J'ai enfin compris !
Tel le mouflet qui se rend compte qu'il n'a rien foutu du week end et se lève le lundi matin à 5 heures pour faire ses devoirs, Notre Président fait feu de tout bois dans les 100 derniers jours avant l'élection, pour faire croire qu'il s'active.
Pratique : les effets d'une décision politique mettant généralement du temps à se révéler, on ne retiendra que la décision avant l'élection.
C'est, par exemple, cette taxe Tobin que Notre Président veut mettre seul en place - comme d'habitude, sur un coup de tête - et comme la TVA sociale, là, tout de suite maintenant, alors qu'on en entend jamais parler que depuis 4 ans chez lui.
Il paraît même, si on en croit Guaino, que les Allemands sont d'accords (ce qui, au passage, révèle notre soumission et, du reste, Nicolas Sarkozy va aller prendre ses instructions à Berlin lundi et, sans doute, se faire tirer les oreilles), sauf que l'Allemagne a aussitôt sèchement rappelé que seule une taxe au niveau Européen était concevable.
Il y a mieux comme manifestation d'adhésion...
De quoi s'agit-il ? Tout simplement, de taxer à un taux infime (mais ça rapporterait beaucoup, vu le nombre et le montant des échanges quotidiens) de 0,3 % communément admis, les transactions financières notamment internationales, afin, non pas tant de moraliser le capitalisme (0,3 % de moralisation, ça fait juste...), mais plutôt de trouver les moyens de mettre du beurre dans les épinards.
Tobin, le promoteur de l'idée il y a déjà longtemps, y voyait plutôt la possibilité de trouver des fonds pour le développement des Pays en voie de développement.
Sur le principe, personne ne saurait être contre, si ce n'est que :
1. je vous épargnerai le discours de Nicolas Sarkozy en 1999 qui trouvait "inouï et invraisemblable" de mettre en place une taxe de cette nature qui "détruirait des dizaines d'emplois en France". Il faut croire que, depuis, la taxe ne détruit plus d'emplois...
2. les Suédois, justement, l'ont mis en place seuls, dans les années 1990 et ont du y renoncer. Non pas parce que c'était une mauvaise chose, mais parce que, tous seuls, ils ont en effet payé le prix fort en terme d'emploi, le capitalisme n'aimant pas les taxes, même modestes.
Mais nous, nous ne sommes pas aussi stupides que des Suédois, non ?
3. enfin, ce n'est pas comme si Nicolas Sarkozy, en 2008, n'avait pas supprimé l'impôt de Bourse à hauteur, justement de 0,3 % qui était, précisément, une taxe Tobin bien Française, à usage franco-français, donc sans effet néfaste...
Bref, que va-t-il se passer ?
Au pire, on mettra cette taxe en place pour dire aux électeurs bobos que voilà, vous en avez rèvé, Sarkozy l'a fait et, après moi le déluge, vu que les effets c'est dans deux ou trois ans.
Au pire, on ne la met pas en place après avoir tout mis sur le dos de Merkel (notre nouvelle Tatcher) et sur ces égoïstes de l'UE qui nous empêchent de moraliser le capitalisme et que ce n'est donc pas de ma faute si que je peux pas moraliser le capitalisme (et je lorgne, au passage, sur les électeurs à Marine).
P.S : au passage, la TVA sociale que les éléments de langage appellent "taxe anti-délocalisation", elle ne va pas servir à empêcher les délocalisations (vu que même un peu plus chère à la vente, une centrale vapeur chinoise sera bien moins chère que la centrale vapeur française que nous avons acheté à notre maman pour son noyel...), elle va juste servir à diminuer les cotisations patronales sur les salaires (sans grand effet, ni sur le prix de revient, ni sur le salaire net) et, en fait, ne sert qu'à une chose vraiment visible, augmenter la TVA de 2 à 4 point, soit :
* le taux de 2,1 de 4 à 6
* le taux de 5,5 de 7 à 9
* le taux de 7 de 9 à 11
* le taux de 19,6 de 21 à 24, en gros.
Bon, il y aura, comme toujours, un semblant d'arbitrage, avec des hausses annoncées fortes par Baroin ou Fillon, et Nicolas qui viendra nous dire qu'il a choisi de ne pas frapper les plus faibles (donc 2 points de hausse au lieu de 4 sur le taux à 5,5) ni la culture (donc 2 points aussi sur le 2,1 qui concerne la presse et le livre) et les salariés verront aussi baisser leurs cotisations sociales, du genre, 2/3 pour l'employeur et 1/3 pour les salariés, car la compétitivité économique, toussa toussa...
Je vous rassure pour les Ministres, comme Mariani pour l'affaire Seafrance (dont je reparlerai prochainement, le temps de finir de me faire une opinion), ils ont l'habitude d'être déjugés et, du reste, il paraît que les Conseils de Ministres se tiennent debout, faut qu'ils puissent s'assoir.
Au final, votre divorce sera taxé à 24% de TVA et un timbre à 35 Euros (et 150 Euros en appel) et vous paierez tout plus cher dans le magasin et picétout.





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