Elle nous tombe, toute cuite, en ce dernier jour de 2009.
En guise de préliminaire, afin de vous éviter de vous engouler en famille ce soir, je vous résume l'intervention Présidentielle :
(Quelques notes de la Marseillaise sur fond de drapeau français et européen)
* Mes chers compatriotes,
* l'année a été difficile
* l'année prochaine, ça ira mieux, même si ça sera dur quand même, voire plus dur mais ça ira quand même plus mieux que si ça sera pire
* le gouvernement et moi-même avons déjà beaucoup fait et nous ferons encore plus et mieux en 2010
* (faut pas que je cause de la taxe carbone)
* l'écologie demeure ma priorité, avec l'emploi, la réforme de l'Etat, le pouvoir d'achat, le grand emprunt tout en réduisant ladette sans augmenter les impôts (note scénique : avoir l'air convaincu) et les nougats de Montélimar
* (faut pô que je cause du clip nul qui va nous coûter la peau des miches)
* bref, tous mes voeux de bon bonheur à toute votre famille.
(Quelques notes de Marseillaise sur fond de drapeau français et européen).
Nan nan. Ce n'est pas ça la meilleure de l'année, puisque tous les ans, c'est pareil.
Le plus drôle, c'est ce qu'on apprend dans Rue 89, dont voici un extrait, sur la négociation en train d'aboutir entre notre confrère défendant l'UMP et notre consoeur défendant les droits de la Maison de disque, victime du pillage illégal du titre de Jean-Luc PLAMONDON pour le clip où des jeunes militants entourés de Ministres moralisateurs en temps ordinaire, se trémoussent pour "changer le monde".
"D'où une mise en demeure adressée par Me Christine Maestracci. Après plusieurs jours de négociation, son confrère Me Philippe Blanchetier explique à Rue89 que le protocole d'accord « est en voie d'être signé » :
« Nous sommes d'accord sur le principe qui est d'admettre que la personne qui a réalisé le lipdub a seulement reçu l'autorisation de l'auteur et du compositeur, mais il existe également les droits de l'interprète et du producteur, qui eux n'ont pas été respectés.
L'UMP va donc payer les droits, comme elle aurait dû. Et même un peu plus encore, ce qui est normal, c'est la sanction. »
Restent toutefois « quelques détails à régler », précise Me Philippe Blanchetier. Notamment à qui sera reversée la somme en question. Marie-Mai souhaiterait en faire bénéficier une association qui aide les jeunes en difficulté, ce qui n'est pas du goût de l'avocat de l'UMP :
« J'estime qu'il faut garder un lien de rapport, je privilégie donc de la verser à la Sacem, à qui il a été contrevenu. Ce protocole d'accord ne doit pas servir de support publicitaire à Marie-Mai. »
Bon, le clip en lui-même, il vaut ce qu'il vaut, de toute façon, les clips politiques ou institutionnels, ça ne vaut jamais grand chose, si ce n'est que ça fait rire. Le problème n'est pas là.
Ce qui est déjà plus consternant, c'est que ceux qui ont fait voter HADOPI, la moralisatrice et Mère Fouettarde Nadine MORANO en tête, piquent une chanson qui ne leur appartient pas, en ignorant le refus de la Maison de disques (passage en force : on a connu et on connaît ça pour la Réforme de la Justice, c'est forcément une marque de fabrique).
Qu'ensuite ils négocient avec ceux qui sont titulaires des droits, c'est normal et ça leur coûtera le prix de leur coupable obstination.
Mais alors, que l'on prétende, en plus, imposer à la victime l'organisme à qui on va verser les droits dus et les dommages-intérêts... Les bras m'en tombent.
C'est, en tout cas, très révélateur de l'impudence dans laquelle on tombe : toutes proportions gardées, c'est un peu comme si une compagnie d'assurance exigeait de payer les dommages-intérêts dus à la personne renversée au Fonds de Garantie Automobile.
Sidérant.
Enfin, de manière plus générale, je trouve tout aussi invraisemblable que l'on étale, dans la presse (ça vaut donc pour les deux parties), les étapes d'un accord (nécessairement confidentielles) en cours, nous promettant même les détails de celui-ci à la fin.
Dediou ! Si on n'arrive pas à comprendre que la vertu du secret est bien plus importante qu'une fugace exposition médiatique (il n'y a qu'à voir les lettres publiques, les simagrées, les communiqués autour d'une bien banale demande d'expertise médicale concernant Johnny, que le Tribunal n'avait aucunément l'intention de refuser : protestations et réserves, et c'est plié), c'est la fin d'une profession, pour le début d'une autre.

3 commentaires
Au risque d'être accusé de complaisance ...
.. je dois reconnaitre que je suis à nouveau pleinement d'accord averc vous !
C'est juste parce que,
de nous deux, j'ai eu la chance d'écrire le plus vite notre pensée commune.
Bonne année !