déc.
27

Encore un peu de locatif.

  • Par laurent.epailly le

GRL, ce n'est pas l'acronyme de Grande Rousse Lascive, mais Garantie des Risques Locatifs. C'est moins glamour, c'est sur.


Cela, pour dire que le gouvernement va faire évoluer le système.


En fait, il s'agit, tout simplement, d'un système d'assurance permettant au bailleur, moyennant une fraction du prix du loyer (2,5 % le plus souvent) de se garantir des impayés, ce qui lève un frein à la location.


L'idée de base était correcte : la force de frappe de l'assureur subrogé, à l'égard du locataire dans l'embarras ou indélicat, étant bien supérieure à celle d'un bailleur privé.


Installé en 2007, il montre déjà ses limites que l'on ne pouvait qu'anticiper : d'une part, les assureurs privés, à qui a été confié la mise en oeuvre, rechignent à garantir les locataires payant un loyer supérieur à 28 % de leurs revenus (petite "marge" de sécurité sur les 33 % couramment admis...); d'autre part, les propriétaires répugnent, avec un rendement réel à 4 %, à payer un tel prix à la sécurité.


D'autant que, comme d'habitude, les restrictions genre "petites lignes en bas" sont nombreuses.


Pour faire évoluer, sous couvert de social, d'ailleurs ( "les locataires n'auront plus de dépôt de garantie à apporter" dit benoîtement le secrétaire d'Etat au Logement), l'Etat se propose de garantir les assurances (réassurance, donc) pour les locataires dépensant entre 28 et 50 % de leurs revenus en loyer.


Admettons, mais :


* sur l'idée que les locataires n'auront plus de dépôt de garantie à apporter, il faudrait faire passer un p'tit papier au secrétaire d'Etat, comme sur les bancs de la fac, pour lui dire que le dépôt de garantie sert à garantir le bailleur des éventuelles dégradations sur le bien loué, avant tout...


* si l'Etat doit se faner de garantir le risque locatif (j'y suis d'ailleurs favorable : la force de frappe de l'Etat avec son bras armé, l'Administration Fiscale est bien supérieure aux assurances et n'a pas besoin d'un procés, puisqu'un titre de recette suffit), pourquoi faut-il absolument laisser aux assureurs ce marché juteux où ils ne prendraient plus aucun risque ?


Je suis bête... La réponse est dans la question.


Parce que les assureurs n'assurent que ce qui n'a pratiquement aucune chance de se produire, donc qui génère du bénéfice, laissant à l'Etat assurer ce qui risque de se produire.


Si on part du postulat que les politiques sont au service de l'Etat (ce qui est un postulat déjà très fragile), on peut légitimement se demander au service de qui est l'Etat...


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