janv.
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Tobin des bois...

  • Par laurent.epailly le
  • Dernier commentaire ajouté

Tel le mouflet qui se rend compte qu'il n'a rien foutu du week end et se lève le lundi matin à 5 heures pour faire ses devoirs, Notre Président fait feu de tout bois dans les 100 derniers jours avant l'élection, pour faire croire qu'il s'active.


Pratique : les effets d'une décision politique mettant généralement du temps à se révéler, on ne retiendra que la décision avant l'élection.


C'est, par exemple, cette taxe Tobin que Notre Président veut mettre seul en place - comme d'habitude, sur un coup de tête - et comme la TVA sociale, là, tout de suite maintenant, alors qu'on en entend jamais parler que depuis 4 ans chez lui.


Il paraît même, si on en croit Guaino, que les Allemands sont d'accords (ce qui, au passage, révèle notre soumission et, du reste, Nicolas Sarkozy va aller prendre ses instructions à Berlin lundi et, sans doute, se faire tirer les oreilles), sauf que l'Allemagne a aussitôt sèchement rappelé que seule une taxe au niveau Européen était concevable.


Il y a mieux comme manifestation d'adhésion...


De quoi s'agit-il ? Tout simplement, de taxer à un taux infime (mais ça rapporterait beaucoup, vu le nombre et le montant des échanges quotidiens) de 0,3 % communément admis, les transactions financières notamment internationales, afin, non pas tant de moraliser le capitalisme (0,3 % de moralisation, ça fait juste...), mais plutôt de trouver les moyens de mettre du beurre dans les épinards.


Tobin, le promoteur de l'idée il y a déjà longtemps, y voyait plutôt la possibilité de trouver des fonds pour le développement des Pays en voie de développement.


Sur le principe, personne ne saurait être contre, si ce n'est que :


1. je vous épargnerai le discours de Nicolas Sarkozy en 1999 qui trouvait "inouï et invraisemblable" de mettre en place une taxe de cette nature qui "détruirait des dizaines d'emplois en France". Il faut croire que, depuis, la taxe ne détruit plus d'emplois...


2. les Suédois, justement, l'ont mis en place seuls, dans les années 1990 et ont du y renoncer. Non pas parce que c'était une mauvaise chose, mais parce que, tous seuls, ils ont en effet payé le prix fort en terme d'emploi, le capitalisme n'aimant pas les taxes, même modestes.


Mais nous, nous ne sommes pas aussi stupides que des Suédois, non ?


3. enfin, ce n'est pas comme si Nicolas Sarkozy, en 2008, n'avait pas supprimé l'impôt de Bourse à hauteur, justement de 0,3 % qui était, précisément, une taxe Tobin bien Française, à usage franco-français, donc sans effet néfaste...



Bref, que va-t-il se passer ?


Au pire, on mettra cette taxe en place pour dire aux électeurs bobos que voilà, vous en avez rèvé, Sarkozy l'a fait et, après moi le déluge, vu que les effets c'est dans deux ou trois ans.


Au pire, on ne la met pas en place après avoir tout mis sur le dos de Merkel (notre nouvelle Tatcher) et sur ces égoïstes de l'UE qui nous empêchent de moraliser le capitalisme et que ce n'est donc pas de ma faute si que je peux pas moraliser le capitalisme (et je lorgne, au passage, sur les électeurs à Marine).



P.S : au passage, la TVA sociale que les éléments de langage appellent "taxe anti-délocalisation", elle ne va pas servir à empêcher les délocalisations (vu que même un peu plus chère à la vente, une centrale vapeur chinoise sera bien moins chère que la centrale vapeur française que nous avons acheté à notre maman pour son noyel...), elle va juste servir à diminuer les cotisations patronales sur les salaires (sans grand effet, ni sur le prix de revient, ni sur le salaire net) et, en fait, ne sert qu'à une chose vraiment visible, augmenter la TVA de 2 à 4 point, soit :


* le taux de 2,1 de 4 à 6

* le taux de 5,5 de 7 à 9

* le taux de 7 de 9 à 11

* le taux de 19,6 de 21 à 24, en gros.


Bon, il y aura, comme toujours, un semblant d'arbitrage, avec des hausses annoncées fortes par Baroin ou Fillon, et Nicolas qui viendra nous dire qu'il a choisi de ne pas frapper les plus faibles (donc 2 points de hausse au lieu de 4 sur le taux à 5,5) ni la culture (donc 2 points aussi sur le 2,1 qui concerne la presse et le livre) et les salariés verront aussi baisser leurs cotisations sociales, du genre, 2/3 pour l'employeur et 1/3 pour les salariés, car la compétitivité économique, toussa toussa...


Je vous rassure pour les Ministres, comme Mariani pour l'affaire Seafrance (dont je reparlerai prochainement, le temps de finir de me faire une opinion), ils ont l'habitude d'être déjugés et, du reste, il paraît que les Conseils de Ministres se tiennent debout, faut qu'ils puissent s'assoir.


Au final, votre divorce sera taxé à 24% de TVA et un timbre à 35 Euros (et 150 Euros en appel) et vous paierez tout plus cher dans le magasin et picétout.


9 commentaires

Merci pour cette analyse aussi claire que géniale ...

  • Par albert.caston le

J'ai enfin compris !


donc....

  • Par Francis le


comme c'est sarkozy qui le propose c'est mauvais ?


en conséquence, on ne fait rien ? et on finit par crever ?


que proposez vous ?


Viral et purulent

  • Par Francois le


Que ce soit Monsieur Sarkozy ou un autre issu du même système d'exploitation, c'est du kif-kif.


Se faire avoir par des gens "souriants" n'est guère mieux. Monsieur Copé en est un exemple mais bon, il n'est pas le seul et cette espèce pullule. A la façon des virus.


Et bien c'est très simple, on réagit ou au minimum on essaie de le faire et de s'y intéresser. La politique est souvent triste, mais je dois avouer que nous devons vraiment faire valoir les opinions des citoyens lambda que nous sommes.


C'est vital, nous n'avons plus guère le choix.


Pour ma part la corruption et à tous les niveaux, me fait bondir. On triche, on soumet l'humain pour du fric, cela dépasse l'entendement.


Bon vous me direz, cela a toujours existé mais à des sommets pareils cela est effroyable. Tout est bon pour manipuler l'opinion alors que nous sommes en train de crever, on foule des valeurs humaines élémentaires, on va fêter Jeanne d'Arc, on dresse les turcs contre les arméniens, etc. et vas-y mon quiqui!


Analyser de façon la plus rationnelle possible l'actualité est utile, dans la mesure où cela nous permet de nous forger un avis, hors cercles journalistiques et toutes tendances politiques confondues.


Avez-vous des solutions Francis?


RE: donc....

  • Par laurent.epailly le

Non Francis, d'autant que je précise que "personne ne saurait être contre l'idée".


Le problème est ailleurs.


Le problème c'est que venant de Sarkozy et avec la méthode qui est la sienne, non seulement seuls ses supporters croient à la sincérité de la chose, mais en plus, nous prenons tous nos partenaires européens de court (et de haut - haut et court, en quelque sorte...).


La taxe Tobin n'a aucun avenir, et nous sera préjudiciable, si nous la faisons seuls.


Alors je pense qu'il est souhaitable que Sarkozy mette son énergie, qui est parfois réelle, à essayer de convaincre nos alliés européens à adopter la même taxe en même temps, parce que l'Europe est un bloc ou n'est pas.


Quant à la TVA sociale, le problème est de savoir :


1. ce que nous faisons du produit de la taxe (je pense que l'idée initiale d'aide au développement est morte)


2. comment nous répartissons la réduction des cotisations salariales : entreprise ? Actionnaires ? Salariés ?


N'oublions pas qu'en pratiquant ainsi, nous faisons glisser la protection sociale des salariés aux contribuables, groupes qui se contiennent sans exclusivité...


TVA sociale

  • Par Francois le


Voici l'analyse d'un autre auteur, sur la TVA sociale :


"Pourquoi la TVA sociale est-elle une mauvaise réponse ? Parce que c'est un très gros cadeau aux entreprises, qui sera payé par tous les consommateurs. Car qui peut croire que les entreprises vont répercuter dans leur prix la baisse des cotisations sociales ? Le MEDEF a déjà annoncé qu'il entendait bien en conserver une grande partie pour gonfler les marges des entreprises. Et la TVA est, on le sait, l'impôt le plus injuste. Avec la TVA sociale c'est la deuxième hausse de la TVA en quelques semaines après l'augmentation du taux réduit à 7 %. Je le rappelle : cette augmentation va rapporter 1,8 milliards d'euros à l'État.


1,8 milliards d'euros : autant que le manque à gagner lié à la réforme de l'ISF. Ce sont les plus pauvres qui vont financer la réforme de l'ISF pour les plus riches. Ça, c'est la réalité des réformes fiscales de Nicolas Sarkozy, qui restera jusqu'au bout le Président des riches."


Les deux analyses se rejoignent et se complètent, non?



ps: je ne suis pas économiste, j'essaie de lire et de me forger un avis


Trichard

  • Par Francois le

A quand la taxe Trichard pendant que nous y sommes ? Par Laurent coeur de lion.


On se demande où notre bloggeur va rechercher toutes ces références économiques mais bon, il est agréable de voir tout cela synthétisé d'un seul coup de crayon, euh pardon d'un seul coup de touche.


Ce serait une bonne idée qu'il crée enfin « l'Epitoge Enchainée » ou quelque chose du même genre, mais vu les misères faites aux journalistes quand ils disent la vérité il convient de rester prudent. Peut-être devrions-nous envisager d'ouvrir une maison d'édition en Suisse.


Comme je partage l'avis des lecteurs, je ne rajouterai rien, toussa, toussa ;-) mais... juste un petit mot pour l'esquisse du chasseur alpin reclassé après son CDI (on ne fait plus carrière dans l'armée, ça coûte trop cher à l'état, les soldats vieillissent, la pension, etc.) j'aimerais voir la même mais version femme,


cétipossible ? ou cétipapossible?


Excellente analyse

Je crois qu'en réalité, Notre Dévôt Souverain, il n'a pas la moindre intention de mettre en pratique ce type d'idée. Mais cela nuit à ses adversaires (voisins, certes, mais challengers quand même) du PS. On leur grapille des idées qui tout de suite sont "carbonisées" comme inapplicables. Et les troupes de l'UMP pendant les meetings ou les médias aux ordres, ont ainsi du fiel à distiller. Le discours écolo, et le discours socialiste sont ainsi "détricotés" et les adversaires obligés de radicaliser leurs arguments. C'est assez finement joué, finalement...


Sale mec!

  • Par Francois le


Oui et après on te reprend du "Sale mec repris" en criant au scandale! Et vas-y mon chéri!


A ce propos une fine analyse pour ce "malheureux propos"


Où sont les sales mecs? http://www.philippebilger.com/blog/2012/01/o%C3%B9-sont-les-sales-mecs-.html


Franchement nous avons eu une superbe année 2011, ne nous plaignons pas.





+

  • Par Francois le


Je ne suis pas un socialiste (ni rien d'autre d'ailleurs)


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