Bonne saint Valentin à vous cher Laurent.
C'est la bonne journée pour en parler : existe-t-il un droit à l'amour ?.
En fait, il s'agit d'une question à double-niveau.
Sur le strict plan individuel, il est constant qu'aime qui veut. Nul n'est insufisamment formaté de naissance qu'il ne puisse concevoir une attraction, une attirance, un doux sentiment ou une ravageuse passion pour l'un ou l'une de ses colocataires terrestres.
En résumé, sa liberté d'opinion et le respect de sa vie privée (articles 8, 9 et 10 de la CEDH) permet à toute personne d'aimer qui il veut, même le plus inaccessible (écoutez "La Quète" de Brel...).
Mieux, il peut le lui dire.
C'est évidemment là que les choses se compliquent, puisqu'il va alors interagir avec l'objet de son désir, lequel, plat quoi que tonique, s'incarne en ronde et parfois en bosses...
Or, un droit n'existe, dans toute sa plénitude, que dés lors qu'il se confronte à la possibilité du non-droit, voire de l'interdit.
Sur un plan fonctionnel, donc, votre droit à l'amour va se heurter à deux droits reconnus à l'être aîmé, objet de votre fiévreuse attention : son propre droit à l'amour et celui d'accepter, ou pas, les marques du vôtre.
Il est possible que vous tombiez dans le cercle brisant du Pierre aime Clotilde qui aime François qui aime Nicole qui aime Laurent qui aime Vanessa qui aime Sandrine. Si Sandrine aime Pierre, la boucle est bouclée, mais il va falloir trouver le moyen de la déboucler.
C'est là que se joue la deuxième phase du droit à l'amour : le droit de l'exprimer qui a pour corollaire le droit pour l'autre d'en accepter l'expression.
Et vous trouvez là, nécessairement, votre frontière à conquérir et votre limite.
Frontière, car votre amour à conquérir est une forteresse, que vous prendrez d'assaut, de siège ou en trouvant l'entrée du souterrain. Quelquefois, Valentine aidera Valentin en lui dévidant un cordage par l'échauguette...
Limite, parce que vos lourdes privautés non acceptées pourront être qualifiées, au mieux, de harcèlement sexuel, au pire d'agressions sexuelles.
En résumé, votre droit à concevoir de l'amour est total, mais son expression demeure limitée par le propre droit de votre amour à en accepter l'hommage et la promesse.
Et puis, n'oubliez pas : le droit d'aimer quelqu'un n'est finalement que le devoir de le respecter.
Bonne Saint-Valentin à tous.





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