Beaucoup s'en sont fait l'écho et je ne prétends pas au scoop.
Que la "taxe carbone" (contribution climat...) soit retoquée par le Conseil Constitutionnel, c'est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle.
Mauvaise, parce qu'il faudra bien et vite que l'on vive autrement, que l'on consomme autrement, que l'on change radicalement notre manière d'appréhender notre rapport à la Terre et aux peuples qui y vivent et sont nos voisins autant que nos frères en Humanité.
Et que dans un système capitaliste, seuls deux instruments peuvent parvenir à cela :
* le comportement indivduel partagé par le plus grand nombre, imposant ses choix aux industriels (et pas l'inverse)
* un système fiscal coercitif et valorisant à la fois : tu pollues, tu paies; tu pollues moins, tu paies moins; tu ne pollues plus, tu ne paies plus.
La bonne nouvelle, c'est que le Conseil Constitutionnel a retoqué à la fois une méthode (absence de concertation, précipitation sur lubie du Prince qui se serait réveillé écolo du genre "I had a green dream...") et l'absence du respect d'un principe essentiel en matière fiscale et fondateur de l'identité nationale (tiens, tiens...) puisque inscrit dans la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 : le principe d'égalité de tous devant l'impôt et les charges publiques.
Je rappelle que la Justice Fiscale (ou plutôt l'injustice fiscale) a été un moteur essentiel des revendications du Tiers Etat en 1789.
En l'occurence, 93 % des pollueurs échappaient à toute taxe.
La dernière incohérence en date étant ces 100 Millions d'Euros d'exonération lâchés par l'Etat aux entreprises de transport routier pour financer les hausses de salaire et s'éviter un blocage des routes avant les fêtes.
Que devient l'égalité fiscale, lorsque la mère de famille emmenant ses enfants à l'école paie une taxe que le gros poids lourd livrant ses bananes congelées à l'autre bout de la France ne paie pas ou partiellement ?
Bien sur, conformément à la logique punitiviste qui prévaut (c'est de la faute à quelqu'un, absolument, qu'il suffit de stigmatiser ou de virer), les éléments de langage du gouvernement consistent à rappeler que le Conseil Constitutionnel aurait fait de la politique (anti-Sarkozy, cela va sans dire).
C'est évidemment, à la fois, idiot (vu la composition du Conseil) et révélateur d'une incapacité à se remettre en question : si le CC avait fait un coup politique, il aurait aussi annulé la fiscalisation des Indemnités Journalières au titre des accidents du travail, en l'état actuel, je le répète, de notre droit privant ces travailleurs blessés au travail d'une réparation intégrale en discrimination à ceux blessés dans d'autres circonstances.
Quant à l'absence de remise en question, accrochons-nous aux branches : la prochaine mouture de l'usine à gaz est déjà annoncée pour le 20 janvier...
C'est sur que d'ici le 15 janvier (faut bien le temps de taper, que l'encre sèche et qu'on relise) le gouvernement aura su repenser totalement un dispositif qui ne peut s'inscrire que dans un remaniement complet de la fiscalité française.
Le courage d'imposer des réformes, qui est indéniable, ne doit pas être confondu avec l'inconscience de réformer pour réformer.

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