
Naturellement, à chaque déclaration de guerre, il faut une grandiose et médiatique opération policière combinée (policiers - ce gouvernement préfère les policiers aux gendarmes, c'est un fait - douaniers, agents du fisc, journalistes estampillés "suiveurs officiels") qui suit pour traduire en acte la parole présidentielle, comme on vient de le faire à Grenoble.
Commentaire au cas général : si l'on déclare la guerre à la délinquance tous les trois mois depuis dix ans, c'est que rien ne change sur le front du crime. Bilan ? Néant. Nul. On se croirait chez Orwell...
Il faudrait arrêter le baratin et agir vraiment : à la guerre, il y a ceux qui agissent et ceux qui font les discours, font un petit tour sur le terrain hyper-protégés et commentent les opérations. Curieusement, ce ne sont jamais les mêmes.
Commentaire au cas particulier : comme d'habitude, les quatre gus interpelés (tiens au fait, on en est où de la mouvance "extrême gauche de Tarnac", les dangereux "terroristes"?) sous les caméras de TF1, avec force policiers venant exprès de Paris (parce qu'en plus, il faut humilier les policiers de Grenoble, jugés pas assez bons pour cela...), style descente à Chicago, juste avant la venue de Brice HORTEFEUX, sorte de séminaire "Sécurité et Communication", ont été relachés, dés le lendemain du départ du même HORTEFEUX, sans charge retenue contre eux.
Il paraît que, toujours selon le susdit, ces 4 interpellations ont été "un succès"...
Bein au prix que ça a du coûter un "succés" pareil, souhaitons que l'on trouve rapidement le complice présumé qui, n'ayant fort heureusement pas tué ni blessé de policier, n'est finalement pas plus l'ennemi public numéro 1 que n'importe laquelle des petites frappes qu'il faut aussi interpeler... C'est qu'on n'a plus guère les moyens de se payer des "succés" pareils, nous autres, avec la crise.
Mais bon, celui-là, c'est comme Lies HEBADJ (le superlover Nantais à l'humour douteux) : il est dans le collimateur du Ministre.
C'est donc une affaire personnelle, sentiment qui ne devrait jamais guider une action gouvernementale prétendant à un minimum de hauteur et d'efficacité.
Et pour le reste, c'est toujours pareil : les victimes, tout le monde s'en fout, passé le temps de leur instrumentalisation.
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