Je suis plutôt d'accord avec cet article de Marianne 2 :
http://www.marianne2.fr/Pour-81-des-Francais-l-insecurite-a-augmente-info-ou-intox_a214138.html?com#last_comment
Mais comme, en raison d'un dysfonctionnement des commentaires, je ne puis commenter sur place, je le fais ici :
En qualité de professionnel praticien, je pense que la délinquance stagne globalement (hausse des faits de violence aux personnes, mais sans doute moins de délinquance routière, par exemple, les crimes et délits se déplacent, mais la balance reste égale, peut être plus de délits "vivriers", avec la crise).
Mais on assiste là au retour du boomerang : à force de mettre en exergue les problèmes de sécurité et d'instrumentaliser régulièrement des crimes ou délits odieux à des fins politiciennes immédiates, on instille durablement dans l'idée des gens que la délinquance est partout et en hausse constante...
Et ce, alors même que le seuil de tolérance aux incivilités et autres agressions a nécessairement augmenté : il y a 30 ans, un tag, c'était une plainte au commissariat, un crime de lèse-majesté. Aujourd'hui, nombre ne les effacent même plus ou les ignorent.
L'insécurité, nous le savons tous, ce sont des faits réels et aussi un sentiment.
On ne peut pas manipuler indéfiniment le sentiment des gens, rien que pour des motifs politiciens, car, sinon, on entre dans un cercle non pas vicieux mais schizophrène avec des conséquences non-souhaitables :
1. il y a une certaine insécurité objective, qui frappe ou inquiète les plus faibles, notamment.
2. le gouvernement s'en empare, prend des mesures visibles et communique sur sa politique.
3. la communication met en lumière l'insécurité et développe un sentiment anxiogène.
2. le gouvernement s'en empare, prend des mesures visibles et communique sur sa politique.
3. la communication met en lumière l'insécurité et développe un sentiment anxiogène.
2. le gouvernement s'en empare, prend des mesures visibles et communique sur sa politique.
3. la communication met en lumière l'insécurité et développe un sentiment anxiogène.
2. le gouvernement s'en empare, prend des mesures visibles et communique sur sa politique.
3. la communication met en lumière l'insécurité et développe un sentiment anxiogène.
...
Bref, au final, le thème de la sécurité devient une drogue dure qui obnubile le citoyen, auquel le gouvernement, qui surfe sur la vague veut donner toujours plus de gages, et donc il est obligé de communiquer et de prendre des mesures spectaculaires qui font que le citoyen est toujours davantage obnubilé et demande toujours davantage de comptes à un gouvernement qui voit que le thème est porteur, donc en rajoute, tout en se demandant bien ce qu'il va trouver à dire ou à faire la prochaine fois.
Parce qu'il y a bien un moment où ça craque : c'est quand, par exemple, vous êtes au pouvoir depuis 10 ans en ayant fait de la sécurité un thème de prédilection (toute ressemblance etc.).
Si votre discours et vos actes se musclent (au moins en apparence) et qu'année après année, les gens ont le sentiment que l'insécurité progresse, il y a bien un moment où ils n'y croient plus.
Le seul hic, c'est que bien préparés par dix années d'insécurisation, ils peuvent aussi choisir de donner leur chance à plus prétenduments musclés que les précédents...
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