Le malgré que.
... mais vous invite fermement à ne pas recommencer !
Cette citation est aussi célèbre dans la mémoire collective des avocats que, notamment, le fameux "Attendu que dans un monde civilisé, nul ne peut avoir faim autrement que par sa faute..." du bon Président Magneaud, qui allait donner naissance à l'état de nécessité comme fait justificatif à une infraction pénale.
Bon, je dirais dans la mémoire collective des plus anciens, parce que je ne suis pas convaincu que si l'on prend 100 jeunes avocats, on en trouve plus de 10 qui aient, à la fois, lu "l'abolition" (ou connaissent l'auteur), sachent qui est le Président Magneaud (et puissent citer au moins ses deux affaires les plus célèbres) et qui connaissent la célèbre formule d'entrée de ce billet. Le droit purement utilitaire fait des ravages.
Cela dit, quoi qu'ils la ramènent - même quand on ne leur demande rien - je ne parierais pas davantage sur les anciens...
Bref, outre que je viens de flinguer ma candidature au Bâtonnat 2025, tel n'était cependant pas l'objet.
Je ne pensais pas pouvoir entendre, pour de vrai, une formule datant d'il y a un siècle quand, cette semaine, elle ressurgit.
Tribunal correctionnel de Montpellier, juge unique.
On juge un garçon, un rien énervé, qui est accusé d'avoir exercé des violences sur son épouse enceinte.
Làs !, le certificat médical relève un "simple" choc psychologique, faute pour le médecin d'avoir fait déshabiller sa cliente...
Bref, parole de l'un - même qui s'embrouille un peu, canalisé par son conseil pour éviter le mot de trop - contre parole de l'autre, qui semble sincère mais n'a pas de preuve directe des coups dont elle se plaint.
Le réquisitoire du Parquet laisse peu d'espoir : relaxe faute d'éléments (peut être aurait-on pu éviter la poursuite ? Je dis ça...).
Et la relaxe est donc prononcée par la Présidente, laquelle prend le soin de bien expliquer au bienheureux justiciable qu'elle est prise au bénéfice du doute et "invite donc formellement Monsieur <Biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiippp> à ne pas recommencer"...



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