oct.
27

Pourquoi je ne regarderai pas Sarkozy ce soir à la télé...

  • Par laurent.epailly le
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Déjà, parce que je n'aime pas les escroqueries intellectuelles : on nous le présente comme l'invité d'une émission spéciale sur la crise, alors que c'est lui qui s'est invité sur les deux chaînes principales, a choisi ses interwievers (Pernaut et Calvi, des économistes patentés et dont le caractère critique est bien c.onnu..) et qui fait même produire l'émission par la société privée de son choix appartenant à son pôte Lagardère, évidemment le tout sur nos impôts.


Bref de la pure com politique électoraliste.


Surtout, à cause de ça :


«Il s'agit de décisions lourdes que personne n'aurait imaginé il y a un an. La France réclamait la convergence, c'est ce qui a été décidé. La France voulait éviter le drame d'un défaut, c'est ce qui est fait. La France souhaitait un fonds européen avec un effet de levier, c'est ce que nous avons fait également».


Ca, c'est le cocorico de la nuit où il a encore sauvé le Monde.


N'importe quoi.


D'une part, parce que :


1. il n'y a pas de convergence, mais alignement intégral sur les positions allemandes qui n'ont pas bougé d'un pouce.


2. nous n'avons nullement évité le "drame d'un défaut", puisque, précisément, la Grèce fait défaut de 50 %... Une paille.

Moi, si je fais défaut de 50 % de mon crédit immobilier, ma banque va tirer la goule.


3. les fonds du Fonds Européens, ils ne sont pas européens, ils sont nationaux : les mille milliards d'Euros viennent de la poche de chacun des Pays membres qui les garantissent. Certes, l'avantage, c'est que la garantie de 250 Milliards pour nous, environ, n'apparaît pas directement dans le bilan français (donc ne s'ajoutent pas à nos 1.600 Milliards d'Euros de dettes - dont 400 Milliards de plus depuis 2007, record absolu en France), mais chaque fois que le fonds va prêter à la Grèce, nous fourniront les fonds pour notre quote-part...



Et puis, il y a tout le reste : le fait que tous les 3 mois, nous avons sauvé l'Euro, le monde, l'Europe, que sais-je encore ?


Le fait qu'il y a trois mois encore, jamais au grand jamais il n'était question que la Grèce fasse défaut.


Le fait qu'il y a un mois encore, naturellement, il n'était pas question de recapitaliser les banques françaises...


Le fait que, précisément, les banques seront recapitalisées à hauteur de 109 Milliards, soit une très bonne affaire, car elles reçoivent 100 Milliards correspondant à leur abandon de créance, outre 9 milliards d'intérêts.


Inutile de vous dire où l'on prend les fonds nécessaires à la recapitalisation...


Enfin, non seulement la dette grecque, même réduite de moitié, demeure insupportable (120 % du PIB en 2020 (tu parles...) contre 160 aujourd'hui), mais encore, la dette italienne atteint 1.900 Milliards, la Française 1.600, l'espagnole 1.000 Milliards, etc.


Pourquoi voudriez-vous que les banques cessent de spéculer sur les dettes d'Etat, puisqu'en échange d'un abandon de créances lointaines, on leur offre une recapitalisation immédiate du montant de l'abandon intérêt compris ?


Rendez-vous dans trois mois pour de nouvelles mesures.


8 commentaires

Vous êtes bien injuste ....

  • Par patrice.giroud le

avec Monsieur CALVI qui est un excellent journaliste.


Je suis souvent ses émissions en deuxième partie de soirée sur la CINQ.


Il n'y parle pas la langue de bois.


Ses invités sont de vrais spécialistes dans chaque matière traitée.


Il ne faut pas être si catégorique !


RE: Vous êtes bien injuste ....

  • Par laurent.epailly le

Vous avez raison sur Calvi (je note que pour JP Pernaut...). Néanmoins, je le trouve moins incisif ces derniers temps qu'avant et beaucoup plus consensuel.


Avant, je trouvais qu'il posait des questions plus (im)pertinentes.


Sans doute le fait d'être finalement toujours entouré d'une vingtaine de mêmes invités (les 3/4 politologues, les 3/4 rédacteurs en chef, les 3/4 mêmes experts, qui eux-même sont rarement très en désaccord) tend à rendre une compliciité (au sens amical du terme) entre eux plus palpable.


Votez pour votre banquier ...

  • Par M21 le

Ce ne sont plus les gouvernements qui décident mais les banques. C'était déjà dit mais il faut bien le répéter.


La dette grecque, c'est 1% des avoirs européens des banques. Le bénéfice des banques françaises au premier semestre, c'est 11 M€. Alors on parle d'une petite dette à l'échelle du monde bancaire qui aurait dû être effacée depuis des lustres (pour cause de dommage collatéral). Sauf qu'encore une fois, le monde bancaire ne veut rien lâcher où on ne veut rien leur prendre.


Le monde économique est sans pitié. Une entreprise incapable de lâcher son bénéfice semestriel (j'en suis capable dans ma PME tout seul): elle ferme tout court (car non viable) ou ferme sa g... car c'est devenu une nécessité. On est dans une grave crise et c'est l'exceptionnel qui s'impose. En temps de guerre, on sait spolier.

Combien représenteront en 2011, les dividendes des sociétés cotées, les plus values de plans d'actions, des multiples contrats vie, madelin, livrets, etc ... ?

Comme on vit dans la bonne logique, le nouveau président de la banque européenne (Trichet ne peut être renouvelé une 3e fois) n'est pas moins que l'ancien n° 2 de Golmann Sachs: la banque qui a bien aidé les grecs à présenter des comptes falsifiés à l'Europe pendant des années. Il va rouler pour qui ?


Les fabricants de canettes de soda ont plus de soucis à se faire que leurs banques. Vous avez dit bizarre ?


Le pire sera à venir après quand on se retrouvera avec nos 15% de chômeurs (actuellement 10% en France, 6% en Allemagne et 17% en Grèce) et les effets induits dans différents domaines. L'après m'inquiète plus que le présent. Pourtant la fameuse vérité de l'histoire vous apprendra que la relance, c'est surtout le travail de tous (et non le chômage de tous). Ensuite la relance n'est pas forcément l'achat de télés chinoises: il y a d'autres directions plus locales, plus durables, avec des meilleurs effets induits.


Il y a 30 ans, la désindustrialisation de la France était déjà le sujet de certains mais c'était un sujet de fond pas des tweets. Personne n'écoute quant on veut gagner du pognon à la vitesse où on tweet.


Sur la recapitalisation des banques ???

  • Par carole.ghibaudo le

Mon Cher Laurent,


sauf erreur, de ce qui ressort du communiqué de presse sur cette réunion, à aucun moment le chiffre de 109 milliards d'euros n'a été avancé, non ? Si certains journalistes annoncent ce chiffre, n'est-ce pas une simple évaluation ?


On verra ce soir si le Président reprend ce chiffre. Ah ben non, puisque tu ne vas pas regarder !


RE: Sur la recapitalisation des banques ???

  • Par laurent.epailly le

Bon, c'est 106 Milliards, en fait, qui a été indiqué (mon 6 avait tourné...) sur le seul défaut grec.


Mais l'évaluation faite par l'agence bancaire européenne (EBA) est de 147 Milliards, sachant que l'impact du relèvement des réserves de 7% à 9% sur la distribution de crédit relève ce besoin de 200 à 247 Milliards d'ici juin 2012...


Bon, et puis après tout, peut être que je regarderai un peu d'une oreille distraite ou que j'écouterai d'un oeil critique...


RE: Sur la recapitalisation des banques ???

  • Par François le


"Bon, et puis après tout, peut être que je regarderai un peu d'une oreille distraite ou que j'écouterai d'un oeil critique..."


Ce qui reste une façon comme une autre, de voir le choses ;-)


Il peut-être dit de façon tout aussi efficace, je passais par là, il m'est venu aux oreilles que: "blabla..." et ma vision s'en trouva complètement modifiée, etc.


***


De toutes les façons, c'est une embrouille de plus... et il ne trime pas comme beaucoup de jeunes que je vois pour essayer de vivre leur vie.


Ecoeurement






RE: Sur la recapitalisation des banques ???

  • Par M21 le

Qu'ils se rassurent tes jeunes, ils ne vont plus trimer longtemps. Le hic est qu'ils ne vivront plus non plus.


je ne regarderais pas non plus.

  • Par alexia le

Nous savons que nous sommes traités en peuple inculte maintenu sciemment dans l'ignorance, on n'a pas besoin de vos discours, Monsieur Sarkosy,abstenez-vous de nous conter des fables absurdes, comme le faisaient les puissants dans l'Egypte ancienne, ne nous faites pas l'affront de nous dire que nous sommes entourés de dangers invisibles que seuls vos prêtres ont le don de conjurer.Nous savons que nous sommes traités en peuple à soumettre pour mieux nourrir votre ambition de "sauver le monde", mais n'oubliez jamais cela, chaque être est un monde à lui seul dont la puissance vous échappe car elle est bien plus forte que la vôtre.Vous n'aurez pas sauvé le monde mais le monde vous fera vous sauver.


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