La proposition de Loi présentée par Eric CIOTTI (dont le "mérite" essentiel tient évidemment à la place qu'il prend dans le dispositif de communication présidentiel omniprésent autour de l'insécurité) d'infliger 2 ans de prison aux parents d'enfants délinquants ne respectant pas les obligations de probation n'a, évidemment, aucun sens.
Aucun sens, non pas parce qu'il n'y aurait pas de sens à responsabiliser les parents qui ont leur part de responsabilité dans la délinquance de leurs enfants, mais parce que tout cela existe déjà (*).
L'article 227-17 punit, déjà, de 2 ans de prison et 30.000 € d'amende les parents qui se "soustraient, sans motif légitimes, à (leurs) obligations légales au point de compromettre gravement la santé, la sécurité, la moralité ou l'éducation de (leur) enfant mineur"...
On peut raisonnablement penser que de ne pas veiller à ce que son enfant mineur respecte ses obligations de reclassement fait précisément partie de cette définition.
Et si l'on s'en tient aux explications de Christian ESTROSI (qui n'a pas du bien lire la proposition de son camarade dont il a embauché la femme comme dir'com adjointe de sa bonne ville de Nice), sur Europe I, il s'agirait, en fait, de punir "certains parents instrumentalisent leurs enfants et leurs familles pour commettre des actes délictueux ".
Or, ça aussi, c'est déjà prévu à l'article 227-21 du Code Pénal : 5 à 7 ans de prison et 150.000 € d'amende, selon l'âge du mineur (+ ou - de 15 ans).
Et, naturellement, sous l'approbation et les vivats du bon citoyen et père de famille, néanmoins mal informé : je suis certain que si l'on annonce que l'on veut la perpétuité pour les assassins de gendarmes ou de policiers, la foule approuvera légitimement (sauf les quelques anars subistants)... une disposition qui existe déjà.
Bref, beaucoup de bruit pour rien, mais tant que l'on parle de ça, on ne parle pas d'autre chose, dont les 550.000 emplois détruits en France sur les deux dernières années et, pour la première fois là encore depuis la guerre (...), le recul absolu du nombre d'entreprises en France, tout juste freinés par les déclarations d'auto-entrepreneurs.
Le problème, c'est que dans 9 cas sur 10, les auto-entrepreneurs sont à l'emploi et l'industrie, ce que le chasseur-cueilleur de la Préhistoire est aux filatures du 19° siècle...
D'où, 729.000 nouveaux chômeurs depuis 2008.
(*) A ce sujet, sans vouloir tomber dans la polémique politicienne sur le sujet de facho ou pas (encore que la stigmatisation généralisée des "gens du voyage" , dont le rejet par l'écrasante majorité de la population en font une cible facile et électoralement payante, n'était objectivement pas assumée à ce point depuis Vichy), force est de constater qu'annoncer qu'on va démanteler des camps illégaux est un non-évènement : si les camps sont illégaux, qu'a - t - on besoin d'attendre l'injonction présidentielle pour les démanteler ?

1 commentaire
Tous présumés innocents ou seulement certains?
Cette façon de caresser dans le sens du poil le blaireau primaire (en se targuant de faire ce qui existe déjà), c'est la marque de fabrique du pouvoir actuel.
Les innovations en matière de justice sont autrement inquiétantes.
Ainsi, ce samedi 7 août, le ministre de l'Intérieur a déclaré "présumé coupable" le mari de la conductrice voilée.
Comme pour le président, on pourrait penser au dérapage d'un ignare en droit, mais non, il persiste et signe.
http://www.liberation.fr/societe/0101651207-hebbadj-presume-coupable-hortefeux-maintient-son-opinion
"Mon opinion est claire" a donc ajouté Monsieur Hortefeux lors d'un déplacement officiel à Saint-Denis.
Et l'opinion de Monsieur Hortefeux, nous n'en avons rien à battre.
C'est bien le ministre de l'Intérieur qui, par deux fois, a montré son mépris pour la présomption d'innocence.
Et l'exemple vient de haut.
On aurait du mal à croire à une balourdise.
Un ordre peut-être?