C'est l'une des polémiques actuelles, dont nous avons le secret.
De quoi s'agit-il ? De la proposition socialiste de faire voter les étrangers - non communautaires - aux élections locales et, donc, sans doute, d'être candidats.
Sur le coup, je trouve Guéant et Sarkozy assez moyens.
Guéant parce qu'en prétendant que le droit de vote ne peut appartenir qu'aux Français et qu'il n'a pas envie qu'en Seine-Saint-Denis la majorité des maires soient étrangers, dit deux sottises qu'il ne devrait pas dire, lui, Ministre de l'Intérieur.
En effet,
1. Depuis 2002, les étrangers membres de l'Union Européenne, votent déjà en France pour les élections municipales... Le droit de vote des étrangers est donc une réalité légale.
2. Les étrangers communautaires peuvent également être candidats aux élections locales, mais ne peuvent être ni maire ni adjoint, du fait de leurs pouvoirs de puissance publique. Il n'y a donc aucune raison que cela change avec les étrangers non-membres...
Bref, du Guéant (très) approximatif.
Quant à Nicolas Sarkozy, il prétend aujour'hui être contre le vote des étrangers depuis toujours, des trémolos gaulliens dans la voix, disant que cela divise les Français...
Sauf qu'il ne faut pas chercher longtemps sur le net pour retrouver une vidéo de 2005 où (il est Ministre de l'Intérieur) il s'affirme pour le droit de vote des étrangers nécessairement non-communautaires aux élections locales. C'est donc d'un toujours politicien dont il s'agit.
Quant à diviser les Français, tout ce que dit ou souhaite Sarkozy ou Hollande divise les Français.
La polémique est donc du baratin électoraliste.
Pour autant, le fond de la question n'est pas neutre et, pour ma part, j'y suis opposé.
J'apprends que 61% des Français seraient pour. Moi pas.
Pour trois raisons majeures :
* le première, c'est que je pense, depuis toujours pour de vrai pour ma part, que le droit de vote est consubstantiel à la nationalité française. Je ne vote pas en Algérie ou au Niger et même si j'y habitais, les Algériens et les Nigériens ne votent pas en France. C'est simple.
* la deuxième, c'est que, certes, le droit de vote des étrangers communautaires écorne le principe. Mais leur situation n'est pas objectivement la même - du moins, tant que l'Europe continuera, tant bien que mal à avancer. En effet, les traités intégratifs européens tendent à donner aux peuples des droits sur les Etats membres de l'Union : par exemple, un Allemands paumé au Niger, pourra se rendre à l'Ambassade de France où il sera traité comme un national. De même, les étrangers communautaires peuvent tenir des postes, y compris dans l'administration d'un autre Etat membre, sauf ceux relevant des pouvoirs régaliens. Rien de tout cela pour les extra-communautaires.
* la troisième, c'est que je n'ai pas envie de voir fleurir des listes ethnico-religieuses dans des villes où, en effet, du fait de la gestion calamiteuse de nos politiciens, il y a eu constitution de ghettos avec surreprésentations d'étrangers et de nationaux regroupés par nationalités détenues ou anciennes, ou rattachement religieux.
Pour le coup, si le maire n'est pas étranger, il serait l'otage de listes majoritaires. Sinon, il devra au moins passer des compromis bancals avec des listes à 15 %, pour le second tour, par exemple.
Après, beaucoup d'étrangers sont aussi laïques que les nationaux et tout aussi respectueux de la Loi nationale, mais je ne prends pas le risque que dans telle ou telle commune, un coup de tonnerre s'abatte lors d'une municipale.
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